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jeudi 28 juillet 2011

Fable

L'univers de l' Heroïc-Fantasy vous a vite barbé par ses personnages trop sérieux ? Son monde tragique et sombre vous a fait vider un tube d'antidépresseurs avant de vous vautrer en désespoir de cause sur l'intégrale de Benny-Hill ? Rassurez-vous j'ai la solution à ce petit problème sans pour autant sortir des rangs illustres de la Fantasy, à savoir la série de jeux Fable (et non ce n'était pas Mon petit poney)...

Fable 3 artwork

Sorti en 2004 exclusivement sur X-Box puis, uniquement sur PC en 2005 pour une version plus longue intitulée "The lost chapters" (sans oublier les deux suites "Fable II" et ô surprise indicible, "Fable III", sortis sur X-Box 360 et PC uniquement pour le dernier volet). Développée par Lionhead Studios, cette série de jeux sous l'égide du fier briton (du royaume des Angles pour ceux qui ne suivent pas... l'Angleterre quoi) Peter Molyneux en aura fait rêver plus d'un pour son univers si particulier. En effet, vivre pleinement un monde de Fantasy aux couleurs poétiques, le tout mélangé avec une forte dose d'humour anglais (noir et non-sens) et en sus pour parfaire la chose, une liste vertigineuse de choix pour se tourner vers le bien le mal voire la neutralité... que demander de plus ?

Fable 2 artwork

Fable se déroule en Albion (la perfide Albion ça vous dis quelque-chose ? Et bien il s'agit d'une expression française pour désigner les anglais. Elle a été popularisée au XIXème siècle mais, elle se serait développée au XVIIème pour des raisons politico-religieuses, afin de taxer les anglais d'individus à la foi douteuse, voir même d'énergumènes sans-foi. Albion est également l'ancien nom de l'Angleterre) dans diverses périodes se rapportant à notre histoire : Moyen-Age, Renaissance et enfin période industrielle où nous suivons une lignée bien précise dans son évolution à travers ce monde, jonché de références historico-culturelles anglaises. Beaucoup connaissent cette série de jeux, ils n'auront donc qu'un rappel de ce qu'ils savent déjà, à la différence que, je garde toujours quelques surprises dans mes manches, donc soyez attentifs...

Carte Albion
La carte de l'Albion par IsBreaLiomCaife.

Avant Fable :

Le vide :

Le vide est un lieu hors de l'Albion où résident des légions de démons et de Mignons (servants ou favoris si vous préférez). Il s'agit également du lieu de résidence de La Cour (j'en parlerais plus loin). On sait peu de chose sur le vide mais les hypothèses les plus potables mentionnent que le vide serait soit : un autre plan d'existence (un peu à la mode de D&D ou Magic), une sorte de représentation de l'enfer voire un lien de connexion avec l'au-delà. Seule chose sûre et certaine sur le sujet, c'est un endroit fort peu agréable et son environnement n'est pas adapté pour ceux qui respirent (enveloppé de gaz nocifs).

Fable Minion
Les fameux Mignons (remaniés par les soins de Brent).

La Cour :

La Cour est composée de trois puissantes créatures : le Chevalier des Lames, Jack of Blades (ce nom ne vous dis rien ?) et enfin la Reine des Lames, la plus puissante du trio. Ces entités régnaient sur le vide bien avant l'apparition de l'homme sur Albion et portèrent leur regard sur ces derniers peu après leur émergence.

Fable Jack of Blades
Jack of Blades (par Anthony DePietro).

La Cour demanda donc aux habitants d'Albion de fléchir le genou afin de leur prêter allégeance et elle essuya un refus. Outrée elle brûla la terre pour la rendre aussi noire que les grasses fumées qui couvraient les cieux et demanda de nouveau aux habitants de courber l'échine. Une seconde fois le peuple refusa avec pour résultat de voir les océans s'élever dans les cieux et provoquer des inondations. Cette fois La Cour offrit la paix (si la populace acceptait l'offre première...), sans succès un troisième refus pointa son nez et La Cour lança une influence corruptrice sur les habitants de l'Albion jusqu'à ce que chaque habitant soit devenu fou-furieux. Après cette démonstration de force, le peuple courba enfin l'échine et La Cour put savourer sa victoire.

Fable

Il est à noter que La Cour est liée à La cour des Ombres dirigée elle par l'équivalent d'un roi.

William Black :

Son nom est tiré du célèbre poète/peintre William Blake (1757-1827). Personnage qui n'est pas mentionné dans la série il en est pourtant la pierre angulaire. Ancêtre de tous les Archons il est le plus grand héros d'Albion mais il ne reste aucune trace de lui dans les livres et récits.

Alors que le peuple d'Albion souffrait sous la cruelle botte de La Cour, un humble forgeron et son épouse eurent un fils qu'ils nommèrent William Black, rejeton obsédé dès son plus jeune âge par la défaite du trio d'entités. En grandissant il concentra le pouvoir de son esprit pour générer des prouesses magiques surpassant les exploits de nombreux hommes afin de protéger son village. Ces prouesses prirent le nom de "Puissance de la Volonté".

Poulet Fable 3
Les poulets semblent être un élément majeur de la série, allez savoir pourquoi...

Toujours obnubilé par son but, il consulta une nuit un mystérieux tome et se retrouva soudainement transporté en plein milieu du Vide où il rencontra Jack pour la première fois. Assis majestueusement sur un trône encerclé d'atroces figures, ce dernier tenta de contrôler son esprit par le biais d'une épée ornée mais, loin de céder William riposta pour s'emparer de la lame et fuir le Vide.

Fable Jack of Blades
Jack of Blades, encore une fois avec l'Epée des âges dans son dos (les deux masques qu'il porte sur son armure sont ceux du Maître des Lames et de la Reine), le tout magnifiquement illustré par Delphine (ginL).

