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lundi 16 mai 2011

Cerbère le gardien de la porte

Issu encore une fois de la mythologie Grecque, si fertile en créatures fantasques, Cerbère (ou Kérberos) était comme je l'ai déjà mentionné auparavant, la progéniture d'Echidna mais aussi le frère d'Orthos (chien bicéphale cette fois). Immense avec un pelage noir comme la nuit, Cerbère était doté d'un collier de vipères semblables à la chevelure de la Gorgone Méduse et pourvu de trois têtes garnies de crocs noirs suintant de poison (le plus souvent trois têtes, mais la version d'Hésiode en mentionne cinquante pendant qu'Horace met la barre plus haut et nous offre un joli petit cent tout rond...), ainsi que d'une queue de Dragon (mais plus souvent une tête de vipère géante en guise d'appendice caudal).

Orthos.

Les trois têtes font référence a l'éternelle symbolique de la trinité qui cette fois montrerait que chaque tête vois un aspect du temps (passé, présent futur), ou que la première représente l'enfance, la seconde l'âge adulte et la dernière la vieillesse. Le rôle principal de Cerbère est de garder la porte des enfers (proche du fleuve sacré le Styx) afin que les vivants ne puissent pas entrer et comme de juste... Que les morts ne puissent en sortir. Selon le mythe, le mort devait amadouer Cerbère avec un gâteau au miel juste après avoir payé la traversée du Styx pour Charon le nocher (un vieillard tout sec, avec un caractère de cochon). Bien sûr, toute cette panoplie du «Comment aller en enfer sans se faire bouffer ou rester au bord du fleuve» était aimablement fournie lors de l'inhumation.

Cerbère à la porte des enfers.

Vu son apparence féroce, il semble que Cerbère soit un gardien infaillible mais, au fil des mythes, on se rend compte qu'il a laissé passer quelques héros aux capacités exceptionelles et a même fini par se faire embarquer dans une excursion en plein air (avec l'accord préalable de son maître Pluton).


Orphée aux enfers :

Après son retour de Colchide, Orphée grâce à ses talents de musicien, connu un immense succès dans toute la Grèce et même dans l'Olympe (demeure des dieux) où il se fit de nombreuses relations. Un beau jour, il tomba amoureux d' une de ses admiratrices, une jeune fille nommée Eurydice mais, alors qu'il s'apprêtait à l'épouser, cette dernière succomba à une morsure de serpent. Fou de chagrin, Orphée se dirigea aux enfers pour aller réclamer la restitution de sa bien aimée (rien que ca).


Après avoir descendu un gouffre profond dans les entrailles de la terre, traversé le Styx (en payant Charon d'une petite mélodie), passé la garde sévère de Cerbère (celui-ci charmé à son tour lui lècha les pieds...) et enfin, passé les trois juges de l'enfer, pour arriver face à Pluton qui, subjugué également par ses talents lui accorda son épouse, à la condition qu'il lui accorde à lui et sa compagne Proserpine, un concert privé...


Après le récital, Pluton amena l'épouse d'Orphée devant lui, voilée de pied en cap, tout en lui confiant une condition avant qu'il ne puisse repartir avec elle :
- "Tu marchera devant, et jusqu'au moment où vous serez sortis des enfers, tu ne te retournera pas
une seule fois pour regarder Eurydice."
Orphée acquiesça et se mit en route avec sa compagne, Cerbère les laissa passer sans même aboyer et Charon ne demanda pas de payement. Il ne restait plus que l'escalier à gravir avant de déboucher sur la sortie. Lorsqu'il mit le pied sur la dernière marche, Orphée se retourna enfin, mais, Eurydice se trouvait encore sur l'avant-dernière marche qui faisait encore partie du territoire des enfers...
Dès qu'il porta son regard sur elle, son image commenca à s'estomper et il n'étreignit que le vide. Désespéré il retourna aux enfers mais cette fois, Charon avait des consignes strictes...


Kérberos.

Les 12 travaux d'Hercule :

Eurysthée (noble avide qui fût chargé de donner dix tâches impossibles à Hercule, bien souvent pour son profit), était fier de sa ménagerie (le taureau de l'île de Crête, le sanglier d' Erymanthe, le cerf aux cornes d'or,...)mais, quelque chose semblait manquer, une chose unique. Dans une intense réflexion, l'illumination embrasa son cerveau : le Cerbère. Son douzième (il tricha sur le compte de travaux afin de profiter plus longtemps des services du demi-dieu) travail serait de ramener vivant Cerbère !



