Nombre total de pages vues

Affichage des articles dont le libellé est scylla. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est scylla. Afficher tous les articles

mardi 10 mai 2011

De Charybde en Scylla

Tout le monde a au moins entendu une fois dans sa vie : «Aller de Charybde en Scylla» (échapper à un péril pour se retrouver face à un plus grand). Mais seul une poignée de gens connaissent l'origine mythologique de ce charmant et sympahtique couple aquatique...

Au premier plan : les sirènes, second plan : Ulysse attaché au mât de son navire afin de pouvoir écouter le chant de ces dernières sans se jeter à l'eau et au troisième plan : Le même navire aux prises avec Scylla.

Charybde et Scylla proviennent de la mythologie Grecque. Les deux vivaient en bonnes voisines, l'une en face de l'autre, là où se situe le détroit de Messine près de la Sicile.

Incarnation de Charybde.

Charybde, autrefois la fille de Poséidon et de Gaïa, fût changée en un gouffre marin (tourbillon si vous préférez), pour avoir volé une partie des boeufs qu'Hercule avait lui-même aimablement subtilisé au géant Géryon (après l'avoir massacré tout aussi gentiment). Son antre se constituait d'un petit îlot paisible bordé de falaises escarpées. Au pied de ces falaises, au niveau de la mer, s'ouvrait une anfractuosité profonde qui trois fois par jour formait une dépression qui se creusait dans cette anfractuosité et les flots s'y engouffraient, en entraînant avec eux, dans un irrésistible tourbillon (Charybde elle-même), tous les objets ou embarcations qui passaient à portée (dans un rayon d'une centaine de mètres), pour ponctuellement, recracher tout ce qui été avalé, une
demi-heure plus tard, avec une certaine violence (un marin englouti à moins de se surpasser niveau apnée intensive, avait peu de chances d'y survivre...).

Scylla face aux marins.

A une portée de flèche de là, se trouvait un rocher baptisé avec «inventivité» Scylla. Il présentait lui aussi une anfractuosité qui servait de repère à une ancienne Nymphe changée en monstre marin (une pieuvre dotée de six tentacules terminés par des têtes de chiens, dotées de trois rangées de crocs effilés. Détail amusant, ces chiens ne pouvaient pas produire d'aboiements plus rudes que celui de chiots nouveau-nés...) pour avoir éconduit la divinité de rang supérieur Glaucos (selon les versions, ce dernier après le refus, demanda à la magicienne Circée de lui concocter un philtre d'amour, mais cette dernière jalouse, prépara un poison que l'amant versa dans la fontaine de Scylla qui se changea rapidement en une monstruosité. Horrifiée par son état, elle se jeta à la mer pour rejoindre finalement le rocher en question).


 Transformation de Scylla.

Dans l'Odyssée d'Ulysse, ce dernier après la guerre de Troie, tente de rentrer chez lui par la voie des mers. Il passe justement devant le passage de Charybde et Scylla (impossible à contourner car prolongés tout deux par des récifs sur une longue distance). Au courant de la particularité de l'endroit par les réçits de Circée et Tirésias, ce dernier hésita longuement sur la marche à suivre (Ulysse réputé pour son esprit pragmatique et sa logique si particulière, verra bien des problèmes comme une équation ou une opération mathématique).


Après réflexion, trois solutions s'imposaient à son esprit : la première était de passer entre Charybde et Scylla mais il abandonna de suite cette idée, vu que cela le placerais dans le champ d'action des deux obstacles. La seconde était de passer le plus près de Charybde pour, avec un peu de chance, traverser pendant une période d'accalmie (en bref, tout ou rien). Et la dernière, de passer près de Scylla avec la garantie de perdre 6 marins mais de limiter les pertes en naviguant au plus vite. Préférant la troisième solution, Ulysse se garda bien de prévenir les marins de l'existence du monstre (de peur qu'ils ne refusent de se diriger vers lui) et au passage de la grottes, six tentacules monstrueux happèrent les marins gigotants comme des pantins désarticulés, mais lorsque le temps de la seconde fournée arriva, Ulysse et ses trente huit soldats survivants étaient déjà loin...



Plus tard et après avoir perdu les grâces d'Apollon par la faute de ses hommes, Ulysse sera confronté à une tempête forgée par Neptune le dieu des océans (pour se venger d'avoir crevé l'oeil d'un de ses enfants) ramenant l'équipage vers Charybde, qui se fera une joie d'engloutir le navire pour ne laisser qu'un Ulysse à moitié mort sur les débris du bateau.

