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vendredi 21 décembre 2018

Les sept nuits de Samhain - première année

Pour fêter dignement Samhain (fête celtique marquant le début de la Période Sombre et où les Celtes honoraient les défunts par des banquets rituels en leur mémoire), je vous propose une série de contes, légendes et anecdotes (provenant de multiples cultures).

Étant donné que Samhain est une période où les frontières entre notre monde et l'Autre Monde sont minces, il n'est pas rare de croiser des Revenants, des Élémentaires ou même des divinités des temps passés.

Vous comprendrez donc que la thématique de ces textes tournera autour : de la mort, des Fantômes, des Spectres, des Élémentaires - de sinistre réputation de préférence - et autres créatures peuplant les cimetières vétustes, les ruines, les marais et autres lieux considérés comme néfastes.

La fête se déroulant pendant sept jours (trois jours avant la pleine lune d'octobre, durant la pleine lune et trois jours après), vous aurez donc sept récits à lire.

Je vous encourage à les partager sans retenue pour en faire profiter votre entourage ou votre famille. Vous raviverez ainsi un peu l'antique tradition où les familles et le voisinage se rassemblaient bien au chaud près du feu, pour écouter les récits terrifiants de l'aïeul ou du conteur local.

Bonne lecture et joyeuse Samhain à toutes et tous !

Première nuit :

Joyeuse Samhain à toutes et à tous !

Pour fêter le premier jour de la fête dédiée au début de la saison sombre, je vous offre l'extrait d'un texte parlant d'une créature que beaucoup connaissent : le Loup-Garou (personne capable ou obligée de se métamorphoser en loup - de manière partielle ou complète). L'extrait montre la cruauté des jugements concernant les personnes ayant été accusées d'être des Loups-Garous. Évitez de manger en lisant :

The Wolf Eschenbach
Gravure épinglée datée de 1685 et représentant le Loup d'Eschenbach (Allemagne), piégé dans un puits.

"Les techniques d'exécutions présentent des constantes, le bûcher, parfois après étranglement, le bannissement, mais aussi des particularismes. En Moyenne Allemagne, une certaine Veronika est passée par l'épée puis incinérée, et en 1650 un homme subit le même sort. À Paderborn {ville d'Allemagne Centrale}, en 1598, un Loup-Garou reçoit un horrible traitement : on lui arrache le cœur et on le lui place dans la bouche, puis on coupe le corps en quatre et on brûle les morceaux sauf la tête qui est passée par le feu et roussie et, enfin, plantée sur un pieu de fer fixé sur une roue avec un loup en bois au-dessus."
- Extrait du livre : "Elle courait le Garou - Lycanthropes, hommes-ours, hommes-tigres Une anthologie" de Claude Lecouteux.
Il n'était pas conseillé à l'époque d'être réputé velu...

Deuxième nuit :

Pour le deuxième jour de Samhain, voici un conte japonais (condensé par mes soins) datant probablement de l'Ère Edo (1600 - 1868) :

Un marchand d'étoffes s'en vint à Edo {ancien nom de Tokyo} pour vendre ses marchandises. Malheureusement, les affaires furent mauvaises et il décida de regagner sa province au plus vite.

Pour épargner un peu sa bourse et échapper à l'orage, il gagna une maison abandonnée et s'y abrita. Dans une pièce délabrée aux cloisons de papier déchirées, il posa son paquetage et s'étendit sur une vieille natte, se servant de son manteau comme d'une couverture.

Réveillé par les grondements du ciel, il eut la désagréable sensation d'être observé. Scrutant la pièce à chaque nouvel éclair, il crut voir briller quelque chose entre les croisillons de papier déchiqueté. À première vue, ça ressemblait à des pierres rondes cerclées de blanc, mais en s'approchant, il eut un mouvement de recul en constatant qu'il s'agissait d'yeux qui le fixaient.

Mokumokuren
Illustration d'auteur inconnu représentant Mokumokuren en train de se déchaîner.

Terrifié, le marchand se cacha sous sa couverture improvisée, recroquevillé, les yeux clos et priant pour que le Yokai le laisse en paix. L'attente, le stress et la fatigue aidant, le pauvre homme finit par s'endormir. Lorsqu'il se réveilla, il faisait toujours nuit mais les yeux avaient disparu. Il eut beau chercher dans les moindres recoins de la masure, les globes oculaires s'étaient bel et bien volatilisés.
- Ce texte est une version modifiée (par mes soins) et tirée du livre intitulé : "Contes d'une Grand-Mère Japonaise" d'Yveline Féray.

Il existe une suite à ce conte que je réserve pour une autre fois. Le Yokai de cette histoire se nomme Mukomokuren ("Nombreux Yeux").

Troisième nuit :

Troisième jour, troisième histoire. Cette fois elle nous vient d'Islande :

"C'est amusant, l'obscurité :
Jadis, et jusqu'à nos jours, on avait coutume en Islande, de veiller les morts et le plus souvent on disposait d'une bougie si la nuit n'était pas tout à fait claire. Un jour, un Sorcier peu ordinaire vint à mourir. Personne n'avait vraiment envie de veiller son corps. Cependant on trouva pour le faire un homme aussi courageux qu'il était fort. Veiller ne lui déplaisait pas. la nuit qui précéda la mise en bière, la bougie s'éteignit peu avant l'aube. Alors le mort se leva et dit "C'est amusant, l'obscurité." Le veilleur répondit : "Tu n'en profiteras guère." Puis il déclama ce poème :

"Le monde s'éclaire à présent,
la nuit a touché à sa fin.
C'était une bougie, mais tu es poussière,
alors tais-toi maintenant !"

The Dance of the Dead -  Adriaen Pietersz van de Venne
Huile sur toile intitulée : "La Danse de la Mort" et réalisée par le peintre hollandais Adriaen Pietersz van de Venne.

Ensuite il se jeta sur le mort et le maîtrisa. Le cadavre ne bougea plus le restant de la nuit."
- Conté par Einar Bjarnason et rapporté par Jon Arnason.

Quatrième et cinquième nuit :

Voici le quatrième extrait (venu du Pays de Galles), consacré cette fois à l'Autre-Monde :

"Le harpeur et les Fées :

Il y avait une fois, dans un endroit très reculé du Denbighshire {dans le Nord du Pays de Galles}, dans la paroisse de Hafod Elwyt, un vieil harpeur {harpiste} nommé Shon Robert, qui était souvent invité à jouer pour les danseurs lors des différentes fêtes, ou à accompagner les chanteurs.

Un soir, il alla à Llechwedd Llyfn, près de Cefn Brith, pour une jolie fête, et la soirée s'acheva bien tard. Enfin le harpeur prit le chemin du retour. Ce chemin passait par la montagne chauve. En passant près d'un lac appelé Llyndau-Ychain, grande fut sa surprise de voir sur les berges un véritable palais brillamment illuminé, là où il n'avait jamais rien vu auparavant. Il continua de marcher et, arrivé à la hauteur de ce merveilleux château, il fut hélé par un serviteur qui l'invita à y entrer. Il accepta de bon gré l'invitation, et fut introduit dans un magnifique salon où se tenait un bal fastueux. Aussitôt, les invités entourèrent le vieux harpeur, se firent très amicaux et, à son grand étonnement, s'adressèrent à lui par son prénom...

Fairy Castle
Ravissante illustration ci-dessous réalisée par Devin Gao.

La salle était incomparablement meublée et décorée de riches tapisseries ; nombre d'objets étaient même en or massif. Un échanson proposa au musicien un gobelet de vin pétillant, que celui-ci sut apprécier. On demanda alors au harpeur de jouer pour l'assemblée, à la plus grande satisfaction des invités. Puis l'un des hôtes prit son chapeau et fit la quête pour le musicien, le ramenant plein de pièces d'or et d'argent. La fête continua avec beaucoup de gaieté et de magnificence jusqu'à l'aube. Mais, au premier chant du coq, les convives disparurent, laissant Shon tout seul.

Avisant un magnifique canapé, il s'y allongea et s'endormit aussitôt. Lorsqu'il s'éveilla, il était déjà midi et, à son grand désappointement, il se retrouvait sur un tas de bruyère. Le palais magnifique s'était évanoui. Quant à l'argent de la quête, qu'il avait transféré de son chapeau à sa besace, il n'en restait plus qu'un tas de feuilles sèches."
- Conte provenant du livre "Welsh Folklore" ("Folklore gallois"), traduit par Mike James et remanié par Gérard Lomenec'h dans l'ouvrage intitulé : "Contes Populaires des Pays Celtiques". Je l'ai laissé tel quel hormis les annotations afin de faciliter votre compréhension du texte.

Fairies
Illustration un brin romantico-gnangnan réalisée par Richard Doyle en 1870.

Sixième nuit :

Sixième extrait. Cette fois il s'agira d'un Non-Mort fort complexe que je n'ai pas encore eu le temps de voir avec vous. À savoir le Vampire (et le Cauchemar puisque la créature a les caractéristiques de ces deux êtres) :

Vampire or Demon in disguise
Gravure - d'Auteur Inconnu - représentant soit un Vampire ("modernisé") soit un Démon sous forme humaine.

"En 1591, un cordonnier se tranche la gorge dans une célèbre ville silésienne. On ignore la cause du suicide. Sa femme raconte qu'il a succombé à une attaque. Au bout de six semaines, un bruit court dans la ville : un Fantôme ressemblant au cordonnier afflige et écrase les dormeurs. En même temps, une rumeur se répand, disant que le cordonnier s'est suicidé. Les parents du mort s'opposent à l'exhumation du corps, mais le défunt se jette sur le lit des dormeurs, s'agrippe à eux et tente de les étrangler, pèse si fort qu'on voit sur leur corps des marques blêmes le lendemain matin, et même des traces de doigts plusieurs heures après. Finalement, le peuple effrayé fait exhumer le corps qui a reposé en terre du 22 septembre 1591 au 18 avril 1592. On découvre que le cadavre est intact, très gonflé, que la peau des pieds est tombée et qu'une autre a repoussé. Au bout de vingt-quatre heures, on l'ensevelit de nouveau, mais en une place infamante. Pourtant, le mort continue ses méfaits jusqu'à ce qu'on lui tranche la tête, les membres, les mains et les pieds le 7 mai 1592 et qu'on lui ouvre le dos. On trouve son cœur intact, comme celui d'un veau que l'on vient d'abattre. On dresse un bûcher et on incinère le corps. On surveille les cendres durant la nuit afin que les gens ne s'en emparent pas pour agir de façon criminelle ; le lendemain, on les place dans un sac que l'on jette dans la rivière. Désormais, on connut la paix."
- Traduit de l'ouvrage intitulé "Schlesisches historisches Labyrinth" par Claude Lecouteux.

Septième nuit :
Septième extrait tout frais :

À proximité de la Préfecture de Yang-hsin {une préfecture chinoise qui m'est inconnue} se trouvait une auberge tenue par un vieillard et son fils. Un soir, quatre voyageurs fourbus demandèrent à y loger. Malheureusement, toutes les chambres étaient occupées. Devant l'insistance du quatuor, l'aubergiste céda et les envoya dans une chambre où reposait le cadavre de la belle-fille de l'aubergiste (décédée il y a peu).

Fourbus, les voyageurs s'endormirent aussitôt à l'exception d'un seul, mal à l'aise à l'idée de coucher près d'une morte.

Alerté par un craquement, le voyageur écarquilla les yeux de terreur en voyant le cadavre se dresser et se diriger vers les couchettes de ses compères. Voyant que la morte se penchait et soufflait son haleine méphitique au visage des dormeurs, il cacha discrètement sa tête sous les draps, et bloqua sa respiration lorsque le cadavre ambulant s'approcha pour lui souffler au visage.

Passé ce désagréable moment, il souleva un coin de drap et constata que la morte avait regagné sa place. Pressé de quitter cet endroit, il s'habilla à la hâte et courut vers la sortie. Alertée par le bruit, la morte se dressa et se jeta à sa poursuite.

Chinese Ghost
Illustration créée par Clementmeriguet.

Parvenu sur le seuil d'un monastère, le voyageur tambourina à la porte mais le portier, trouvant son histoire trop farfelue, refusa de le laisser entrer...

Acculé et voyant surgir le cadavre ambulant, il n'eut d'autre choix que de s'abriter derrière un arbre et de tourner autour pour éviter les assauts de son adversaire. Agacée par ce manège, la morte bondit griffes en avant, manqua de peu le voyageur et se retrouva les mains encastrées dans le tronc de l'arbre...

Le lendemain, le portier du monastère eut la surprise de trouver le farfelu d'hier évanoui accompagné du corps d'une jeune fille planté dans un arbre...
- Texte de Yuan Mei, tiré du livre : "Ce que Confucius n'a pas dit" et remanié par mes soins.

Et c'était le dernier extrait. J'espère que ce petit extra vous aura plu. N'hésitez pas à me donner votre avis pour voir si vous souhaitez à nouveau que je farfouille une prochaine fois dans mes livres pour commémorer de temps à autre l'une ou l'autre fête.

Remerciements :

Pour la rédaction de ce court article, je remercie :

- Les différents artistes (cités sur chaque illustration) dont les créations ont pu égayer cet article.

- Mel pour son aide dans la correction.

- Idraemir

jeudi 20 décembre 2018

Annonce - nouvelle section et dépoussiérage du site

Ne soyez pas surpris si vous n'avez pas eu de mes nouvelles pendant une longue période, la surcharge de travail et une bonne crise de la page blanche ont un brin freiné mes élans créatifs.

Ce n'est pas pour autant que j'ai abandonné l'idée d'écrire ou de publier mes recherches. J'ai d'ailleurs continué à amasser diverses données sur le folklore ou le monde vidéoludique (en lien avec les créatures "fantastiques").

Je suis en ce moment en train de préparer des sources de base pour un article traitant d'un sujet assez rare et les sources sont malheureusement presque toutes rédigées dans un anglais parfois vieillot avec des expressions pas toujours aisées à traduire. Vous imaginez donc que ça prend beaucoup de temps et d'énergie, le tout à une allure d'escargot. Mais il faudra bien un jour que j'en voie le bout et que vous tombiez dessus.

En attendant, et vu le succès de mes histoires de Samhain (sept récits liés aux Spectres, Fantômes et autres créatures de la nuit), j'ai ouvert une nouvelle section dans la Table des Matières du site, à savoir : les "Contes et légendes de Samhain et Beltaine".

J'ai publié pendant trois années consécutives cette série de récits et je vous propose une nouveauté à ce sujet. Puisque je fête avec vous le début de la Saison Sombre Celte, pourquoi ne pas équilibrer en fêtant également le début de la Saison Lumineuse ?

Vous devriez donc trouver - vers le trente avril ou le premier mai - des courts récits liés au folklore et dont la thématique tournera autour de quelque chose de plus joyeux et estival (je me creuserai le cabochon à ce sujet en temps voulu).

Vous pourrez donc lire très bientôt, dans la nouvelle section, la première série de textes de Samhain (publiée il y a trois ans) et vous aurez également droit aux deux autres pour le mois de janvier et celui de février. De quoi vous faire patienter en attendant qu'un article plus solide ne fasse son apparition.

Whitby's Hand of Glory
La Main de Gloire de Whitby exposée au Whitby Museum.

Je vous offre également - au passage - un petit échantillon folklorique de mon dernier voyage dans le Nord de l'Angleterre et de l'Écosse avec cette Main de Gloire (vous trouverez des informations à son sujet en allant consulter le chapitre portant son nom dans l'article consacré à la Mandragore).

Je traiterai d'autres photos du même genre dans les prochains mois, donc, n'oubliez pas de faire un tour sur ma page de travaux visuels de temps à autre.

Conclusion :

Une note courte après une longue absence pourra en chagriner certains mais consolez-vous puisque je ne viens pas les mains vides. Ce sera pour moi ma façon de fêter Yule (l'ancêtre de Noël chez les Germains) avec vous et de vous faire un petit présent de fin d'année.

Sur ce, portez-vous bien et joyeuses fêtes de fin d'année !

Idraemir

jeudi 21 décembre 2017

Les différents types de Dragons

Une armure impénétrable faite d'écailles ; de vastes ailes de cuir qui masquent les rayons du soleil ; une queue hérissée de pointes, capable de fendre un arbre en deux ; des griffes pareilles à des faux ; des crocs tranchants et un souffle ardent pouvant déchaîner les feux de l'Enfer. Telles sont les caractéristiques qui reviennent le plus souvent lorsque l'on évoque les Dragons.

Dragon
Voici la représentation que l'on se fait généralement d'un Dragon (illustration de Dehong He).

Pourtant, l'aspect de ces êtres fascinants ne se limite pas à cette description... Bien loin de là. Certaines de ces créatures n'ont pas d'écailles mais de la fourrure, d'autres sont dépourvues d'ailes ou de pattes, préférant la forme d'un serpent, plus adaptée pour ramper ou nager. Même le légendaire souffle draconique n'est pas une constante puisque certains originaux préfèrent empoisonner leur cible ou vomir des torrents d'eau...

Vous l'aurez vite compris : il existe une grande variété de Dragons (la France à elle seule en compte plus de cent) et leur forme peut varier grandement d'une région à l'autre.

Les questions qui viennent naturellement à l'esprit sont : "Qu'est-ce qui définit vraiment un Dragon ?" ; "Existe-t-il plusieurs familles de Dragons ? et "Quels sont les premiers Dragons ?"

Étant donné qu'en matière de folklore, il n'y a jamais de réponse simple ou unique, je vous propose de tenter de répondre à ces trois questions au travers d'une série de chapitres consacrés à ces fascinantes créatures qui peuplent les contes, les légendes et les mythes.

Entamons ce voyage initiatique avec...

I - Les caractéristiques communes des Dragons :

Oublions directement les théories voulant que les Dragons soient des os de dinosaures qui ont pris vie grâce à l'imagination populaire (l'exemple le plus connu étant les Os de Dragons de Chine : des fragments osseux de mammifères préhistoriques réduits en poudre et ayant de multiples propriétés curatives - selon les dires), des survivants de la Préhistoire ou d'énormes et rares représentants de la gent reptilienne (dont les descriptions ont été exagérées).

Dragon's anatomy
Vue Anatomique détaillée du Dragon (superbement illustrée par Kate Pfeilschiefter).

Sur le plan folklorique, les Dragons sont des créatures étroitement liées aux Éléments (l'Eau, la Terre, l'Air et le Feu). Les Dragons chinois et japonais (Lung et Ryu) sont souvent associés à l'Eau, les Dragons nordiques (Lindworms) à la Terre, les Dragons celtiques (Vouivres) à la Terre et à l'Eau... On peut donc les classer comme faisant partie des Élémentaires (ceux que l'on appelle communément des "Fées"). Jean-Paul Ronecker fait d'ailleurs entrer les Dragons dans la catégorie des Genius Loci (littéralement : "Esprits du Lieu"). Pour résumer, les Genius Loci sont des Esprits Élémentaires censés veiller sur un lieu ou une région précise. Ils sont également souvent une matérialisation de l'endroit dont ils ont la garde. On retrouve cet aspect de gardien dans les contes et légendes où le Dragon veille sur un trésor souterrain (qui n'est pas forcément matériel).

Plus que de simples Élémentaires, les Dragons personnifient la Nature sous son aspect primaire, sauvage et indompté ! La Gargouille (Dragon sorti de la Seine pour noyer la ville de Rouen sous des trombes d'eau) en est le parfait exemple.

S'ils peuvent détruire, les Dragons savent également créer, donner la vie ou répandre la prospérité. Citons par exemple : le Dieu slave Svarog (ayant la forme d'un Dragon ailé ou d'un serpent crachant le feu), qui personnifie le Soleil et fertilise les champs ; les Dragons chinois, souvent priés afin qu'ils fassent pleuvoir, pour mettre fin à la sécheresse ; les Nagas, censés apporter la prospérité...

Svarog
Représentation assez sombre de Svarog (son nom signifie le "Clair" ou le "Lumineux") par Allagar.

Comme pour les Élémentaires "classiques", ils représentent la Nature sous son aspect généreux et terrible. Ils peuvent donc se montrer bienveillants ou destructeurs selon leur humeur ou leur caractère. Nous sommes donc bien loin du cliché chrétien, faisant du Dragon l'incarnation du Mal (ou des anciennes traditions et religions locales qu'il fallait éradiquer), juste bon à se faire pourfendre par quelques chevaliers en mal d'exploits (ou tentés par la promesse d'un suicide, aussi rapide que brûlant)...

Ce Dualisme (deux principes qui s'opposent) se retrouve également dans d'autres mythologies mais sous une autre forme. L'aspect Chtonien (associé à la Terre) du Dragon le relie souvent au Monde Souterrain (le Monde des Morts). Cette part de ténèbres l'oppose au "Héros Solaire".

Le Héros Solaire (une divinité, un preux, un saint...), qui affronte et vainc le Dragon, peut avoir de multiples symboliques. Il peut s'agir : de la victoire de l'Ordre contre le Chaos (appelée communément : "Chaoskampf"), où s'affrontent un Dieu des Tempêtes et un Dragon ; de la Lumière chassant les Ténèbres souterraines (le Dieu Solaire Rê, devant chaque nuit, pénétrer le royaume souterrain d'Osiris et affronter le Dragon Apophis pour que renaisse le Soleil) ; de l'ancienne souveraineté, vaincue par l'envahisseur (les empereurs du Japon sont censés être des descendants de Ryujin, le Kami de la Mer ayant la forme d'un Dragon) ; ...