Pour Hercule aller aux enfers tenait de la promenade de santé... Il y était déjà allé pour délivrer son demi-frère Thésée et il entretenait de bonnes relations avec Pluton. Il exposa sa requête au dieu qui le fixa avec un sourire amusé (chose rare chez un quasi-dépressif) avant de déclarer :
- "Décidément tu ne doutes de rien ! Eh bien, je consens à ce que tu essaie de t'emparer de Cerbère, mais à la condition que tu ne te serves pas de ta massue, ni d'aucune autre arme."

Selon les versions, Hercule s'empara de Cerbère (qui gronda pour manifester son vif désaccord) par le ventre pour le déplacer comme un vulgaire paquetage. Tandis que dans l'autre, Hercule demanda à Thésée quelques conseils. Celui-ci lui expliqua que s'il y avait trois têtes, il fallait alors employer trois voix : une voix calme pour commander, une voix forte pour gronder et une voix douce pour récompenser (Cerbère le suivit donc sans trop faire d'histoires).


Hercule sortant Cerbère des enfers.

Revenu des enfers avec Cerbère aux portes de la citée, Hercule entra dans la chambre d'Eurysthée. Ce dernier effrayé au plus haut point se planqua sous son lit et lui demanda de ramener Cerbère aux enfers, en promettant de ne plus jamais lui donner de travaux. Les douze travaux d'Hercule étaient achevés...

Idraemir

mardi 10 mai 2011

Les canidés mythiques

Hurlant à la lune, hantant les landes et grattant sur le seuil des familles pétrifiées de terreur, un bon nombre de créatures apparentées à la gent canine peuple de nombreux folklores sous une multitude d'aspects, dont la plupart forment un véritable cauchemar à pattes (le bestiaire médiéval en était assez riche, allant jusqu'à incarner l'une des formes favorites du malin). Je tenterai donc d'en présenter un maximum à travers ces quelques lignes, à votre plus grand bonheur (ou votre plus grande horreur, à vous de voir quelle version vous conviendra le mieux).

Skoll and Hati

Barghest :

Le Barghest ou Barguest (appelé aussi "Rongeur D'Os" ou "Shriker") proviendrait du nord de l'Angleterre et de Cornouailles. Son nom est forgé du Celte : Baarge (truie) ou de l'anglais bear (ours), et de ghost (fantôme). Le Barghest possède la capacité de changer de forme (allant d'une truie à une chèvre, en passant par l'ours, mais principalement celle d'un chien...). Cette bête énorme et redoutable se caractérise par des yeux immenses, un hurlement démoniaque à vous glacer les sangs et la capacité de ne laisser aucune empreinte sur le sol.

Barghest
Représentation rôliste du Barghest.

C'est sous la forme d'un gigantesque chien noir que le Barghest hante la campagne du Lancashire où il écope de bien des surnoms tel que : Padfoot (pas feutrés), Trash (à cause de ses pas invisibles),... Ce charmant canidé est aussi le cousin du Ronjou breton, chien monstrueux qui, dès la nuit tombée, fait entendre le cliquettement de ses chaînes et le raclement des os qu'il ronge. Cet amateur de calcium serait le fantôme d'un condamné à mort expiant ses fautes sous cette forme (la suite par contre va en étonner plus d'un). Pour mettre fin à cette malédiction, il convient de frapper la bête avec une clé, ce qui fera jaillir quelques gouttes de sang (ne vous trompez pas de bestiole si vous tenez à vos doigts)...

Barghest


Bête du Gévaudan :

Bête mystérieuse, tantôt décrite comme un énorme loup, tantôt comme un monstre hybride pourvu d'un poitrail de bœuf, d'un dos de crocodile et d'une queue démesurée, aurait perpétré ses méfaits dans la région (je vous le donne en mille) du Gévaudan entre 1764 et 1767. Elle aurait massacré une centaine de victimes (principalement des enfants et des jeunes filles). Chasseurs, soldats et même un détachement de Dragons envoyés par le roi tentèrent d'exterminer la bête... En vain.

Beast of Gevaudan
Représentation de la bête du Gévaudan.

Les balles semblaient ricocher sur sa peau et, même blessée, elle parvenait toujours à s'enfuir. La Gazette de France en donne ci-dessous une description plus précise :

“Le redoutable animal est beaucoup plus haut qu'un loup, bas du devant. Ses pattes sont armées de griffes. Il a le poil rougeâtre, la tête fort grosse, longue et finissant en museau de lévrier, les oreilles petites et droites comme des cornes, le poitrail large et un peu gris, le dos rayé de noir.”

Bête Pharamine :

Affublée d'un nombre incalculable de noms (bête blanche, grand'bête, bête de Brielles,...), incarnation de la terreur, tout en restant insaisissable car possédant la faculté d'emprunter un grand nombre d'apparences trompeuses ; la Bête Pharamine se manifeste lors des nuits sombres, là où la brume s'étale paresseusement en déroulant ses multiples rubans. Un bruit mou et spongieux de pattes se fait alors entendre, un souffle bestial aux relents putrides vous prend à la gorge, puis vous finissez par ressentir le contact infect de son corps velu.

