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mardi 28 février 2017

Yamata-no-Orochi, le Dragon octocéphale - Partie 3 - Cousins draconiques et annexes

Suite au bannissement de Susanoo (le Kami des Tempêtes) pour avoir provoqué la disparition de la lumière solaire (voir la première partie de l'article), ce dernier s'est retrouvé bloqué sur un monde presque informe où règne le chaos.

Sur place, il rencontre un couple de Kami éplorés et leur fille, Kushinada, qui doit servir de repas au Dragon Yamata-no-Orochi. Voulant éviter à la jeune femme de finir en encas, il saoûle la bête et lui tranche chaque cou. Victorieux, Susanoo découvre dans l'une des queues du Dragon une épée (la Kusanagi-no-Tsurugi) qu'il offre à sa sœur en signe de réconciliation. Ayant pacifié la région et pris pour épouse la belle Kushinada, le Kami des Tempêtes construit un palais et fonde la Dynastie d'Izumo.

La seconde partie de l'article était principalement consacrée au Dragon à huit têtes et à la lame cachée dans l'une de ses queues. Il est donc grand temps de mieux connaître celui qui l'a affronté et défait, à savoir...

Susanoo le Kami des Tempêtes :

Le Kami Susanoo est connu sous de nombreux noms : Susano-O, Susanowo, Susanoo-no-Mikoto, Takehaya Susanoo-no-Mikoto, ... On l'appelle plus rarement Kumano Ketsumiko no Kami. Ce personnage au caractère changeant est le Kami des tempêtes (ou tempêtes d'été selon certaines versions) et de la mer. Il deviendra également plus tard un Kami de la fertilité (chose que je vous expliquerai en détail plus loin dans le chapitre). De plus rares données associent Susanoo à la pluie et à la pestilence. Son association avec la maladie doit venir de l'inquiétant Kami appelé Gozu Tenno - pour plus de détails à ce sujet, consultez la seconde parenthèse explicative (en italique) de ce chapitre ainsi que les "Informations complémentaires".

On le vénère principalement dans la Préfecture de Shimane (l'ancienne Izumo), notamment aux sanctuaires de Yaegaki-jinja et de Yasaka-Jinja (à l'origine consacré à Gozu-tenno, le Dieu de la Pestilence).

Susanoo-no-Mikoto
Une représentation de Susanoo sous la forme d'un Ryu pour l'année du Dragon 2012 (illustration de Gin Yamamoto).

Frère d'Amaterasu (la Megami Solaire) et de Tsukuyomi (le Kami de la Lune), Susanoo est né de l'appendice nasal de son père, le Kami Izanagi, qui, pour enlever la souillure récoltée au Yomi, s'empressa d'aller se purifier par des ablutions. Le Kami des Tempêtes manie le fameux Sabre de Dix Longueurs (Ame-no-Habakiri), qu'on appelle parfois Totsuka-no-Tsurugi, ce qui confirme que l'objet est une épée Tsurugi.

Contrairement à Amaterasu et Tsukuyomi qui acceptèrent leurs charges, Susanoo refusa de gouverner le monde des hommes ( l'Ashihara no Nakatsukuni). À la place, il se mit à pleurer comme un nourrisson (ou à harceler son géniteur pour avoir gain de cause) car son plus cher désir était de retrouver sa "mère" (non biologique) Izanami, la sœur et compagne d'Izanagi, régnant désormais sur le Yomi.

En entendant cela, le père, furieux, chassa son fils de la "Haute Plaine du Paradis" (là où résident les Kami).

Suite à cette houleuse discussion, Susanoo alla rendre visite à sa sœur avant de devoir rejoindre son propre domaine. Méfiante, la Megami demanda qu'il fournisse une preuve de sa bonne foi. Il proposa alors un concours où les deux participants devaient donner naissance à des Kami à partir d'un objet appartenant à l'autre. Amaterasu broya le Sabre de Dix Longueurs, tandis que Susanoo écrasa les bijoux du collier de sa sœur. De ce rituel naquirent trois Megami pour Amaterasu et cinq Kami pour son frère.

Sorti victorieux de cette épreuve, Susanoo se déchaîna sur la propriété de sa sœur en détruisant ses rizières, en barbouillant les lieux de déjections et en écrasant son métier à tisser avec la carcasse d'un cheval écorché. Furieuse et apeurée, Amaterasu alla se cacher dans la grotte d'Amano-Iwato, causant ainsi la disparition de la lumière.

Après avoir réussi à faire sortir la Megami Solaire de sa cachette, les Kami-gami statuèrent sur le sort du turbulent Kami des Tempêtes. Ils décidèrent d'un commun accord de le bannir après lui avoir coupé les ongles et la barbe.

Les raisons qui ont poussé Susanoo à commettre de tels méfaits varient selon les textes. Une rivalité de longue date avec sa sœur - déjà présente dans le "Kojiki" (712) et le "Nihon Shoki" (720) -, la tristesse de ne pouvoir retrouver sa "mère", le fait de devoir régner sur un monde informe tandis qu'Amaterasu héritait d'un splendide royaume, ... Une autre raison, moins connue, veut que le Kami des Tempêtes était tout simplement doté d'une nature chaotique qui pouvait se déchaîner à tout instant... à la semblance du phénomène naturel qu'il représentait. Cette version des faits est appuyée par l'existence d'Amanozako.

Amanozako (littéralement : "Le Ciel s'Opposant à Tout" ou "Tengu Divin") est une puissante créature qui ressemble à une femme dotée d'un visage bestial, de longues oreilles, d'un long nez (caractéristique chez les Tengu) de crocs acérés (capables de broyer des épées) et d'une paire de défenses. Le tempérament d'Amanozako est aussi changeant que brutal et ce n'est pas pour rien ! Le "Kujiki" (à ne pas confondre avec le "Kojiki") explique que cette entité est née lorsque Susanoo a enfoui au fond de lui ses penchants violents. À force de renier ses bas instincts, il finit par les vomir, donnant naissance à la terrible Amazonako.

Selon Matthew Meyer, Amazonako serait la divinité ancestrale des Tengu (voir les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Un visiteur indésirable" pour en savoir plus à ce sujet)
et d'autres Yokai au caractère tout aussi changeant et orageux. Toujours selon Matthew Meyer, Amanozako aurait pour habitude de posséder le cœur des humains afin de rendre les gens malins, hautains voire méprisants ou à échauffer les esprits des gens simples.

Amanozako and Amanosaku
Illustration de Matthew Meyer (présente dans l'ouvrage "The Hour of Meeting Evil Spirits") ainsi que sur son site. L'image représente Amanozako en train de broyer une épée entre ses crocs, tout en tenant sur son épaule son fils Amanosaku.

Une autre caractéristique de cette puissante entité est qu'elle transporte partout où elle va son fils, nommé Amanosaku. Ce Yokai obstiné est une telle source d'ennuis qu'aucun des huit millions de Kami-gami n'est capable de le supporter...

Cette "petite" parenthèse terminée, revenons à
Susanoo et à ce qu'il est devenu suite à son bannissement.

Arrivé à Izumo, Susanoo rencontra Ashi-nadzuchi et Te-nadzuchi, le couple de Kami de la Terre, accompagné de leur ravissante fille Kushinada. Apprenant que leur progéniture allait servir de collation au Dragon Yamata-no-Orochi, Susanoo décida de les aider en échange de la main de Kushinada. Après maints préparatifs, le Kami des Tempêtes guetta l'arrivée de la créature et profita du moment où elle s'écroulait morte saoule pour la découper en rondelles.

En tronçonnant les queues du Dragon de Koshi, il découvrit la Kusanagi-no-Tsurugi et décida de l'offrir à sa sœur Amaterasu en signe de paix.

Après sa victoire éclatante, Susanoo épousa Kushinada, fit construire un palais et nomma son beau-père Ashi-nadzuchi régent du splendide édifice.

Le pays délivré du fléau draconique, Susanoo reprend la tâche qui lui a été confiée : achever la Terre. Il plante une multitude de fruits et, voyant qu'il n'existe pas de bois assez solide pour fabriquer navires et cercueils, il décide de s'arracher les poils de barbe (qui ont repoussé depuis lors), des sourcils, du torse... et même du fondement. Une fois la récolte capillaire achevée, il sème sa pilosité (qui fait office de graines) et donne ainsi naissance aux premiers thuyas et camphriers. Devenant par la même occasion un Kami de la fertilité.

Comme vous pouvez le constater, Susanoo n'est pas toujours vu comme une incarnation du chaos et de la destruction. Dans un autre récit, pris de pitié par les suppliques d'un pauvre homme, il se manifeste et lui offre le moyen de se protéger contre la peste qui ravage la contrée. Pour éviter l'infection, il conseille au suppliant d'accrocher une corde en paille de riz tressée au  travers de l'entrée de sa demeure (pour en savoir plus sur le sujet, veuillez consulter dans les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé "La Megami plus brillante qu'Amaterasu" le passage consacré aux Shimenawa). Cette tradition a été employée au Japon jusqu'à récemment. On accrochait également ces cordes le long des routes pour empêcher les épidémies de s'étendre.

Il est également possible que cette coutume soit liée à l'un des plus important festival du Japon : Gion Matsuri (dont le nom provient du district de Gion, situé à Kyoto). Pour savoir ce qu'est cette fête, il faut remonter jusqu'en 869. À l'époque, le pays était ravagé par une épidémie de peste, provoquée - selon les croyances - par le Dieu de la pestilence Gozu Tenno. Pour apaiser la déité de la maladie, l'Empereur Seiwa ordonna que la populace aille prier le Kami de Yasaka-jinja (qu'on appelle également : "Sanctuaire de Gion"), à savoir Susanoo. En offrande supplémentaire, on amena également à Shinsenen (le plus ancien jardin du pays) soixante-six hallebardes stylisées et décorées (une pour chaque province du Japon de l'époque), sans oublier les Mikoshi (palanquins ressemblants à des bâtiments miniatures et servant à transporter le Kami d'un sanctuaire, notamment durant les festivals) de Yasaka-jinja (qui doivent probablement abriter Susanoo et son épouse Kushinada).