De retour sur Albion, l'épée se mit à parler à son détenteur en se faisant appeler l'Epée des âges (pas besoin de faire un dessin aux connaisseurs). En échange de la puissance nécessaire pour défaire La Cour elle réclama son âme en offrande, ce qu'il accepta sans hésiter...

Escaladant le pic du Ruon, le point le plus élevé d'Albion, William leva la lame et défia La Cour en duel. Le Chevalier des Lames (le plus faible du trio) fut le premier à répondre au défi et surtout le premier à se faire totalement annihiler par l'Epée des âges. Jack of Blades (traduire son nom ne rend pas vraiment) se présenta en second lieu et représenta un défi bien plus épique que le précédent (sans pour autant parvenir à défaire William). Le corps de Jack détruit (son esprit à l'insu de son adversaire trouva refuge au sein de son masque dans le Vide afin de lui permettre de survivre), notre héros se tourna vers son plus redoutable défi : la Reine des Lames.

Fable Troll des glaces
Représentation d'un des rare Troll des glaces que vous croiserez.

Leur bataille fit rage pendant des semaines autour d'Albion, des montagnes émergèrent, des vallées se creusèrent,... Bref la topographie elle-même se trouva chamboulée. Au final William réussit à détruire la Reine et à défaire l'infâme joug que faisait peser La Cour sur le peuple. Acclamé par la foule il fut leur premier roi et prit le titre d'Archon.

L'éveil d'Albion :

Après avoir défait La Cour, Archon unifia l'Albion pour en faire un grand royaume. Ses pouvoirs de Volonté étaient si grands qu'il semblait que le monde lui-même tentait de combler le moindre de ses souhaits. Les cités étaient construites en une semaine et de merveilleuses machines furent construites, fonctionnant à la Volonté seule (à la magie quoi). Après un siècle de paix et de prospérité Albion était devenue un centre du commerce, des arts et de la philosophie comme jamais auparavant sur cette terre. Les Archons eurent de nombreux descendants durant cet âge d'or, tous avec la puissance de la Volonté coulant dans leurs veines.

Fable 2 la Flèche
La Flèche par Jaime Jasso.
Mais sans ennemis à vaincre, les Archons devinrent arrogants et cruels avec le temps... Ils se donnèrent eux-même le titre de Héros et utilisèrent leurs pouvoirs pour terroriser les gens. Le premier Archon se devait de les stopper, mais son combat contre la Reine ainsi que son temps passé dans le Vide avait infecté son corps avec une atroce maladie. Face à la décrépitude Archon enveloppa son corps dans une armure d'or nimbée d'une cape bleue avant de disparaître des mémoires. Ainsi commença la corruption du royaume...

La destruction d'Albion :

Bien plus tard, un descendant d'Archon fit construire une gigantesque tour (nommée la Flèche) pointant comme un doigt titanesque dans le ciel. Son rôle était d'exaucer les souhaits. Dès que la Flèche fut complète et fonctionnelle l'Archon entra et souhaita un simple souhait : délivrer ce monde de la corruption par le biais d'un héros pur. Ce souhait entraîna une réaction en chaîne qui forma un gigantesque anneau d'énergie pure qui dévasta l'Albion entière, plongeant la contrée dans un âge sombre et balayant des siècles de connaissance en un bref instant...

Fable artwork
Illustration de Pete Amachree pour le Fable originel.

Le héros d'Oakvale (Fable The Lost Chapters) :

(je ne réponds de rien quand aux éventuels spoils, à vous de vous arrêter de lire si vous désirez savoir la suite par vous-mêmes. Bien que certains éléments ne pourront pas vous êtres dévoilés dans le jeu).

Quelques siècles plus tard, démarre le premier Fable (tout ce que j'ai cité avant provient de sources traduites qui expliquent en détail l'Albion). Dans un paisible village "épargné par le temps et l'épée" du doux nom d'Oakvale, nous rejoignons un petit garçon en quête d'un cadeau pour sa soeur Thérésa. La soeur du Héros est dotée du pouvoir de double vue sans vraiment le comprendre et elle assène à son petit frère que le village va être détruit par des bandits assoiffés de sang... chose qui se produit peu de temps après d'ailleurs.

Fable bandit
Bandit typique.

Caché dans un recoin, l'enfant voit les habitants de son village massacrés et découvre le cadavre de son père juste avant d'être sauvé in extremis, par un manieur de Volonté du nom de Maze (seigneur de la Guilde des Héros, cachant un sombre secret) qui l'emmènera au sein de cette dernière afin de le confier au Maître de guilde.

Parenthèse : Weaver et Nostro :

Petit rajout de ma part : le fondateur de la Guilde des Héros, du doux nom de Nostro, était un bandit dévoré par son ambition. Il s'était donné pour but de laisser sa marque aux yeux de tous histoire de rester dans les annales. Dépité de n'être qu'un bandit ou au mieux un mercenaire il ne semblait pas vraiment réussir à atteindre son but, jusqu'au jour où il rencontra un être mystérieux du nom de Faux. Avec ce nouvel allié à ses côtés et usant des nouveaux pouvoirs de Volonté accordés par son bienfaiteur, Nostro forma une armée pour instaurer un semblant de paix en Albion. Bien que possédant un grand potentiel de Volonté le bandit repenti n'était heureux qu'en brandissant fièrement sa lame à bout de bras. Plus tard il sera corrompu par une femme du nom de Magdalena et la Guilde se réduira à une simple bande de mercenaires. Déprimé par le tour que prendra les choses et surtout prenant conscience que le pouvoir l'avait corrompu, Nostro restera seul abandonné de tous, devenant une cible facile pour les assassins en quête de gloire... Ayant préféré une "mort de héros" par le biais de l'épée Nostro hantera le cimetière de Lychfield jusqu'à sa défaite future.

Fable Faux
La Liche Faux (ou du moins ce qu'il en reste).

Le Maître de la Guilde ou Weaver, vieil homme patient et posé qui guidera les premiers pas du Héros d'Oakvale, était surtout reconnu pour avoir mené la révolte de la Guilde, lorsque ses dirigeants voulaient obliger ses membres à n'accepter que des quêtes tournées vers le bien (déséquilibrant la balance de la Guilde).