Le principe dual peut prendre de multiples formes, mais celui du Chaoskampf (terme allemand signifiant : "Lutte Contre le Chaos") est le plus répandu dans les cultures Indo-européennes. Le Chaos est personnifié par un Dragon (ou Serpent de Mer, ce qui revient au même) tandis que l'Ordre revêt la forme d'un héros populaire ou d'un Dieu de la Foudre (souvent la divinité principale du panthéon). On peut donc qualifier de "Chaoskampf" : l'affrontement opposant Zeus à Typhon ; le combat entre Susanoo et Yamata-no-Orochi ; la fantastique bataille où se sont entretués Thor et Iormungandr ; le duel entre Hercule et l'Hydre de Lerne ; ...

Siegfried against Fafnir
Illustration d'Atenebris mettant en scène le combat opposant Siegfried au Dragon Fáfnir.

Une autre caractéristique commune à de nombreux Dragons est leur lien avec le serpent (et plus anciennement le ver).

Personnification du Mal pour les chrétiens (du moins, c'est l'une des rares symboliques à avoir été retenue), le serpent n'est pourtant pas dénué de symboles positifs. Chez les Celtes, il représentait l'Esprit fécondant la Matière et, avec sa mue, le renouveau vernal (le réveil de la Nature lors du printemps). Chez les Grecs, le Bâton d'Asclépios (bâton où s'enroule une couleuvre) symbolise la Médecine. L'Ouroboros (le serpent qui se mord la queue) est un ancien symbole représentant - entre autres - l'éternité, le passage du temps et la résurrection (ce qui explique sa présence dans certains cimetières, comme le prouve cette photo). N'oublions pas également que le serpent est souvent lié à la Connaissance.

Selon Jean-Paul Ronecker, le ver est un symbole plus ancien que celui du serpent. Il est également associé à la Terre (par son côté fouisseur), représente l'Esprit fécondant la Matière et incarne le passage d'un état à un autre (une évolution). On retrouve des traces du ver dans le nom de certains Dragons. Le terme Anglo-Saxon : "Wyrm" qui deviendra "Worm" en anglais (littéralement : "Ver") ou des créatures telles que le Ver de Lambton.

Outre sa grande diversité de formes et de symboliques, le Dragon est également l'une des créatures mythologiques les plus répandues (sa présence est attestée sur la quasi intégralité du globe) et l'une des plus anciennes (peut-être même "la" plus ancienne).

Selon le cryptozoologiste Richard Freeman, l'une des premières représentations du Dragon daterait de près de 25 000 ans ! Il s'agit d'une peinture rupestre découverte dans le Sud de la France et mettant en scène un combat opposant des mammouths à un Dragon serpentiforme doté de crocs.

Quelques recherches sur le sujet m'ont permis d'identifier le site probable de cette découverte. Il s'agirait de la Grotte de Bernifal (en Dordogne), ornée de près de 110 gravures où sont majoritairement représentés des mammouths.

L'un de ces ornements (assez difficile à voir) semble montrer un mammouth faisant face à une sorte de créature similaire à un dinosaure de la famille des théropodes (grands dinosaures carnivores se tenant sur deux pattes). Chose assez étonnante, puisqu'à cette époque les dinosaures étaient censés s'être éteints depuis déjà des millions d'années...

En voyant les images (que vous pouvez consulter ici), on peut difficilement considérer la créature représentée sur la paroi comme étant un Dragon serpentiforme (à corps de serpent). Mais, vu que les bêtes de la fresque sont assez floues, les hypothèses sur un possible survivant préhistorique ou la genèse d'une créature mythologique restent envisageables.

Dragon
Une illustration originale d'Hillary Luetkemeyer représentant des Dragons sous forme de peintures rupestres.

Toujours selon Richard Freeman, l'image d'un Dragon aurait été gravée il y a 10 000 ans sur des falaises situées dans la Province de Shanxi (en Chine).

N'oublions pas également la Mésopotamie avec Tiamat (la Divinité Primordiale des Eaux Salées des Océans), qui se présente sous la forme d'un énorme Dragon cornu au corps de serpent. Elle apparaît - notamment - dans l' "Enûma Elish" (littéralement : "Lorsqu'en Haut"), le récit de la genèse babylonienne, écrit vers -1200.

Maintenant que vous cernez mieux ce que sont les Dragons sous leur forme générale, je vous propose de voir plus en détail les différentes catégories permettant de classer - plus ou moins - ces charmantes créatures.

À l'origine, ma classification se basait sur les travaux de Karl Shuker (zoologiste et cryptozoologiste anglais) qui recensait cinq familles de Dragons. Avec le temps (et l'expérience), j'ai affiné sa méthode de classification (je n'étais pas toujours d'accord avec ses choix) et en ai profité pour rajouter une sixième famille (que vous découvrirez en fin d'article).

La fin de chaque chapitre vous dévoilera la liste des Dragons analysés sur ce site et vous donnera également le lien et l'endroit approximatif où les trouver (certaines créatures peuvent faire partie de plusieurs familles à la fois, donc ne vous étonnez pas si vous retrouvez plusieurs fois le même nom). Vous pourrez alors vous servir de cet article comme d'une table des matières qui rendra plus agréable vos futures lectures ou facilitera vos recherches.

Informations complémentaires :

- Employés depuis -500 à des fins thérapeutiques, les Os de Dragons sont en réalité des os et dents de mammifères préhistoriques (rhinocéros, ours, cerfs, ...) ou des plastrons de tortues. Les Os de Dragons sont appelés "Lung Ku" et les dents "Lung Chi". L'utilisation de ces ossements (souvent réduits en poudre) permettrait de refermer les blessures à l'abdomen (même si vos tripes sont à l'air) et de guérir la diarrhée et le rhume. La couleur des Os de Dragons est également censée vous indiquer pour quels organes ils sont bénéfiques (les rouges, par exemple, guérissent les maux de cœur et d'intestins).

Fait "amusant", au XIXème siècle, un Anglais prendra froid en voyageant en Chine (dans la Province du Henan) et ira chercher de quoi se soigner chez l'apothicaire local, qui lui prescrira une infusion d'Os de Dragons. En examinant le contenu de sa préparation, il découvrira d'étranges signes gravés sur les ossements. Après analyse, il sera révélé que les os étaient ornés de caractères primitifs chinois et faisaient partie d'archives de la Dynastie Shang (deuxième dynastie royale de Chine ayant régné de -1570 à -1045)...

Lung (Chinese Dragon)
Illustration de Thomas Wievegg montrant un Lung en train de voler dans les cieux.

En apprenant la nouvelle, les autorités locales saisiront tous les stocks d'Os de Dragons de la région, mais la collecte sera incomplète. Pendant des siècles, les Chinois se sont soignés avec leur littérature, leur poésie et leur histoire...

- La Vouivre est un Dragon lié à la mythologie celtique. Représentée la plupart du temps sous la forme d'un serpent ailé dont le front est orné d'une Escarboucle (pierre précieuse), la créature est capable de se changer en une ravissante femme.

- Jean-Paul Ronecker (né à Nancy en 1961) est un auteur français spécialisé dans les mythologies, le folklore et l'occultisme.

- Le Naga (appelé Nagini au féminin) est un Dragon lié à l'eau et présent dans le Bouddhisme et l'Hindouisme. Il prend la forme d'un serpent géant (doté d'une ou plusieurs têtes) ou d'un serpent à tête humaine.

Vous trouverez des informations sur Kaliya (l'un des plus fameux Nagas) en allant consulter le chapitre du même nom, se trouvant dans l'article intitulé : "Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - Partie 3 - Cousins draconiques et annexes".

- ou Ra est une Divinité Solaire majeure de la mythologie égyptienne. À bord de sa barque sacrée, il traverse le ciel chaque jour et voyage dans les mondes souterrains (les Enfers) chaque nuit (ce qui correspond à la course du Soleil).

- Osiris est le dieu égyptien de l'agriculture et de la religion. Suite à son assassinat brutal - perpétré par son frère Seth (le Dieu du Chaos) - et à sa résurrection, il deviendra également le Dieu du royaume des morts et le juge des âmes.

On représente Osiris, sous l'aspect d'un corps momifié (d'où son teint verdâtre) portant la couronne Hedjet (bonnet blanc qui se rétrécit vers le haut pour se terminer en un renflement).

- Apophis (ou Apep) est un Dragon et une divinité d'Égypte. Il incarne le Chaos, le Mal et l'obscurité. Dans son désir d'anéantir la création, il attaque chaque nuit la barque de mais doit presque chaque fois essuyer une cuisante défaite.

On le représente sous la forme d'un serpent aux proportions gigantesques.

- Les Proto-Indo-Européens forment (selon les théories) un peuple (dont l'origine varie selon différentes hypothèses) qui aurait migré entre -4000 et -1500, apportant avec eux leur culture, leur langue et leurs coutumes. On pense que les Celtes, Germains, Grecs, Latins, Slaves, Baltes, Iraniens, Arméniens et Indiens sont issus de cette communauté.

- Zeus (chez les Grecs ou Jupiter chez les Romains) est le dieu suprême du panthéon gréco-romain. Dieu du Ciel, il contemple le monde du haut de l'Olympe (plus haute montagne de Grèce) et contrôle le climat (on le connaît surtout pour ses foudres qui frappent impitoyablement ses ennemis).

- Pour plus d'informations sur Typhon, veuillez consulter l'article suivant : "Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - Partie 3 - Cousins draconiques et annexes" et vous rendre au chapitre portant le nom de cette créature.

- Richard Freeman (né en 1970) est un cryptozoologiste, un auteur et le directeur du "Center for Fortean Zoology" (approximativement : le "Centre Pour la Zoologie Étrange" ; "Fortean" est un terme difficile à traduire qui englobe ce qui est lié au surnaturel ou ce qui sort de l'ordinaire) - un centre d'études des cryptides qui a mené plus d'une dizaine d'expéditions pour tenter de débusquer certaines créatures de légendes.

- Pour rappel, la cryptozoologie est l'étude des "animaux" dont l'existence ne peut pas être prouvée avec certitude. On appelle communément ces créatures des cryptides.

Souvent critiquée par la communauté scientifique, cette discipline tente principalement d'étudier des espèces considérées comme disparues ou non reconnues scientifiquement à partir de contes, légendes et récits de la tradition populaire, de témoignages visuels et auditifs, d'empreintes et de morceaux (poils, écailles...) de la créature...

La recherche dans ce domaine ne s'applique pas qu'aux créatures les plus massives et connues, toute créature encore inconnue à ce jour (et supérieure à la taille d'une grenouille) est considérée comme un sujet d'étude pour tout cryptozoologiste qui se respecte.

Cryptid Universe
Preview de "Cryptid Universe" ("Univers Cryptide") où l'on peut voir Quetzalcoatl (page de gauche) et un Dragon Occidental (page de droite). Design des créatures réalisé par Weta Workshop, les dessins sont de Dave Elliot et les couleurs d'Alex Horley.

- "Cryptid Universe" est un projet de comics décrivant les aventures d'une société britannique de Cryptozoologie dans leur traque aux cryptides.

Le projet semble toujours en gestation, mais en 2006 a été publié "Cryptid Universe preview" : un livre compilant des croquis, études et artworks de la série.

- Quetzalcoatl ("Serpent à Plumes de Quetzal") est une divinité majeure mésoaméricaine (zone qui s'étend du Nord du Mexique au Costa Rica) associée à l'Air, à la Terre et à la Vie. On le représente le plus souvent sous la forme d'un humain paré de plumes de quetzal (des oiseaux d'Amérique Centrale au plumage rouge et vert émeraude) ou celle d'un serpent à plumes (une sorte de Dragon donc).

- Le mammouth est un pachydermes (de la famille des éléphants) préhistorique éteint il y a 12 000 ou 15 000 ans. Dotés d'énormes défenses recourbées, les mammouths pouvaient faire 5 mètres de long pour un poids allant jusqu'à 12 tonnes. Leur épaisse couche de graisse (8 cm d'épaisseur) et de poils, leur conférait une grande protection contre les conditions climatiques glaciales.

Disparus vers la fin de la dernière Ère Glaciaire (de -110 000 à -10 000), les mammouths se seraient éteints à cause du changement de climat (qui a provoqué la disparition de leur source principale de nourriture), de la chasse intensive (menée par les humains) et d'épidémies.

Il n'est pas rare en Sibérie (immense région glacée située dans l'Est de la Russie) de découvrir des carcasses de mammouths parfaitement préservées. Les spécimens les mieux conservés sont trois jeunes mammouths qui ont été découverts en 1977, 2007 et 2009.

De nos jours, on tente de recréer le mammouth en se servant du matériel génétique d'un spécimen préservé pour le combiner avec celui d'un éléphant d'Asie (génétiquement proche de celui de l'autre animal).

- La Mésopotamie est une région du Moyen-Orient située entre le Tigre et l'Euphrate (deux fleuves). Elle correspond - pour sa plus grande partie - à l'actuelle Irak.

La civilisation suméro-akkadienne (peuples qui ont résidé dans la région et se sont succédés durant plusieurs millénaires) est notamment connue pour la création du plus ancien système d'écriture - cunéiforme (en coin) - apparu vers -3500, l'édification de bibliothèques, l'apparition de l'art monumental (énormes statues, bas-reliefs, ...), la mise en place d'institutions, ...

- Karl Shuker est un zoologiste, cryptozoologiste et auteur anglais qui est considéré par certains comme étant le digne héritier de Bernard Heuvelmans.

Connu principalement pour ses travaux en cryptozoologie, il est l'un des premiers de sa profession à tenter d'attirer l'attention du grand public sur un nombre assez conséquent de cryptides rares.

En 2012, il lancera le "Journal of Cryptozoology" (le "Journal de la Cryptozoologie") dont il sera l'éditeur en chef.

II - Dragon Serpent :

En route pour les Indes depuis plusieurs mois, la caravelle marchande Berrio est partie depuis le Portugal pour longer les côtes de l'Afrique. Après avoir fait le plein de vivres dans la ville portuaire de Mombasse, le navire s'est dirigé vers la dernière étape de son voyage : la traversée de l'Océan Indien.

Caravel
Une caravelle voguant sur les flots (illustration de Filip Štorch).

Les voiles triangulaires gonflées par le souffle d'Éole, le Berrio arriva rapidement à mi-parcours. Malheureusement, suite à une erreur de navigation, l'équipage eut l'infortune de tomber dans une zone sans vent. Obligés d'avancer à une allure fort réduite, les marins durent se résigner à rationner les vivres et à prendre leur mal en patience...

Au bout d'une semaine et demie de ce régime, accablés par un soleil implacable, l'équipage était devenu irritable et la moindre occasion pouvait servir de prétexte à une rixe. Voulant éviter le pire, le capitaine était alors forcé de mettre les belligérants aux fers. Pour échapper à cette ambiance tendue, le mousse se portait aussi souvent que possible volontaire pour servir de vigie. Perché dans le nid-de-pie, il pouvait éviter de se prendre une calotte venant d'un marin bourru ayant besoin de passer ses nerfs...

Observant le tapis d'émeraude depuis des heures, le jeune homme, lassé de ne rien voir d'autre que l'océan, calme et infini, commença lentement à piquer du nez. Soudain ! Alors que ses yeux allaient se fermer, un éclat argenté au loin capta son attention. Dépliant la longue vue, il observa une multitude de poissons en train de s'ébattre, formant une vaste nappe bouillonnante teintée d'éclats opalins. Flairant là une pêche fructueuse qui remonterait le moral de l'équipage, le mousse héla l'un des marins afin qu'il aille prévenir le capitaine.

Sentant que la chance tournait, le capitaine donna l'ordre de mettre le cap sur cette prise inespérée, un commandement qui fut salué de vivats de la part de l'équipage.

Galvanisé par l'action et la promesse de rations supplémentaires, le mousse, de son perchoir, ne quittait pas des yeux le bouillonnement nacré qui, petit à petit, se rapprochait. Alors que le navire n'était plus qu'à quelques encâblures du banc, le jeune homme observa un étrange phénomène : le bouillonnement frénétique s'estompait rapidement, comme si les poissons avaient pris peur en sentant venir le navire. Dépité par ce nouveau revers, le mousse scruta les alentours pour voir si le banc ne referait pas surface ailleurs. Et c'est en posant son regard sur la zone où il avait surgi qu'il aperçut cette chose.

Voyant un large dos marron émerger lentement des flots, la vigie crut voir un lamantin ou quelque mammifère marin en quête d'un repas facile. Mais, voyant que le corps ondulait vers les profondeurs, il se rendit vite compte qu'il ne s'agissait que d'une infime partie visible d'une créature beaucoup plus grosse. Voulant prévenir l'équipage, le mousse se pencha, mais son cri fut couvert par un énorme bruit d'éclaboussure venant de la poupe du bâtiment.

À une centaine de mètres du navire, sous le regard médusé du jeune homme, se tenait le propriétaire de l'appendice brunâtre : un énorme Serpent de Mer ! La bête, le corps partiellement hors de l'eau, devait faire dans les 50 mètres de long. Elle était dotée d'une tête aux grands yeux jaunes perçants et d'une paire de mâchoires crocodiliennes garnies d'une impressionnante collection de dents. Le corps serpentiforme était brun et strié de noir, et une sorte de crinière blanche ornait le dos de la bête.

Sea Dragon
Un Dragon Serpent en train de jaillir des flots (brillamment illustré par Jon Neimeister).

Ne sachant que faire, l'équipage fixa la créature qui s'ébroua négligemment avant de replonger vers sa tanière abyssale.

Encore sous le choc par ce qu'elle venait de contempler, la jeune vigie braqua sa lunette vers les dernières éclaboussures produites par la bête, mais peine perdue, elle avait déjà disparu.

Voulant mettre le plus de distance possible entre lui et cette créature "infernale", le capitaine ordonna à l'équipage de virer de bord pour mettre directement le cap vers leur destination. Comme pour répondre au souhait muet des marins, le vent se leva, gonflant les voiles et hâtant leur fuite vers des eaux plus clémentes...

La créature décrite dans ce texte est inspirée des multiples informations liées aux Serpents de Mer et à des descriptions de créatures aquatiques associées à des Dragons marins.

Les premiers sont censés hanter les mers du Nord de l'Europe et se présentent sous la forme de créatures brunâtres serpentiformes - dotées parfois d'une crinière. Les seconds sont présents dans l'Océan Indien (et les mers alentours) et prennent la forme de créatures ressemblant à des Dragons, avec une nageoire sur le dos.

Informations complémentaires :

- Les Indes, ou Indes Orientales désignaient l'Asie du Sud et l'Asie du Sud-Est durant l'époque coloniale. Le terme était également employé par les Européens pour nommer l'Inde actuelle.

Vers le XVIème siècle, en Europe, de nombreuses compagnies virent le jour afin de voyager jusqu'à ces contrées lointaines pour ramener des produits rares et exotiques (des épices, de l'indigo, du coton, ...).

- La caravelle est un navire créé par les Portugais au XVème siècle. Conçu pour de longs voyages, le navire faisait entre 20 et 30 mètres de longueur et pouvait avoir jusqu'à quatre voiles triangulaires (et quatre mâts).

- Berrio était l'une des quatre caravelles commandées par Vasco de Gama (1460 ou 1469 à 1524), le navigateur portugais connu pour être le premier Européen à atteindre les Indes par la mer, en contournant le Cap de Bonne Espérance.

- Le Cap de Bonne Espérance est un promontoire rocheux se trouvant à la pointe sud du continent africain.

- Mombasse est l'ancien nom français de Mombasa, la ville portuaire du Sud du Kenya (qui est un pays d'Afrique de l'Est).

- Éole est une divinité de la mythologie grecque qui règne sur les vents.

- Une zone sans vent est une étendue d'eau où il y a peu de vent et de vagues, ce qui ralentit considérablement la progression des navires à voiles.

La Mer des Sargasses (une partie de l'Océan Atlantique se trouvant à l'Est du continent américain) était un véritable calvaire pour les marins. Ils devaient à la fois faire face aux algues sargasses (algues pouvant atteindre 12 mètres de long) tapissant la zone et ralentissant leur progression et avancer à une allure réduite (à cause du manque de vent dans la zone).

- Le nid-de-pie (appelé aussi vigie ou nid-de-corbeau sur les navires polaires) est un poste d'observation placé sur le plus haut des mâts d'un navire.

- L'encâblure est une unité de mesure nautique (liée à la navigation sur un plan d'eau). Une encâblure fait en moyenne 185 mètres de long (219,5 mètres pour l'U.S. Navy).

Caractéristiques :

Souvent associés à l'élément de l'Eau, les Dragons Serpents résident - la plupart du temps - dans des lacs, rivières, mers et autres plans d'eau.

Sea Dragon
Superbe illustration d'Iren Bee représentant un Serpent de Mer (ou un Dragon marin).

Le corps de ces créatures est serpentiforme (donc dénué de pattes ou d'ailes). Le crâne quant à lui est - souvent - de forme allongée, orné de cornes et d'une paire de mâchoires crocodiliennes.

Certains spécimens ont, le long de l'échine, une crinière ou des crêtes, d'autres possèdent également des nageoires.