Ceux qui ont pu contempler la bête s'accordent à dire qu'elle possède plusieurs têtes, aux yeux brillants et aux crocs acérés comme des poignards, sans oublier un pelage immaculé qui la fait ressembler à un spectre. La bête Pharamine est annonciatrice de mort (sans oublier qu'elle en provoque certaines), tue les mécréants qui osent la défier et rôde près des fermes pour assister avec délectation à l'agonie du paysan tombé malade (pour guérir le malheureux, la solution est “fort simple” : armez-vous d'un couteau et plantez-le entre les deux yeux de la bête afin de faire couler son sang... Le paysan sera aussitôt guéri et, dans le meilleur des cas, vous écoperez d'une fin rapide).

Hercules and Cerberus
Cerbère face à Hercule.

Cerbère :

Gigantesque chien d'Hadès, fils d'Echidna (tout comme l'Hydre de Lerne), gardien des enfers, ce colossal “ami de l'homme”, doté de trois têtes grondantes (parfois plus selon les auteurs les plus fantasques), d'une queue de Dragon et d'un charmant collier de vipères, tient une place importante dans plusieurs récits de la mythologie grecque (j'en parlerai plus longuement une prochaine fois). Son antre, situé près du bord du Styx, lui permet de surveiller l'entrée des morts (qui se doivent de l'amadouer avec un gâteau de miel, généreusement placé avec l'obole pour Charon dans la tombe). Son rôle n'est pas vraiment d'empêcher les morts d'entrer, mais plutôt de leur barrer la sortie... Ceux assez fous pour se risquer à tenter une fuite au galop, auront comme dernière vision les crocs du gardien.

Fenrir
Fenrir le “loup féroce”.

Fenrir :

Fils de Loki (Loge) et de la géante Angrboda, Fenrir (surnommé à juste titre “le loup féroce”) posa problème aux dieux qui décidèrent de l'entraver. Tyr se proposa pour passer le lien à la bête et glâna pour sa peine, la perte de sa main droite...

Lors du Ragnarok, Fenrir se libèrera pour l'ultime bataille où il engloutira Odin avant de finir poignardé par le fils de sa victime : Van (espoir).

Garm
Garm du Niflheim.

Garm :

Pendant nordique de Cerbère, Garm est le gardien du monde des morts (Niflheim) et le familier de Hel, déesse des enfers. Lors du crépuscule des dieux, ce dernier se libèrera de ses liens pour affronter Tyr dans un combat épique où les deux succomberont...

Werewolf
Sympathique représentation du Loup-garou.

Loup-garou :

Lycanthrope (et donc classé dans la grande famille des Métamorphes) dont le nom signifie qu'il faut “se garer du loup”. Appelé aussi Werewolf dans les pays anglophones, le Loup-garou est, la plupart du temps, un homme qui se change en hybride d'homme et de loup (vous vous en doutiez, je suppose) sous le coup d'une malédiction, de la morsure d'un autre Loup-garou, mais aussi parfois, il peut s'agir d'un sorcier voué au service du malin (qui le fait donc de son propre chef).

La naissance de ce “mal” remonterait à l'antiquité grecque, aux plaines d'Arcadie (je ne détaillerai pas le tout, sous peine de rédiger un pâté d'une longueur ahurissante, cela viendra plus tard) sous le règne du roi Lycaon. Au Moyen-Âge, le mythe du Loup-garou se renforça pour presque générer un climat de paranoïa qui envoya bon nombre de personnes rejoindre le bûcher “purificateur”. Ce n'est qu'au XVIIème siècle que la porphyrie fût reconnue comme une maladie...

Skoll and Hati

Skoll et Hâti :

Sköll (qui signifie répulsion) et Hâti (haine), sont deux loups monstrueux de la mythologie nordique. Ils n'ont de cesse de courir après la soleil et le lune (il est à préciser que l'astre de jour et de nuit sont inversés niveau masculin et féminin) afin de les engloutir (chose qui sera faite lors du Ragnarök d'ailleurs).


Skoll, Hati and Fenrir


Scylla :

Scylla la nymphe, fût changée en un monstre abominable (une pieuvre géante dont les tentacules étaient garnis, aux extrémités, de têtes de molosses) pour avoir éconduit l'un de ses prétendants. Elle est notamment mentionnée dans l'odyssée d'Ulysse ainsi que dans les douze travaux d'Hercule.

Scylla
Scylla.

Idraemir