Gion Matsuri
Illustration colorée de Yagaminoue.

Le rituel de purification et d'apaisement des Esprits fut réutilisé chaque fois qu'une catastrophe frappait le pays. En 970, il devint une fête annuelle.

De nos jours, les festivités de Gion Matsuri durent tout le mois de juillet et sont couronnées par une parade de chars (appelée Yamaboko Junko). Les quartiers traditionnels sont décorés de lanternes de papier, de bannières et de tentures. Le 16 juillet, certaines maisons des vieux quartiers ouvrent leurs portes aux visiteurs, qui peuvent contempler des pièces uniques de l'héritage familial des occupants ou plus simplement l'architecture des anciennes demeures japonaises. Il ne faut bien entendu pas manquer le défilé du 17 juillettrente-trois chars paradent accompagnés du son des flûtes, tambours et gongs. Une fête qu'il est conseillé d'aller voir si vous passez à Kyoto en cette période.

Ce nouvel écart explicatif achevé, il est plus que temps de découvrir les autres accomplissements du Kami des Tempêtes.

Après l'édification du Palais de Suga et son mariage, les textes sur Susanoo deviennent flous. La seule chose qui est certaine, c'est que de son union naquit la dynastie d'Izumo, qui prospéra jusqu'à la sixième génération, forcée d'abdiquer sous l'injonction d'Amaterasu.

Il semble que Susanoo ait rapidement passé le flambeau à ses descendants pour partir au loin. Plusieurs hypothèses expliquent son départ : le besoin de voyager,celui de retrouver sa mère (Izanami) au Yomi ou son bannissement pur et simple par son père, Izanagi, qui l'envoya au Nenokuni (littéralement : la "Terre des Racines").

Okuninushi (voir les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Meurtre de Kagu-tsuchi et voyage au Royaume des Ténèbres" pour en savoir plus au sujet de ce personnage), l'arrière-arrière-arrière petit-fils de Susanoo retrouvera la trace de son ancêtre.

Ayant plusieurs fois échappé aux pièges tendus par ses quatre-vingts frères (jaloux de voir que leur frère a été choisi par la Princesse Yagami qu'ils comptaient courtiser), Okuninushi est envoyé par sa mère (appelée : "Jeune-Princesse-de-la-Petite-Province") dans la demeure d'Iso-takeru no Kami. Voyant le pétrin dans lequel s'est fourré Okuninushi, il recommande au jeune Kami de se rendre au Nenokuni pour demander conseil à Susanoo.

Parvenu devant le palais du Kami des Tempêtes, il rencontre sa dernière fille : la ravissante Princesse Suseri-hime dont il tombe presque aussitôt sous le charme (le "Kojiki" est plus cru à ce sujet puisqu'il précise que le couple copula dès l'instant où ils se croisèrent).

Ne voyant pas d'un bon œil cette relation, Susanoo envoya son "beau-fils" dormir dans une chambre (ou demeure) remplie de serpents. Voulant protéger son amant, Suseri-hime confia à Okuninushi une écharpe magique censée éloigner les reptiles (en l'agitant par trois fois). Agacé de voir que son visiteur importun ne présentait pas la moindre trace de morsure, Susanoo lui conseilla d'aller se reposer dans une autre chambre (cette fois remplie de guêpes et de scolopendres). Aidé une fois encore par la princesse, Okuninushi s'éveilla sans la moindre trace de piqûre ou morsure, au grand désarroi du Kami des Tempêtes...

Gozu Tenno and Yamata no Orochi
Cette estampe d'Utagawa Kuniteru serait inspirée d'une scène du Théâtre Kabuki Gozu Tenno (donc Susanoo) abat le Dragon Yamata-no-Orochi et sauve la Princesse Inada (Kushinada).

Décidant de changer de tactique, Susanoo proposa au jeune Kami de participer à une épreuve d'adresse : à l'aide de son arc, il décocha une flèche - qui alla se planter dans une vaste plaine - et envoya Okuninushi la chercher.

Lorsque son encombrant "beau-fils" fut parvenu à la moitié du trajet, il bouta le feu aux herbes sèches, sûr cette fois de se débarrasser d'Okuninushi.

Se croyant perdu, le Kami fut sauvé par une souris qui lui conseilla de trouver un trou pour s'y abriter. Engoncé dans quelque terrier, Okuninushi fut obligé d'attendre que le brasier infernal se calme. Alerté par un bruit, il découvrit avec stupeur - et bonheur - que la souris était revenue avec la flèche de Susanoo dans la gueule, accompagnée de ses souriceaux qui de leur côté transportaient les plumes de l'empennage.

Le Kami des Tempêtes et sa fille furent tous deux surpris de revoir Okuninushi vivant et flèche au poing. Impressionné par cet exploit, Susanoo commença à apprécier (ou tolérer) son lointain descendant. Il décida donc de l'emmener dans une vaste pièce où il lui ordonna de le débarrasser des poux qui infestaient son épaisse tignasse. Rapidement, Okuninushi se rendit compte qu'il ne s'agissait pas de poux mais d'une colonie grouillante de scolopendres rouges. Voyant qu'il était peu désireux de tripatouiller cet amas grouillant, Suseri-hime vola une fois encore à son secours en lui donnant une poignées de baies rouges qu'il s'empressa de mâcher et cracher. Croyant que son beau-fils était en train de dévorer ses parasites, Susanoo fut apaisé et s'endormit profondément. Profitant de l'occasion, Okuninushi agrippa les longs cheveux de son parent pour les nouer aux poutres et chevrons du palais. Sa prison capillaire terminée, il s'enfuit du palais avec la princesse, emportant avec lui son sabre, son arc, ses flèches et son Koto, qui durant le transport heurta malencontreusement un arbre. Alerté par le bruit provoqué par l'instrument de musique, Susanoo se réveilla brusquement. Comprenant la situation il dénoua laborieusement sa chevelure des poutres et entama la poursuite des fugitifs. Arrivé aux limites de Nenokuni, il vit au loin deux silhouettes familières qu'il héla. Il recommanda à son gendre d'utiliser ses armes pour vaincre ses quatre-vingts frères, d'épouser sa fille et de construire un palais au pied du Mont Uka. Une fois ces tâches remplies, il pourrait ainsi devenir le maître de la Province d'Izumo.

Sur ces sages paroles, Susanoo tourna les talons et rentra dans son palais souterrain...

L'histoire du Kami des Tempêtes terminée, je vous propose - pour finir en beauté - de découvrir plusieurs représentants de la race draconique qui partagent des similitudes avec Yamata-no-Orochi. Découvrons donc...

Informations complémentaires :

- Pour savoir qui est Gozu-tenno et mieux comprendre ses liens avec le Kami Susanoo, il me faudra parler en détail de ses origines variées et ses domaines de compétence...

Gozu-tenno (littéralement : "Roi du Ciel à Tête de Bœuf"), qu'on appelle également Gion Tenjin ou plus simplement Gozu est une puissante entité (un Dieu, Kami ou Oni, son "statut" varie selon les pays et les époques) bouddhiste de la peste et de la maladie.

Comme son nom l'indique, Gozu-tenno se présente sous la forme d'un être humanoïde doté d'une tête de bovidé. Dans la religion bouddhiste japonaise et chinoise, il est chargé de garder l'entrée des Enfers, qu'on appelle Di Yu en chinois et Jigoku en japonais (littéralement : "Prison Sous Terre"). Gozu est secondé dans sa tâche par Mezu ("Tête de Cheval"), une autre puissante créature dont le cou est terminé par une tête d'équidé.

Gozu and Mezu
Gozu et Mezu en train de supplicier les habitants des Enfers.

Originaire d'Inde (tout comme la religion dont il est issu), Gozu a subi une série de transformations et modifications lorsque le Bouddhisme s'est importé en Chine, puis au Japon. Selon l'Encyclopédie du Shinto ("Encyclopedia of Shinto"), en Inde, on connaissait cette créature sous le nom de Gosirsa Devaraja, une divinité mineure censée protéger le Monastère du "Bosquet Jeta", tandis qu'au Tibet, il était vu comme la Divinité de la "Montagne Tête de Bœuf".

C'est en Chine que semble apparaître le duo à tête de bovidé et à tête de cheval - connus sous le nom de "Tête de Bœuf" et "Face de Cheval". Leur rôle est de garder la porte des Enfers mais ils prennent parfois la peine d'escorter les décédés fraîchement arrivés (ou d'aller rechercher un fugitif pour le ramener au bercail).

Au Japon, les deux compères deviennent Gozu et Mezu ou Gouki et Mezuki ("Oni à Tête de Bœuf" et "Oni à Tête de Cheval") : deux généraux Oni sous les ordres du Grand Roi Enma (ou Yama), le seigneur du royaume souterrain qui juge les condamnés et les envoie aux Enfers ou aux Purgatoires). Selon Matthew Meyer, le duo fait partie des tortionnaires en chef chargés de punir les malfaisants (il existe aux Enfers une foultitude d'Oni anthropomorphes - ressemblant à des humains mais partageant des caractéristiques avec des animaux, objets, ... - comme des Oni à tête de cerf, de lion ou de sanglier).