En matière de souffle, la Gargouille était capable de vomir de l'eau à volonté (inondant tout sur son passage) et l'haleine et la salive du Basilic pouvaient tuer les animaux comme les hommes.

Liste des Dragons Serpents :

Apophis :

Dragon de la mythologie égyptienne associé au Chaos et ayant la forme d'un gigantesque serpent. Pour détruire la création, il attaque chaque soir la barque de (le Dieu Solaire).

Article associé :

- Iormungand, le serpent de Midgard (chapitre : "L'Ouroboros nordique").

Basilic :

(est également considéré comme étant un Néo-Dragon).

Petit Dragon ayant - à l'origine - la forme d'un serpent dont la tête est ornée d'excroissances blanches (pareilles à une couronne ou un diadème). Le souffle et l'haleine du Basilic sont mortels pour les hommes comme les animaux (sans oublier les plantes) et certaines versions lui confèrent également un regard pétrifiant.

Article associé :

- Du Basilic au Coquatrice.

Venomous Dragon
Dragon doté d'une salive venimeuse (illustration de Baldi Konijn).

Dragons de la "Geste des Danois" :

(Ce duo de Dragons fait partie de la race des Lindorms mais sa description le range dans la catégorie des Dragons Serpentiformes).

Herothus, le Roi de Suède, eut la "bonne" idée d'offrir à sa fille deux bébés Lindorms. Rapidement les Dragons grandirent et firent des ravages dans le royaume... Regnerus (plus connu sous le nom de Ragnar Lodbrok), protégé par une armure de fourrure gelée, déjoua les jets empoisonnés des deux créatures et les abattit de sa javeline.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitres : "La Geste des Danois" et "Variantes et éléments supplémentaires de la légende").

Gargouille :

Dragon ayant surgi de la Seine (fleuve français) au VIème siècle. Au lieu de cracher du feu ou de vomir du poison, la Gargouille avait la particularité de pouvoir déverser des torrents d'eau sur ses victimes.

Article associé :

- L'Origine de la Gargouille.

Iormungand :

Fils de Loki (Dieu du Feu au caractère changeant), Iormungand, le Serpent de Midgard est un Dragon aux proportions colossales (son corps est tellement massif qu'il encercle le monde et se mord la queue) !

Lors du Ragnarök (fin du monde des mythes nordiques), il surgira des flots et ira combattre son ennemi de toujours : Thor (le Dieu du Tonnerre).

Articles associés :

- Iormungand, le serpent de Midgard.
- Ragnarök ou le Crépuscule des Dieux.
- Les Lindorms (chapitre : "Mythes et Lindorms").

Léviathan :

Dragon marin issu de la mythologie phénicienne (ancienne civilisation se trouvant sur l'actuel Liban) et présent également dans les récits bibliques. Créature immense, invincible et unique, il est considéré comme le maître des créatures des océans.

Article associé :

- Léviathan et Béhémoth.

Lindorm :

(est également considéré comme étant un Dragon Serpentiforme et un Dragon Humanoïde pour le cas du "Prince Lindorm").

Archétype du Dragon germano-nordique, le Lindorm (ou Lindworm) se présente parfois sous la forme d'un serpent géant pouvant souffler le feu ou empoisonner ses victimes grâce à des crochets à venin.

On retrouve également la forme serpentiforme du Lindorm dans les divers témoignages collectés par l'ethnologue suédois Gunnar Olof Hyltén-Cavallius (consultez le chapitre intitulé : "La Dernière chasse aux Dragons" pour plus d'informations à ce sujet).

Article associé :

- Les Lindorms.

Ouïvra :

(peut passer pour un Semi-Dragon lorsqu'elle est dotée d'ailes et pour un Néo-Dragon lorsqu'elle est pourvue d'une tête de chat).

Dragon suisse et proche de la Vouivre, l'Ouïvra a un corps de serpent (parfois doté d'une paire d'ailes). Certaines versions lui confèrent une tête de chat ou un diamant qu'elle porte sur son front.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Ouroboros :

Dragon se mordant la queue. Présent dans plusieurs cultures (grecque, romaine, nordique, ...), il incarne principalement le début et la fin de toute chose.

Article associé :

- Iormungand, le serpent de Midgard (chapitre : "L'Ouroboros nordique").

Leviathan
Léviathan en train de poursuivre ce qui semble être une Sirène (une création originale de Jesse Keisala).

Ver de Lambton :

Dragon Serpentiforme anglais ayant la particularité d'avoir neuf ouvertures de chaque côté du cou (sortes de branchies) et de pouvoir reconstituer son corps lorsqu'on lui inflige des blessures.

Article associé :

- Le Ver de Lambton.

Whiteworm :

(est également considéré comme étant un Semi-Dragon).

Forme albinos du Lindorm. Son apparition est un présage de bonne fortune pour qui l'aperçoit.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Wyrm :

Synonyme servant à désigner les Dragons ou variétés de Dragons-Serpentiformes présents essentiellement en Angleterre.

Articles associés :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

III - Semi-Dragon :

Dans le Sussex, à quelques miles de la ville d'Horsham, un berger, armé de sa houlette et accompagné de son fidèle bobtail, surveillait son troupeau, composé d'une quinzaine de moutons du Suffolk.

Voyant que le crépuscule allait bientôt tomber, le pâtre rassembla la troupe d'ovins et entama la route pour regagner son abri, une cabane de pierres sèches, où il pourrait profiter d'un peu de repos après une journée éreintante.

Voyant qu'il n'arriverait pas à temps chez lui, le berger décida de prendre un raccourci en longeant la "Forêt de Saint Léonard", un lieu de sinistre réputation que les voyageurs évitaient soigneusement la plupart du temps.

N'étant pas superstitieux pour un penny et voulant regagner la douceur de son foyer au plus vite, le courageux gaillard, accompagné de sa troupe bêlante, marcha crânement vers la sombre masse boisée.

À première vue, cette forêt ne semblait pas si terrible. De longues rangées d'arbres centenaires à perte de vue, des broussailles ici et là ... pas de quoi rameuter l'exorciste local ! La seule chose étrange en ces lieux était l'absence de chants d'oiseaux. Hormis le bêlement occasionnel d'un de ses moutons, ou le martèlement léger de leurs sabots, pas un gazouillis, pas une trille ne venait saluer les nouveaux venus.

Les différents types de Dragons
Une forêt illustrée par Mats Minnhagen.

Sentant un frisson lui parcourir l'échine, le berger serra plus fermement son bâton et pressa le pas pour quitter les lieux avant que les dernières lueurs crépusculaires ne sombrent dans les ténèbres. Prêtant l'oreille aux bruits venant de la forêt - dans l'espoir d'entendre le chant d'un merle ou d'un coucou - il lui sembla saisir un bruit étrange : comme si un énorme animal était en train d'agiter ses ailes dans les environs...

Voulant se convaincre qu'il devait s'agir du vent agitant les feuilles et son imagination qui travaillait trop, le pâtre décida de ne plus prêter attention aux bruits environnants, mal lui en prit ! La seconde fois qu'il entendit ce bruit - lui rappelant étrangement le bruit que faisaient les draps lorsqu'ils étaient vigoureusement secoués par les lavandières qu'il avait plusieurs fois observé du coin de l'œil en passant près de la Mole -, il décida de siffler un air grivois pour calmer ses nerfs...

Alors qu'il entamait le troisième couplet, il fut interrompu par un sifflement dans son dos, accompagné d'un lourd bruit, comme si une énorme pierre venait de tomber à proximité. Les bêlements affolés du troupeau, accompagnés des aboiements frénétiques du chien, finirent par le convaincre que quelque chose de grave était en train de se passer et, tournant la tête, il se retrouva face à un spectacle de cauchemar.

Sous ses yeux, plantée au milieu de son troupeau - en train de s'enfuir dans toutes les directions -, se tenait une énorme créature reptilienne. De couleur vert émeraude, la bête devait faire dans les 9 pieds de long {un peu moins de 3 mètres de long}. Se tenant sur deux pattes trapues, la créature était dotée d'ailes de cuir, d'une queue serpentiforme et d'un long cou terminé par une tête crocodilienne cornue. Semblant sortir tout droit des histoires que sa mère lui contait étant marmot, le monstre fixait le berger de ses yeux jaunes luisants, comme pour le mettre au défi d'approcher.

Wyvern
Une Wyverne (selon Coyrin).

Sentant quelque chose le tirer par un pan de son pantalon, le pâtre ne put retenir un cri de surprise. Il ne s'agissait que de son chien, qui à la vue de la bête, s'était réfugié près de son maître. Reprenant ses esprits, le gardien de troupeau remarqua avec stupeur que la créature avait ses pattes plantées dans les dépouilles de deux de ses moutons. Attirée par les bêlements des ovins, ce maudit reptile ailé avait dû fondre sur ses bêtes !

Gagné par la colère, le berger, brandit son bâton dans une main et fit un pas vers la bête, dans l'espoir de l'effrayer. En réponse, l'étrange animal se contenta de pencher sa tête de côté puis de cracher un long jet verdâtre qui tomba à deux pas de ses bottes. Pris par surprise, le combattant improvisé recula, voyant avec horreur les plantes touchées par l'épais liquide se racornir et faner, ne laissant qu'une terre noirâtre et fumante.

Instantanément refroidi, le pâtre recula pour mettre une distance prudente entre la bête et lui. De son côté, la créature se contenta de fixer quelques instants la drôle de petite créature accompagnée du tas de poils gémissant, avant de déployer ses larges ailes et de prendre son envol, lestée de deux repas laineux.

Voyant la bête retourner dans son antre forestier, le berger se dépêcha de récupérer les bêtes survivantes éparpillées ici et là et fila sans demander son reste, se jurant qu'on ne l'y reprendrait plus à jouer les audacieux...

L'histoire précédente se déroule aux abords de la Forêt de Saint Léonard, l'ancienne demeure d'un Dragon, vaincu au VIème siècle par un Sauroctone (littéralement : "Tueur de Lézard" ; il s'agit d'un terme qui désigne les tueurs de Dragons).

Informations complémentaires :

- Le Sussex est un comté anglais situé au Sud de Londres et baigné par la Manche (mer qui sépare la France et le Royaume-Uni).

Fondé au Vème siècle par les Saxons (peuple germanique), le Sussex était à l'origine le royaume des "Saxons du Sud" (d'où son nom).

- Horsham est une ville anglaise située dans le Sussex de l'Ouest.

- Le bobtail (ou "chien de berger ancestral") est un canidé qui était employé comme chien de berger ou chien de garde. Le nom du chien ("Queue Courte") vient du fait qu'on lui tranche la queue à la naissance. À l'origine, on coupait son appendice caudal pour éviter des blessures inutiles dues aux prédateurs de troupeaux. La pratique existe encore à ce jour mais plutôt pour des raisons "esthétiques"...

- La brebis du Suffolk est une race ovine (genre de mammifères comptant les moutons et les mouflons) à la laine blanche et à la peau noire.

- La Forêt de Saint-Léonard se trouve dans le Sussex de l'Ouest et fait 31 kilomètres carrés. Elle servait par le passé pour la chasse mais devint au XVIème siècle le centre de l'industrie anglaise du fer.

- La Mole est un affluent de la Tamise (fleuve du Sud de l'Angleterre se jetant dans la Mer du Nord) prenant sa source aux environs d'Horsham.

Caractéristiques :

Présents - principalement - dans le folklore germano-nordique, celtique et anglais, les Semi-Dragons sont des intermédiaires entre les Dragons Serpentiformes et le Dragons Classiques. Fortement associés à la Terre (et à l'Eau pour les Dragons comme la Vouivre), ils sont souvent les gardiens d'un trésor fabuleux ou de connaissances magiques.

L'aspect des Semi-Dragons peut varier d'un spécimen à l'autre. On peut cependant distinguer quatre formes principales. La première a l'allure d'un serpent géant doté de pattes postérieures, la seconde ressemble à un serpent ailé (qui reste toutefois majoritairement au sol), la troisième est proche de l'aspect d'un lézard géant (un corps reptilien pourvu de quatre pattes et dont le ventre racle le sol) et la quatrième prend la forme d'un serpent doté de membres postérieurs et d'une paire d'ailes.

Lindworm
Un Semi-Dragon qui déchaîne sa colère (illustré par Bogdan Marica).

Il n'est pas rare que les caractéristiques physiques des Semi-Dragons de la même espèce varient d'une région - ou d'un mythe - à l'autre. Le Lindorm, par exemple, est connu sous quatre formes différentes (dont une appartenant aux Dragons Serpentiformes).

En matière de souffle, les Semi-Dragons mêlent souvent un souffle embrasé à une haleine venimeuse (ou à une morsure empoisonnée). Certains représentants sont également connus pour avoir un regard hypnotique (ou suffisamment inquiétant pour clouer sur place leurs victimes).

Liste des Semi-Dragons :

Balaur :

(est également considéré comme un Dragon Classique lorsqu'il n'a qu'une tête, quatre membres et une paire d'ailes, et comme un Néo-Dragon lorsqu'il a plusieurs têtes ou possède des membres supplémentaires).

Dragon roumain, le Balaur est souvent décrit comme un serpent doté d'une paire d'ailes de cuir. Toutefois, ses descriptions varient grandement d'un texte à l'autre et il se retrouve souvent doté de têtes supplémentaires.

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Dragon des Gauts :

Alors que Beowulf (le roi des Gauts) est au crépuscule de sa vie, un serviteur en fuite dérobe une coupe ouvragée appartenant à un Lindorm ailé. Réveillé par le larcin, le Dragon entre dans une rage folle et va souffler la mort sur le royaume.

Beowulf et Wiglaf finiront par vaincre la bête mais le souverain des Gauts succombera à ses blessures.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitres : "Beowulf" ; "L'attaque du Dragon" ; "Beowulf face au Dragon" et "Les symboliques de Beowulf").

Dragon de la Forêt de Saint Léonard :

Dragon anglais dont l'aspect rappelle celui de la Wyverne. Il sera vaincu au VIème siècle par l'ermite saint Léonard. Il refera parler de lui au début du XVIIème siècle (mais ça c'est une autre histoire).

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Drake :

(est également considéré comme étant un Dragon Humanoïde).

Synonyme pour désigner un Dragon et une créature draconique pouvant prendre la forme d'un Dragon Humanoïde juché sur un Dragon Classique ou d'un Dragon doté de quatre pattes et aptère.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Fafnir :

(peut éventuellement être considéré comme étant un Dragon Classique lorsqu'il est pourvu d'ailes et un Dragon Humanoïde lorsqu'il était humain ou Nain).

Ancien humain ou Nain (Dvergar) transformé en Dragon grâce au Heaume d'Effroi ou à cause de la malédiction de l'anneau (des Nibelungen).

L'aspect de la créature varie selon les versions mais il est souvent dépeint comme un Dragon au corps serpentiforme, doté de deux ou quatre pattes et ayant perdu ses ailes à force de paresser sur son or...

Articles associés :

- Fafnir, le grand Wyrm du Nord.
- Les Lindorms (chapitre : "Mythes et Lindorms :").

Lindorm :

(est également considéré comme étant un Dragon Serpentiforme et un Dragon Humanoïde pour le cas du "Prince Lindorm").

Sous sa forme de Semi-Dragon, le Lindworm est présenté en plusieurs versions : un Dragon doté d'un corps serpentiforme et de robustes pattes antérieures, un Dragon doté de quatre pattes mais dépourvu d'ailes et un Dragon doté de membres postérieurs et d'une paire d'ailes.

Fafnir, Nidhogg et le Dragon des Goths sont censés être des Lindorms.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Lindorm
Un Lindworm quadrupède (illustré par Bryan Syme).

Mandragoule :

(est également considérée comme étant un Néo-Dragon).

Dragon français méconnu, la Mandragoule (ou Mandragore) résidait dans les forêts du Limousin. Tous les trois mois, on lui livrait en pâture une jeune fille pour éviter qu'elle ne massacre la population locale.

L'une de ses nombreuses formes (un corps serpentiforme doté d'une paire d'ailes de cuir) et son lien avec la Terre (elle est censée garder un trésor) la font entrer dans la catégorie des Semi-Dragons.

Article associé :

- La Mandragoule.

Nidhogg :

L'un des Lindorms les plus anciens, qui ronge les racines d'Yggdrasil (arbre soutenant les Neuf Mondes de la cosmologie nordique) en compagnie de sa parentelle ou progéniture (Goin, Moin, Grafvitnir, Grabak, Grafvollud, Ofnir et Svafnir).

La description de Nidhogg change selon les versions mais - en lisant entre les lignes - il est probable qu'il soit doté d'un corps de serpent gigantesque, équipé d'une paire d'ailes (de plumes ou de cuir) où sont enchâssées les âmes damnées.

Articles associés :

- Nidhogg, fléau des Neuf Mondes.
- Les Lindorms (chapitre : "Mythes et Lindorms :").

Ouïvra :

(est également considérée comme un Dragon-Serpentiforme lorsqu'elle n'a pas d'ailes et comme un Néo-Dragon lorsqu'elle est dotée d'une tête de chat).

Cette cousine suisse de la Vouivre pourrait passer pour un Dragon Céleste (Corps serpentiforme doté d'une paire d'ailes) mais son association probable avec la Terre et son aspect la font rentrer dans la catégorie des Semi-Dragons.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Tatzelworm :

(est également considéré comme un Néo-Dragon lorsqu'il est doté d'une tête de chat).

Dragon suisse et autrichien doté d'un corps serpentiforme, de deux membres antérieurs... et parfois d'une tête de chat.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Whiteworm :

Version albinos du Lindorm (il est donc techniquement possible de le rencontrer sous toutes les formes décrites pour le Lindworm).

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Wyverne :

(peut passer pour un Néo-Dragon lorsqu'elle est dotée d'une seconde tête ou d'une nageoire caudale en guise de queue).

Fort présente dans le folklore de Grande-Bretagne, la Wyverne est un Semi-Dragon à la morsure empoisonnée. Hormis de solides membres postérieurs et parfois une paire d'ailes de cuir, certains représentants de cette espèce sont décrits avec des particularités anatomiques telles qu'une nageoire caudale ou une deuxième tête de Dragon au bout de la queue...

Article associé :

- Maud et la Wyverne.

IV - Dragon Classique (ou Occidental) :

Émergeant lentement d'un petit somme d'une ou deux décennies, la bête ouvrit un œil, scrutant les coins et recoins de sa caverne. Hormis les stalactites et stalagmites qui paraissaient plus longues et une épaisse couche de poussière qui s'était déposée au fil des ans, le foyer de la créature était tel qu'elle l'avait laissé.

Elle avait trouvé sa cachette alors qu'elle n'était qu'une jouvencelle en quête d'un abri pour y dormir en paix. L'endroit ne payait pas de mine, au premier abord, mais la découverte de piles de rondelles dorées et de pierres chatoyantes qui donnaient à la grotte un cachet unique finirent par la décider d'y emménager. Après avoir enlevé les os malpropres de petits êtres étranges semblant se tenir sur deux pattes, la bête se sentit enfin chez elle. Un ruisseau serpentait autour de la grotte et les bois alentours lui amenaient le gibier nécessaire pour qu'elle prenne des forces et se développe.

Dragon
Superbe illustration de Reiko Gross représentant un Dragon Classique.

Quelques années de chasse et de repos firent d'elle une splendide créature proche de l'âge adulte. Son corps, si fragile autrefois, était désormais recouvert d'une solide protection faite d'écailles tranchantes ; les petites cornes plantées sur son crâne allongé s'étaient renforcées, formant de délicates spirales ; les ailes rachitiques cédèrent leur place à de robustes ailes de cuir pouvant la porter dans les cieux ; ses quatre petites pattes menues s'épaissirent et se garnirent de griffes capables de lacérer la chair ; sans oublier son souffle qui, autrefois, ne produisait que quelques étincelles, désormais, elle pouvait rôtir sur place les proies les plus récalcitrantes ! Bref, elle était devenue un prédateur redoutable dont les seules préoccupations était de se nourrir et de trouver un coin douillet pour digérer en paix.

Cette vie de rêve aurait pu continuer comme ça indéfiniment mais à son dernier réveil, elle avait pensé que quelque chose ne tournait pas rond... Certes, sa grotte était restée la même, mais le paysage alentours avait changé. La forêt qui recouvrait la région d'un épais tapis de verdure s'était espacée. À la place, se trouvaient désormais des prairies où paissaient d'étranges animaux cornus ou laineux et des rangées de terre retournée où s'échinait de curieuses créatures bipèdes et bruyantes qui s'abritaient dans des tas de pierre recouverts de paille...

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, la Dragonne se décida à tester ce nouveau type de gibier. Plongeant sur un des ruminants cornus, elle l'acheva rapidement et mâchouilla son jarret pour en apprécier le goût. Quoiqu'un peu fade et grasse, la viande était abondante et ce type de proie n'avait nul part où se cacher pour lui échapper. À sa grande surprise, les petites bêtes à deux pattes, au lieu d'attendre qu'elle ait fini pour récupérer les restes sur la carcasse, se mirent à hurler et certains allèrent même jusqu'à brandir dans sa direction des bouts de métal pointus. Ne pouvant supporter une telle agressivité, elle mit bon ordre avec quelques jets de flammes et regarda, amusée, les petites bêtes courir et se terrer en hurlant dans leurs tas de pierres.