Après cette longue parenthèse que je trouvais nécessaire, revenons à nos moutons... Le Héros s'entraînera durant de longues années pour parfaire sa maîtrise des trois disciplines principales de la Guilde : la Volonté, la Force et l'Agilité, jusqu'à mériter enfin le titre de Héros.

Après moult quêtes l'enfant devenu grand, partira à la recherche de sa soeur dans le camp de bandits de l'ancien Héros Deux-Lames (qui a mis sous sa coupe une dizaine de camps bourrés de coupeurs de bourses de tout poil, afin de se sacrer roi des bandits). Après un affrontement décisif et quelques escarmouches, sa soeur se dévoilera portant un bandeau autour des yeux pour masquer ses derniers, crevés par le chef des mercenaires qui ont attaqué Oakvale il y a des années de cela.

Fable Balverine
Une Balverine (illustrée par Rodney).

Cumulant les exploits, le Héros se devra d'affronter des légions de créatures dans l'arène d'Albion afin d'accroître sa célébrité. Il apprendra que la première championne de l'arène était Scarlet-Robe sa mère, qui blessée après un combat dans l'arène contre une légion de Balverines (sorte de Lycanthropes), fut sauvée par un humble homme des bois du nom de Brom et se retira du monde dans un humble hameau, pour y fonder une famille... Un nouveau personnage se présentera au héros sous le nom de Jack of Blades avec pour prétexte fallacieux de vouloir le réunir avec sa soeur et sa mère.

Fort de nouvelles informations offertes par Jack, le Héros se rendra à la prison de Bargate pour la délivrer avant de tomber dans le piège tendu par Jack, et goûter aux joies de la prison pendant plusieurs années (la torture est comprise dans le service). Après une nouvelle tentative d'évasion, cette fois fructueuse, et avec sa mère en lot d'accompagnement, le Héros apprendra le projet de Jack : dénicher la clé qui permet de libérer les sites de pouvoir qui ouvriront l'accès à l'Epée des âges dans la seule finalité de détruire l'Albion. Jack échouera et sera projeté dans le Vide son corps d'emprunt anéanti (on suppose que pour survivre Jack s'est lié à travers le temps aux Héros de la Guilde par le biais de son masque) avec l'épée, pour réapparaître un an plus tard avec des créatures de l'Ancien royaume sous sa coupe : les Invocateurs (mort-vivants puissants capables d'appeler des légions d'alliés sous leur contrôle et de se téléporter).

Fable Jack of Blades Dragon
Le Dragon Jack par Celestialess.

"Fool, I have existed for millennia, it is impossible for you to comprehend what I am."
- Jack of Blades

Avec l'aide d'un nouvel allié : Faux (Pour grosse information, la liche Faux est en fait ce qu'il reste du tout premier Archon William Black). Il se rendra sur les vestiges de l'Ancien royaume pour trouver la porte de bronze. Gigantesque et surtout fermée, elle ne s'ouvrira qu'avec trois âmes spéciales. Après avoir déverrouillé la porte, le Héros d'Oakvale se retrouvera face à Jack ayant pris possession du corps d'un des dernier Dragon d'Albion pour le défier dans une dernière titanesque bataille. Au final de nouveau défaite, l'âme de Jack reviendra dans le masque que possédait ce dernier avant que le Héros ne le subtilise lors de leur premier affrontement et, tentera de posséder le vainqueur. Il échouera et finira dans un bain de lave laissant le Héros vainqueur mais, à jamais tourmenté par la disparition de sa soeur et la mort de ses parents...

Fable Maze
Maze.

Fable II :

Pour le coup, vu que le second volet de la série ainsi que le 3ème ne datent pas d'hier je vais être moins porté sur le détail histoire qu'on ne hurle pas au spoil...

Fable 2 artwork

Le second épisode se déroule 500 ans après la victoire du Héros d'Oakvale. La Guilde des héros a été détruite il y a longtemps, ses Héros ne servant plus à grand chose et les villes et villages ont commencé à s'agrandir au fil du temps. Les descendants d'Archon sous les traits de deux jeunes orphelins (vous incarnez soit une fille soit un garçon et accompagnez votre grande soeur Rose) qui tentent vainement de trouver de quoi subsister dans la grande ville de Bowerstone on affaire plus urgente à traiter que le souvenir de leur illustre lignée.

Fable 2 Reaver
Le Héros de l'Adresse Reaver, toujours aussi dépravé (et illustré par Jace Moore)...

Leur destin changera après qu'ils aient acheté une boîte à musique de l'Ancien Royaume censée réaliser les voeux. Cette dernière, après avoir été employée, disparaîtra sans vraiment faire grand chose d'autre (le voeu était grosso-modo : que leur misérable vie change). Le soir-même et le ventre vide, ils seront réveillés par la garde locale venue leur demander de les accompagner au château de Fairfax où réside le seigneur Lucien (Ledit seigneur a perdu il y a des années son épouse et sa fille le laissant seul et amer. il se plongera durant des années dans l'étude de textes de l'Ancien Royaume notamment sur le sujet de la Flèche brisée, qui n'est autre que la Flèche qu'employa le dernier roi afin de purger l'Albion de la corruption). Ce dernier d'abord courtois et avenant changera de ton lorsqu'il découvrira qu'un des deux enfants dans un lointain futur, sera destiné à le détruire. Apprenant cela il tuera Rose et tirera sur le Héros le laissant pour mort dans la rue loin en contrebas (les enfants avaient les os solides pas comme ceux d'maintenant).
Fable 2
Le chien sera votre fidèle compagnon tout au long de vos aventures.

Receuilli par la prophétesse Theresa (la soeur du Héros d'Oakvale oui) il grandira durant plusieurs années avec pour but la destruction de Lucien. Il devra pour cela prendre l'héritage de son ancêtre dans les ruines de la guilde, rassembler trois héros pour le soutenir (héros de la Force, Volonté et de l'Adresse) dans sa quête et empécher Lucien de reconstruire la Flèche dans le sinistre but de détruire de nouveau l'Albion afin de la remodeler à sa convenance.