Pour en revenir aux liens qui unissent Susanoo et Gozu-tenno, il faut savoir que le Shintoïsme (religion d'origine du Japon) et le Bouddhisme (importé au Vème ou VIème siècle) ont eu à travers les âges une relation assez conflictuelle... Cette rivalité fit que l'une prit le pas sur l'autre, que les deux fusionnèrent, se séparèrent, ou formèrent de nouvelles "sous-religions" inspirées des deux dogmes. Ce "brassage cultuel" fit qu'on identifia Gozu-tenno à Sominshorai (un Kami de la peste) et Susanoo.

Gozu and Mezu
Superbe représentation de Gozu et Mezu (par Damien Mammoliti).

Vénéré (comme Susanoo) au Sanctuaire de Yasaka Jinja, Gozu-tenno est invoqué pour être protégé contre les fléaux qu'il produit. Dieu de la pestilence aux origines, Gozu est devenu progressivement un Esprit protégeant les fidèles des épidémies.

- Yaegaki-jinja (littéralement : "Sanctuaire Yaegaki") est un sanctuaire Shintoïste de la Préfecture de Shimane (Sud-Ouest du Japon) où sont vénérés les Kami Susanoo et Kushinada. Le trésor de ce temple est d'ailleurs une peinture murale représentant les deux époux.

Le mot "
yaegaki" signifie : "Octuple Enceinte" ou "Huit Barrières". Il fait référence au poème composé par Susanoo (que vous pouvez trouver à la fin du chapitre intitulé : "Partie III - Susanoo face au Dragon de Koshi".

Le temple serait l'endroit où le Kami des Tempêtes a construit son palais juste après avoir terrassé Yamata-no-Orochi (cela signifie donc qu'il y réside encore si l'on en croit la tradition !) Réputé pour favoriser les mariages heureux, y prier permettrait de créer une union solide et accorderait la fertilité. Il existe d'ailleurs dans le temple un plan d'eau appelé "Kagami no Ike" (littéralement : "Miroir d'Eau") où il est coutume de poser à sa surface une pièce sur un morceau de papier. Plus le frêle esquif coule vite et plus l'amour frappera rapidement à votre porte. Il serait également possible de savoir si l'élue (ou l'élu) de votre cœur fait déjà partie de votre entourage en observant l'endroit où le papier coule dans l'étang. Cette tradition semble encore vivace puisque chaque jour plus de mille personnes tentent leur chance.

- Yasaka-jinja, qu'on appelle également "Sanctuaire de Gion" est un temple shintoïste situé dans la ville de Kyoto (au Japon). Construit en 656 en l'honneur du Dieu de la peste et des épidémies Gozu-tenno ; le sanctuaire sera reconstruit au XVIIème siècle. C'est également à cette période que le temple sera consacré au Kami Susanoo (même s'il semble que Gozu soit toujours honoré en ces lieux).

- Le "Kujiki" ou "Sendai Kuji Hongi" est un ouvrage historique en dix volumes. Longtemps considéré comme étant un document décrivant le Japon à son commencement, sa réputation s'est retrouvée écornée durant la Période Edo (1600 - 1868) lorsque des érudits tentèrent de prouver que l'ouvrage était une vulgaire imitation inspirée - entre autre - du "Kojiki" et du "Nihon Shoki".

Pour compliquer encore la chose, il existe
trois faux "Kujiki" produits durant l'Ère Edo. Le premier est composé de trente volumes, le second de septante-deux et le troisième de trente et un.

L'ouvrage original aurait été rédigé et achevé entre le début du IXème siècle et le début du Xème siècle (donc bien après le "Kojiki" - 712 - et le "Nihon Shoki" - 720).

- La peste est une maladie provoquée par une bactérie nommée "Yersinia Pestis". De sinistre réputation, elle a notamment marqué l'Europe lors de la grande vague de peste noire du XIVème siècle (de 1347 à 1352) qui a exterminé vingt-cinq à cinquante pour cents de la population du continent !

Les principaux vecteurs de la peste sont les rats, mais également d'autres rongeurs (marmottes, gerbilles, écureuils, ...). Ces pauvres créatures sont infectées par les puces qui infestent leur pelage. De leur côté les puces sont contaminées lorsqu'elles ingèrent le sang de leur proie. Une fois dans l'organisme de l'insecte, la bactérie se multiplie et bloque la digestion de son hôte, l'affamant et l'obligeant à trouver de nouvelles sources de nourriture.

La peste peut donc être véhiculée par morsure, piqure, par contact (sur une blessure du sujet), par le sang et plus rarement par l'air (la forme la plus rare mais contagieuse de la maladie).

Scène de la Peste de 1720 à la Tourette
Extrait du tableau de Michel Serre (peintre Français ayant vécu de 1658 à 1733) intitulé : "Scène de la Peste de 1720 à la Tourette".

La peste - si elle n'est pas traitée - décime une personne en moins de sept jours. Elle se présente également sous trois formes différentes : la peste bubonique, septicémique et pulmonaire. La peste bubonique est inoculée via la piqure de la puce. Après plusieurs jours d'incubation, le sujet est pris par une forte fièvre, accompagnée de des frissons et de vertiges. Ensuite, des bubons font leur apparition (là où l'insecte s'est nourri) ; une déshydratation conjuguée à une défaillance neurologique achève le patient s'il n'est pas rapidement traité. La peste septicémique est une complication de la peste bubonique. Non contagieuse et plus rare, elle se développe directement dans le sang (les bubons ne se forment donc pas toujours) et apparaît lorsque les défenses immunitaires du malade sont dépassées. La peste pulmonaire (la plus contagieuse, donc, dangereuse) affecte le patient en passant par l'air pour entrer dans ses poumons ou suite à une complication de la peste septicémique. La contamination est provoquée par la toux ou les crachats du malade. Après une courte période d'incubation, la bactérie provoque une pneumonie aigüe et le patient décède rapidement par insuffisance respiratoire.

Il existe encore de nos jours quelques foyers de peste. On recense chaque année des cas en Afrique (principalement à Madagascar), en Asie et en Amérique du Sud (au Pérou surtout). Si les pertes sont bien moindres que celles des grandes épidémies, elles restent néanmoins tragiques.

The plague
Gravure médiévale montrant que la peste fauche tout le monde, le pieux comme le noble, personne n'est épargné.

- Gion est un district de la ville de Kyoto qui a été construit à l'origine pour servir de halte aux voyageurs souhaitant se rendre au Sanctuaire de Yasaka-jinja.

- L'
Empereur Seiwa Tenno (850 - 880) a été le cinquante-sixième Empereur du Pays du Soleil Levant.

Réputé pour avoir eu une descendance nombreuse (dont l'
Empereur Yôzei-no-In, le monarque fou décrit dans les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "De l'histoire au mythe"), L'Empereur Seiwa est connu pour avoir mis en place le rituel de Gion afin de faire cesser l'épidémie de peste de 869 qui ravageait le pays.

Il abdiquera en
876, pour se retirer dans un monastère bouddhiste et il mourra deux ans plus tard.

-
Shinsenen (littéralement : "Jardin de la Source Divine") est un ancien jardin situé à Kyoto. Le nom de ce parc viendrait d'une séries d'évènements extraordinaires qui ont marqué l'endroit.

À titre d'exemple, en 824, pour que cesse une période de longue sècheresse, le moine Kobo-Daishi (fondateur du Bouddhisme Shingon, une forme de Bouddhisme japonais ésotérique), par ses prières, fit tomber la pluie et apparaître Zennyo Ryuo, le Divinité draconique de la pluie (issue de la tradition bouddhiste).

Beaucoup plus réduit qu'autrefois, Shinsenen peut toujours être admiré, sans oublier son temple dédié à Zennyo Ryuo.

- Le changement de la famille régnante chez les Kami n'est pas très clair mais deux hypothèses peuvent fournir une explication. La première est que les Kami célestes, voulant accélérer la finition de la Terre ou insatisfaits de l'avancement des "travaux", envoyèrent un des leurs pour remettre de l'ordre. La seconde voudrait que les Kami des cieux, envieux face à la prospérité de leurs collègues d'Izumo aient décidé de ravir leur place. Pour y parvenir ils pousseront les descendants de Susanoo à la rébellion, leur donnant ainsi une excuse valable pour qu'ils abdiquent et placer leur propre progéniture sur le trône...

-
Nenokuni ("Terre des Racines"), qu'on appelle également Nenokatasukuni, Sokonokuni ou hahanukuni est le lieu où Susanoo s'est fait bannir par son père Izanagi. Vu ses similitudes avec les Yomi, certains pensent que les deux lieux ne font qu'un.

L'identité du "propriétaire" du Nenokuni fait également débat... Certains pensent qu'il s'agit d'Hayasasura-hime (une Megami de la purification née lorsque Izanagi s'est débarrassé de la souillure du royaume souterrain), d'autres penchent pour Susanoo,  et n'oublions pas également Izanami - la sœur d'Izanagi -, censée régner sur le Yomi).

- Selon l' "Encyclopédie Shinto" ("Encyclopedia of Shinto"), Iso-takeru no Kami (appelé Oyabiko no Kami ou Oha-ya-biko dans le "Kojiki") serait l'un des enfants de Susanoo. Il aurait accompagné son père au Royaume Coréen de Silla pour l'aider à semer des graines d'arbres, mais, conservant les semences, il les rapporta au Japon pour faire croître la végétation sur chaque île, en commençant par Kyushu (là où est censée être apparue la civilisation japonaise).

Plus tard, il abritera Okuninushi de la fureur de ses frères et l'aidera également à échapper au royaume de son père (toujours selon l' "Encyclopédie Shinto" ).

Isotakeru peut être honoré au Sanctuaire d'Itakiso-jinja (dans la Préfecture de Wakayama, au Sud de l'Île de Honshu).

Je précise qu'il existe un autre Kami appelé Oyabiko mais ce dernier est l'un des enfants d'Izanagi et d'Izanami.