Quelques jours après cet incident, alors que la Dragonne digérait un trio de bêtes bêlantes, un vacarme épouvantable fait de cris et de bruits sourds la tirèrent de sa sieste. Prête à défendre chèrement sa vie, la bête se releva lourdement et s'approcha de l'entrée de son antre... pour se retrouver mufle à nez avec une de ces petites créatures bruyantes. La chose était couverte d'un bout de tissu blanc et sa crinière dorée était plus longue que celle des bestioles qui l'avaient menacées il y a peu. Curieusement, la petite chose était fixée à un tronc d'arbre et, ne pouvant s'enfuir, elle ne cessait de hurler jusqu'à en perdre haleine. Pour faire taire cette agaçant importun, elle s'empressa de l'engloutir. Le calme enfin revenu, elle regagna son antre et se recoucha lourdement à sa place favorite : là où les derniers rayons du soleil baignaient son antre d'une teinte dorée et chauffaient ses écailles.

Une lune plus tard, la Dragonne fut à nouveau réveillée par une de ces bêtes hurlantes fixée à un arbre... Pendant plusieurs mois ce manège se répéta et la bête - de guerre lasse - dévora chaque fois ce repas offert gracieusement. Ainsi ravitaillée, la Dragonne délaissa un peu les bêtes cornues pour se consacrer davantage à son activité favorite : la sieste.

Ces repas livrés à domicile continuèrent d'arriver à date fixe jusqu'au jour où, au lieu de l'habituelle bestiole hurlante, se présenta un autre type de visiteur. À première vue, ça ressemblait à l'une de ces fragiles choses sur deux pattes mais cette dernière semblait engoncée dans un tas de métal brillant et brandissait en vociférant une longue tige métallique. Entre les arbres, d'autres bipèdes se massaient pour observer la scène et répétaient sans cesse le même son, comme pour encourager le tas de métal planté devant son seuil.

Pensant faire fuir cette faune envahissante, la Dragonne rugit une bonne fois mais son cri s'éteignit dans sa gorge lorsqu'elle vit la petite chose en métal foncer droit vers son flanc en agitant furieusement sa tige.

Fouettant l'air de sa queue, elle parvint de justesse à éviter l'attaque adverse, forçant la créature à reculer. Rendue furieuse par l'impudence de ce tas de fer, elle lança sa patte vers l'avant, dans le but de saisir sa proie, mais ses griffes ne rencontrèrent que du vide. Étonnamment vif malgré le poids qui l'encombrait, le petit être avait déjoué son attaque. Pire ! Il avait même réussi à répliquer, en entaillant sévèrement sa patte.

Blessée pour la première fois de son existence, la Dragonne sentit son sang bouillir dans ses veines. Voulant écraser l'impudent qui avait osé l'attaquer sans raison, elle fit pleuvoir un déluge de coups de queue et de griffes, dans le but de submerger l'ennemi. Désarçonné, le bipède esquiva tant bien que mal mais il fut bien vite acculé dans un coin. Sa dernière vision avant de finir en tas de cendres fut la gueule béante de la bête dont l'intérieur s'alluma brusquement pour déverser un véritable enfer.

Dragon
Le souffle dévastateur d'un Semi-Dragon en action (par Ben Wootten).

Littéralement cuit dans son armure, il tituba quelques instants avant de s'effondrer dans un vacarme abominable. En voyant leur champion défait, la foule de créatures se dispersa rapidement dans toutes les directions, laissant la Dragonne seule devant sa grotte.

Sa colère apaisée, la bête contemplât le gâchis fumant à ses pattes. Il était devenu évident qu'il serait impossible de cohabiter avec ces irritantes créatures qui avaient envahi son domaine. Pire ! Elle risquait un jour de se retrouver tuée dans son sommeil par un autre tas de fer ambulant.

C'est à regret qu'elle dût se rendre à l'évidence : il lui fallait trouver un autre nid. Assez inaccessible et lointain pour empêcher d'autres de ces créatures de venir troubler à nouveau sa quiétude.

Contemplant une dernière fois le lieu où elle avait grandi. Elle déploya ses larges ailes et s'envola lentement vers un lieu inconnu, disparaissant avec le soleil couchant.

Lorsque le chevalier - un mercenaire grassement payé par les paysans pour se débarrasser de la bête qui ruinait leurs troupeaux et mangeait leurs femmes - s'écroula, terrassé dans un torrent de flammes, les villageois, pris de panique, se dispersèrent pour fuir la colère du Dragon. Dans la panique, le prêtre local - un homme rondouillard qui passait plus de temps en "dégustation" de vin de messe qu'en ferventes prières - réussit à s'assommer proprement en fonçant droit dans un arbre...

Il s'éveilla quelques heures plus tard, un goût amer dans la bouche et la tête lourde. Il était seul, près de la tanière du monstre. Pris de terreur, il s'apprêta à prendre ses jambes à son cou lorsqu'un bruit incongru lui fit dresser l'oreille. Maîtrisant la terreur abjecte qui lui nouait les tripes, il s'avança en catimini en direction du bruit pour finir devant un spectacle qui le laissa sans voix.

Devant ses yeux, se dressait la créature dans toute sa splendeur ! Un Dragon vert émeraude, dont les écailles, pareilles à des cristaux, scintillaient sous l'éclat de l'astre solaire. Ne pouvant détacher ses yeux de la bête, il la vit déployer ses ailes et disparaître peu à peu dans le lointain, vers une destination inconnue.

Dragon
Un Dragon en plein vol (illustré par Jonas Åkerlund).

L'instant d'émerveillement passé, il se ressaisit pour se tourner vers un sujet plus pragmatique : le trésor du Dragon !

En fouillant l'antre de la bête, il tomba rapidement sur des piles de richesses : coupes ouvragées, pierres précieuses aux couleurs chatoyantes, armes de cérémonie intactes et, bien entendu, des piles et des piles de pièces faites de l'or le plus pur ! Grisé par la découverte, le moine remplit hâtivement sa besace jusqu'à ce qu'elle déborde de butin.

Tel une ombre, il regagna le village, jetant à chaque instant des regards nerveux pour s'assurer que personne n'avait vu son manège. Une fois dans sa chambre, jouxtant l'église vétuste dont il avait la charge, le prêtre déballa ses richesses sur sa paillasse pour les contempler longuement. La fortune qu'il avait sous les yeux lui permettrait de vivre confortablement des années durant, mais sa gorge se serra en songeant à toutes les merveilles qui restaient encore dans cette grotte miteuse. Cette pensée le taraudait tellement qu'il n'en ferma pas l'œil de la nuit.

Après avoir dissimulé son butin sous une latte branlante de son plancher, il se leva de bon matin et se rendit à la grotte pour voir si "l'immonde" bête était rentrée. Pendant près d'une semaine, il surveilla les abords de la grotte mais, voyant qu'aucun bruit ne sortait plus de la caverne, il prit son courage à deux mains et pénétra dans l'antre du monstre.

Un rapide examen lui révéla que rien n'avait bougé depuis sa dernière venue. Presque certain que la bête avait fui son antre, il réfléchit intensément au moyen idéal pour tenir les curieux éloignés de "son" trésor. La réponse était évidente !

Le dimanche suivant, il rassembla ses ouailles et leur déclama un long sermon sur la bête infernale qui vivait la haut et sur ses pouvoirs venus des Enfers. Ses crocs aiguisés, ses griffes acérées, son souffle de feu, ses yeux capables de réduire en cendres ses victimes, sa capacité à propager la peste, sans oublier son influence néfaste qui faisait mourir les nouveaux-nés et dépérir le bétail... tout était bon pour terrifier le croquant et le tenir éloigné de l'antre de la bête.

Certain d'avoir terrorisé la populace, il termina son discours en leur sommant de rester calfeutrés chez eux la nuit venue et de prier le seigneur et les saints afin qu'ils détournent d'eux les maléfices de la bête...

Sûr d'avoir convaincu ses "brebis égarées" de rester sagement au village, le prêtre attendit la nuit venue et, accompagné d'une vieille rosse, il partit en direction de la grotte pour remplir les sacs qu'il avait préalablement amenés avec lui. Il lui fallut trois jours supplémentaires pour vider la caverne de son dernier écu mais, rendu méfiant, il songea que les villageois finiraient par éventer son secret et lui demanderaient réparation pour toutes les victimes - à quatre ou à deux pattes - qui avaient fini dans le ventre de la bête.

Voulant éviter de gaspiller son or - qui servirait à bâtir une église "digne de son rang" (et une cave assez vaste et garnie pour remplir son estomac) -, l'homme d'église attendit le dimanche suivant pour servir un nouveau laïus sur la bête et ses méfaits. Hormis l'invraisemblable amas d'énormités qu'il asséna aux villageois, il mentionna le "fait" que le monstre n'avait aucun pouvoir sur dieu et ses serviteurs. Il allait d'ailleurs le prouver en se rendant dans la grotte du monstre et en le chassant, armé d'une grande croix de bois et d'une fiole d'eau bénite.

Ayant assisté à la défaite du mercenaire et sachant que le prêtre avait la réputation d'être un couard dont la foi était aussi chancelante qu'un âne se tenant sur deux pattes... les villageois le regardèrent interdits. Ils laissèrent l'homme d'église se rendre seul à la grotte en pariant qu'il allait revenir dans quelques minutes la queue entre les jambes.

Gonflé d'importance et armé pour partir faire sa prétendue chasse au Dragon, le prêtre marcha jusqu'à la grotte où il s'y reposa une petite heure. Après avoir fini son casse-croûte, il planta la croix à l'entrée, répandit l'eau bénite - pour la forme - et fourra dans sa poche quelques anciennes écailles de la bête qui traînaient dans un coin.

À son retour, il entra en conquérant en exhibant les "restes" du monstre et servit aux locaux un récit très "romancé" de son affrontement avec la bête, qui, sentant que dieu était avec lui, s'enfuit sans demander son reste...

Porté en héros, le petit homme replet et cupide ne tarda pas à être sacré "libérateur du village". Sa réputation et le récit de son prétendu combat gagna les villes et villages alentours et il fut bien vite considéré comme l'un de ces fameux Sauroctones... De son côté, la Dragonne se trouva un nid plus vaste et plus abrité que le précédent, et sa rencontre avec ces bruyants petits êtres se dissipa bien vite dans les brumes du sommeil.

Saint George and the Dragon
Une illustration assez surprenante de Francesca Baerald montrant saint Georges, pris de remords après avoir occis le Dragon.

Ce "petit" texte est une satire de mon cru ayant pour cible le christianisme et sa désagréable manie de récupérer les traditions des autres cultures pour les dénaturer, les diaboliser, voire les instrumentaliser.

Cette appropriation quasi systématique du folklore des autres est parfois tellement maladroite, que le texte final semble sonner faux. Comme s'il manquait quelque chose ou que l'on y avait inséré des rajouts au marteau-pilon...

Les Dragons n'ont pas échappé au remaniement puisqu'ils sont vite devenus l'incarnation du Mal que le chevalier ou le saint vertueux se doit de vaincre. Comme le précise Jean-Paul Ronecker, le Dragon est passé du statut de gardien du lieu (Genius Loci), qui veille à ce que l'homme ne détruise pas son environnement (par profit) à celui de malfaisance sur pattes, responsable des crues et autres catastrophes naturelles...

Il reste toutefois des fragments du récit d'origine encore présents dans certains textes, lorsqu'il est question du sacrifice d'une jeune femme (peut-être la survivance d'un rite sexuel ou d'une cérémonie liée à la fertilité), du trésor que garde le Dragon (son côté Genius Loci), de son lien avec un ou plusieurs éléments (la Gargouille, par exemple, qui est intimement liée à l'Eau) ; il est fort probable que la légende soit plus ancienne qu'il n'y parait.

Informations complémentaires :

- Pour plus d'informations sur la peste, veuillez consulter l'article consacré à Yamata-no-Orochi et vous rendre aux "Informations complémentaires" du chapitre intitulé "Susanoo le Kami des Tempête".

- "Croquant" était un sobriquet injurieux censé désigner les paysans. Le terme serait apparu vers le XVIème - XVIIème siècle pour nommer les pauvres hères qui se révoltèrent dans le Limousin et le Périgord contre l'augmentation des taxes et impôts.

L'origine de ce mot varie selon les sources. Il proviendrait soit du nom de la paroisse de Croc (dans le Limousin), soit du fait que les paysans révoltés scandaient "Sus aux croquants" (ceux qui "croquent" les pauvres gens). Le "Dictionnaire Universel" (publié fin du XVIIème) donne quant à lui une explication plus méprisante. Il définit le croquant comme étant un : "Gueux, misérable qui n’a aucuns biens, et qui, en temps de guerre, n’a pour armes qu’un croc {couteau}. Les paysans qui se révoltent sont de pauvres croquants".

- Le Limousin est une ancienne région de la France qui se situait dans le centre du pays.

- Le Périgord est un ancien comté français qui se situait approximativement dans le département de la Dordogne (au Sud-Ouest du Limousin).

- Le "Dictionnaire Universel Contenant Généralement Tous les Mots François, Tant Vieux Que Modernes, et les Termes de Toutes les Sciences et des Arts", est une encyclopédie rédigée par Antoine Furetière (1619 - 1688), un homme d'église et poète français, qui, lassé par la lenteur de production du "Dictionnaire de L'Académie", demandera au Roi (Louis XIV) le droit de produire son propre dictionnaire.

L'ouvrage sera publié en 1890, soit deux ans après la mort de Furetière, mais il devancera tout de même la parution du "Dictionnaire de L'Académie" de quatre ans.

Caractéristiques :

Si vous demandez à n'importe qui de vous décrire un Dragon, il y a de fortes chances qu'il vous donne la description d'un Dragon Classique.

Appelés également : "Dragons Occidentaux", les Dragons Classiques, forts courants dans les légendes européennes, hantent les bestiaires de la littérature médiévale et l'héraldique (citons, par exemple, "Le Dragon Rouge" ou Y Ddraig Goch, un Dragon Classique rouge qui figure - encore à ce jour - sur le drapeau du Pays de Galles).

Typiquement, les Dragons Classiques sont décrits comme étant recouverts d'écailles, pourvus de quatre pattes armées de solides griffes, d'une paire d'ailes de cuir, de mâchoires reptiliennes garnies de crocs et d'un souffle de feu. Ils sont également souvent représentés avec une paire de cornes et une longue queue terminée par un dard en forme de flèche.

Dragon - Mortal Online
Un Dragon Classique typique (illustration réalisée par Hannu Kokkonen pour le jeu en ligne "Mortal Online").

Plus tardivement, l'aspect des Dragons Classiques se diversifiera avec l'essor de la littérature fantasy et des jeux de rôles. Le sous-chapitre suivant vous décrira d'ailleurs quelques références marquantes du genre.

Informations complémentaires :

- L'héraldique est une discipline basée sur l'étude des blasons et armoiries. Elle s'est développée au Moyen Âge et permettait d'identifier les personnes, les lignées ou les nations sur la base du symbole et des couleurs qu'ils arboraient.

- La plus ancienne mention du Dragon Rouge en tant que symbole du Pays de Galles remonte à 828 ou 829, date de publication de l' "Historia Brittonum" (un ensemble de textes liés à l'histoire de l'Île de Bretagne - ancien nom de la Grande-Bretagne - et du Pays de Galles).

Dans le "Mabinogion" (ou "Les Quatre Branches du Mabinogi"), un ensemble de quatre textes médiévaux - rédigés entre la fin du XIVème et le début du XVème siècle - traitant de la mythologie celtique et des légendes arthuriennes, Llud, le Roi de Bretagne, assiste au combat opposant le Dragon Rouge à un Dragon Blanc (censé représenter l'envahisseur Anglo-Saxons).

- "Mortal Online" est un MMORPG (Jeu de Rôles en Ligne Massivement Multijoueur) développé par Star Vault et mis en ligne depuis 2010. Le jeu se déroule dans un univers fantastique médiéval et a pour particularité de ne pas proposer de système de niveaux ou de classes. Le joueur sera donc libre de personnaliser son héros en choisissant parmi les nombreuses compétences qui lui sont proposées.

Le Dragon Classique dans la littérature :

Il est rare de nos jours qu'une personne ignore ce qu'est un Dragon (dans sa définition au sens large). On le doit au cinéma, aux jeux-vidéos, jeux de rôles et, bien entendu, à la littérature.

Si certains déplorent le fait que les Dragons littéraires soient à des années lumières de leur aspect et de leurs symboliques originelles, il faut tout de même admettre que le support livresque a permis à nos écailleuses créatures d'éviter de sombrer dans l'oubli. Certains auteurs ont même cassé l'image du Dragon malfaisant pour lui donner un aspect plus charismatique et subtil, propre à émerveiller le lecteur plus qu'à l'effrayer.

Il serait fastidieux de lister tous les ouvrages évoquant les Dragons, à la place je vous propose ci-dessous un petit pot-pourri des Dragons littéraires que je considère comme marquants dans le genre (classés par ordre chronologique) :

- Jabberwocky - "De L'Autre Côté du Miroir" - Lewis Caroll :

Décrit dans le poème du même nom, Jabberwocky est un Dragon à la gueule qui mord, aux griffes qui happent et à l'œil flamboyant qui se fera occire par le glaive vorpalin. La gravure de John Tenniel le représente comme un Dragon Classique vêtu d'un gilet à boutons et doté de vibrisses et d'une dentition proche de celle d'un lapin...

Jabberwock
Une version assez particulière du Jabberwocky (illustration d'Isabella Koelman).

Pour plus d'informations au sujet de ce charmant Dragon, veuillez consulter l'article sur Yamata-no-Orochi, et vous rendre aux Informations complémentaires du sous-chapitre intitulé : "Naginata".


- Le Dernier des Dragons - "The Last of the Dragons" ("Le Dernier des Dragons") - Edith Nesbit :

Le dernier Dragon sur Terre ; grand amateur de pétrole et refusant la tradition de tenir une princesse captive ou de combattre des princes. À la place, il décide de devenir l' "animal de compagnie" d'une princesse et demande au roi de devenir le premier aéroplane...

- Glaurung et Smaug - "Le Silmarillion", "Contes et Légendes Inachevés" et "Bilbo le Hobbit" - J.R.R. Tolkien :

Inspiré par le poème anglo-saxon "Beowulf", "La Chanson des Nibelungen" et la mythologie nordique, Tolkien a pondu l'un des univers de fantasy les plus complets et complexes dont le bestiaire a servi d'inspiration pour moult auteurs et créateurs de jeux de rôles.

Deux Dragons sont mis à l'honneur dans ses ouvrages (du moins, si l'on oublie Ancalagon et quelques autres représentants draconiques mineurs) : Glaurung le Ver et Smaug le Doré.

Glaurung est considéré comme le premier des Dragons. Créé par Melkor (ou Morgoth), la créature apparaît sous la forme d'un Dragon Serpentiforme, aptère et doté de quatre pattes (un Semi-Dragon donc). Pourvu d'un souffle enflammé et d'un regard hypnotique, il fera des ravages pendant des siècles avant de succomber face à Tùrin, un héros humain à la destinée maudite.

Dernier des grands Dragons, Smaug est un Dragon Classique de couleur rouge tirant sur le doré. Après des siècles à dormir sur l'or des Nains du Mont Solitaire, son ventre (partie vulnérable chez certains Dragons comme Fafnir) s'est incrusté de pierres précieuses et de gemmes, à l'exception du sein gauche.

En attaquant la ville d'Esgaroth, il sera percé d'une flèche tirée par Bard et sombrera dans le lac.

Glaurung the Worm
Glaurung le Ver menant les armées de Morgoth (illustration de Markus Erdt).

Pour plus de détails sur Glaurung, Smaug et leurs similitudes avec les récits mythologiques, je vous encourage à aller consulter l'article sur Fafnir (au chapitre intitulé : " Glaurung et Smaug  ou l'adaptation de Fafnir") et celui sur les Lindorms (au chapitre intitulé : "Smaug, entre création et inspiration").

- Les Dragons de Pern -"La Ballade de Pern" - Anne Mc Caffrey :

Mélange entre science-fiction et fantasy, "La Ballade de Pern" raconte les aventures d'un groupe de colons humains qui s'installent sur Pern, une planète similaire à la Terre. Sur place, ils découvriront une faune particulière, dont les Lézards de Feu ; de petits reptiles à l'aspect proche de celui des Dragons Classiques, capables de produire un souffle enflammé (en ingérant des Pierres de Feu) et de se téléporter instinctivement pour se mettre hors de danger. Outre leurs couleurs (les mâles sont de teinte bronze, brune, bleue et les femelles sont vertes ou dorées), ces petites créatures ont la particularité d'avoir des yeux à facettes dont la couleur changeante permet de deviner leur humeur.

Après s'être installés, ils devront faire face à une menace inattendue : les Fils. Provenant d'une étoile (ou planétoïde) qui passe à certaines périodes près de Pern, les Fils sont des organismes qui se déversent sous forme de filaments. Ils "dévorent" toute forme organique qui entre en contact avec eux et se multiplient rapidement.