Version serpentiforme et erronée de Scylla.

Selon une certaine version, Scylla sera tuée par Hercule mais Glaucos demandera à sa mère de la ramener à la vie sous sa version première (sans le rab de tentacules). En guise de conclusion, il est à préciser que Charybde et Scylla sont en quelque sorte une métaphore sur la difficulté de traversée du détroit (Charybde incarnant les marées et Scylla les récifs), une façon d'illustrer les dangers que doivent affronter sans cesse des marins à l'imagination fertile...

Idraemir

Les canidés mythiques

Hurlant à la lune, hantant les landes et grattant sur le seuil des familles pétrifiées de terreur, un bon nombre de créatures apparentées à la gent canine peuple de nombreux folklores sous une multitude d'aspects, dont la plupart forment un véritable cauchemar à pattes (le bestiaire médiéval en était assez riche, allant jusqu'à incarner l'une des formes favorites du malin). Je tenterai donc d'en présenter un maximum à travers ces quelques lignes, à votre plus grand bonheur (ou votre plus grande horreur, à vous de voir quelle version vous conviendra le mieux).

Skoll and Hati

Barghest :

Le Barghest ou Barguest (appelé aussi "Rongeur D'Os" ou "Shriker") proviendrait du nord de l'Angleterre et de Cornouailles. Son nom est forgé du Celte : Baarge (truie) ou de l'anglais bear (ours), et de ghost (fantôme). Le Barghest possède la capacité de changer de forme (allant d'une truie à une chèvre, en passant par l'ours, mais principalement celle d'un chien...). Cette bête énorme et redoutable se caractérise par des yeux immenses, un hurlement démoniaque à vous glacer les sangs et la capacité de ne laisser aucune empreinte sur le sol.

Barghest
Représentation rôliste du Barghest.

C'est sous la forme d'un gigantesque chien noir que le Barghest hante la campagne du Lancashire où il écope de bien des surnoms tel que : Padfoot (pas feutrés), Trash (à cause de ses pas invisibles),... Ce charmant canidé est aussi le cousin du Ronjou breton, chien monstrueux qui, dès la nuit tombée, fait entendre le cliquettement de ses chaînes et le raclement des os qu'il ronge. Cet amateur de calcium serait le fantôme d'un condamné à mort expiant ses fautes sous cette forme (la suite par contre va en étonner plus d'un). Pour mettre fin à cette malédiction, il convient de frapper la bête avec une clé, ce qui fera jaillir quelques gouttes de sang (ne vous trompez pas de bestiole si vous tenez à vos doigts)...

Barghest


Bête du Gévaudan :

Bête mystérieuse, tantôt décrite comme un énorme loup, tantôt comme un monstre hybride pourvu d'un poitrail de bœuf, d'un dos de crocodile et d'une queue démesurée, aurait perpétré ses méfaits dans la région (je vous le donne en mille) du Gévaudan entre 1764 et 1767. Elle aurait massacré une centaine de victimes (principalement des enfants et des jeunes filles). Chasseurs, soldats et même un détachement de Dragons envoyés par le roi tentèrent d'exterminer la bête... En vain.

Beast of Gevaudan
Représentation de la bête du Gévaudan.

Les balles semblaient ricocher sur sa peau et, même blessée, elle parvenait toujours à s'enfuir. La Gazette de France en donne ci-dessous une description plus précise :

“Le redoutable animal est beaucoup plus haut qu'un loup, bas du devant. Ses pattes sont armées de griffes. Il a le poil rougeâtre, la tête fort grosse, longue et finissant en museau de lévrier, les oreilles petites et droites comme des cornes, le poitrail large et un peu gris, le dos rayé de noir.”

Bête Pharamine :

Affublée d'un nombre incalculable de noms (bête blanche, grand'bête, bête de Brielles,...), incarnation de la terreur, tout en restant insaisissable car possédant la faculté d'emprunter un grand nombre d'apparences trompeuses ; la Bête Pharamine se manifeste lors des nuits sombres, là où la brume s'étale paresseusement en déroulant ses multiples rubans. Un bruit mou et spongieux de pattes se fait alors entendre, un souffle bestial aux relents putrides vous prend à la gorge, puis vous finissez par ressentir le contact infect de son corps velu.