- Élève de l'illustre Utagawa Kunisada (qui est évoqué dans les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Kami et Shintoïsme"), Utagawa Kuniteru (1808 - 1876) était un artiste spécialisé dans l'Ukiyo-e.

Kuniteru aura pour thèmes principaux l'occidentalisation du Japon, des paysages (vus lors de ses voyages) et des scènes de lutte Sumo.

War of Genpei
Estampe D'Utagawa Kuniteru intitulée : "Yoshitsune's Nineteen Loyal Retainers On Board Ship" ("Les Dix-neuf Loyaux Samouraï de Yoshitsune À Bord") et représentant probablement un épisode de la guerre de Genpei.

- Minamoto ni Yoshitsune (1159 - 1189) était un général du Clan Minamoto et le frère de Minamoto no Yoritomo (chef du Clan Minamoto qui a instauré le premier Shogunat en 1185).

Considéré comme un tacticien de génie et doté de solides connaissances en combat maritime, il s'est révélé être un atout décisif dans la guerre de Genpei (1180 - 1185).

En 1183 il détruira l'armée de son cousin, le Samouraï Minamoto no Yoshinaka (qui souhaitait à la fois défaire le Clan Taira et son frère pour régner sur le Clan Minamoto) et se débarrassera du même coup de son gênant parent.

Par trois fois il vaincra les troupes du Clan Taira, jusqu'à la décisive bataille de Dan-no-ura qui clôturera la guerre de Genpei.

Son rôle décisif dans ce conflit lui vaudra d'être nommé Gouverneur de la Province d'Iyo (située sur l'île de Shikoku, au Sud de l'archipel, dans l'actuelle Préfecture de d'Ehime).

Quelques années plus tard, il entrera en conflit avec son frère et s'enfuira dans la
Province Mutsu (située dans le Nord de l'île principale) en quête de protection. Harcelé par le Shogun de lui livrer Yoshinaka, le fils du seigneur de Mutsu, Fujiwara no Yasuhira, trahira la parole de son père et enverra cinq cents hommes le capturer. Cette action peut reluisante mènera à la bataille de Koromo (1189) que Yoshinaka perdra. Plutôt que d'être capturé, il tuera sa femme et sa fille puis se fera Seppuku.

Certaines sources prétendent que le guerrier ne s'était pas vraiment suicidé lors de cette bataille. Il aurait fuit en Hokkaido (l'île la plus au Nord de l'archipel japonais) pour changer de vie et prendre le nom d'Okikurumi (ou Oinakumui). Une autre théorie prétend qu'il serait passé au continent asiatique pour devenir Gengis Khan, l'impitoyable chef des Mongols qui s'est taillé un empire entre le XIIème et le XIIIème siècle.

- Le Koto est un instrument japonais à cordes employé dans la musique traditionnelle (notamment pour le théâtre Kabuki).

Apparu entre le
XII et XIIIème siècle, le Koto était surtout employé à la Cour Impériale. Son usage s'est peu à peu démocratisé.

L'instrument ressemble à une longue
cithare (autre instrument à cordes plus propre à l'Europe) d'un mètre quatre-vingts et est doté de treize cordes (en fil de soie).

Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi :

Dans les mythes, s'il y a un thème récurrent c'est bien celui de la lutte opposant un dieu (lié à la foudre le plus souvent) ou un héros à l'incarnation du Chaos (matérialisé par un Serpent de Mer ou un Dragon).

Cette trame mythologique serait issue des croyances des Proto-Indo-Européens (reportez-vous au chapitre intitulé : "Symboliques de Yamata-no-Orochi" pour vous rafraîchir la mémoire), le Dragon de Koshi ne fait pas exception à la règle.

Il serait fastidieux et assommant de lister chaque Dragon apparenté à ce schéma. À la place, je vous propose de nous concentrer uniquement sur les créatures polycéphales (à plusieurs têtes) qui ont eu maille à partir avec une divinité ou un héros.

Je laisse aux uns le plaisir de trouver les similitudes entre le mythe de Yamata-no-Orochi et celui des Neuf autres Dragons présentés, et aux autres, la satisfaction de découvrir à leur aise ces charmantes créatures.

Susano against Yamata no Orochi
Estampe d'Utagawa KuniyoshiSusanoo fait face au Dragon de Koshi.

Balaur :

Issu de la mythologie roumaine, le Balaur (Balauri au pluriel) est une sorte de Dragon titanesque qui prend souvent la forme d'un serpent géant doté d'ailes de chauve-souris. En sus du corps serpentiforme, certains spécimens sont également dotés de pattes ou de nageoires (parfois même les deux). Pour parfaire le tableau, les Balauri sont tous pourvus de plusieurs têtes dont le nombre exact diffère selon les spécimens - trois têtes, sept têtes ou douze têtes (il existe encore d'autres variantes anatomiques de ce Dragon mais sa description complète sera pour un prochain article). Vu sa description aux cous multiples, on peut aisément classer ce colosse dans la grande famille des Néo-Dragons et parfois dans celle des Dragons-classiques (lorsqu'il n'a qu'une tête, quatre membres, des ailes et n'est pas pourvu d'appendices et fioritures supplémentaires).

Considéré dans les contes roumains comme étant l'incarnation du Mal, le Balaur a pour habitude d'enlever des princesses. Malheureusement (pour le Dragon), chaque enlèvement est contré par son ennemi : le Fat-Frumos - genre de prince charmant - qui personnifie le Bien et vient délivrer la princesse retenue en captivité.

Balaur
Une superbe création de Carlos Herrera représentant un Balaur quadricéphale (à quatre têtes) en train de menacer une jeune fille (ou une princesse).

Loin d'être stupides, les Balauri sont souvent doués de la parole et possèdent des pouvoirs spéciaux comme, un souffle ardent, une salive capable de former des pierres précieuses ou encore la capacité de contrôler les nuages pour faire tomber la foudre et la grêle.

On compare souvent les Balauri à Zmei Gorynych, un autre Dragon polycéphale issu de la mythologie slave (pour plus d'informations à ce sujet, reportez vous au sous-chapitre consacré à cette créature).

Gozuryu le Dragon d'Enoshima :

Selon la légende, sur les côtes japonaises, au fond de la mer, se trouvait une grotte marine qui fut, il y fort longtemps, la résidence d'un Dragon appelé Gozuryu. Souvent représenté dans les estampes sous la forme d'un Ryu classique (corps serpentiforme doté de quatre courtes pattes à trois griffes et la tête ornée de cornes, d'oreilles et de moustaches), la créature avait pourtant la particularité d'avoir cinq têtes. On peut donc considérer que le Dragon d'Enoshima fait partie de la famille des Dragons célestes et des Néo-Dragons (pour ses cinq cous ornés de cinq museaux).

Au grand dam des habitants de la région, Gozuryu avait pris la mauvaise habitude de dévorer les enfants qui se baignaient près de son antre (une autre version décrit simplement le fait qu'il avait tendance à déchaîner sa colère aux alentours de son antre). Apprenant les malheurs des pêcheurs de la contrée, la Déesse Benzaiten (ou Benten en abrégé) décida de tenter d'apaiser la "turbulente" créature.

Parvenue à l'emplacement de la caverne aquatique, Benzaiten usa de ses pouvoirs pour faire jaillir des flots l'antre du Dragon. La masse de terre à l'air libre se couvrit bientôt d'arbres et de plantes, donnant ainsi naissance à l'île d'Enoshima.

Surpris par le spectacle se déroulant sous ses yeux, ébloui par la beauté de la Déesse, Gozuryu ne tarda pas à tomber sous le charme de Benzaiten.

La suite de l'histoire varie selon les version. Dans l'une, la déesse rejetta le Dragon pour le punir d'avoir ainsi malmené les pêcheurs ; voulant faire amende honorable, la créature aux cinq têtes s'assoupit paisiblement, devenant ainsi une partie de l'île (que l'on appelle la "Colline du Dragon"). Dans l'autre, Benzaiten s'approcha de Gozuryu et proposa de l'épouser pour apaiser sa colère. Ravi, le Dragon accepta. Les habitants de la région connurent enfin la paix.

Benzaiten upon a Ryu
Estampe de Keisai Eisen de 1835 représentant la Déesse Benzaiten juchée sur un Ryu (peut-être le Dragon d'Enoshima).

La première version de ce mythe - où le Dragon est puni pour sa cruauté - est probablement d'origine bouddhiste, tandis que la seconde - où Benzaiten propose d'épouser le Ryu - est issue d'une légende shintoïste.

Benzaiten est à l'origine une sorte de fusion entre la déité hindoue Sarasvati et le Kami serpentiforme Ugajin. Intégrée au culte Shinto et Bouddhiste, on peut voir à travers les deux légendes que ces deux religions n'ont pas vraiment les mêmes valeurs...

Informations complémentaires :

- Benzaiten (ou Benten) est une divinité Bouddhiste japonaise et Shinto. Issue de deux entités liées à l'Eau (Sarasvati et Ugajin), Benten est la déesse de l'art, de la musique, de la connaissance, de la beauté et surtout de la Chance.

Au Japon, on la vénère principalement sur l'Île d'Enoshima, là où elle serait parvenue à apaiser Gozuryu.

- L'
Île d'Enoshima (qui fait 4 kilomètres de circonférence) se situe au Sud-Est de l'archipel japonais (dans la Préfecture de Kanagawa), près du Fleuve Katase.

-
Keisai Eisen (1790 - 1848) est un peintre japonais spécialisé dans les estampes Bijin-ga (littéralement : "Peinture de Belle Personne").