Pour lutter contre ce fléau mortel, les colons de Pern décidèrent de modifier génétiquement les Lézards de Feu pour créer des spécimens plus grands, et d'utiliser leur souffle de feu pour carboniser les Fils qui ravageaient leurs cités. Une seconde génération de Dragons, "moins réussie" sera également conçue. Appelées Whers de Garde, ces créatures sont également pourvues de quatre pattes et d'une paire d'ailes, mais leur ressemblance avec la première génération s'arrête là. Plus courtauds et dotés d'ailes rachitiques, ils sont presque incapables de voler. Ils sont également plus limités mentalement (les Dragons de Pern sont télépathes) et ne peuvent souffler le feu. En contrepartie, ils sont dotés d'une vision nocturne, sont capables de manger les Fils et leur morphologie leur permet aisément de parcourir les tunnels et autres antres souterrains.

Grâce à ces nouveaux alliés, les Pernais formeront les premiers Chevaliers-Dragons : des hommes et femmes psychiquement liés à un Dragon qui auront pour tâche de défendre les villes et villages menacés par les pluies de Fils.

Au fil des siècles, et faute de matériaux, les colons oublieront peu à peu leurs origines et leur technologie pour revenir à un genre de système féodal sous la protection des Chevaliers-Dragons.

- Les Phoorn - cycle d' "Elric" - Michael Moorcock :

Plus connus sous le nom de "Dragons", les Phoorn sont des créatures au corps serpentiforme recouvert d'écailles et doté de vastes ailes ornées de motifs colorés semblables à ceux des papillons. Hormis leurs crocs acérés, les Phoorn peuvent cracher une salive hautement inflammable qui fait office de jet de flammes.

Dotées d'une grande intelligence, ces créatures sont capables de communiquer avec toute personne parlant leur langue.

Originaires de Melniboné (une île abritant un empire décadent et cruel), les Phoorn sont des machines de guerre immortelles. Seul hic : pour chaque journée où ils sont actifs, ils doivent récupérer en dormant pendant un siècle...

- Fuchur (ou Falcor) - "L'Histoire Sans Fin" - Michael Ende :

Plus proche des Dragons Célestes, Fuchur (renommé "Falkor" - Falcor chez les francophones - dans l'adaptation cinématographique de Wolfgang Petersen) est un Dragon Porte-Bonheur. Doté d'un long corps recouvert d'une fourrure nacrée et d'écailles roses, Fuchur est pourvu de quatre pattes rudimentaires. Sa tête étant décrite avec peu de précisions, les illustrateurs l'ont représenté avec une tête de Lung (Dragon chinois) et de lion, tandis que le film l'a pourvu d'une tête de chien...

Le nom de "Fuchur" dériverait du japonais : "Fuku-Ryu" (littéralement : "Dragon Chanceux"), un Dragon japonais lié à la bonne fortune.

The Neverending Story - Falkor
Superbe représentation de Fuchur (ou Falcor) par Pascal Heinzelmann.

- Les Dragons des Marais et les Dragons Nobles - "Les Annales Du Disque-Monde" - Terry Pratchett :

L'étrange Disque-Monde, monde plat porté par quatre éléphants, eux-même juchés sur une tortue de mer nageant dans l'espace infini, semble avoir été déserté par la gent draconique... À la place, on peut trouver de petites créatures rachitiques et souffreteuses appelées "Dragons des Marais".

Résidant - sans surprise - dans les marais, ces petites bêtes peuvent atteindre jusqu'à 60 centimètres à l'âge adulte. Dotés d'un solide appétit, ils dévorent tout ce qui peut servir de combustible afin de produire de ravissantes flammèches.

De constitution fragile, les Dragons des Marais tendent à exploser lorsqu'ils sont trop excités ou lorsqu'ils sont affectés par des maux d'estomacs...

Vimaire and Errol - Discworld
Le Commissaire Divisionnaire Vimaire et Errol le Dragon des Marais (illustration d'Aysha Shehim).

"Les Dragons ont-ils disparu de ce monde farfelu ?" me demanderez-vous. Et bien oui et non... Les Dragons Nobles, créatures intelligentes, arrogantes et puissantes, sont ce qui se rapproche le plus du Dragon Occidental que nous connaissons. Avec le temps, ces êtres ingénieux ont évolué, se nourrissant exclusivement de magie. Seul problème à cette adaptation farfelue : cette forme d'énergie ne se retrouve pas partout sur le Disque-Monde.

Étant donné qu'il fallait une quantité énorme de magie pour exister dans ce monde, les Dragons Nobles ont préféré s'exiler dans une dimension saturée d'énergie où ils passent désormais le plus clair de leur temps à paresser, entassés les uns sur les autres.

Il arrive qu'un Dragon Noble soit invoqué sur le Disque-Monde grâce à un rituel où une imagination fertile combinée à une zone baignée de magie (comme le Wyrmberg).

Pour plus d'informations sur "Les Annales du Disque-Monde", veuillez consulter l'article du même nom en vous rendant sur le lien de ce paragraphe.

- Villentretenmerth, le Dragon Doré - cycle "Le Sorceleur" ("The Witcher"), dans la nouvelle intitulée "Les limites du possible" - Andrzej Sapkowski :

Dans le monde du Sorceleur, il existe cinq espèces de Dragons (si l'on oublie les Basilics, Cocatrix, Wyverns, ... qui ne sont pas considérés ici comme des Dragons véritables) : les Verts, les Noirs, les Rouges, les Blancs et les Dorés.

Villentretenmerth (appelé également Borch Trois-Choucas sous sa forme humaine) fait partie de l'espèce des Dragons Dorés, une variété très rare, presque mythique.

Capable de se métamorphoser et de communiquer par télépathie (utile sous sa forme draconique où il est incapable de parler), Villentretenmerth adore se mêler aux autres races.

Villentretenmerth - The Witcher
Illustration d'une carte pour le jeu "Gwent : The Witcher Card Game" représentant Villentretenmerth le Dragon Doré.

À Holopole, Geralt de Riv (le Sorceleur aux cheveux blancs) croisera Borch Trois-Choucas accompagné de ses deux gardes du corps Zerrikaniennes (peuple du Sud du continent vénérant les Dragons), Téa et Véa.

Déguisé, Villentretenmerth était venu prêter main-forte à une Dragonne Verte (nommée Myrgatabrakke) empoisonnée par les villageois. Sur place, il reprendra discrètement sa forme draconique et affrontera le chevalier Eyck de Denesle (sorte de cliché vertueux en armure), des chasseurs de Dragons et une foule d'autres curieux attirés par la promesse d'un trésor.

Ayant réussi à permettre à la Dragonne de fuir, il sera récompensé par la progéniture de cette dernière : un Dragonnet Vert.

Dans le second épisode de la trilogie de jeux "The Witcher", Geralt rencontre la fille de Villentretenmerth, Saesenthessis. Croisement de Dragon Vert et de Dragon Doré, la créature était probablement le Dragonnet sauvé, quelques années plus tôt, de la foule venue piller le trésor draconique.

Les diverses espèces de Dragons du monde du Sorceleur semblent inspirées de celles présentes dans le jeu de rôles "Donjons et Dragons". Les Dragons Rouges, Noirs, Verts et Blancs font partie de la famille des Dragons Chromatiques (réputés malfaisants) et le Dragon d'Or est un Dragon Métallique (type de Dragon généralement bienfaisant).

Pour plus d'informations à ce sujet, veuillez consulter le sous-chapitre suivant.

- Les Serpents, Cocons et Dragons - cycles de "L'Assassin Royal", "Les Aventuriers de la Mer" et "Les Cités des Anciens" - Robin Hobb :

Dans le "Royaume des Anciens" (monde typé médiéval-fantastique), les Dragons ont quatre stades de développement différents : l'œuf, le Serpent (genre de Serpent de Mer), le Cocon et la forme adulte (similaire à celle d'un Dragon Classique).

Suite à un cataclysme volcanique, la plupart des Dragons et des Anciens (humains métamorphosés en hybrides draconiques par une trop grande proximité avec les Dragons ou grâce à des artefacts) furent exterminés. Par chance, plusieurs Cocons furent dissimulés et protégés.

Ils seront découverts bien plus tard par un peuple marchand qui - croyant avoir sous les yeux des troncs de Bois-Sorcier - s'en servira pour bâtir des navires appelés Vivenefs. Ces bateaux magiques sont réputés quasi-indestructibles et gagnent une conscience lorsque trois capitaines meurent sur le pont.

La Dragonne Tintaglia, emprisonnée dans son Cocon, parviendra à se libérer en communiquant télépathiquement avec l'un des marchands pour qu'il la délivre. Elle se liera peu après avec un autre Dragon (Glasfeu) emprisonné depuis des siècles dans la glace, permettant à la race des Dragons de renaître de ses cendres.

Ce petit florilège draconique terminé, je vous propose d'explorer plus en profondeur les principales familles de Dragons issues du jeu de rôles "Donjons & Dragons", une référence qui a inspiré beaucoup d'auteurs amateurs de Dracologie.

Informations complémentaires :

- Edith Nesbit (1858 - 1924) était une écrivaine pour la jeunesse et une poétesse anglaise. Elle aura écrit au total près de soixante livres pour enfants et est considérée comme l'une des pionnière du genre.

- Anne Mc Caffrey (1926-2011) était une auteure américano-irlandaise de science-fiction. Hormis quelques nouvelles et un roman policier, elle est surtout connue pour son œuvre principale : "La Ballade de Pern".

- "Elric" est une série de romans de dark-fantasy créée par Michael Moorcock.

L'histoire est centrée autour d'Elric de Melniboné, un albinos à la santé défaillante, dernier souverain de la race décadente des Melnibonéens. Accompagné de son épée noire (Stormbringer, une lame noire gravée de runes, capable de boire l'âme de ses victimes pour transférer temporairement leur puissance à son porteur), il parcourra les mondes pour tenir un rôle de premier plan dans la lutte opposant la Loi au Chaos.

- Né en 1939, Michael John Moorcock est un auteur britannique de fantasy et de science-fiction. Connu principalement pour son personnage nommé Elric, l'un des "Champions Éternels" (gardiens de l'équilibre cosmique, il en existe un par Plan d'Existence) les plus connus.

- "L'Histoire Sans Fin" ("Die unendliche Geschichte" en version originale) est un roman de fantasy allemande écrit par Michael Ende et publié en 1979.

Pour vous résumer l'histoire, Bastien Balthazar Bux, jeune garçon de dix ans, voit sa vie changer lorsqu'il "emprunte" (pour une durée indéterminée) un ouvrage (intitulé : "L'Histoire Sans Fin") chez un vieux libraire grognon.

Le livre en lui même se déroule au "Pays Fantastique" un monde composé de tout ce que l'homme a pu rêver ou imaginer d'onirique et de merveilleux, dirigé par la Petite Impératrice qui réside dans une tour d'ivoire.

Malheureusement, l'impératrice est atteinte d'un mal mystérieux qui semble lié au Néant, un fléau qui détruit morceau par morceau le Pays Fantastique. Pour tenter d'endiguer les deux maux, un jeune guerrier du nom d'Atreju est envoyé chercher un remède...

Et je vous laisse découvrir la suite de l'histoire (sous forme de livre ou de film, à vous de choisir votre support de prédilection).

- Michael Ende (1929 - 1995) était un écrivain allemand de fantasy (connu principalement par ses livres adaptés pour la jeunesse).

- "Le Sorceleur" est une série de livres de dark-fantasy écrits par Andrzej Sapkowski où l'on suit les aventures de Geralt de Riv, un Sorceleur (mutant génétiquement modifié pour tuer les monstres) aux cheveux blancs, souvent accompagné par des personnages hauts en couleur (tels que Jaskier, le barde lubrique ou Régis, le Vampire ayant renoncé au sang).

- Andrzej Sapkowski (né en 1948) est un auteur polonais de fantasy, renommé pour son cycle "Le Sorceleur".

- "Gwent : The Witcher Card Game" est un jeu de cartes virtuel centré sur l'univers de "The Witcher". L'action s'y déroule au tour par tour et les decks en factions censées s'affronter sur un champ de bataille.

Toujours en développement, sa beta publique a cependant été publiée en mai 2017.

- Saesenthessis est une Dragonne et la fille de Villentretenmerth le Dragon Doré.

Saesenthessis the Dragon - The Witcher
Illustration tirée du jeu "Gwent : The Witcher Card Game" et représentant Saesenthessis la Dragonne.

Je ne m'étendrai guère plus à son sujet pour éviter de vous gâcher quelques surprises. Vous trouverez plus d'informations à son sujet en jouant au jeu : "The Witcher II : Assassins of Kings" (sorti en 2011 sur PC, Xbox 360 et PlayStation 3).

- "L'Assassin Royal" est une série de romans de fantasy parue en 1995 et racontant les exploits de Fitz Chevalerie Loinvoyant, un bâtard royal des Six-Duchés, devant servir, dans l'ombre, la lignée Loinvoyant en devenant un assassin.

- "Les Aventuriers de la Mer" est une série de romans de fantasy parue en 1998. L'action se déroule dans le même monde que celui de l' "Assassin Royal" mais plus au Sud et avec des personnages différents.

Le récit contera - entre autre - le quête d'Althéa Vestrit, une fille de marchand, résolue à récupérer la Vivenef (bateau fait de Bois-Sorcier et doué de raison) de sa famille, convertie par sa sœur en navire négrier (bâtiment employé pour le trafic d'esclaves) et capturée par Kennit, un pirate ambitieux souhaitant devenir le Roi des Pirates.

- "Les Cités des Anciens" est - sans surprise - une série de romans de fantasy publiée depuis 2009.

L'histoire se déroule peu après l'éclosion de la Dragonne Tintaglia (voir la partie consacrée aux livres de Robin Hobb dans ce sous-chapitre) qui conclut un accord avec les Marchands du Désert des Pluies (qui exploraient les ruines des Anciens et vendaient le rarissime Bois-Sorcier) : en échange de sa protection, ils acceptent de nourrir et d'aider les Dragons à éclore.

Voyant cette situation s'éterniser, les marchands achèteront des protecteurs et loueront les services d'une Vivenef afin que les créatures draconiques puissent éclore ailleurs, leur donnant ainsi le champ libre pour tenter de découvrir une cité antique liée aux Anciens.

- Née en 1952, Robin Hobb (de son vrai nom : Margaret Astrid Lindholm Ogden) est une auteure américaine spécialisée dans la fantasy.

Elle est connue principalement pour ses livres se déroulant dans le "Royaume des Anciens" et découpés en plusieurs cycles (axés sur trois séries principales : "L'Assassin Royal","Les Aventuriers de la Mer" et "Les Cités des Anciens").

Le Dragon Classique dans les jeux de rôles :

Connu comme l'un des premiers jeux de rôles sur table, "Donjons & Dragons" (ou "D&D") a été créé dans les années 70 par Gary Gygax et Dave Arneson.

Son monde fantastique riche et complexe (qui s'est étoffé au fil des versions, en ajoutant des brouettes de règles et d'autres mondes de campagne comme "Lancedragon", "Eberron" ou "Les Royaumes Oubliés") a fait vivre moult aventures aux joueurs de tous poils et beaucoup durent affronter ou s'allier avec l'un des emblèmes du jeu de rôles : le Dragon !

Les Dragons de "Donjons & Dragons" sont des créatures intelligentes (à quelques exceptions près), avaricieuses et capables de communiquer avec les autres races (bien qu'ils possèdent leur propre langue : le Draconien).

Leur aspect diffère selon les espèces mais les familles principales (Dragons Chromatiques, Métalliques, ...) possèdent quatre pattes, une paire d'ailes, un long cou terminé par une tête - souvent - cornue et une queue.

"D&D Dragon's
Illustration d'Isvoc représentant plusieurs Dragons de "D&D". De gauche à droite : Dragon de Bronze, Dragon Rouge, Dragon d'Argent et Dragon Noir.

Dotés d'une croissance lente, les Dragons peuvent largement dépasser les douze siècles d'existence (certains évitent même de mourir en employant un rituel les transformants en Dracoliches). Leur âge détermine leur taille et leur puissance. Après l'éclosion, le Dragon passera donc progressivement les stades suivants : Dragonnet, Très Jeune, Jeune, Adolescent, Jeune Adulte, Adulte, Âge Mûr, Vieux, Très Vieux, Vénérable, Dracosire et Grand Dracosire.

La taille d'un Dragon varie selon son âge et son espèce. Par exemple, un Grand Dracosire d'Argent est considéré comme étant de taille Colossale, donc égalant ou dépassant les 30 mètres de long.

Fortement liés aux Éléments et à la magie, les Dragons sont dotés d'un souffle élémentaire et de pouvoirs magiques (variant selon l'espèce). Le Dragon Bleu, par exemple, est capable de générer un cône d'électricité.

De nature solitaire, les Dragons vivent éloignés de leurs semblables (hormis lorsqu'ils cherchent une compagne ou un compagnon afin de perpétuer leur lignée). Il arrive que les Dragons Métalliques s'allient (notamment les Dragons d'Or et d'Argent) au contraire des Dragons Chromatiques, plus méfiants.

Golden Dragon - "D&D"
Représentation d'un Dragon d'Or illustré par Kerem Beyit (pour le supplément de règles de "D&D" nommé : "Draconomicon"). L'aspect de ce Dragon est un étrange mélange de Dragon Classique et d'un Lung (Dragon chinois).

Il existe également des divinités draconiques, comme Io, le Dragon aux Neuf Visages, Bahamut, le Dragon de Platine bienfaisant et Tiamat, la Dragonne Chromatique malfaisante.

Si l'on oublie les espèces mineures ou spéciales de Dragons (Dragon Radieux, Dragon du Styx, Dracosire de Feu d'Enfer, ...), il existe plusieurs types ou familles de Dragons principaux : les Dragons Métalliques, les Dragons Chromatiques, les Dragons Cristallins et les Dragons Épiques.

Les Dragons Métalliques (Dragon d'Airain, de Cuivre, de Bronze, d'Argent et d'Or - dans les nouvelles versions de "D&D", les Dragons d'Airain, de Cuivre et de Bronze semblent avoir été remplacés par les Dragons de Fer, de Cuivre et d'Adamantium) sont généralement des êtres bienveillants qui n'attaquent pas sans provocation ou sans bonne raison.

"D&D" - Silver Dragon
Superbe illustration de Todd Lockwood représentant un Dragon d'Argent.

Les Dragons Chromatiques (Dragon Blanc, Noir, Vert, Bleu et Rouge, auxquels s'ajoutent le Dragon Brun et Gris) sont considérés comme malfaisants, féroces et excessivement territoriaux.

Comme leur nom l'indique, les Dragons Cristallins (Dragon d'Améthyste, d'Émeraude, de Cristal, de Saphir et de Topaze) sont dotés d'écailles dont la couleur et l'aspect fait penser à la pierre précieuse qui leur est associée (l'effet est d'ailleurs plus marquant à mesure qu'ils prennent de l'âge). De nature Neutre, ces créatures sont plus cupides que la moyenne et ont la particularité de développer des facultés Psioniques (capacités générées par le mental).

Les Dragons Épiques (Dragon de Force, Prismatique et du Temps) sont des êtres dont la puissance défie l'imagination ! Plus grands, plus forts et dotés d'une longévité supérieure à celle de leurs collègues, les Dragons Épiques sont également pourvus de capacités nouvelles et terrifiantes. Affronter un Dragon est déjà un exploit en soi, alors se frotter à de tels parangons de puissance est le meilleur moyen de devenir une légende (ou plus probablement, un tas de cendres anonyme).

Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur les Dragons issus de "Donjons & Dragons" et, plus généralement, ceux provenant des jeux de rôles. Malheureusement, là n'est pas le sujet abordé - et il serait temps de revenir à nos Dragons Classiques.

J'espère cependant que cette parenthèse vous aura permis de mieux différencier les êtres draconiques issus de mondes semblables et différents à la fois.

Informations complémentaires :

- Ernest Gary Gygax (1938 - 2008) était un écrivain et concepteur de jeux de rôles sur table. Considéré comme le père du jeu de rôles moderne, il est surtout connu pour avoir conçu "Donjons et Dragons".

- David Arneson ou Dave Arneson (1947 - 2009) était un créateur de jeu de rôles qui a coécrit "Donjons et Dragons".

- "Lancedragon" comprend une série de romans de fantasy et un jeu de rôles sur table se servant des règles de "D&D".

Se situant sur le monde de Krynn, "Lancedragon" a - sans surprise - pour thèmes centraux les Dragons Métalliques et Chromatiques.

- "Les Royaumes Oubliés" (ou "Forgotten Realms") se déroulent sur le continent de Féérune et servent de décor pour les campagnes de "D&D". Les jeux comme "Baldur's Gate" ou "Nerverwinter Night" se déroulent d'ailleurs dans ce monde.

- "Eberron" est un univers servant également pour les campagnes de "D&D". Se déroulant principalement sur le continent de Khorvaire.

- Dans "Donjons et Dragons", la Dracoliche est un Dragon malfaisant devenu un puissant Mort-Vivant grâce à un rituel provoquant sa mort et liant son esprit à un objet appelé "Phylactère". Lorsque le cadavre d'une créature draconique est proche, l'esprit de la Dracoliche peut s'échapper du Phylactère et posséder le corps qui deviendra son nouveau réceptacle.

La Dracoliche prend souvent l'aspect d'un squelette de Dragon animé ou d'un Dragon décharné dont les orbites luisent d'une lueur sinistre.