Fable 3 désert d'Aurora
Somptueux décor du III : le désert d'Aurora.

Fable III :

cinquante années se sont écoulées depuis les évènements du second volet. Le roi de l'Albion est mort (le héros du II du doux nom de Moineau), mais il laisse derrière lui une Albion plus soudée et prospère qu'auparavant. Son successeur le roi Logan est pourtant en train de flanquer toute cette belle harmonie par terre, avec son désir d'industrialiser toute la contrée, faisant ployer les bonne-gens sous le poids des taxes, du travail et matant les révoltes à coups d'exécutions...

Fable 3 Logan
Logan.

Le prince (ou la princesse, pas besoin de faire un dessin) accompagné de son maître d'armes Walter (brave mais claustrophobe...) et son majordome Jasper (obsédé par le rangement et la propreté), feront tout pour rassembler le peuple d'Albion sous la bannière de la révolution.

Fable 3 révolution
Ravissante illustration de Defcombeta.

Note : La première partie du jeu se déroule ainsi mais, la seconde fait appel à la gestion du royaume tout en demandant au héros de rassembler un maximum d'or pour constituer une armée dans l'année à venir dans le but louable, de lutter contre une menace ancienne : les ténèbres elles-mêmes !

Fable 3 artwork

Gameplay :

Fable est un jeu d'Action-RPG se déroulant, la plupart du temps à circuit fermé (en gros vous avez un superbe paysage mais ne vous attendez pas à vous écarter du chemin pour vous taper une grosse ballade dans les bois). Ce manque de liberté s'atténuera d'ailleurs fortement dans la troisième partie.

Fable 3 le Tortureur

Points forts du jeu :

Fable possède un univers poético-absurde riche et fort prenant. Les décors alliant souvent une petite touche celtique sont un régal pour les yeux et les jeux de lumière sont là pour souligner ce côté magique.

Le système principal est que vous êtes dans un univers qui tourne autour de vous et de votre grandiose destinée. Vos actes (en bien ou en mal) influenceront la réaction des gens à votre approche (plus vous êtes mauvais et plus les gens vous haïront voire vous craindront à haut niveau et, plus vous êtes bon, plus les gens vous acclameront et vous feront confiance). Votre apparence reflète d'ailleurs votre alignement (1 et 2 vous obtenez des cornes et des mouches vous suivent en mauvais ou, des cheveux blonds et une auréole si vous choisissez le chemin de la piété). Il est également à noter que l'expérience que vous obtenez vous fera passer de jeune adulte au statut final de retraité grisonnant avec la soixantaine pèpère...

Fable 3 Dark Minion

Les musiques composées principalement par Russell Shaw bien que jolies restent un brin répétitives pour la plupart (après trois volets ça devient trop évident mais il reste tout de même quelques surprises agréables). Fort heureusement, Danny Elfman apporte également sa contribution pour quelques morceaux.

Le jeu est fort riche en armement pour le 1 et le 2 (qui l'est moins tout de même que le premier opus où pleuvent les armes de légende). Dans le 3ème, les armes sont plus rares mais particulières. Auparavant il fallait graver des améliorations pour ajouter des bonus à l'arme (dégâts de feu, foudre, perforation) ou trouver une arme légendaire unique. Dans le 3 chaque arme est unique et possède des conditions (vous faire trente amis, brûler cinquante personnes, déterrer autant de machins,...) si vous remplissez ladite condition, le bonus est alors actif en permanence (il est à noter que l'aspect de l'arme évolue avec vous, gagnant en finesse et en détails à mesure que vous acquérez du pouvoir dans son maniement).

Fable 2 artwork

Les expressions, insultes,... et autres moyens d'interagir avec le peuple d'Albion sont particulièrement riches dans le 2ème épisode (qui sert un peu de test). On remarquera d'ailleurs que le système d'expression du 3 ainsi que son équipement d'objets, cadeaux, vêtements, nourriture, potions,... Est grandement simplifié (pour les habitués de Fable il faut un certain temps d'adaptation), ce qui pour certains est fort dommage.

Fable 3 artwork

L'utilisation de la magie de Fable est simple et fort semblable à celle du second (vous lancez le sort qui coûte du Mana et vous l'améliorez par le biais d'une sorte de portail où les orbes d'expérience capturés sont échangés contre des compétences). Dans le 3 par contre, vous disposez de gantelets
(les compétences ne s'achètent plus que par la popularité et la confiance qu'à le peuple en vous devant vos actes) imprégnés de magie qui lancent des sorts à volonté (mais cela demande un temps de chargement si vous désirez créer un sort de niveau supérieur bien plus dévastateur). A plus haut niveau vous pourrez obtenir un second gantelet afin de créer des combos originaux (sort de glace mêlé avec sort d'épées pour former une barrière d'épées de cristal volantes, sort de feu avec sort tornade, pour générer une bourrasque embrasée,...).

Fable 3 Walter
Walter (toute la série d'illustrations ont été réalisées par la talentueuse Nasreen ou Frostbite Melody selon les préférences).

Le bestiaire :

Un gros défaut que j'ai pu remarquer dans la saga de Fable : plus le temps passe et plus le bestiaire devient petit. Le premier est un véritable concentré de créatures variées (Fées, Balverines, Minions, Trolls de terre, pierre, glace, scorpions géants, Morts-vivants, Krakens, Hobbes,...) tandis que le second s'axe plus sur les variations de mêmes créatures (exemple : Balverine, Balverine blanche, Balverine sanglante et Balverine empoisonnée) et enfin, le troisième possède à côté des deux autres un panel rikiki (fort dommage).

Fable 2 artwork
Ravissant concept-art de Mike McCarth.