En sus du pinceau il savait également manier la plume. On lui doit notamment plusieurs biographies sur les
Quarante-sept Ronins (un légende historique mettant en scène quarante-sept Samouraï décidés à venger la mort de leur Daimyo).

- Déesse hindoue, Sarasvati est associée à la connaissance, à la sagesse et aux arts.

Créée par
Brahma (dieu créateur hindou doté de quatre visages), Sarasvati a l'apparence d'une belle femme vêtue sobrement et dotée de quatre bras..

The Goddess Sarasvati
Peinture (dont l'auteur m'est inconnu) représentant la Déesse Sarasvati juchée sur un cygne blanc (sa monture de prédilection) et jouant de la Vînâ (sorte de luth indien).

- Ugajin est un Kami ou une Megami (vu que cette entité est aussi bien représentée sous une forme masculine que féminine) associé aux moissons et à la fertilité. On le représente souvent sous la forme d'une créature serpentiforme dotée d'une tête d'homme barbu ou de femme. Associé à la Déesse Benzaiten, on le retrouve parfois perché sur la tête de cette dernière.

Hydre de Lerne :

Rejeton de Typhon (voir la partie qui lui est consacrée dans ce chapitre pour en savoir plus à son sujet) et d'Echidna, l'Hydre de Lerne est un Néo-Dragon issu de la mythologie grecque dont l'aspect varie grandement suivant les versions.

Dotée d'un corps de serpent ou de chien (peut-être grâce à Euripide qui la qualifiait de : "chienne aux multiples têtes renaissantes"), l'Hydre possédait également un nombre variable de têtes (une, trois, neuf, cinquante, voire plusieurs centaines, ...) et de cous. En plus de sa forme, pour le moins... exotique, l'Hydre avait la capacité unique de faire repousser ses têtes tranchées (ou de les régénérer en double exemplaire) et l'une d'elle était réputée immortelle ; cerise sur le gâteau, le souffle et le sang du Dragon de Lerne étaient d'une toxicité sans pareil.

Hydra of Lerna
Splendide représentation d'une Hydre par R.J. Palmer.

Vaincre cette créature semblait relever de l'impossible et pourtant le Demi-dieu Héraclès (souvent aidé par son neveu Iolaos) accomplit l'exploit de triompher de la bête.

Voyant que chaque tête tranchée repoussait, Héraclès demanda à Iolaos de prendre un brandon enflammé et de cautériser chaque cou pour empêcher la bête de se régénérer. Après avoir tranché la tête immortelle, il prit soin de l'enterrer sous un lourd rocher et trempa ses flèches dans le sang de la bête. Un geste qu'il regrettera amèrement des années plus tard, mais c'est une autre histoire...

Informations complémentaires :

- Échidna (ou Delphyné), une ravissante femme dotée d'un corps de serpent. Épouse du terrible Typhon. On la connaît surtout pour avoir enfanté Cerbère et Orthos, la Chimère et bien-sûr l'Hydre de Lerne.

-
Euripide (480 - 406) était un tragédien grec et auteur d'un grand nombre de pièces de théâtre.

Kaliya :

Issu de la mythologie hindoue, Kaliya est un gigantesque Naga au venin mortel et associé aux Néo-Dragons. La créature est souvent dépeinte sous la forme d'un cobra géant aux multiples têtes chacune étant parée d'un capuchon (propre aux serpents de ce type).

Kaliya résidait dans la Rivière Yamuna (la plus longue rivière d'Inde et l'un des affluents du Gange), à proximité de la cité de Vrindavan. Saturés de poison, les environs de l'antre du Naga étaient dénués de vie, excepté un Kadamba solitaire qui avait réussi à pousser sur les berges.

Un jour, le Dieu Krishna (l'une des divinités majeure de l'Hindouisme et d'autres traditions) en jouant à la balle avec ses compagnons bergers, envoya le projectile atterrir dans la Rivière Yamuna.Voulant récupérer le ballon, il grimpa dans les branches du Kadamba pour scruter les environs. Voyant que la balle avait atterri dans la Yamuna, Krishna sauta de son perchoir... C'est le moment précis où Kaliya émergea de son repaire aquatique.

Furieux contre l'impudent qui avait osé le déranger, l'énorme Naga déploya ses capuchons, vomit son poison par ses multiples têtes et enserra le dieu entre ses puissants anneaux. Pour se défaire de l'étreinte de la terrible bête, Krishna se mit à grandir jusqu'à ce que Kaliya soit obligé de relâcher sa proie.

Voyant la population terrifiée par l'apparition de la bête, Krishna esquiva les coups meurtriers de son adversaire, bondit sur son elle en l'écrasant d'un poids comparable à celui de l'Univers tout entier. Plaqué au sol par cette attaque, Kaliya ne pouvait que subir les assauts de son adversaire qui le piétinait de plus belle en dansant sur ses têtes...

Alors que le Naga allait succomber sous les coups, les épouses du Dragon (des Nagi) supplièrent le dieu de lui laisser la vie sauve, mettant ainsi fin à la danse meurtrière.

Meurtri mais toujours en vie, Kaliya promit de ne plus jamais attaquer quiconque. Voyant qu'il était sincère, Krishna consentit à lui pardonnersous condition qu'il quitte la rivière et s'installe en un autre lieu.

Krishna against Kaliya
Krishna en train de vaincre Kaliya pendant que les épouses du Naga le supplient de rompre le combat. Peinture du XVIIIème siècle, issue de l'atelier familial de Seu-Nainsukh et exposée au Muséum National de New Delhi.

Informations complémentaires :

- Le Naga (Nagi ou Nagini au féminin) est une sorte de Dragon associé à l'Eau. Il se présente le plus souvent sous la forme d'un serpent géant (doté d'une ou de plusieurs têtes) ou d'un serpent à tête humaine. Souvent bienfaisants, plus rarement malfaisants, les Nagas sont présents dans l'Hindouisme et le Bouddhisme.

L'un des
Nagas les plus célèbre est bien-sûr Ananta (ou Shesha) : le serpent cosmique doté de mille têtes dont le gigantesque corps sert de lit à Vishnu (dieu majeur et protecteur de la religion hindoue).

- Les cobras ont pour particularité de pouvoir gonfler leur cou lorsqu'ils sont excités ou énervés. Cette capacité est due aux côtes qu'il est capable d'écarter pour paraître plus gros - et intimidant - face à un éventuel prédateur.


- Vrindavan ou Brindavan est à la fois une cité et une région d'Inde. Il s'agit également d'un lieu de pèlerinage dédié à la divinité Krishna.

- Le
Kadamba (Neolamarckia cadamba) est un arbre tropical originaire de l'Asie du Sud et Sud-Est. Pouvant atteindre 45 mètres de hauteur, l'arbre est doté de feuilles persistantes, de couleur verte et de forme allongée. Ses fleurs ressemblent à des boules jaune-orange servant à la confection de parfums.

-
Krishna ou Kishan, censé être la huitième incarnation de Vishnu est l'un des dieux les plus vénérés de l'Hindouisme. Reconnaissable à sa peau noire (ou bleue dans les représentations plus modernes), la divinité est dépeinte sous une multitude de formes : un enfant mangeant du beurre, un jeune homme jouant de la flûte, un vieux sage guidant ses pairs, ...

Kuzuryu :

Kuzuryu (littéralement : "Dragon à Neuf Têtes") ou Kuzuryushin ("Dieu Dragon à Neuf Têtes") est une entité draconique divine et associée à l'élément liquide. La créature à la forme d'un Ryu pourvu de neuf têtes, ce qui fait de lui un Dragon Céleste et un Néo-Dragon (tout comme Gozuryu).

Kuzuryu serait apparu durant la Période Nara (710 - 794). La légende raconte qu'il se serait installé au Lac Ashi et aurait ordonné au habitants de lui sacrifier des jeunes filles (une jeune fille par an selon certaines sources). Pour satisfaire à la sinistre requête du Dragon, les locaux décidèrent de laisser le hasard désigner la victime ; grâce à une plume blanche tirée (à l'arc) dans les airs, qui en retombant sur le toit d'une maison scellait ainsi le destin de celle qui avait le malheur d'y résider.

Voulant empêcher le Dragon de se goinfrer de chair humaine, un prêtre du nom de Mankan (ou Mangen) maudit Kuzuryu et l'enchaîna à une formation rocheuse située au fond du lac.

Kuzuryu
Une version assez particulière de Kuzuryu (dont l'auteur m'est malheureusement inconnu).

Plus tard, le prêtre constata que le Dragon malfaisant s'était changé en un Roi Dragon. Il lui fit alors construire un autel et lui apporta comme offrande du riz vapeur et des haricots rouges. Depuis lors, la créature porte le nom de Kuzuryu Daimyojin (littéralement : "Grand Dieu Dragon à Neuf Têtes")

Le Dragon est vénéré dans les Préfectures de Kanagawa (surtout à Hakone), de Nagano et de Fukui ; plusieurs sanctuaires lui sont dédiés (dont celui appelé Kuzuryu Shingu - "Nouveau Sanctuaire de Kuzuryu") ainsi qu'un festival annuel se déroulant le 13 juin ( où des parties de sa légende y sont rejouées.

Kuzuryu serait lié au Dieu Dragon Ryujin et au Naga cosmique Ananta, mais une fois encore, les explications seront pour une autre fois.

Informations complémentaires :

- Le
Lac Ashi est un lac japonais (situé dans la Province de Kanagawa) formé dans un cratère volcanique.

- Le tirage au sort est un thème récurrent lorsqu'il s'agit de livrer des jeunes filles (ou jeunes gens) pour apaiser la colère d'une créature (pas toujours un
Dragon). L'exemple le plus connu est bien entendu la légende de saint Georges de Lydda qui sauva la fille d'un roi, désignée par le sort pour être sacrifiée.