Si le corps d'une Dracoliche est détruit, elle sera immédiatement renvoyée dans son Phylactère, ce qui lui permettra de se transférer dans un nouveau corps - s'il y en a un à proximité. En cas de pénurie de cadavres et si le Phylactère est découvert et détruit, la Dracoliche sera définitivement mise hors d'état de nuire.

- Io est une divinité intermédiaire de l'équilibre et le créateur de tous les Dragons. Capable de prendre la forme de n'importe quel Dragon, il ne s'intéresse qu'au destin de ses enfants et n'intervient que si ces derniers sont menacés à grande échelle.

Dans l'Édition 4 de "D&D", Io, peu après avoir créé les Dragons, est tué lors de la Guerre de l'Aube (conflit originel opposant les dieux à des Titans élémentaires). Sa mort libérera son essence divine qui imprégnera ses deux premiers enfants : Bahamut et Tiamat, faisant d'eux de nouvelles divinités draconiques.

- Bahamut est une divinité draconique mineure de la justice, de la sagesse et du vent.

Il prend la forme d'un Dragon sinueux aux écailles blanches et argentées. Ses yeux bleus - pareils à ceux des félins - varient de teinte suivant son humeur. Il lui arrive parfois de se déguiser en frêle vieillard accompagné de sept canaris (qui sont en réalité sa garde rapprochée, composée de sept Dragons d'Or).

Bahamut - "D&D"
Représentation (d'auteur inconnu) de Bahamut.

Vénéré par la plupart des Dragons bons (Les Dragons Métalliques en particulier) et certains humanoïdes, il est l'ennemi de Tiamat, la déesse Dragon.

Dans la mythologie arabe, Bahamut ou Bahamot (de l'hébreu : "Béhémoth") est un gigantesque poisson (parfois un serpent) qui porte la Terre avec d'autres animaux fabuleux.

- Créatrice des Dragons malfaisants, Tiamat est une déesse mineure incarnant la conquête et la cupidité.

Elle apparaît généralement sous l'aspect d'une énorme Dragonne à cinq têtes (une pour chaque espèce de Dragon Chromatique) mais se déguise parfois en une ravissante jeune femme parée de bijoux et vêtue de rouge.

Tiamat - "D&D"
Illustration de Wayne Reynolds pour le supplément de règles de "Donjons & Dragons" intitulé : "Codex Divin".

Tiamat est bien entendu inspirée de la Déesse Primordiale mésopotamienne du même nom. Personnifiant les eaux salées océaniques, elle est représentée comme un Dragon Serpentiforme doté de membres antérieurs, un Dragon polycéphale (doté de plusieurs têtes) ou une sorte d'hybride mêlant les caractéristiques d'un lion et d'un oiseau.

- Dans "D&D" L'Adamantium (Adamantine en anglais) est un métal extrêmement solide employé généralement pour forger des armes et armures. Une arme d'Adamantium permet à son porteur d'endommager plus facilement un objet ou une pièce d'équipement, tandis que l'armure offre une réduction de dégâts qui varie selon le type d'objets portés (armure légère, intermédiaire, lourde).

Les "Campagnes Légendaires" (guide pour les personnages de haut niveau pour l' "Édition 3" de "Donjons & Dragons") détaillent un monstre appelé : "Golem d'Adamantium". Un automate créé par magie (à partir d'un bloc de fer de 22,5 tonnes, altéré par un sort pour en faire de l'Adamantium). Une fois sculptée, la créature fait cinq fois la taille d'un homme pour un poids total de 16 tonnes...

En mythologie, l'Adamant ou l'Adamantine (du grec : "Adamas", "Adamantos") est un terme signifiant littéralement : "Indomptable". Il s'agirait soit d'une substance mythique excessivement dure formée à partie de diamant et d'autres pierres précieuses, soit d'un type de métal.

Au Moyen-Âge, le terme "Adamant" désignait le diamant, considéré à l'époque comme le matériau le plus dur qui soit.

Liste des Dragons Classiques :

Balaur :

(est également considéré comme un Néo-Dragon lorsqu'il est doté de plusieurs têtes et un Semi-Dragon sous sa forme de serpent aux ailes de cuir).

Provenant des mythes roumains, le Balaur est un énorme Dragon dont l'aspect change grandement selon les versions. L'une de ses formes cependant, lui permet de faire partie des Dragons Classiques (à savoir : un corps serpentiforme, une paire d'ailes de chauve-souris et quatre membres).

Loin d'être idiot, le Balaur est doué de la parole et doté de redoutables capacités (comme celle de pouvoir contrôler les nuages et de faire tomber la foudre et la grèle).

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Dragon de Wantley :

Le village de Wortley (dans le Yorkshire) vivait dans la terreur depuis qu'un Dragon avait pris la mauvaise habitude de faire ses courses dans les environs (en s'attaquant au bétail, aux cultures et aux enfants).

En sus de sa taille, de ses crocs et de ses griffes, la bête avait également une peau épaisse et une longue queue faisant office de fouet.

Elle sera défaite par un chevalier porté sur la boisson et vêtu d'une armure au design des plus curieux.

La légende du Dragon de Wantley serait - à l'origine - une satire visant un évêque rapace qui noya sous les impôts un petit village du Sud du Yorkshire. Une anecdote fort divertissante que je vous conterai peut-être une prochaine fois...

Article associé :

- La fin honteuse du Dragon de Wantley.

Dragonnet du Mont Pilate :

Petit mais redoutable, le Dragonnet du Mont Pilate était un représentant miniature de la gent draconnique, doté d'un souffle ardent et d'un sang excessivement toxique.

Article associé :

- Le Dragonnet du Mont Pilate.

Fafnir :

(est principalement considéré comme un Semi-Dragon et peut être également vu comme un Dragon Humanoïde lorsqu'il était humain ou Nain).

Pour plus de précisions à son sujet, veuillez consulter la "Liste des Semi-Dragons" (chapitre III) ou aller lire les articles en lien ci-dessous.

Articles associés :

- Fafnir, le grand Wyrm du Nord.
- Les Lindorms (chapitre : "Mythes et Lindorms :").

Dragon
Un Dragon Classique en action (illustration de Lindsey Burcar).

Track :

Dragon troglodyte (vivant dans une grotte) et montagnard, le Track est un Dragon quadrupède aux ailes de cuir ayant la particularité d'être à sang froid (ce qui l'oblige à se chauffer au soleil pour réguler sa température corporelle).

"Track" est également l'un des nombreux synonymes servant à désigner les Dragons.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

V - Dragon Céleste :

Sortant de sa tente de fortune, Liu Yu, jeune homme du peuple des Sang, traverse le campement pour profiter des premiers rayons de l'astre solaire. Juché sur une butte, il contemple l'immense vallée fertile pour laquelle il devra bientôt verser le sang.

Extirpant de son paquetage une pierre à aiguiser, il dégaine maladroitement sa lame de bronze et la frotte distraitement sur l'objet, se remémorant l'époque bénie où il n'était qu'un simple paysan. Malheureusement, de mauvaises récoltes et de nombreuses naissances amenèrent bien vite la famine.

Ne pouvant se résoudre à laisser mourir leurs sujets, les chefs du peuple Sang consultèrent le chaman afin qu'il trouve une solution efficace au problème posé. Agitant son bâton orné d'un serpent de jade - symbole de la tribu -, le vénérable vieillard eut une vision : une vaste plaine où coulait un fleuve aux rives fertiles. L'endroit n'était nul autre que la légendaire Plaine Jaune, travaillée il y a des éons par le Divin Agriculteur.

Sortant de sa transe, le chaman révéla aux chefs l'existence de ce lieu idyllique. Ces derniers, après s'être brièvement consultés, arrivèrent à la conclusion qu'il leur faudrait quitter leurs terres devenues inhospitalières et gagner ce pays de cocagne.

Voyant là un espoir de quitter la misère qui s'était installée dans le pays, les habitants, à l'annonce de cet exode, ne protestèrent que pour la forme. Stockant les vivres, le bétail et leurs biens les plus précieux, les familles se répartirent en groupes et les fermiers et artisans durent se résoudre à porter des armes pour braver l'inconnu. Parmi eux, le jeune Liu Yu, engoncé dans une armure de peau trop grande pour lui et maniant maladroitement une épée à deux tranchants.

Guidés par le chaman, brandissant telle une bannière le bâton orné du serpent de jade, des centaines d'hommes et de femmes se mirent en marche avec l'espoir de fonder une nouvelle vie.

Le voyage dura de nombreuses lunes, beaucoup périrent sur la route, victimes de brigands, de bêtes féroces, de maladies, ou parfois tout simplement... de vieillesse. Beaucoup de tombes furent creusées, de nombreuses familles durent se quitter prématurément mais un beau jour, la troupe de colons, épuisée, arriva au terme du voyage.

Aux dernières lueurs du crépuscule ils découvrirent ébahis une vaste plaine herbue traversée par un fleuve au débit paresseux où s'abreuvaient des troupeaux entiers de gibier. Débordant de joie, les Sang oublièrent leur fatigue et tous laissèrent éclater leur joie chacun à leur manière.

Les différents types de Dragons
Illustration d'Adam Paquette pour le jeu de cartes "Magic The Gathering".

Mais la liesse fut de courte durée. Venus du Sud, les Sang virent arriver du Nord, de l'Est et de L'Ouest des cohortes Innombrables qui gagnèrent la Plaine Jaune. Ceux du Nord avaient pour emblème un Tigre d'Os, ceux de l'Est un Aigle sculpté dans un bois noir et ceux de l'Ouest un Poisson taillé dans un bloc d'argent.

Après avoir perdu tant de proches, tant d'amis pour se retrouver finalement privés de leur dû, les Sang ne purent contenir leur colère. Les trois autres tribus - ayant subi des épreuves similaires - laissèrent également éclater leur rage contre ces étrangers qui allaient leur dérober ce qui leur revenait de droit. La tension monta rapidement entre les quatre clans et les chefs finirent par décider de régler la question par un combat. Lorsque le soleil serait haut dans le ciel, les Sang du Sud, les Sing du Nord, les Ting de l'Est et les Tang de l'Ouest s'affronteraient dans la plaine jusqu'à ce qu'il ne reste qu'une tribu debout, celle qui serait digne d'hériter de la Plaine Jaune.

Ruminant ses sombres souvenirs, Liu Yu ne se rendit pas de suite compte qu'il avait passé plusieurs heures sur son perchoir à aiguiser machinalement sa lame. Se relevant prestement, il regagna le campement pour rejoindre l'un des nombreux feux allumés, promesse de chaleur et d'un solide repas. De quoi affronter plus sereinement les combats à venir.

Alors que le Soleil était à son zénith, Liu Yu, la main passée nerveusement sur le pommeau de son épée, écouta avec les autres soldats de fortune le discours du chaman relayé par les divers chefs de clan. Le vieillard n'avait de cesse d'agiter son bâton en marmonnant des propos incompréhensibles pour la plupart, mais les officiers ne manquaient pas de beugler son laïus en y ajoutant quelques termes bien sentis afin de donner plus d'effet...

Rendu nerveux par la tension ambiante, Liu Yu se tourna vers ses camarades : il reconnaissait de temps à autre une tête connue mais la plupart n'était pour lui que des visages anonymes et crispés. Au milieu des jeunes gens mal équipés secondés par leurs épouses, sœurs ou parentes, on pouvait voir également ça et là quelques vieillards tenant tant bien que mal quelques armes antiques.

Leur troupe était certes formée de bric et de broc mais ce qui lui manquait en entraînement elle le compensait par une farouche détermination à gagner cette plaine, peu importe ce qu'il en coûterait !

Le discours terminé, les hommes et les femmes hurlèrent et pointèrent leur armes vers la plaine comme pour signifier aux armées adverses qu'elles étaient prêtes. Du Nord, de l'Est et de l'Ouest se firent bientôt entendre des réponses similaires et, prêts à en découdre, les Sang, lames - et outils agricoles - au clair entamèrent leur funeste marche.

La marche cadencée céda bientôt la place au petit trot puis au galop. Liu Yu, pressé de toutes parts, essayait de suivre la cadence infernale. Le sang lui martelait les tempes et son arme semblait peser une tonne. Devant lui s'étendait une masse sombre composée de milliers d'opposants hurlant et agitant des lames acérées. Les visages flous commençaient à se préciser à mesure qu'il se rapprochait, les regards étaient exempts de toute trace de pitié.

Au moment où Liu Yu allait rencontrer ses premiers adversaires, porter le premier coup ou finir lacéré par une lame adverse, un son curieux se réverbéra dans toute la plaine. Stoppé net dans son élan, le jeune homme s'attendit à être percuté par ses voisins, mais tous semblaient s'être arrêtés, comme si le temps s'était figé.

Une autre note suivit bientôt la première et une mélodie aux accents rudes se fit entendre, s'insinuant doucement mais fermement dans les rangs des armées stupéfiées. Incapable de remuer un muscle, Liu Yu, entendit la mélopée se rapprocher, accompagnée d'un froufroutement à peine perceptible. L'instant d'après, se présenta l'auteur de l'incantation musicale : un vieux moine chauve, vêtu de guenilles et armé d'un instrument de musique des plus étranges. L'objet ressemblait vaguement à un Guqin mais la ressemblance avec l'instrument à cordes s'arrêtait là. Taillé dans une carapace de tortue aux écailles multicolores, l'artefact ne possédait qu'une seule et unique corde que pinçait délicatement le vieillard pour en sortir cette mystique mélodie qui avait paralysé les quatre tribus.

Huanglong, the Yellow Dragon
Illustration de Collette J. Ellis représentant Huanglong, le Dragon Jaune, émergeant de la Rivière Jaune et offrant le don de l'écriture à Fuxi (héros civilisateur et divinité de la Chine).

S'arrêtant de jouer, le vieux bonze prit le temps de s'asseoir au centre de la plaine, à l'endroit où les troupes allaient converger un instant auparavant. Ayant pris ses aises et ignorant les milliers de regards surpris braqués sur lui, il titilla de nouveau la corde de son instrument pour cette fois jouer un air apaisant qui ne laissait personne indifférent.

Liu Yu sentit en un instant la colère et l'envie de se battre déserter son cœur. Seule comptait à présent la mélodie qui semblait le transporter vers un monde exempt de violence. L'étau de ses doigts se desserra lentement et l'arme qu'il tenait tomba au sol avec un bruit sourd, qui se répéta un peu partout dans l'assemblée à mesure que les spectateurs lâchaient un à un leurs armes.

Capables de bouger à nouveau, les quatre peuples entassèrent les armes dans un coin et firent cercle autour du vieux musicien pendant que les femmes étaient allées chercher les enfants afin qu'ils puissent profiter du concert improvisé.

Sentant que tout le monde l'avait rejoint, le vénérable joueur changea d'air pour passer à quelque chose de plus joyeux. Galvanisée par ce nouvel air, l'assistance ne put résister au besoin de danser et de se divertir. Une fête fut rapidement improvisée et Liu Yu participa de bon cœur aux festivités jusqu'à épuisement.

Quittant le cercle de chants et de danse, le jeune homme se dirigea lentement vers sa tente. Mais sur le chemin, il reconnut le vieux moine entouré des chamans des quatre tribus. Tenaillé par la curiosité, Liu Yu sentit sa fatigue s'envoler en un instant. Avançant avec précaution, il se dissimula dans un buisson touffu pour observer la scène sans être repéré.

De son point d'observation improvisé, Liu Yu observa les chamans en train de remettre chacun leur tour le symbole de leur tribu au vieillard. À cette distance, il ne pouvait entendre que des bribes de conversation mais il comprit que les chefs de clan souhaitaient unir leurs quatre tribus et offrir au bonze le quatuor d'animaux précieux en guise de remerciement.

Souriant, le vieillard prit les artefacts avec lui et se dirigea vers une tente vide que lui indiqua le chaman. Liu Yu, apaisé par cette promesse de paix alla discrètement à son tour rejoindre sa tente pour prendre enfin quelque repos.

Au cœur de la nuit, Liu Yu fut réveillé par une impression étrange. S'extirpant de ses couvertures de peau, il prêta l'oreille. La fête semblait s'être terminée et un paisible silence planait sur les environs, pourtant la sensation ne le quittait pas. Incapable de se rendormir, il s'habilla à la hâte et sortit sous le ciel étoilé. Flânant dans le camp, il marcha sans but précis et s'étonna que ses pas l'aient conduit jusqu'à la tente du vieillard.

Alors qu'il s'apprêtait à repartir, il entendit un léger bruit, une sorte de cliquetis, comme si l'on entrechoquait plusieurs objets ensemble pour produire une sorte de mélopée primitive. Le son provenait de l'abri du vieillard et semblait s'accélérer. Inquiet pour la sécurité de leur bienfaiteur, Liu Yu s'apprêtait à appeler de l'aide, lorsque sous le clair de lune, se dévoila un fascinant spectacle.

De l'ouverture circulaire de la tente du sage, s'échappèrent quatre formes tournoyant en cercle et montant lentement vers le firmament. Au premier coup d'œil, le jeune homme reconnut le Serpent de Jade, le Tigre d'Os, l'Aigle de Bois Noir et le Poisson d'Argent. En un ballet gracieux, les symboles de la tribu, liés les uns aux autres, semblaient exécuter une danse tourbillonnante. Ne pouvant détacher les yeux de ce spectacle irréel, Liu Yu eut un bond de recul lorsqu'il vit soudainement les artefacts accélérer brusquement et monter au firmament jusqu'à disparaître entre les corps célestes.

Stupéfait, Liu Yu scruta le coin sombre où venaient de disparaître les symboles chamaniques. Sa patience fut bien vite récompensée car, des profondeurs célestes apparut un disque de lumière qui s'épanouit en un instant en une gigantesque explosion de lumière stellaire. Ébloui, il couvrit son visage avec son avant-bras. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il resta comme paralysé, ne pouvant croire ce qu'il était en train de contempler.

Dans le ciel étoilé se tenait une titanesque créature telle qu'il n'en avait jamais vue ! Son corps de serpent orné de petites ailes était pourvu de quatre membres courts terminés chacun par cinq griffes acérées. Couverte d'écailles aux couleurs changeantes, la bête arborait une tête crocodilienne prolongée de cornes et de fines moustaches - ou de barbillons. L'être se mouvait avec aisance dans le ciel et, avant de disparaître dans le lointain, il décocha ce qui ressemblait à un sourire - garni de dents tranchantes - à Liu Yu.

Lung (Chinese Dragon)
Superbe création de Vuk Kostic représentant un Lung.

Sous le choc, le jeune homme resta quelques instants immobile, fixant le dernier endroit où s'était tenue la majestueuse créature. Liu Yu venait d'être témoin d'un moment rare : l'union symbolique et littérale des quatre tribus qui donna naissance au premier Dragon ! Un moment unique qui resterait éternellement gravé dans son cœur.

Cette histoire se base sur la légende intitulée : "La Naissance du Premier Dragon" (tirée de l'ouvrage intitulé : "Les Contes du Mandarin" d'Elisabeth Lemirre et Valérie de La Rochefoucauld). Le texte original est centré sur le vieux sage et sa capacité à apaiser les conflits grâce à la musique produite par son étrange instrument.

J'ai apporté quelques changements au récit en incorporant un autre personnage principal : Liu Yu. Historiquement, ce dernier était un seigneur de la guerre chinois (voir les "Informations Complétaires" de ce chapitre)... nous sommes bien loin du paysan maladroit décrit dans mon histoire.

L'apparition de Liu Yu dans le récit a aussi quelque peu modifié la fin du récit. Dans la version d'origine, c'est un jeune garçon qui assiste à la naissance du premier Dragon. Quelques années plus tard, ce dernier deviendra l'Empereur Jaune, le souverain civilisateur de la Chine.

Fait curieux, l'emblème de l'Empereur Jaune (ou Huángdi), un Dragon, se serait formé à partir d'un serpent. Chaque fois qu'Huángdi soumettait une tribu rivale, il ajoutait certaines caractéristiques des animaux totems adverses. Ce mélange zoologique aurait fini par former le premier Lung (ce qui donne une version moins pacifique de la légende que je vous ai contée).

Informations complémentaires :

- Liu Yu (mort en 193) était un seigneur de la guerre et un politicien chinois de la Dynastie Han (-206 - 220). Aux côtés de la Coalition de Guandong (composée d'officiers et seigneurs de la région), il montera une expédition punitive contre Dong Zhuo (un général ayant usurpé le pouvoir impérial) et provoquera sa fuite.

Étant issu d'une branche proche de la famille impériale des Han, les autres seigneurs lui demanderont de s'autoproclamer empereur, ce qu'il refusera. Faussement accusé d'avoir eu des vues sur le trône, il finira exécuté.

- Les quatre tribus (les Sang, les Sing, les Ting et les Tang) font peut-être référence à quatre dynasties ayant régné à diverses périodes de l'histoire de la Chine.

Les Sang pourraient - par exemple être associés à Dynastie Shang (-1766 à -1046). Mais cela reste une hypothèse personnelle.

- La Plaine Jaune ou "Grande Plaine de Chine du Nord" est une vaste étendue d'une superficie faisant près de 400 000 kilomètres carrés.