En conclusion :

Fable reste pour moi une excellente saga avec un univers loufoque qui tient la route. Ses décors et ses foldingueries restent toujours agréables à parcourir malgré quelques défauts techniques (freeze and co) qui heureusement, n'arrivent pas trop souvent. En espérant avoir donné un complément d'informations intéressant pour les habitués, ainsi que l'envie d'y jouer pour les nouveaux héros.

Vidéos et Bonus :

Avant de vous offrir les vidéos, je tiens toutefois à vous rajouter qu'il existe des compléments de jeu pour Fable II et III. Autant ceux du II (L'Avenir Dévoilé, L'Ile De Knothole) ont laissé la plupart des joueurs sur leur faim. Autant le scénario du III : Traitor's Keep est un régal, sans oublier sa grande longueur pour un prix de revient somme toute fort honorable.

Fable 2 parody
Ca donne envie hein ? (illustration de Vizy)...

Fable : The Lost Chapters :


Fable II :


Fable III Intro :


Fable III Trailer :


Fable III : Traitors Keep :


Et comme vous avez étés sages je vous dévoile le trailer du nouveau fable (en Kinect et ce n'est pas le IV).


Idraemir

mercredi 27 juillet 2011

Alice Madness Returns

Promesse de nouveau tenue et en un délai record, voici donc la critique du second volet d'American Mac Gee's Alice.


Jeu sorti fraichement en ce mois de Juin 2011 Je l'ai pré-commandé comme un acharné pour pouvoir me lancer de nouveau dans ce monde tortueux du Pays des merveilles. Donc sans plus attendre je m'en vais vous décortiquer tout cela sans pour autant trop en dire, pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance d'y jouer.

Ce nouvel épisode se base toujours sur les œuvres de Caroll mais se tourne cette fois sur d'autres personnages qui n'ont pas été exploités dans le premier opus. Des anciens feront leur retour en grande pompe avec un lifting en rab, sans oublier une cohorte de clins d'oeil pour les joueurs du premier.

Le Cheshire Cat au sourire toujours aussi "charmant".

Le pays des merveilles de nouveau saccagé :

Le second volet se déroule il me semble, peu de temps après la sortie d'Alice de l'asile psychiatrique. Elle se retrouve dans une sorte d'orphelinat dirigé par le docteur Angus Bumby, psychiatre proche du rebouteux et offrant l'oubli contre monnaie sonnante. Après une courte entrevue où Alice parle des nouvelles terreurs qui obscurcissent son monde des merveilles, elle sortira chercher un remède d'apothicaire dans un Whitechapel obscur (quartier de Londres), vérolé par les petites frappes, toujours après un mauvais coup et sillonné par les prostituées bon-marché.

Après une courte promenade de santé, elle croisera une infirmière qui "veillait" sur elle durant ses crises à l'asile (pour être franc, c'est une vieille alcoolique égocentrique qui se repaît des ragots et tire le moindre pouvoir des petits secrets des autres) et fera ressurgir de façon violente le Pays des merveilles. Durant son périple, Alice sera à la poursuite d'un train infernal qui par son simple passage pervertira le royaume des merveilles, elle sera également en quête de ses souvenirs enfouis pour les rassembler et découvrir la vérité : qui est responsable de l'incendie et de la mort de sa famille ?

La faune locale est toujours aussi charmante...

Wonderland au téléscope :

Comme vous pouvez le constater, le jeu se découpe en actes avec à chaque fois un entracte assez bref dans le Londres du XIXème siècle où Alice puisera son inspiration pour incarner une parcelle du monde des merveilles. Je vais donc décrire brièvement cinq des six actes (l'acte final ce sera à vous de le découvrir) dans les lignes qui vont suivre.

Acte I : Domaine du Chapelier :


La Vallée des larmes :

De retour dans la fameuse Vallée des larmes où gît d'ailleurs la carcasse de l'infortuné Jabberwock. Des visages de pierre versant des larmes, une forêt de champignons géants, des cascades riantes et des dominos volants, c'est un cadre enchanteur mais vous vous doutez que ça ne risque pas de durer longtemps...

L'antre du Chapelier :

Le Loir avec sa petite voix de crécelle aura vite fait de vous taper sur les nerfs.

De nouveau au royaume de précision du souverain du thé, Alice se rendra compte que les choses ont beaucoup changé depuis la défaite de son seigneur. Les deux larrons préférés (le Loir et le Lièvre de Mars) de celui qui n'a de cesse de travailler du chapeau se sont ligués contre lui, réduisant en esclavage les habitants de la cité pour atteindre une industrialisation abjecte (reflet de cette époque bien crue de Londres).


Acte II : Illusions Aqueuses :

Toundrafol :

Autant vous le dire de suite, ce niveau m'a scotché littéralement par sa beauté et sa poésie. Imaginez-vous dans un univers de glaciers majestueux se chevauchants sous l'éclat d'une lune rieuse tirant doucettement sur son fume-cigarette pour former des aurores boréales qui éclairent les flancs d'une gigantesque bouteille de verre, contenant un galion de taille respectable. En bref je suis resté sans voix devant ce tableau.


Sous les flots :

A présent dans les profondeurs abyssales de l'océan, Alice explore les fonds marins à la recherche du Morse et du Charpentier. Après une recherche intensive elle pourra dénicher une superbe cité portuaire composée des restes de navires engloutis, à la population écailleuse, parée de riches tenues colorées. Pour déboucher en finalité aux portes d'un gigantesque théâtre où se jouera une pièce aux accents de tragédie...


Acte III : Bocage oriental :

La vallée maudite :

Retour dans la Vallée des larmes (oui encore) qui a bien changé depuis sa dernière visite. Alice se rendra compte que quelque chose pollue son Pays des Merveilles, l'étouffant peu à peu sous son infect goudron d'une noirceur d'encre.