-
Hakone est un bourg japonais situé dans la Préfecture de Kanagawa.

- Pour plus d'informations sur Ryujin, veuillez consulter les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "De l'histoire au mythe".

Ladon :

Appelé à l'origine Ophis, Ladon est un Néo-Dragon de la mythologie grecque. Né de l'union de Typhon et d'Échidna (d'autres version font de lui le rejeton de Phorcys et Céto ou l'une des création de Gaïa voire d'Héra).

Doté d'un corps serpentiforme, le Dragon avait pour particularité d'être doté de cent têtes (ou nonante-neuf) qui étaient capables de parler dans différentes langues (ou de s'exprimer avec de multiples voix).

Ophis
Tortueuse représentation de Ladon par Rodrigo Vega (traduction du commentaire en bas à droite : "Lorsque les Dragons deviennent trop puissants à tuer au crayon ou à l'épée...").

Chargé par la Déesse Héra de garder les Pommes d'Or du Jardin des Hespérides, il sera tué par Hercule, chargé de ramener les fameuses pommes pour accomplir l'un de ses douze travaux.

La mort du Dragon causera du chagrin aux filles d'Atlas (les Hespérides) et Héra, pour remercier Ladon de ses bons et loyaux services, placera sa dépouille dans les étoiles pour former la Constellation du Serpent (appelée aussi Constellation du Dragon).

Il existe encore quelques détails et variantes à propos de Ladon, mais comme toujours, vous aurez tous les détails dans un article plus approprié.

Informations complémentaires :

-
Phorcys (ou Phorkys) est une divinité primordiale associée à la mer. Il est le fils de Gaïa et épouse sa propre sœur : Céto. Ensemble, ils auront de nombreux enfants monstrueux, comme les Gorgones, les Grées ou le Dragon Ophis - Ladon).

-
Céto, Cétus ou Kéto est l'épouse et la sœur de Phorcys. Divinité associée également à l'Eau, elle est décrite comme un gigantesque monstre marin (aux vagues allures de baleine).

-
Gaïa est l'une des premières divinité grecque à apparaître dans la création du monde. Associée à la Terre et vue comme une version de la Déesse-Mère (déesse féminine que l'on retrouve notamment chez les Celtes et liée à un culte de la fertilité et de la fécondité).

Elle a enfanté seule une foultitude de rejetons dont
Ouranos (le Ciel) qui s'unit à elle pour donner naissance à des créatures bien connues comme les Titans (dieux primordiaux dont l'histoire est évoquée dans l'article consacré aux Harpies) et les Cyclopes (sorte de Géants à un œil).

- Sœur et épouse de
Zeus (chef du panthéon grec), Héra (ou Junon chez les Romains) est la déité protectrice du mariage et des femmes en couches.

Jalouse, elle n'hésite pas à se venger des relations extra conjugales de son époux en s'en prenant aux malheureuses qui ont osé succomber aux charmes du dieu de la foudre.


- Les
Pommes d'Or sont des fruits merveilleux provenant d'un pommier (ou d'un verger) que Gaïa aurait fait pousser pour célébrer le mariage de Zeus et Héra.

- Situé sur les pentes du
Mont Atlas (ou, comme le précise Jean-Claude Belfiore : "à l'extrême occident de la Terre"), le Jardin des Hespérides est un espace vert appartenant à la Déesse Héra où pousse un pommier merveilleux doté des fameuses Pommes d'Or.

- Auteur français, Jean-Claude Belfiore s'est spécialisé dans la rédaction d'ouvrages historiques et mythologiques de l'Antiquité (comme par exemple le "Grand Dictionnaire de la Mythologie Grecque et Romaine").

- Atlas est le Titan qui aux côtés de ses frères a combattu les dieux de l'Olympe. Vaincu, il sera condamné par Zeus à porter la voûte céleste sur ses épaules ou à soutenir la colonne placée entre le ciel et la Terre.

- En nombre variable (
trois, cinq, sept), les Hespérides sont souvent vues comme les gardiennes des Pommes d'Or. Héra, voyant qu'elles avaient tendance à aller chiper des fruits dans l'arbre merveilleux, envoya Ladon (Ophis) qui s'enroula autour du tronc du pommier afin d'éviter tout chapardage.

- La
Constellation du Dragon (la huitième plus grande) est constituée de plusieurs étoiles qui forment la tête et les yeux tandis que le reste constitue un "corps" serpentiforme encerclant la Petite Ourse.

Typhon :

Typhon ou Typhée est un Dragon primordial provenant de la mythologie grecque et l'un des rivaux principaux de Zeus, le Dieu de la Foudre.

Compagnon d'Échidna, Typhon est connu pour avoir donné naissance à bon nombre de créatures connues dans les mythes grecs : la Chimère, Orthos, Cerbère, l'Hydre de Lerne. Certains auteurs ajoutent à la liste l'Aigle du Caucase, Ladon, le Lion de Némée, les Gorgones, ... et j'en passe.

Typhon serait né de l'union de Gaïa et de Tartare ou d'Héra, qui, rendue jalouse par la naissance d'Athéna (sortie du crâne de Zeus), pria Gaïa de lui accorder un fils plus puissant que son époux. Gaïa accorda son souhait mais il est probable qu'Héra ne s'attendait pas à donner naissance à un rejeton aussi... particulier que Typhon...

La description de Typhon varie fortement selon les auteurs (qui lui confèrent souvent de nouvelles particularités anatomiques) mais plusieurs caractéristiques reviennent presque à chaque fois : ses proportions plus que titanesques (plus grand que toutes les montagnes) et son apparence liée aux serpents. On peut donc le décrire comme un être colossal doté d'une centaine de têtes de serpent capables de cracher le feu ou encore comme un être gargantuesque, au corps ailé, au torse humain, dont les bras et les jambes sont terminés par des centaines de corps vipérins ; sans oublier les épaules, grouillant d'une centaine de têtes ophidiennes (il existe encore d'autres détails sur son aspect mais j'énumèrerai cela une autre fois). Il n'est donc pas difficile de déterminer que Typhon fait partie de la grande famille des Néo-Dragons.

Typhée
Typhon selon Jacob Vian.

Typhon, voulant régner sur le monde, ira défier Zeus pour asseoir sa domination. À la vue de cette entité chaotique, les autres divinités se changeront en animaux divers et s'enfuiront en Égypte (excepté Athéna qui dans certaines versions reste aux côtés de son père pour affronter la bête).

Selon Hésiode, Zeus foudroiera Typhon et l'enverra dans le Tartare. Plus tard, Apollodore allongera le récit et étoffera également la description de la créature. Zeus fera cette fois face à son adversaire armé de la foudre et d'une faucille (probablement celle qu'a employé le Titan Cronos pour castrer son père Ouranos - un évènement que j'ai déjà détaillé dans le récit sur les Harpies). Il blessera Typhon qui, en représailles, lui arrachera les tendons des bras et des jambes, le privant ainsi de ses forces. Hermès aidé d'Aigipan (peut-être une équivalence du Dieu Pan) ira reprendre les muscles arrachés pour les rendre au futur seigneur de l'Olympe. Ayant retrouvé toute sa puissance, Zeus poursuivra Typhon de ses foudres. Le Dragon sera finalement trompé par les Moires qui lui feront manger les fruits de la mort, lui faisant croire qu'en les avalant il retrouverait toutes ses forces. Affaibli par sa collation il sera enfin vaincu et finira emprisonné sous l'Etna (ou écrasé par sa masse), sous l'étroite surveillance d'Héphaïstos. Typhon manifestera de temps à autre sa colère en provoquant des éruptions volcaniques (qu'il personnifie).

Informations complémentaires :

- L'Aigle du Caucase est un rapace sous les ordres de Zeus qui chaque jour se rend au Mont Caucase pour dévorer le foie du Titan Prométhée (condamné pour avoir dupé le seigneur de l'Olympe en confiant le feu aux hommes).

- Le
Lion de Némée était un fauve d'Argolide (une péninsule située au Sud de la Grèce) censé avoir la peau impénétrable. Il sera tué par Hercule qui revêtira sa peau pour s'en faire une cape le protègeant contre les coups.

- Le
Tartare est à la fois une région des Enfers où sont condamnés les pires criminels (sans oublier les Titans) et une entité primordiale de la mythologie grecque que Timothy Gantz décrit comme étant "les ténèbres brumeuses situées dans les replis de la terre".

-
Timothy Nolan Gantz (1945 - 2004) était un professeur américain spécialisé dans la littérature antique ayant principalement enseigné à l'Université de Géorgie. On lui doit notamment l'ouvrage intitulé : "Mythes de la Grèce Archaïque".

-
Athéna (ou Minerve chez les Romains) est principalement la Déesse de la sagesse, de la stratégie militaire et la protectrice de la ville d'Athènes.

-
Hésiode était un poète grec du VIIIème siècle avant J.C.On le connaît surtout pour sa "Théogonie", ainsi que "Les Travaux et les Jours", deux œuvres qui détaillent la naissance du monde, les différentes générations de dieux, l'apparition des diverses races d'hommes (d'or, d'argent, de bronze, ...) et bien d'autres choses.

-
Apollodore ou plutôt Pseudo-Apollodore est l'auteur de la "Bibliothèque" (un condensé fort complet de la mythologie grecque). On sait peu de choses à son sujet mais on estime que son œuvre aurait été rédigée au Ier ou IIème siècle.

-
Hermès (Mercure pour les Romains) est le dieu grec de la chance, des voyageurs, des commerçants et des voleurs. Il sert également de messager des dieux et conduit l'âme des défunts aux Enfers.

- Pour plus d'informations sur
Pan, veuillez consulter l'article consacré à Cernunnos,en vous rendant directement au chapitre intitulé "Les dieux pastoraux".