- Le Divin Agriculteur (connu également sous le nom de Shennong ou Shen Nong) est un héros civilisateur et l'un des Trois Augustes (des divinités et seigneurs mythiques chinois ayant régné avant la Période Xia - se situant avant -2205). Il aurait inventé la houe, la culture des aliments et trouvé comment cultiver le thé et employer les vertus médicinales des plantes.

- "Magic the Gathering" (ou "Magic : L'Assemblée") est un jeu de cartes à jouer et collectionner créé en 1993 par Richard Garfield (grand amateur de jeux de rôles dont le fameux "Donjons & Dragons").

- Le Guqin ou Qixianqin (littéralement : "Instrument à Sept Cordes") est un instrument à cordes traditionnel chinois. De la famille des Cithares, le Guqin est cependant plus fin et plus allongé que ces dernières.

- Huanglong, (littéralement : le "Dragon Jaune") est une incarnation de l'Empereur Jaune (voir plus haut dans ce chapitre pour plus d'informations à son sujet). Selon la légende, à la fin de sa vie, L'Empereur Jaune serait monté au Tian (Paradis chinois) et aurait pris la forme d'un Lung jaune.

- La Rivière Jaune (ou plutôt le Fleuve Jaune) est le deuxième plus long fleuve de Chine. Long de 5 464 kilomètres, son nom provient de sa couleur due à la grande quantité de sédiments qu'il charrie.

- Fuxi est également un héros civilisateur chinois et l'un des Trois Augustes. Il est considéré comme le fondateur de la médecine traditionnelle chinoise et le créateur des caractères chinois. Il est représenté avec un buste d'homme et un corps de serpent.

Caractéristiques :

Intimement liés à l'élément de l'Air, les Dragons Célestes passent une bonne partie de leur vie adulte à parcourir les cieux. La grande majorité de ces créatures provient d'Asie mais il existe tout de même quelques exceptions (exemple : le Coatl d'Amérique Centrale).

Les Dragons Célestes ne provenant pas d'Asie sont dotés d'un corps serpentiforme dénué de pattes et orné d'une paire d'ailes couvertes de plumes.

Celestial Dragon
Un Dragon Céleste dénué de membres (illustration de Sabine van Apeldoorn).

Pour ce qui est des représentants asiatique de cette famille, ils sont généralement décrits comme d'énormes créatures au corps de serpent se terminant par quatres petites pattes armées de puissantes griffes (au nombre variable suivant l'espèce). Leur tête reptilienne est garnie de crocs tranchants, le sommet de leur crâne est surmonté d'une paire de bois ramifiés et leur museau est garni d'une paire de longues moustaches (similaires à celles d'un poisson-chat). Les Dragons asiatiques sont souvent dépourvus d'ailes (hormis quelques originaux qui portent de fines nageoires juste derrière les membres antérieurs) mais ils sont capables de voler grâce à la crête couronnant leur tête (appelée : "Chi'ih-muh"). Les représentants mâles sont également dotés de certains pouvoirs qu'ils obtiennent grâce à une perle lumineuse cachée dans leurs mentons ou leurs gorges.

Selon Wang Fu, lettré de la Dynastie Han (-206 à 220), le Lung (Dragon Chinois) est composé de neuf créatures différentes. Il possède la tête d'un chameau, les yeux d'un Démon, les oreilles d'une vache, les bois d'un cerf, le cou d'un serpent, le ventre d'un mollusque, les pattes d'un tigre, les griffes d'un aigle et ses cent dix-sept écailles sont similaires à celles d'une carpe.

Dans la partie asiatique des Dragons Célestes il ne faut pas non plus confondre les Dragons chinois (Lung) avec les Dragons japonais (Tatsu ou Ryu). Si les deux sont fort similaires d'aspect, ils possèdent quelques caractéristiques physiques et comportementales qui permettent de les distinguer l'un de l'autre.

Selon Richard Freeman, les Dragons chinois possèdent quatre doigts (ou cinq s'il s'agit du Dragon Impérial) à chaque patte tandis que les Dragons japonais n'en ont que trois. Outre cette différence morphologique mineure, les deux espèces ont une évolution qui diffère.

Lung (Chinese Dragon)
Une splendide création d'Olga Wilson représentant un Lung (doté de cinq griffes).

Pour Karl Shuker, les Dragons chinois proviennent d'œufs (dont les couleurs rappellent les pierres précieuses) qui n'éclosent qu'après mille ans ! Ce long délai écoulé, les coquilles se fendent et des petits serpents d'eau se frayent un passage vers la liberté. Cinq cents ans plus tard, les "ophidiens" acquièrent une tête de carpe (appelée "kiao") puis des écailles, des petites pattes griffues et une barbe. Ce Dragon en devenir est appelé Kiao-Lung (ou plus simplement "Lung", ce qui signifie : "Sourd") car, s'il est pourvu d'oreilles, il ne perçoit pas encore les sons. Ce n'est que cinq siècles plus tard que des bois ramifiés poussent sur son crâne et qu'il acquiert le don de l'ouïe (et devient par la même occasion un Kioh-Lung). Mille ans plus tard, le Lung atteindra sa taille adulte et développera des ailes qui feront de lui un Ying-Lung.

Cette paire d'ailes semble entrer en contradiction avec mes propos précédents et pourtant, le Ying-Lung (ou Yinglong), un Dragon ailé censé apporter la pluie, semble être un espèce distincte de Dragon chinois (différente donc de l'espèce "classique").

Pour ce qui est des Ryu, ces derniers s'extraient également d'œufs dont l'éclat rappelle les gemmes précieuses mais ils sortent de leurs coquilles après "seulement" trois siècles. Après, leur développement varie selon les versions. Certaines décrivent les jeunes Tatsu sous la forme de serpents (résidants à proximité d'un point d'eau et capables de se métamorphoser), d'autres leur confèrent une évolution proche de celle de leurs cousins chinois (mais ça c'est une autre histoire).

The Rakan Sonja and a Ryu (Japanese Dragon)
"Le Rakan Sonja Assis Sur un Rocher Avec un Dragon Émergeant d'un Bol", estampe d'Utagawa Kuniyoshi créée en 1836 (où vous pouvez aisément compter les griffes de la sympathique créature se tenant en haut de l'œuvre).

Si les Dragons chinois passent une partie de leur vie dans l'eau pour ensuite s'élever vers les cieux, leurs condisciples du Pays du Soleil Levant gardent souvent un lien fort avec l'élément liquide. Prenons pour exemple : Ryujin, le Kami de la Mer, résidant dans un palais sous-marin merveilleux (appelé : "Ryugu-Jo") ou Gozuryu, le Dragon à cinq têtes, qui demeurait dans une caverne sous-marine.

Par temps de sécheresse, il arrive que le peuple japonais prie les Dragons afin qu'ils amènent la pluie. Certains acceptent volontiers... d'autres ont besoin d'un petit coup de pouce (comme l'une des filles du paysan désespéré, par exemple)...

Vous l'aurez peut-être remarqué mais les quatre premières familles de Dragons partagent toutes un lien fort avec un élément bien distinct (même si certains spécimens sont liés à plusieurs d'entre-eux). Ainsi, les Dragons Serpentiformes sont liés à l'Eau, les Semi-Dragons, à la Terre, les Dragons Classiques, au Feu et les Dragons Célestes, à l'Air.

Informations complémentaires :

- Rakan Sonja (ou Ingada Sonja) fait partie des "Seize Arhats" : un groupe de saints hommes considérés comme les prédécesseurs (ou disciples) de Bouddha (Siddharta Gautama, le fondateur du Bouddhisme).

Dans le Bouddhisme, un "Arhat" est défini comme étant un "Être Parfait", une personne ayant atteint le Nirvana. But ultime de tout bouddhiste, il permet de s'affranchir du cycle des réincarnations.

- Utagawa Kuniyoshi (1797 - 1861) est considéré comme étant l'un des derniers maîtres de l'estampe japonaise. Il a gravé près de 10 000 estampes (dont un certain nombre ornées de chats, animaux qu'il affectionnait particulièrement).

Utagawa Kuniyoshi a eu plusieurs illustres élèves dont Utagawa Yoshitsuya, Utagawa Yoshikazu, Utagawa Yoshitora et Tsukioka Yoshitoshi.

- Un Kami (littéralement : "Au-Dessus" ou "En Haut") est un Esprit (que l'on peut voir comme une divinité) de la mythologie Shintoïste (un ensemble de cultes qui varie selon les régions du Japon et censé être un mélange de Polythéisme et d'Animisme).

Originaires du Japon, les Kami incarnent les forces de la Nature, l'Esprit des ancêtres ou héros de jadis, des concepts abstraits, ...

Liste des Dragons Célestes :

Coatl :

Dragon semblable à un serpent doté d'ailes de plumes multicolores, le Coatl est représenté dans le calendrier Aztèque.

Les Aztèques étaient un peuple d'Amérique Centrale résidant au Mexique et ayant prospéré entre le XIVème et XVIème siècle.

Article associé :

- Iormungand, le serpent de Midgard (chapitre : "L'Ouroboros nordique").

Gozuryu le Dragon d'Enoshima :

(est représenté le plus souvent comme un Ryu classique ; sa description cependant le range plutôt dans la famille des Néo-Dragons).

Dragon à cinq têtes résidant au fond d'une grotte marine (située près des côtes japonaises).

Gozuryu dévorait les enfants s'approchant trop près de son antre et déchaînait sa colère sur les environs jusqu'au jour où la Déesse Benzaiten (divinité à la fois Bouddhiste et Shinto de l'art, de la musique, de la connaissance et de la chance) décida de mettre fin à ses méfaits.

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Yinglong Dragon
Illustration d'un Dragon asiatique (de Jonas Jödicke). L'aspect de la créature est fort proche de celui d'un Yinglong (Dragon chinois ailé censé apporter la pluie).

Lung :

(étant donné que dans certains cas un homme peut naître grâce à l'influence d'un Dragon ou renaître sous la forme d'un Lung - citons par exemple : Huangdi, l'Empereur Jaune -, on peut considérer cette créature comme faisant également partie de la famille des Dragons Humanoïdes).

Fort similaire au Ryu japonais (à quelques détails près), le Lung (ou Long) est un Dragon originaire de Chine.

Son corps serpentiforme est prolongé par quatre pattes griffues (à quatre griffes ou cinq pour le Dragon Impérial). Sa tête reptilienne est ornée de moustache et décorée de bois de cerfs.

Associée à la pluie, cette créature est souvent bienveillante mais n'apprécie guère qu'on abuse de sa générosité.

Article associé :

- La Mandragore (chapitre : "Les Mandragores à travers le monde" ; sous-chapitre consacré au Ginseng et à la légende intitulée : "L'Œil du Dragon").

VI - Néo-Dragon :

Au fond d'une grotte oubliée, cachée entre les stalagmites centenaires, git une singulière dépouille. Constituée d'os entremélés et de plumes, la charogne semble avoir appartenu autrefois à une énorme volaille, mais certaines parties de ce qui fut son corps suggèrent un tout autre animal. Son crâne, armé d'un bec crochu et acéré, ses ailes, larges et hérissées de pointes, sans oublier sa queue, digne d'un serpent, tous ces éléments ne peuvent venir d'un honnête gallinacé.

Au sein de ce fouillis inextricable d'os et de plumes, repose un objet ovoïde, noir de jais. Sa surface en apparence lisse, présente quelques imperfections mais la chose est facilement identifiable : il s'agit bel et bien d'un œuf !

Basilisk's egg
Superbe création de N. R. Morales représentant l'œuf d'une créature draconique non identifiée (quoique... la crête sur sa tête vous rappellera peut-être une créature familière).

Soudainement animée par de légers soubresauts, la coquille commença à se fendiller, pour révéler une curieuse créature. De couleur verte, la "petite chose" ressemblait au croisement improbable d'un coq avec un serpent et une chauve-souris. Ses fragiles pattes - terminées par de solides serres, armées de griffes - supportaient un corps de forme cylindrique. Son appendice caudal, semblable à une queue de lézard, était terminé par un crochet à la pointe acérée. Ses ailes de cuir (encore engluées au sortir de l'œuf) repliées contre ses flancs, laissaient voir de vilaines "épines" noires comme la nuit. Et pour terminer, juché sur un petit cou musculeux, reposait une tête de coq au bec crochu, dont le sommet du crâne était décoré d'une sorte de couronne dont l'éclat rappelait celui de l'or.

Ouvrant les yeux pour la première fois, la bête sonda son environnement d'un regard froid et inquiétant. Se voyant prise dans cette prison faite d'os et de plumes, elle dégagea la voie en quelques coups de bec, labourant au passage le sol minéral de la grotte.

Seul témoin de la scène, un crapaud en quête de proies. Sautillant maladroitement vers le "petit être", il eut le malheur de croiser ses yeux jaunâtres à pupille verticale. Dès l'instant, l'infortuné amphibien fut pris de convulsions pour finir peu après aussi raide qu'un bout de bois...

Profitant de cette source de nourriture bienvenue, le "coq reptilien" picora la carcasse et se sauva dans les profondeurs d'une galerie souterraine.

Cockatrice
Représentation d'une Cocatrice par R.J. Palmer. La bête est une variante, une espèce cousine ou une évolution du Basilic... les spécialistes du genre ne sont guère d'accord sur l'origine précise de la créature.

Quelques années plus tard, dans un jardin du Mauvezin, le maître des lieux apprit, avec consternation, que l'eau de son puits - autrefois si pure - s'était changée en un liquide trouble à l'odeur pestilentielle. Craignant qu'un mauvais plaisantin n'ait jeté dedans une charogne pour lui nuire, il ordonna à sa servante d'aller quérir quelques ouvriers afin d'extraite la carcasse.

Sentant là quelque diablerie, la jeune dame demanda au propriétaire de l'accompagner séance tenante afin de sonder le fond de la fosse. Sceptique, le bourgeois lui rétorqua qu'il était trop profond et sombre pour y voir quoi que ce soit. Feignant de ne pas avoir entendu le commentaire acerbe de son maître, elle courut jusqu'à sa chambre et revint avec un petit miroir qu'elle pointa vers le soleil pour en réfléchir les rayons vers le fond du puits. Alors qu'elle allait inviter pour la seconde fois le propriétaire à venir lorgner le fond de la fosse, elle fut interompue par un cri rauque semblable à celui d'un coq arthritique et mal en point...

Lorsqu'ils regardèrent enfin le fond du puits, ils eurent la surprise d'y trouver non pas une charogne mais deux ! La première était la carcasse à moitié dévorée d'un chien errant et la seconde... un Basilic ! La bête - sans doute fatiguée de son errance souterraine - avait fini par élire domicile sous la propriété, chassant et empoisonnant l'eau avec son abject venin. Malheureusement pour elle, son arme la plus terrible causa également sa perte. Elle put contempler pour la première fois son reflet dans un miroir mais au prix de sa vie.

Passé la surprise et la frayeur, le maître envoya chercher un travailleur qu'il fit descendre dans le puits à l'aide d'une solide corde. Assisté par la servante, ils remontèrent les deux cadavres. Voyant que le front du Basilic était orné d'une véritable couronne d'or, il arracha le précieux objet et l'offrit à sa gouvernante pour l'avoir débarrassé du fléau pestilentiel.

Comme son prédécesseur, le Basilic avait fini par mourir mais dans sept ans, jour pour jour, une copie miniature de la bête émergera des profondeurs et à nouveau elle recommencera à semer la terreur et la désolation sur son chemin.

Basilisk
Un énorme Basilic guettant sa proie (une création de Jack Kaiser).

Le texte est une version remaniée d'une légende provenant de la région Midi-Pyrénées (vous pouvez en trouver une version dans l'ouvrage intitulé : "Dragons, Licornes et Autres Chimères" par Dominique Besançon et Sylvie Ferdinand). Dans ce récit, le Basilic apparaît sous une forme... exotique. Seul représentant de son espèce, il possède un corps de loutre, et une tête d'homme, couronnée d'or. Une forme aux antipodes de sa forme de serpent couronné ou d'hybride de coq et de reptile.

Insensible à l'acier des armes et au plomb des fusils, le monstre ne connaît qu'une seule faiblesse : son propre regard. Si le monstre vient à périr, un autre Basilic naîtra sept ans plus tard.

Le crapaud présent dans le texte est un clin d'œil lié à la Cocatrice, un Néo-Dragon proche du Basilic qui est censé naître d'un œuf pondu - sur du foin ou sur un tas de fumier - par un coq vieux de sept à quatorze ans et couvé par un crapaud (ou un serpent).

Informations complémentaires :

- Mauvezin est une commune française, située dans le Département du Gers (dans le Sud-Ouest de la France).

Caractéristiques :

Les Néo-Dragons forment une famille pour le moins... hétéroclite. Pourvus de multiples têtes, de membres supplémentaires ou exotiques (exemple : la version aquatique de la Wyverne possède une nageoire de poisson au lieu d'une queue barbelée), de pouvoirs uniques (exemple : le regard mortel du Basilic et de la Cocatrice), voire de formes chimériques (exemple : la Tarasque avec sa tête de lion et son corps engoncé dans une carapace de tortue), ces créatures n'ont parfois de Dragon que le nom.

Toutefois, ils restent des membres à part entière de la gent draconique, grâce à leurs caractéristiques physiques proches de celles des Dragons plus "courants" (si l'on oublie ses cinq têtes, le Dragon d'Enoshima peut passer pour un Dragon Céleste tout ce qu'il y a de plus classique), leur comportement (de vieilles habitudes comme celle de dévorer de jeunes filles offertes en sacrifice ou d'accumuler biens et trésors) ou les symboliques qu'ils incarnent (aspect sauvage et indompté de la Nature, gardien souterrain, ...).

Illustration de JulioDionizioArt représentant une Hydre en train de fondre sur un navire.

Il n'est pas rare également que les Néo-Dragons puissent appartenir à plusieurs familles draconiques puisque, d'une région, d'un texte ou d'une époque à l'autre, l'aspect de la créature peut varier ou évoluer jusqu'à le rendre méconnaissable (comparez le petit Basilic antique à sa version médiévale, on peut difficilement leur trouver des points communs sans en connaître les symboles et caractéristiques).

Liste des Néo-Dragons :

Amphisbène :

Dragon de la mythologie romaine se présentant généralement sous la forme d'un serpent avec une tête à chaque extrémité.

Article associé :

- Iormungand, le serpent de Midgard (chapitre : "L'Ouroboros nordique").

Balaur :

(est également considéré comme un Semi-Dragon - sous sa forme de serpent ailé - ou un Dragon Classique lorsqu'il n'a qu'une tête, quatre membres et une paire d'ailes).

L'énorme Dragon roumain appelé Balaur dispose d'une apparence pour le moins... variable. Son corps de serpent ailé est parfois doté de pattes, de nageoires, voire les deux en même temps. Le nombre de ses têtes peut varier d'une, à trois, neuf, voire douze.

Pour rappel, la créature est également douée de parole et dispose de pouvoirs magiques redoutables (comme le contrôle du climat).

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Béhémoth :

Créature gigantesque décrite notamment dans le "Livre de Job" (un des livres de l' "Ancien Testament") et le "Livre d' Hénoch" (autre ouvrage associé à l' "Ancien Testament"), Béhémoth incarne le force primale et indomptable.

Les descriptions varient mais il est décrit comme un animal herbivore doté d'un appendice caudal et passant le plus clair de son temps à s'ébattre dans les marécages.

Article associé :

- Léviathan et Béhémoth.

Basilic :

(est également considéré comme étant un Dragon Serpentiforme sous sa forme d'origine).

Vers le Moyen-Âge, l'aspect serpentiforme du Basilic se modifiera drastiquement. Il deviendra une sorte de coq reptilien aux ailes de chauve-souris dont le crâne s'orne d'une couronne. Son souffle toxique et son regard mortel resteront ses armes de prédilection, mais il gagnera d'autres particularités anatomiques suivant les régions et les périodes où il "apparaît".

Article associé :

- Du Basilic au Coquatrice.

Cocatrice :

Certains voient en lui une espèce cousine du Basilic, d'autres, un terme adéquat pour nommer l'évolution du Basilic serpentiforme en hybride de coq reptilien... le débat reste ouvert.

Article associé :

- Du Basilic au Coquatrice.

Dragon
Illustration de Carolyn Moskowitz.

Gozuryu le Dragon d'Enoshima :

(souvent représenté comme un Ryu classique ; il est surtout à considérer comme un Néo-Dragon avec ses cinq têtes).

Pour plus de précisions à son sujet, veuillez consulter la "Liste des Dragons Célestes" (chapitre V) ou aller lire l'article en lien ci-dessous.

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Hydre de Lerne :

Dragon grec qui hantait le marais de Lerne avant d'être vaincu par le demi-dieu Héraclès. Doté d'un corps de chien ou de serpent, il était doté d'un nombre de têtes - et de cous - variant selon les versions. Chaque tête tranchée repoussait ou se régénérait en double exemplaire.

Articles associés :

- L'Hydre.
- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Kaliya :

Kaliya est un Naga (Dragon de la mythologie hindoue, ayant souvent la forme d'un serpent géant terminé par un visage humain) énorme, doté de plusieurs têtes (toutes ornées d'un capuchon de cobra) et d'un venin mortel.

La créature sera affrontée et vaincue par Krishna (divinité majeure de l'Hindouisme) qui l'épargnera à condition qu'il s'exile.