Le mystérieux Orient :

De nouveau petite et à le recherche du Bombyx, Alice se retrouvera sur une petite bute qui a échappé aux ravages de la noirceur, formant une superbe contrée aux airs d'Orient. Elle luttera contre les légions de guêpes samouraïs, défendra les fourmis origamis, explorera les estampes japonaises pour continuer son irrésistible ascension vers le sommet, le tout dans un décor saupoudré de majongs volants, d'arbres éventails voire de ponts parchemins sacrés.

Le Bombyx.

Acte IV : Les terres de la Reine :


Les cieux du jeu :

Un ciel bleu azur et des chemins de cartes géantes conduisant à des châteaux entiers faits uniquement desdites cartes, voilà un cadre enchanteur, mais pour ce petit entracte bucolique suivra la noirceur...


Retour chez la Reine de Coeur :

A nouveau sur le théâtre de ses exploits, Alice retourne dans les ruines du château de la Reine où elle réside encore sur les vestiges de son pouvoir, rêvant d'une puissance désormais révolue, à la tête de ses cartes revenues d'entre les morts. Alice se devra de parcourir les nombreux couloirs et la multitude de galeries d'une beauté inquiétante mais un brin fanée, pour fuir le gardien de la Reine et enfin, la débusquer dans le but obtenir des réponses.


Acte V : La maison de poupées :

Malsain, déplaisant, chaotique, voilà comment je pourrais décrire ce charivari de l'enfance bafouée... Une mégapole de maisons de poupées en ruines, des meubles farfelus aux couleurs criardes feront voir à Alice combien elle est petite et désemparée face à l'horreur qui se prépare. Le tout cèdera la place au sein de la cité poupée, à une noirceur indicible et traîtresse jonchée de carcasses de poupées de porcelaine, qui vous toiseront de leurs yeux morts et baliseront votre chemin vers son sinistre propriétaire...


Gameplay :

Ce nouveau chapitre d'Alice (Pleasance) Liddell (véritable nom de la petite fille qui accompagnait dans ses ballades l'auteur du pays des merveilles) combine à nouveau un jeu de plate-formes avec un Beat them all  pour rajouter des phases de jeu en 2D et quelques petits casse-têtes de mémoire ou de logique afin de permettre au joueur de faire une petite pause.

Le Lièvre de Mars dont le seul passe-temps semble être de vouloir provoquer la chute du Chapelier.

Points forts du jeu :

L'aspect graphique du jeu est à couper le souffle ! Autant les phases dans Londres semblent un brin inachevées (les textures de près sont de piètre qualité) autant l'enchevêtrement d'éléments, de symboles, de clins d'oeils et de couleurs laissent sans voix dans Wonderland (on déplore tout de même quelques légers bugs mais rien de mortel). Les musiques, toujours de Chris Vrenna sont un peu moins originales mais collent bien avec l'ambiance du jeu.


La durée de vie reste fort longue (d'autant qu'ils vous offrent le premier volet du jeu en HD. Je vous conseille d'ailleurs d'y jouer d'abord pour apprécier pleinement la série), le bestiaire toujours aussi original sans oublier l'armement, cette fois fort réduit (le couteau vorpalin en hommage au poème sur le Jabberwock, le moulin à poivre pour honorer le chapitre de Poivre et cochon, le bâton cheval qui représente le cavalier d'échecs pour incarner "De l'autre côté du miroir" et enfin la théière digne représentante du Chapelier fou), mais il reste attrayant surtout avec le nouveau mode qui permet de les améliorer tant en puissance qu'au niveau esthétique, en échange de dents que l'on collecte au fil du chemin.

Le redoutable bâton cheval fera merveille dans les rangs ennemis.

"Pour la couronne d'or et pour la royauté,

Le fier Lion livrait combat à la Licorne;
Elle fuit devant lui à travers la cité,
Sans jamais, toutefois, en dépasser les bornes.
Ils eurent du gâteau, du pain noir, du pain blanc;
Puis, de la ville on les chassa tambour battant."

- Tiré du livre "De l'autre côté du miroir."

Un clin d'oeil à la Duchesse et (encore une fois) au chapitre "Poivre et cochon" vous fera traquer des groins de porcs afin de les assaisonner à l'aide du moulin à poivre et fera apparaître des bonus cachés. N'oublions pas le fait qu'Alice pourra désormais rétrécir à volonté afin de révéler des chemins invisibles ou des trous de serrures où elle pourra se glisser telle une petite souris. Un dernier point en rapport avec le I est l'Hystérie : une sorte de transe berserk que l'on pouvait atteindre dans le premier avec l'aide d'objets rares disséminés dans le pays des merveilles. Cette fois, il sera accessible lorsque la santé d'Alice sera au plus bas afin de la rendre un court instant, invulnérable, plus forte et surtout plus meurtrière...


Le bestiaire :

toujours aussi riche et incongru, Alice aura l'occasion d'affronter un nouveau type d'ennemis qui remplacera les gardes de la Reine du premier chapitre à savoir : les Ruines. Elles prennent la forme de masses informes de goudron noir et mécanique avec un ou plusieurs (selon leur rang) masques de porcelaine blanche, en guise de visage. De nombreuses autres créatures foldingues sauront vous mettre des bâtons dans les roues comme : les Fous du thé, qui manient la cuillère et la fourchette comme des pros, Les thétières, qui tenteront de vous embrocher de leurs pattes ou de vous ébouillanter, Les shnarks des abysses (lire le livre : "La chasse au Snark", toujours de Lewis Caroll), petits poissons courts sur pattes à la semblances des poissons canne à pêche des fonds marins, voire encore les gardes zombifiés de la Reine de Coeur, qui tenteront de vous submerger par le nombre. Bref, on a peu de temps à soi dans cette univers dérangé.


En conclusion :

Ce nouveau volet d'American MC Gee m'aura fait attendre fort longtemps mais au final je ne suis vraiment pas déçu du résultat. Un bon mélange entre plate-forme et combats avec en supplément des phases en 2D et des énigmes qui forment un cocktail exotique à la beauté graphique malsaine et superbe à la fois ! Il y a de quoi contenter les acharnés des jeux originaux et bizarres sans oublier encore une fois les amateurs des écrits de Caroll. J'espère que ce voyage au royaume de la folie vous aura plu en espérant vous avoir fait vivre pendant quelques instants au rythme des aiguilles de la montre du Lapin Blanc.