- l'
Etna est un volcan d'Italie se trouvant en Sicile (l'île tout au Sud du pays).

-
Héphaïstos (Vulcain pour les Romains) est un dieu grec difforme associé à la forge, à la métallurgie, au feu et aux volcans.

Xiangliu :

Issu de la mythologie chinoise, Xiangliu (qu'on appelle également Xiangyou ou Xiang Yao) est un Néo-Dragon à l'aspect plutôt étrange. La créature est dotée d'un corps serpentiforme complété de neuf têtes. "Jusque-là, rien de plus exotique que l'Hydre de Lerne" me direz-vous... Mais la petite subtilité est que Xiangliu est souvent représenté avec neuf visages humains... En sus de sa collection de caboches, le Dragon est également doté d'un sang hautement toxique (comme l'Hydre de Lerne), capable de rendre stérile les sols les plus fertiles.

Dans les récits, Xiangliu est le premier ministre de Gong Gong (appelé aussi Kanghui), un Dieu de l'Eau doté d'une chevelure rouge et d'une queue de Dragon.

Souvent considéré comme destructeur, Gong Gong, avec le concours de son allié Xiangliu, est notamment connu pour avoir tenté de noyer le monde sous les flots. Il sera heureusement contré par la Déesse Nüwa (une histoire intéressante qu'il me faudra vous conter une autre fois).

Après la défaite de son maître, Xiangliu, empli de haine, s'enfuit à Sichuan et se met à ravager la contrée, ne laissant derrière-lui que des marais dénués de toute vie.

Voulant contrer les ravages du Dragon, Da Yu ("Yu le Grand"), traqua la bête et finit par la tuer. Malgré sa victoire, il restait encore un problème à résoudre par le héros : comment purger la région du sang abject que Xiangliu avait répandu ?

Yu the Great against Xiangliu
Yu le Grand affrontant Xiangliu (illustration de Brent Cherry).

Il tenta d'abord de creuser le sol pour extraire l'infecte substance mais plus il creusait et plus le sang se logeait profondément dans les entrailles de la terre. Voyant que sa première méthode ne marchait pas, à la place, il creusa une profonde vallée et y déposa toute la terre empoisonnée, évitant ainsi à la région de Sichuan de devenir une terre désolée dénuée de toute vie.

Informations complémentaires :

- Nüwa est une déesse chinoise qui a façonné les hommes avec de la terre glaise et réparé les dégâts causés par Gong Gong. D'apparence humaine jusqu'au torse, le bas de son corps est terminé par une queue ophidienne (ou draconique).

- Le
Sichuan (littéralement : "Quatre Rivières") est une province du Centre-Ouest de la Chine.

-
Yu le Grand est considéré comme étant le premier monarque de la Dynastie Xia (fondée vers -2070) et l'inventeur des techniques d'irrigation en Chine. Divinisé, il deviendra une divinité des eaux (qu'on représente comme un humain ou parfois comme un hybride d'homme et de Dragon).

Zmeï Gorynych :

Bilina (ou Starina), un poème épique slave, raconte notamment la lutte dantesque opposant Dobrynia Nikititch (archétype du chevalier errant) au Dragon Zmeï Gorynych.

Zmeï Gorynych (ou Zmey Gorynych) est décrit comme un Dragon de couleur verte. Doté de trois têtes (parfois plus) capables de souffler le feu. il se déplace sur ses deux solides pattes postérieures (ses membres antérieurs sont trop courtauds pour l'aider à se mouvoir). Il n'est donc pas difficile d'en conclure que Zmeï Gorynych est un membre de la - très - grande famille des Néo-Dragons.

La rencontre entre le héros et le Dragon se découpe en deux parties. Dans la première, Dobrynia Nikititch désobéit à sa mère (qui lui avait recommandé - entre autres - de ne pas se baigner dans la Rivière Poutchaï) en allant nager dans la rivière embrasée, proche de l'antre de Zmeï Gorynych. Voyant un repas se profiler à l'horizon, le Dragon charge le héros désarmé. Cherchant un moyen de se défendre, Dobrynia Nikititch trouve un bonnet qu'il remplit aussitôt de terre et dont il se sert pour assommer son adversaire. Vaincue,la bête demande au preux de l'épargner. Ils concluent ainsi une sorte de pacte de non-agression.

Dans la seconde partie, le Prince Vladimir envoie Dobrynia Nikititch au secours de sa nièce, Zabava Putyatishna, enlevée par le même Dragon. Dans une version, le combat n'est pas décrit, on apprend juste que le héros tranche toutes les têtes de la créature (au nombre de douze) et ouvre son ventre, libérant la demoiselle ainsi qu'un nombre conséquent de prisonniers russes. Dans un autre texte (probablement plus tardif vu qu'il est teinté de valeurs chrétiennes), Dobrynia Nikititch affronte Zmeï Gorynych trois jours durant. Le troisième jour, alors qu'il va déposer les armes, une voix venue du ciel lui conseille de se battre encore trois heures. Ragaillardi par ces paroles, le chevalier ferraille encore et encore et parvient finalement à tuer le Dragon.

Dobrynya Nikitich against Zmey Gorynych
Dobrynia Nikititch sauvant Zabava Putyatishna des griffes du Dragon Zmeï Gorynych (illustration de Bilibin réalisée en 1941).

Il existe d'autres Dragons de Russie et des Pays de l'Est dont le nom est fort proche de celui de Zmeï Gorynych. Dans le folklore slave du Sud, par exemple, le Dragon est appelé Zmaj,Zmij ou Zmej. Considéré comme étant une créature extrêmement intelligente, puissante et sage, le Zmaj est un être respecté qui, s'il n'est pas toujours bienveillant, n'est jamais foncièrement mauvais. La mythologie slave décrit également Zmeï comme étant un Dragon aux multiples têtes et symbolisant le Chaos. La créature aurait été défaite par Svarog, le Dieu du Feu représenté parfois sous la forme d'un Dragon ailé (je m'étendrai plus sur le sujet des Dragons slaves dans un autre article plus adapté).

Nous voilà arrivés à la fin de cette "petite" liste de parents du Dragon octocéphale. Nul doute que nous reparlerons une autre fois de l'une ou l'autre de ces créatures. Le sujet des Dragons est si vaste et complexe qu'il est potentiellement impossible d'en voir la finalité. Ce qui a le mérite de vous proposer une "histoire sans fin", pour le moins hétéroclite et écailleuse.

Informations complémentaires :

-
Bilina (qui, pour rappel, s'appelle également Starina) est un poème épique issu des traditions slaves dont le nom pourrait signifier : "Quelque Chose Qui Fut" ou "Un Ancien Poème". Basé sur des fait historiques rehaussés de touches fantastiques, ce récit (dont le contenu est plus ancien) aurait été écrit vers Xème ou XIème siècle.

- Dobrynia Nikititch, l'archétype du héros (et accessoirement l'incarnation de la noble caste des guerriers) serait inspiré de Dobrynya, un seigneur de la guerre qui a conduit les armées de Sviatoslav Ier et éduqué son fils, Vladimir.

-
Sviatoslav Ier de Kiev est un Grand-Duc varègue qui aurait régné de 945 à 972 ou de 962 à 972 (sa date de naissance est également incertaine). Connu pour avoir souvent guerroyé et conquis de nouveaux territoires (autour de la Volga, de la Steppe Pontique et des Balkans), il finit par constituer l'un des plus vastes état d'Europe.

- Pour rappel, "varègue" était le terme employé par les Grecs et les Slaves Orientaux pour désigner les Nordiques (d'origine suédoise) qui ont gouverné la Russie Kiévienne (une principauté slave qui est apparue au IXème siècle pour s'éteindre au milieu du XIIème siècle).

- La
Volga est le plus grand fleuve d'Europe qui arrose avec ses affluents près d'un tiers de la Russie d'Europe (régions Occidentales de la Russie qui se trouvent sur le continent européen).

- La
Steppe Pontique est une zone aride située au Nord de la Mer Noire.

- Les
Balkans forment une vaste région d'Europe du Sud-Est bordée sur trois côtés par des mers (la Mer Égée, la Mer de Marmara et la Mer Noire) regroupant plusieurs pays comme : l'Albanie, la Bulgarie, la Grèce, la Roumanie, ...

- Fils bâtard de
Sviatoslav Ier et de sa concubine, Vladimir le Grand (958 - 1015) sera fait prince à la mort de son père. En 976, il devra fuir en Scandinavie, lorsque son frère Oleg Sviatoslavitch fut assassiné par son autre frère, Iaropolk Ier. Aidé par un Jarl (chef ou comte chez les Nordiques) de Norvège, il constituera une armée de Varègues, reprenant la cité de Novgorod et se débarrassant de son impétueux parent, devenant ainsi le Grand-Prince de Kiev.

- Ivan Yakovlevich Bilibine (1876 - 1942) est un peintre russe, illustrateur de livres et décorateur de théâtres.

- Svarog (ou Swaróg en polonais) est un Dieu du Feu (qu'on associe parfois au Soleil et à la métallurgie) issu de la mythologie slave. Dieu créateur, dispensateur de lumière et fertilisateur, il est parfois vu comme le père des autres dieux. Représenté sous la forme d'un Dragon ailé, il est également connu pour avoir apporté l'ordre sur le monde en battant son adversaire le Dragon Zmeï (symbolisant le Chaos).

Conclusion :

Yamata-no-Orochi aura tant influencé le Pays du Soleil Levant qu'il est devenu inextricablement lié à ses mythes, son histoire et sa culture... même par-delà la tombe. Tout d'abord Dragon primordial, sa mort a permis au Kami Susanoo de passer du statut d'exilé honni de ses pairs à celui de souverain aimé de son épouse.