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Kuzuryu :

Ryu japonais doté de neufs têtes. Il résidait au Lac Ashi, réclamant le sacrifice annuel d'une jeune fille. Son règne de terreur prendra fin lorsqu'un prêtre le scellera à un rocher.

Plus tard, constatant que la créature était devenue un "Dieu-Dragon" (un Kami), il le libérera de ses chaînes.

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Ladon :

Originellement appelé Ophis, Ladon était un Dragon grec doté de cent têtes. Il avait la charge d'empêcher quiconque de dérober les précieuses Pommes d'Or du Jardin des Hespérides.

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Hydra
La famille des Néo-Dragons compte de nombreux spécimens dotés de têtes multiples (création de Woari).

Ouïvra :

(est également considérée comme un Dragon Serpentiforme lorsqu'elle à un corps de serpent et pour un Semi-Dragon lorsqu'elle est sous la forme d'un serpent ailé).

Pour plus de précisions à son sujet, veuillez consulter la "Liste des Semi-Dragons" (chapitre III) ou aller lire l'article en lien ci-dessous.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Mandragoule :

(est également considérée comme étant un Semi-Dragon).

Dans certaines versions, le Dragon français au corps de serpent et aux ailes de chiroptère devient une créature dotée d'un visage humain et d'un corps ailé, terminé par un dard de scorpion. Un aspect exotique qui n'est pas sans rappeler la fameuse Manticore.

Article associé :

- La Mandragoule.

Tarasque :

Dragon censé descendre du Léviathan, la Tarasque s'était établie dans les marais situés entre Arles et Avignon pour terroriser la populace locale. Dotée d'un corps de tortue terminé par six pattes d'ours, la bête avait également une tête de lion et la queue d'un serpent (parfois complétée avec un dard de scorpion). Non content d'avoir des griffes et crocs acérés, la Tarasque pouvait souffler une haleine empoisonnée et cracher des flammes.

Article associé :

- La Tarasque, fléau de galatie.


Tarasque
La Tarasque selon RJ Palmer (sa tête de lion a été remplacée par celle d'une tortue et ses pattes griffues ne sont guère celles d'un ours mais on peut apercevoir en arrière-plan son dard de scorpion).

Tatzelworm :

(est également considéré comme un Semi-Dragon lorsqu'il n'est pas doté d'une tête de chat).

Pour plus de précisions à son sujet, veuillez consulter la "Liste des Semi-Dragons" (chapitre III) ou aller lire l'article en lien ci-dessous.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Typhon :

Dragon primordial grec et ennemi de Zeus (le dieu de la foudre), Typhon est une entité colossale au torse humain ailé et grouillant littéralement de serpents (sa tête est composée d'une centaine de têtes de serpents, le bas de son corps est un amas de vipères et ses épaules grouillent également d'ophidiens).

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Xiangliu :

Premier ministre de Gong Gong (une divinité chinoise de l'eau associée aux Dragons), Xiangliu aida son maître dans l'exécution de son projet de noyer le monde sous les eaux.

Xiangliu est un Dragon au corps serpentiforme, doté de neuf têtes humaines.

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Wyverne :

(la Wyverne est également un Semi-Dragon).

En sus de sa forme de Semi-Dragon, la Wyverne peut apparaître avec une nageoire caudale ou une deuxième tête au bout de la queue.

Article associé :

- Maud et la Wyverne.

Zmeï Gorynych :

Ce Dragon slave de couleur verte, doté de trois têtes (parfois plus) a pour habitude d'enlever les jeunes filles pour en faire son repas.

Dans d'autres versions, il devient une incarnation du Chaos - connue sous le nom de Zmeï - défaite par Svarog le Dieu du Feu (lui aussi un Dragon).

Article associé :

- Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - partie 3 (chapitre : "Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi").

Dragon
L'éternelle lutte entre le Dragon et le Héros Solaire (illustration de Bogdan Marika).

VII - Dragon Humanoïde :

Revenu d'une longue journée de pêche fructueuse mais harassante, Urashima Taro se repose à l'ombre d'un arbre.

Fatigué et accablé par la chaleur, le jeune homme sent une lourde torpeur le gagner peu à peu. Il ferme les yeux une fois, puis deux et à la troisième, ses paupières restent closes. Porté peu à peu vers le royaume des rêves, Urashima Taro laisse pendre mollement ses membres, quand soudain ! Une clameur résonne à ses oreilles et le tire de sa rêverie bienheureuse.

L'esprit encore embrumé, le pêcheur dirige ses pas vers l'origine du vacarme et découvre une bande de gosses du village en train de tourmenter une tortue de mer égarée sur la plage.

Pris de pitié pour la pauvre créature, il salua les enfants et leur demanda gentiment de ménager la pauvre bête - sous peine de la voir mourir sous peu. N'ayant nulle envie d'écouter leur aîné, les garnements tourmentèrent de plus belle le chélonien. En soupirant, Urashima Taro fit tinter quelques pièces dans ses mains et proposa de racheter la liberté de la tortue. Enthousiasmés par la promesse d'argent facile, les marmots se saisirent des Kaigentsuho et détalèrent en riant.

S'étant assuré d'être désormais seul, Urashima Taro prit le reptile dans ses bras et le porta jusqu'à ce que l'eau lui arrive au torse. À nouveau dans son élément, la tortue commença à nager lentement vers la pleine mer.

Satisfait d'avoir sauvé une vie, il contempla quelques instants le soleil couchant et, alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui, une douce voix résonna à ses oreilles. Surpris, il se tourna dans toutes les directions sans pouvoir localiser la provenance de l'appel. Pris d'une soudaine intuition, il baissa les yeux et tomba nez à bec avec la tortue sauvée plus tôt qui tentait d'attirer son attention en l'appelant par son nom.

L'œil rond, Urashima Taro vit la créature s'approcher de lui et lui offrir ses remerciements pour l'avoir tiré des griffes des garnements sur la plage. Confus, le jeune pêcheur rétorqua que c'était là une chose naturelle. Après avoir échangé quelques civilités, la tortue lui demanda s'il avait jamais vu Rin Gin, le palais de Ryujin, le Dragon Divin.

Voyant qu'il secouait la tête, elle lui décrit l'endroit avec force détails et devant le regard émerveillé de son interlocuteur, se proposa de l'emmener dans la demeure du Kami des Mers.

Urashima Taro and the turtle - Utagawa Kuniyoshi
Estampe d'Utagawa Kuniyoshi intitulée : "Urashima And the Turtle" ("Urashima et la Tortue"). On peut voir sur l'illustration que la tortue est dotée d'une longue queue ornée de poils et surtout d'une tête de Dragon (ce qui en fait la "digne fille" du Kami des Mers).

Juché sur la large carapace de son guide improvisé, le pêcheur se laisse porter sur plusieurs lieues avant que la tortue ne s'arrête en pleine mer. Saisi d'horreur, il vit le reptile plonger vers les profondeurs et, avant qu'il n'ait pu protester, il se retrouva la tête sous l'eau.

S'attendant à suffoquer à tout instant, Urashima Taro constata avec surprise qu'il pouvait respirer comme s'il était à l'air libre. Rasséréné, il profita de cette occasion unique pour contempler la faune et flore marine, le temps d'arriver à destination.

Quelques minutes plus tard, ils parvinrent face à un gigantesque portail finement décoré et ceignant un vaste palais aux toits inclinés. Il se trouvait devant les grilles de Rin Gin !

Urashima Taro put enfin descendre de son perchoir pour se dégourdir les jambes. Devançant son compagnon, la tortue se dirigea vers l'entrée pour parler au gardien des portes - un poisson. Quelques minutes plus tard, le jeune homme se retrouva escorté par le portier dans les jardins du palace. Acclamé par une foule de créatures marines diverses et variées. Les nobles et les généraux - des seiches, des crabes, des thons et bien d'autres espèces aquatiques indéfinissables - se pressèrent pour avoir l'insigne honneur d'escorter le sauveur du chélonien.

Ne voyant plus la tortue dans les parages, le pêcheur accepta d'être escorté. Passé les portes de Rin Gin, le groupe traversa un dédale de couloirs et de salles débordants littéralement de richesses : murs ornés de corail, mobilier incrusté de nacre, objets précieux récupérés sur des navires marchands engloutis, ... largement de quoi suffire aux dépenses d'un millier de vies !

Urashima-Taro and Ryujin
Illustration de William Niu dépeignant Urashima Taro découvrant la splendeur de Rin Gin (appelé aussi Ryu Gu Jo).

Parvenu devant une antichambre, il fut surpris de se voir accueillir par une femme à la beauté surhumaine. Vêtue d'un Kimono rouge et vert, finement ouvragé, ses traits fins, ses yeux dorés et ses longs cheveux ondulants au gré des vagues éclipsaient de loin tout ce qu'il avait vu jusque là !

Se sentant pataud face à la jeune femme, il tenta maladroitement de la saluer selon l'étiquette de la cour, mais cette dernière interrompit son geste en prenant sa main dans la sienne. S'adressant à lui d'une voix apaisante et musicale, elle lui révéla qu'elle était la fille de Ryujin, le Kami de la Mer et qu'elle lui devait la vie pour l'avoir secourue lorsqu'elle s'était égarée sur terre sous forme de tortue.

Pour prouver ses dires, elle extirpa d'une de ses manches une écaille épaisse de couleur verdâtre et la tendit au pêcheur. Examinant l'objet entre ses doigts, Urashima Taro constata qu'il avait la même couleur et texture que le plastron de la tortue qu'il avait secourue et monté plus tôt. Allant de surprise en surprise, il faillit tomber à la renverse lorsque la fille du Dragon lui demanda de rester à ses côtés pour l'éternité.

Fou de joie, Urashima Taro accepta. Une somptueuse cérémonie fut organisée et la gent des mers rivalisa d'ingéniosité pour combler le couple qui se jura fidélité mutuelle. Ayant revêtus leurs plus belles tenues, des bancs de poissons apportaient les divers plats du banquet, servis dans des assiettes de nacre. Des chants et des danses furent organisés, faisant scintiller les écailles des invités en un perpétuel scintillement argenté.

Chaque jour au palais était une source d'émerveillement pour l'humble pêcheur. Il pouvait à loisir assister aux activités de la cour, admirer les fresques et ornements du palais, visiter les jardins impériaux où cohabitaient les quatre saisons, ... et son épouse faisait tout pour le combler d'attention.

Tout aurait pu continuer ainsi indéfiniment mais un jour, tiraillé par la nostalgie et le désir de revoir ses parents, il prépara ses affaires et demanda son congé à la princesse. Attristée, elle lui demanda de rester un jour de plus mais Urashima Taro, inquiet du sort de ses géniteurs, refusa et tenta de la rassurer en l'assurant que le voyage ne durerait que quelques jours.

Résignée, la demoiselle baissa la tête et l'accompagna jusqu'aux grilles du palais. Marchant en direction de la côté, il se retourna pour voir une dernière fois la dame tortue mais n'en trouva nulle trace. Pire ! Le palais lui-même s'était volatilisé dans une sorte de brume opaque dont les rubans épais se déployaient partout comme des serpents affamés.

Urashima-Taro
Urashima Taro perché sur le dos de la dame tortue (une création onirique de Victorgarciapq).

Craignant de perdre la vie face à ce brouillard vorace, Urashima Taro ferma les yeux par réflexe et s'apprêta à hurler...

... Pour se retrouver couvert de sueur et haletant, le dos endolori par le tronc qui lui avait servi de sommier de fortune.

Après s'être remis de ses émotions. Le jeune homme constata qu'il se trouvait dans son village, là où il s'était assoupi au retour de la pêche.

Se rappelant chaque détail de son rêve, il ne put s'empêcher de se sentir mélancolique... comme s'il avait perdu à jamais quelque chose de précieux.

Chassant ses idées noires, Urashima Taro récupéra ses affaires et, alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui pour conter son rêve, il buta sur un objet dur enterré dans le sable.

Posant ses effets, il dégagea la chose, la frotta contre sa manche et ne put retenir un cri en examinant sa découverte. Il tenait en main un morceau de plastron de tortue...

L'histoire que vous venez de parcourir est une adaptation personnelle du conte japonais intitulé : "Urashima Taro, Le Jeune Pêcheur". La version d'origine a été rédigée par Yei Theoddora Ozaki et provient des "Contes Japonais".

J'ai pris la liberté d'adapter certains passages du texte (afin de vous offrir postérieurement le texte complet). Urashima Taro ne s'endort pas lorsqu'il revient de la pêche, avant de repartir chez lui, la Princesse Tortue lui confie une boîte à ne pas ouvrir (classique de l'interdit à ne pas violer) et lorsqu'il regagne son village, il doit faire face à une surprise de taille... qui vous sera dévoilée une prochaine fois.

Sur les estampes, l'aspect de la princesse reptilienne varie grandement. Dans certaines, elle apparaît sous la forme d'une banale tortue mais dans d'autres, l'artiste lui a ajouté une large queue couverte de fourrure ou une tête de Dragon. Elle possède parfois ces deux atributs (comme en témoigne l'illustration de ce début de chapitre).

Ryujin, le Kami de la Mer est à la fois un Esprit et un Dragon. Il apparaît (ou est cité) dans de nombreux contes, légendes et mythes japonais (notamment le "Kojiki").

Informations complémentaires :

- Une Kaigentsuho (ou "Kaigen-Tsuho") est une pièce de monnaie japonaise fabriquée avec du cuivre. De forme circulaire, la Kaigentsuho était percée en son centre d'un trou carré et quatre caractères étaient imprimés sur chaque face (sa structure était probablement inspirée des pièces chinoises).

Ce type de monnaie a été employé au Japon de 708 à 958.

- Un Kimono (littéralement : "Chose Que L'On Porte Sur Soi") désignait auparavant tous les vêtements portés au Pays du Soleil Levant (le Japon). De nos jours, il s'agit plus d'une robe traditionnelle portée pour les évènements et festivals.

J'ai réutilisé le terme employé par l'auteure qui devait faire référence à ce type de tenues féminine.

Sea Dragon
Dragon marin créé par Vampireprincess007.

- Yei Theodora Ozaki (1871 - 1932) était une traductrice spécialisée dans l'adaptation des contes du Japon. Elle publiera plusieurs ouvrages qui connaîtront un vif succès.

- Le Kojiki (littéralement : "Chronique des faits anciens") est considéré comme étant le plus ancien texte japonais encore existant à ce jour. Il s'agit d'un recueil de mythes, poèmes et chansons, racontant l'apparition des premiers Kami, la formation du Japon, ainsi qu'une foultitude de chapitres consacrés à la généalogie impériale du Pays du Soleil levant.

Son écriture fut réalisée par Hieda no Hare au Vème siècle, sur ordre de l'Empereur Tenmu. À la mort du monarque, l'Impératrice Genmei demanda à O no Yasumaro d'achever le travail, il recopia les textes et présenta - en 712 - le résultat final à sa suzeraine.


Caractéristiques :

Comme leur nom l'indique, les Dragons Humanoïdes sont des créatures draconiques dont la forme est proche ou similaire à celle d'un être humain (deux bras, deux jambes et une tête posée sur un torse) ou qui peuvent se changer en homme grâce à leurs pouvoirs (exemple : Ryujin qui s'amuse parfois à prendre la forme d'un monarque couronné).

Draconic Humanoid
Une exemple de créature draconique (créée par Bryan Syme) que l'on pourrait classer comme Dragon Humanoïde.

Au Japon, les Ryu sont capables de se métamorphoser, et prendre forme humaine est pour eux un jeu d'enfant (on le voit notamment dans les contes où ils viennent demander en mariage la fille d'un paysan en se changeant en jeunes hommes de belle allure).

En Chine, les Quatre Rois-Dragons (les seigneurs des quatre mers) sont souvent représentés avec un corps humain surmonté d'une tête de Lung.

Au Mexique, la divinité Quetzalcoatl (voir les "Informations complémentaires" du chapitre I pour plus de précisions sur cette divinité) est souvent représentée sous la forme d'un serpent à plumes (un Dragon donc) ou d'un humain (notamment chez les Aztèques) portant une parure rehaussée de plumes et un masque en forme de bec.

Dans les Pays de l'Est (notamment en Roumanie et en Russie), on retrouve également des Dragons Humanoïdes. Certains chevauchent un Dragon Classique, d'autres sont pourvus de plusieurs têtes (voir l'article sur les Lindorms à la partie consacrée aux Drakes pour plus d'information à ce sujet).

Tous les représentants de la famille des Dragons Humanoïdes ne sont pas nés ainsi. Certains étaient autrefois des hommes (ou une autre race humanoïde), et sont devenus des êtres draconiques, suite à une malédiction ou à un objet magique (exemple : Fafnir, transformé en portant le "Heaume d'Effroi", à cause d'une malédiction ou simplement grâce à son avarice). D'autres, sont nés Dragons en sortant du ventre de leur mère (exemple : le Prince Lindorm) et ont retrouvé leur humanité lorsque la malédiction s'est brisée.

Draconic Humanoid
Superbe création de Youxiandaxia (représentant probablement un Lung métamorphosé en femme).

Cette métamorphose en Dragon n'est pas toujours une punition. À sa mort, Huángdi, l'Empereur Jaune (voir la fin de la première partie du Chapitre V pour en savoir plus sur ce personnage), se serait changé en Dragon Jaune pour s'envoler vers le Tian (pour rappel, l'équivalent du paradis).

Informations complémentaires :

- Les Aztèques (ou Mexicas) étaient un peuple amérindien résidant dans le Plateau Central du Mexique.

Au début du XVIème siècle, ils formèrent le plus vaste empire de Mésoamérique (Amérique Centrale) avant de tomber peu après sous les assauts des conquistadors espagnols (débarqués sur le continent en 1519).

Liste des Dragons Humanoïdes :

Drake :

(est également considéré comme étant un Semi-Dragon).

Sous sa forme humanoïde, le Drake chevauche un Dragon Classique ou possède un nombre variable de têtes (trois, six, neuf, ...) et est souvent doué de parole.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Fafnir :

(est principalement considéré comme étant un Semi-Dragon lorsqu'il est aptère et comme un Dragon Classique lorsqu'il possède une paire d'ailes).

Autrefois humain ou Nain (Dvergar), Fafnir s'est changé en Dragon en enfilant le Heaume d'Effroi, sous l'effet de la malédiction de l'anneau, voire à cause de son avarice (qui le poussait à veiller sans relâche sur son or).

Articles associés :

- Fafnir, le grand Wyrm du Nord.
- Les Lindorms (chapitre : "Mythes et Lindorms :").

Lindorm :

(est également considéré comme étant un Dragon Serpentiforme et un Semi-Dragon).

L'aspect humanoïde de cet être draconique ne concerne que le Prince Lindorm : l'enfant d'une reine né Dragon à cause de l'impatience de sa mère.

Il redeviendra humain en enlevant chacune de ses peaux et, libéré de son aspect et de ses manières "terrifiantes", montera sur le trône de Suède.

Article associé :

- Les Lindorms (chapitre : "Les Cousins du Lindorm").

Dragonborn - D&D
Une illustration de Kerem Beyit pour le supplément de règles de "Donjons & Dragons" intitulé : "Player's Handbook Races - Dragonborn" et consacré aux hybrides draconiques.

Lung :

(est principalement considéré comme faisant partie des Dragons Célestes à quelques exceptions près).

Tous les Lung ne sont pas dotés d'un corps serpentiforme, les Quatre Rois-Dragons, par exemple, ont un corps humanoïde et une tête de Dragon. N'oublions pas également que toutes les créatures draconiques ne sont pas nées d'un œuf. Huángdi, l'Empereur Jaune, en est la preuve "vivante".

Article associé :

- La Mandragore (chapitre : "Les Mandragores à travers le monde" ; sous-chapitre consacré au Ginseng et à la légende intitulée : "L'Œil du Dragon").

Conclusion :

Apparus dans le monde entier sous une infinité de formes et de noms, les Dragons sont passés maîtres dans l'art de créer l'effroi et l'émerveillement tout à la fois.

Tantôt incarnations de la Nature, tantôt divinités, tantôt fléaux ravageurs, ces êtres de légendes ont marqué durablement les esprits de nos ancêtres des siècles durant. Nous sommes cependant loin d'être en reste puisqu'à notre époque - décrite comme "raisonnable" - nous laissons volontiers les Dragons envahir nos esprits, nos livres, nos jeux et nos films.

Qui n'a pas rêvé un jour de voler sur le dos d'un de ces êtres ou de découvrir l'un de leurs rejetons ?

Face à cet engouement "draconique" qui ne semble jamais faiblir, ces maîtres des éléments ne craignent guère de tomber dans l'oubli. Souhaitons-leur de peupler les mers, la terre et les cieux pour de nombreux siècles encore !

Dragon
Superbe création de Jorge Jacinto.

L'article que vous venez de lire est une version retravaillée d'un texte plus ancien. Pour relire l'original veuillez cliquer sur le lien suivant ou le trouver dans la section : "Antiquités" de la Table des Matières (se trouvant à droite).

Remerciements :

Pour la rédaction de cet article, je remercie :

- Les différents artistes (cités sur chaque illustration) dont les créations ont pu égayer cet article.

- Mel pour son aide dans la correction.

- Val pour sa relecture de certains passages et ses conseils pour l'amélioration de l'article.

Idraemir