Ceux qui ont pu contempler la bête s'accordent à dire qu'elle possède plusieurs têtes, aux yeux brillants et aux crocs acérés comme des poignards, sans oublier un pelage immaculé qui la fait ressembler à un spectre. La bête Pharamine est annonciatrice de mort (sans oublier qu'elle en provoque certaines), tue les mécréants qui osent la défier et rôde près des fermes pour assister avec délectation à l'agonie du paysan tombé malade (pour guérir le malheureux, la solution est “fort simple” : armez-vous d'un couteau et plantez-le entre les deux yeux de la bête afin de faire couler son sang... Le paysan sera aussitôt guéri et, dans le meilleur des cas, vous écoperez d'une fin rapide).

Hercules and Cerberus
Cerbère face à Hercule.

Cerbère :

Gigantesque chien d'Hadès, fils d'Echidna (tout comme l'Hydre de Lerne), gardien des enfers, ce colossal “ami de l'homme”, doté de trois têtes grondantes (parfois plus selon les auteurs les plus fantasques), d'une queue de Dragon et d'un charmant collier de vipères, tient une place importante dans plusieurs récits de la mythologie grecque (j'en parlerai plus longuement une prochaine fois). Son antre, situé près du bord du Styx, lui permet de surveiller l'entrée des morts (qui se doivent de l'amadouer avec un gâteau de miel, généreusement placé avec l'obole pour Charon dans la tombe). Son rôle n'est pas vraiment d'empêcher les morts d'entrer, mais plutôt de leur barrer la sortie... Ceux assez fous pour se risquer à tenter une fuite au galop, auront comme dernière vision les crocs du gardien.

Fenrir
Fenrir le “loup féroce”.

Fenrir :

Fils de Loki (Loge) et de la géante Angrboda, Fenrir (surnommé à juste titre “le loup féroce”) posa problème aux dieux qui décidèrent de l'entraver. Tyr se proposa pour passer le lien à la bête et glâna pour sa peine, la perte de sa main droite...

Lors du Ragnarok, Fenrir se libèrera pour l'ultime bataille où il engloutira Odin avant de finir poignardé par le fils de sa victime : Van (espoir).

Garm
Garm du Niflheim.

Garm :

Pendant nordique de Cerbère, Garm est le gardien du monde des morts (Niflheim) et le familier de Hel, déesse des enfers. Lors du crépuscule des dieux, ce dernier se libèrera de ses liens pour affronter Tyr dans un combat épique où les deux succomberont...

Werewolf
Sympathique représentation du Loup-garou.

Loup-garou :

Lycanthrope (et donc classé dans la grande famille des Métamorphes) dont le nom signifie qu'il faut “se garer du loup”. Appelé aussi Werewolf dans les pays anglophones, le Loup-garou est, la plupart du temps, un homme qui se change en hybride d'homme et de loup (vous vous en doutiez, je suppose) sous le coup d'une malédiction, de la morsure d'un autre Loup-garou, mais aussi parfois, il peut s'agir d'un sorcier voué au service du malin (qui le fait donc de son propre chef).

La naissance de ce “mal” remonterait à l'antiquité grecque, aux plaines d'Arcadie (je ne détaillerai pas le tout, sous peine de rédiger un pâté d'une longueur ahurissante, cela viendra plus tard) sous le règne du roi Lycaon. Au Moyen-Âge, le mythe du Loup-garou se renforça pour presque générer un climat de paranoïa qui envoya bon nombre de personnes rejoindre le bûcher “purificateur”. Ce n'est qu'au XVIIème siècle que la porphyrie fût reconnue comme une maladie...

Skoll and Hati

Skoll et Hâti :

Sköll (qui signifie répulsion) et Hâti (haine), sont deux loups monstrueux de la mythologie nordique. Ils n'ont de cesse de courir après la soleil et le lune (il est à préciser que l'astre de jour et de nuit sont inversés niveau masculin et féminin) afin de les engloutir (chose qui sera faite lors du Ragnarök d'ailleurs).


Skoll, Hati and Fenrir


Scylla :

Scylla la nymphe, fût changée en un monstre abominable (une pieuvre géante dont les tentacules étaient garnis, aux extrémités, de têtes de molosses) pour avoir éconduit l'un de ses prétendants. Elle est notamment mentionnée dans l'odyssée d'Ulysse ainsi que dans les douze travaux d'Hercule.

Scylla
Scylla.

Idraemir