Idraemir

mardi 26 juillet 2011

American Mac Gee's Alice

Chose promise chose due, après une longue période d'attente, je vais vous parler d'un jeu qui me tient à coeur depuis des années et dont la date de sortie de sa suite a ébréché ma patience et m'a fait plus jurer qu'un paysan à la foire agricole. Je parle donc bien sûr : d'American Mac Gee's Alice.


Avant toute chose pour ceux qui ne connaissent pas, quoi qu'est-ce ? Et bien Alice Mac Gee est un jeu sorti en 2000 sur PC (une partie de son nom est dédiée à son créateur : Mac Gee) et développé par Rogue Entertainment. Sa suite du nom de : Alice : Madness Returns sera elle forgée par Spicy Horse.

La série de jeux Alice, se base pour ceux qui n'ont point encore compris, sur les écrits de Lewis Caroll : Alice au pays des merveilles et sa suite De l'autre côté du miroir qui racontent, l'épopée d'une fillette de six ans dans le premier volet (et sept dans le second) dans un monde imaginaire peuplé d'êtres aussi fous les uns que les autres.

Le premier livre nous montre Alice dans ce monde de rêves biscornus et sa rencontre avec la Reine de Coeur (incarnation de l'autorité adulte) et le second se déroule comme une partie d'échecs où Alice traverse le plateau en tant que pion blanc pour finir reine (comme le stipule les règles d'échecs). Lewis Caroll avait l'habitude durant ses promenades en barque avec une fillette du nom d'Alice (sans rire...), de raconter de petites épopées de ladite donzelle et, pour en rajouter une légère couche, il faut savoir que le livre est truffé de symboles avec au premier plan et non des moindres, sa grande utilité première.

Illustration de John Tenniel.

En effet, la publication du premier livre (1865) se passe en Angleterre dans une époque Victorienne où l'enfance n'avait pas trop sa place. Les contes et autres rêveries étaient vus comme des absurdités alors qu'au contraire ils étaient (et le sont toujours, n'en déplaise à certains parents) vitaux au bon développement de l'adulte en devenir et, Caroll à pu démontrer à travers ce livre la place de l'enfance, sa prise de responsabilité ainsi que son évolution vers l'âge adulte. Tout comme les frères Grimm, Caroll a tenté de montrer l'importance des contes et légendes dans un monde trop rigide et sérieux qui tend parfois vers l'absurdité totale.

Comme vous avez pu le constater, j'ai lu il y a des années de long en large les deux livres en question et vu plusieurs adaptations cinématographiques sur le sujet (j'ai déjà exposé mon humble avis sur le fait que la version de Burton était un rien faiblarde et mal adaptée mais ledit avis n'engage que ma personne), je puis donc vous confirmer qu'Alice Mc Gee suit assez fidèlement les personnages (dont une grande partie à peine évoqués, c'est dire) tout en leur accordant une dimension si propre à l'univers de son adaptation.

Le Chat du Chester a gagné un sourire inquiétant mais restera de bon conseil.

Car en effet, si vous avez été traumatisés par La version de Disney, celle de Mac Gee sera encore bien pire... Je vais de ce pas d'ailleurs vous parler des deux jeux de façon plus développée sans pour autant vous spoiler trop le second volet (histoire de ne pas finir au bûcher).

Alice American Mac Gee :

Pauvre Alice, elle qui dormait paisiblement au chaud dans ses draps, plongée dans son monde des merveilles prenant le thé avec ses amis, pour se retrouver un instant plus tard dans sa demeure en proie aux flammes, ses parents hurlant pour qu'elle fuie de cet enfer igné, rehaussé de livres en passe de finir en cendres éphémères...

Seule survivante, elle restera dans un coma salutaire durant dix ans avant qu'une infirmière de l'asile ne lui tende un lapin en peluche qui ravivera un peu les souvenirs de son Monde des merveilles pour la plonger au fin-fond de son esprit et lui faire découvrir son univers : torturé, ravagé, perverti, parfait reflet de son esprit détruit.


Wonderland à la loupe  :

La carte du monde des merveilles se développera au fil de l'exploration d'Alice, sa première étape sera :

 Le village des damnés :

Dans toute aventure il y a un début, et ce village sert un brin de point de non-retour. Autrefois charmant il n'est plus qu'une ruine minière sous la coupe de la Reine de Coeur et de ses cartes, ses villageois réduits en esclavage et envahis par le désespoir.

La forteresse des portes :

Endroit où la folie semble prendre des proportions plus intenses, la forteresse sans queue ni tête est le repère des Banshee (lisez l'article sur le sujet ça fera votre culture). Au sein de la forteresse, se trouve l'Ekol (ce n'est pas une faute) peuplée de livres volants, de fous décérébrés, le tout entassé dans des piles de pesants volumes.

La vallée des larmes :

Réduite à la taille d'une puce Alice traversera des mares de larmes grouillantes de poissons carnivores sur pattes, évitera les épines de roses et les mandibules des fourmis pour tenter de gagner l'antre de la Duchesse (qui se fera une joie de compléter son ordinaire avec un encas en robe bleue).

La Duchesse sous les traits d'une Ogresse et maniant un moulin à poivre, en mémoire au chapitre qui lui est dédié : "Poivre et cochon".

La forêt du pays des merveilles :

Après une longue marche sous forme réduite, vous découvrez enfin le lapin blanc (sous forme très plate) qui vous guide jusqu'au Bombyx (où sur le chemin il vous faudra éviter de vous faire aplatir par une sphère géante, histoire de corser un peu), qui à son tour vous envoie dans la forêt des Fongiféroces (des champis qu'on aimerait pas dans son assiette) où règne le Mille-pattes qui garde le champignon qui rendra une taille convenable à la petite Alice.

Le pays du miroir :

De nouveau grande Alice Se rendra au pays des pâles reflets sur un échiquier géant (même le ciel est une partie d'échecs en soi) pour tenter de sauver la reine blanche des griffes du Roi rouge.

Le Chapelier fou.

De l'autre côté du miroir :

Capturée par le Chapelier fou, notre héroïne devra parcourir un monde de précision insensée où les rouages peuplent les murs, où les horloges résonnent en cadence sous les hurlements des fous et sous les grincements inquiétants des machines immondes conçues par l'amateur de thé local.

Le pays du feu et du souffre :

Royaume igné et brûlant, les démons et pseudo-Dragons sont légions pour défendre leur seigneur l'illustre Jabberwock (il incarne la culpabilité d'Alice d'avoir laissé ses parents brûler dans l'incendie, il vît d'ailleurs dans une demeure incendiée à la semblance de celle d'Alice).

Le Jabberwock dans toute sa splendeur.

Jabberwocky :

Il était grilheure ; les slictueux toves
Gyraient sur l'alloinde et vriblaient :
Tout flivoreux allaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.

"Prends garde au Jabberwock, mon fils !
A sa gueule qui mord, à ses griffes qui happent !
Gare l'oiseau jubjube, et laisse
En paix le frumieux Bandersnatch !"

Le jeune homme, ayant pris sa vorpaline épée,
Cherchait longtemps l'ennemi manxiquais...
Puis, arrivé près de l'arbre Tépé,
Pour réfléchir un instant s'arrêtait.

Or, comme il ruminait de suffêches pensées,
Le Jabberwock, l'oeil flamboyant,
Ruginifiant par le bois touffeté,
Arrivait en barigoulant !

Une, deux ! Une, deux ! D'outre en outre,
Le glaive vorpalin virevolte, flac-vlan !
Il terrasse le monstre, et, brandissant sa tête,
Il s'en retourne galomphant.

"Tu as donc tué Jabberwock !
Dans mes bras, mon fils rayonnois !
O jour frabieux ! Callouh ! Callock !"
Le vieux glouffait de joie.

Il était grilheure : les slictueux toves
Gyraient sur l'alloinde et vriblaient :
Tout flivoreux allaient les borogoves;
Les verchons fourgus bourniflaient.

- Poème du Jabberwock et extrait de livre : "De l'autre côté du miroir".

Version de Mc Gee du Jabberwock.

"You smelt the smoke but you woke in Dreamland drinking tea with your friends...
You couldn't be bothered you were always protected and spared... While your family upstairs
roasted in an inferno of incredible Horror..."

(grosso-modo: Tu sentais la fumée mais tu étais au pays des rêves en train de boire le thé avec tes amis... Tu ne pouvais être dérangée car toujours protégée et épargnée... Pendant que ta famille en haut grillait dans un enfer d'indicible horreur...)
- Jabberwock (Mac Gee).

Les terres de la Reine de Coeur :

Long, immense, tortueux, infini,... Voilà bien des termes pour décrire le labyrinthe de la Reine. Qui ne sera fait que de simple buis. Le temps vous paraîtra bien long avant de songer à en voir la sortie et même pour les rares chanceux qui en échappent, une surprise de taille vous fera trembler pour votre épiderme.


Palais de la Reine de Coeur :

Arrivée enfin au coeur de sa folie, dans une palais qui vomit du rouge à vous en écoeurer, Alice affrontera la Reine Rouge pour se sauver elle, d'un coma éternel et son royaume des rêves, d'une destruction certaine. Qui sortira de ce gigantesque combat ? Nul ne pourra le dire...

Gameplay :

Alice Mc Gee est un jeu de plate-formes un peu à la semblance (j'ai dis un peu) de la lignée des Prince of Persia mais, son univers est si riche et si personnel qu'il reste un peu comme un ovni du genre. Sa sauvegarde automatique sera d'un grand secours car le jeu est loin d'être facile et il est fort aisé d'y laisser sa peau une bonne centaine de fois.

Alice, plus sombre et tourmentée que jamais.

Points forts du jeu :

Sa beauté et son originalité sont déjà une force en soi, ensuite les musiques composées par Chris Vrenna sont dérangeantes et malsaines à souhait. Votre panel d'armes est fort original (le classique du couteau de cuisine, le marteau de croquet en forme de tête de dodo, le jeu d'osselets piquants, le jeu de cartes acérées, le sceptre réfrigérant, et j'en passe), tout comme le bestiaire. La durée de vie du jeu est conséquente et même si parfois à force de refaire une partie, le temps vous semblera bien long, son univers prenant vous gardera scotché jusqu'à sa finalité !

Je vous conseille fortement de tester la version anglaise et française pour varier car l'intonation et le style varient fortement au niveau des dialogues (je reste un grand amateur de la voix du Cheshire Cat à l'ironie perçante).

Le bestiaire :

Entre les cartes soldats (trèfle, carreau, pique et coeur) qui tenteront de vous occire, les Banshee hurleurs, les différents pions d'échecs armés jusqu'aux dents, les machines du Chapelier voire encore les fourmis légionnaires, vous n'aurez pas un instant de répit. Les Boss quand à eux, pour la plupart des personnages des écrits de Caroll, ils se feront une joie de vous pilonner le minois de leurs attaques.

Dois-je vraiment préciser de qui il s'agit ?...

En conclusion : Alice American Mac Gee est pour moi un incontournable pour les amateurs des oeuvres de Lewis Caroll (ou de maladie mentale aussi...). Cet univers torturé et malsain est un vrai régal du début à la fin sur bien des points, je ne manquerais pas d'ailleurs de vous donner mes impressions sur le second volet que j'ai pu tester en long en large et en travers pour votre plus grand bonheur (ou malheur selon votre choix). Je vous laisse donc avec mon éternel éventail de questions ainsi qu'un extrait du jeu histoire de briser vos dernières réticences au sujet de ce jeu.



 
Idraemir