Susanoo-no-Mikoto against Yamata no Orochi
Pour terminer en beauté, une création colorée Superspacemonkey représentant (une fois encore) le combat opposant Susanoo à Yamata-no-Orochi.

Suite au trépas du Dragon de Koshi, l'épée Kusanagi-no-Tsurugi prit le relais pour continuer à façonner le destin de l'archipel. Offerte aux premiers empereurs, elle est devenue le lien qui prouve leur ascendance divine et les unit au ciel. Un pacte qui leur assure la protection des Kami-gami.

Confiée au Prince Yamato Takeru pour l'aider dans sa mission contre les rebelles, elle lui permit de faucher littéralement les rangs ennemis. Il en revint tout auréolé de gloire.

Lors de la tragique bataille de Dan-no-Ura, sa perte dans les flots symbolisa la fin d'une ère et le début du Shogunat. Plus tard, sa récupération (de l'originale ou d'une de ses nombreuses copies) permit à la dynastie impériale d'avoir l'espoir d'un jour pouvoir revenir au pouvoir. Un souhait qui sera comblé lors de la Restauration Meiji.

De nos jours, la lame sacrée est encore révérée comme un présent de la Megami Solaire. Elle sert toujours à introniser (et donc légitimer) l'ascension au trône d'un nouvel empereur. Le présent du Dragon, symbole d'un passé lointain toujours vivace, guidera pour longtemps encore la destinée des souverains du Japon et de leur peuple.

Annexes :

Littérature :


- "Naruto", le manga bien connu adapté en anime est truffé de références à la mythologie shintoïste. Vu qu'il serait fastidieux de tout lister au détail près, voici un résumé des éléments liés au Dragon à huit têtes et à certains Kami que l'on retrouve dans les livres et la série :

- Orochimaru, l'un des adversaires des personnages de la série, est fortement lié à Yamata-no-Orochi et à la Kusanagi.Son aspect physique (peau pâle, yeux dotés de pupilles verticales, nez quasi absent faisant penser au museau d'un ophidien, canines développées faisant penser à des crocs, ...) et son nom (proche du mot "Orochi") montrent déjà clairement qu'il est associé à la gent serpentiforme.

Orochimaru est également capable d'invoquer des serpents pour l'aider, il manie également la Kusanagi comme arme (l'arme à l'aspect d'un Katana dans le manga et d'un Jian chinois dans l'anime) qu'il peut faire jaillir de la gueule des ophidiens venus l'assister. La "Technique de Yamata" (appelée également "Technique aux Huit Têtes") lui permet de se métamorphoser en un titanesque "serpent" blanc doté de huit têtes et de huit queues (une référence évidente au Dragon de Koshi). Sous cette forme, il sera vaincu par la "Technique Susanô".

Le personnage d'Orochimaru provient à l'origine d'un conte japonais appelé : "Jiraiya Goketsu Monogatari" ("La Légende du Galant Jiraiya").

Yashagoro
Représentation d'Orochimaru réalisée par Carlos Herrera pour "Mitos y Leyendas" ("Mythes et Légendes"), un jeu de cartes à collectionner dont une des éditions ("Bushido Edition") est axée autour du folklore japonais.

Il fut autrefois l'un des élèves de Jiraiya (le chef d'un clan de l'île de Kyûshû) et se nommait Yashagoro. Séduit par un serpent qui lui offre le pouvoir de se changer en serpent géant, il trahit son maître et l'empoisonne ainsi que son épouse (Tsunade).

- Susanô (ou "Susanoo" dans la version anglaise) est une technique puissante qui prend la forme d'un guerrier humanoïde éthéré dont l'aspect varie. Il enveloppe le corps de son utilisateur et devient une extension de sa volonté. Une fois employée, la forme générale de Susanô évolue jusqu'à devenir "complète". La manifestation prend d'abord la forme d'un squelette se dotant ensuite de "muscles", de "peau", d'une armure et autres détails anatomiques (bras supplémentaires, ailes, ...). L'aspect, la couleur et les spécificités du Susanô varient selon l'utilisateur (la forme finale peut ressembler à un Asura - déités guerrières issues de la mythologie hindoue - ou un Tengu). La plupart du temps, l'être manie la "Lame de Totsuka" (en référence à Totsuka-no-Tsurugi, l'arme que manie Susanoo lorsqu'il affronte le Dragon) et le "Miroir Yata" (l'artefact qui a servi à faire sortir Amaterasu de sa cachette) en guise de bouclier.

Pour plus d'informations sur le Tengu, veuillez consulter les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Un visiteur indésirable".

- "Amaterasu" est une technique créant une vague de flammes noires consumant tout sur son passage. La vague ignée ne peut être éteinte par l'eau et peut brûler pendant sept jours et sept nuits.

Amaterasu - SMITE
Représentation d'Amaterasu - armée des Trois Trésors Impériaux du Japon - pour le jeu "SMITE" (pour plus d'information sur le sujet, veuillez consulter les annexes consacrées au jeu-vidéo).

- "Blue Seed" est un manga de 1994 découpé en deux parties et adapté en anime de 26 épisodes, la même année.

L'intrigue principale est basée sur le mythe du combat entre Susanoo et Yamata-no-Orochi (que l'on retrouve résumé assez fidèlement dans le première partie de la série).

Suite à cet épisode mythologique, le Dragon se retrouve exilé du monde avec sa progéniture, les Aragamis (des créatures draconiques ou végétales associées aux Yokai). Plongés dans un profond sommeil grâce au sang de Kushinada (l'épouse de Susanoo) et de ses descendantes, les créatures restent inactives pendant des siècles, jusqu'au jour où naissent deux jumelles ; un évènement qui divise par deux la puissance de la lignée Kushinada, provoquant le réveil des Aragamis.

Pour revenir dans le monde, les Aragamis emploient des "graines bleues" - "blue seeds" en anglais - (des Magatama - bijou japonais en forme de virgule et percé d'un trou ; pour rappel, l'un des Trois Trésors Impériaux est un Magatama) qui infestent les humains, plantes et animaux, les changeant progressivement en monstres.

Yamata-no-Orochi semble apparaître dès le premier épisode sous la forme d'un gigantesque Dragon végétal doté d'une multitude d'yeux et de lianes. Il aurait également créé un hybride d'humain et d' Aragami - nommé Mamoru Kusanagi - afin de protéger la descendante de Kushinada jusqu'à son sacrifice.

Susanoo (appelé "Susano-o") tient également un rôle central dans le manga mais je vous laisse découvrir par vous même cette série.

- Dans "Mutant Ninja Turtles Gaiden", Splinter (rat ayant muté après avoir été exposé à des déchets toxiques) reçoit un paquet adressé à son défunt maître Hamato-Yoshi (un adepte du Ninjutsu - ensemble de techniques martiales enseignées aux Shinobi, mieux connus sous le nom de Ninjas - qui s'est exilé pour avoir tué un membre de son clan afin de protéger son épouse). Le colis contient une lame maudite, la Totsuka, qui fait ressortir les plus bas instincts des êtres exposés à son influence malfaisante.

L'arme appartenait à l'origine à Amaterasu. Elle confia l'artefact à son frère, le Kami Susanoo pour l'aider à vaincre Yamata-no-Orochi (décrit ici comme un Démon). Défait par les prouesses martiales de son adversaire, la créature maudit dans un dernier souffle l'arme endommagée. Le Kami des Tempêtes victorieux ramena l'épée de sa sœur dans un état déplorable et lui offrit en compensation la Kusanagi, une autre lame découverte dans les restes de son défunt ennemi.

Plus tard, pour sauver ses fils adoptifs (les tortues), Splinter se sacrifiera en détruisant la Totsuka qui sera réduite en cendres, tout comme la Kusanagi. Les deux lames servaient de réceptacle à l'âme de Yamata-no-Orochi et leur destruction permettra au "Démon" de revenir d'entre les morts. Il prendra forme à partir du squelette d'un clone raté de Splinter et altérera son aspect physique en se dotant d'une tête centrale accompagnée d'une multitude de têtes plus petites.

"
Mutant Ninja Turtles Gaiden" (ou MNTG) est un webcomic basé sur le comic américain "Teenage Mutant Ninja Turtles". Créé par Tigerfrog en 2004, la série - composée de plus de 800 pages - est toujours en production à l'heure actuelle.

- Dans le manga et la série animée "Campione !" (littéralement : "Champion !"), Ena Seishuuin, l'une des héroïne, manie une lame nommée "Ame no Murakumo no Tsurugi". Une épée noire japonaise censée avoir appartenu autrefois au Dieu Susanoo.

L'arme serait un demi-dieu associé à l'acier et capable de contrôler les tempêtes. Elle possèdera le corps d' Ena Seishuuin mais sera détruite par Godou Kusanagi (le personnage principal).

Susanoo apparaît dans la série sous la forme d'un homme d'âge mur et bedonnant, portant la barbe et vêtu de blanc. Associé à l'acier et aux tempêtes, il aurait la capacité de pouvoir changer les femmes en peignes...

Il prêtera son arme à Ena Seishuuin et sera défait par Godou Kusanagi (ce qui fait, une fois encore, référence à l'épée légendaire).

"Campione !" est un Light Novel (sorte de roman japonais destiné à de jeunes adultes) centré sur Godou Kusanagi, un jeune lycéen qui parvient à tuer une divinité. Son exploit lui vaut de devenir un Campione, une sorte de tueur de dieux chargé de vaincre ces derniers pour les empêcher de nuire aux hommes.

- Le douzième livre de la série de comics "Usagi Yojimbo" a pour titre : "Grasscutter" (littéralement : "Trancheuse d'Herbe"), un nom qui rappelle bien entendu la Kusanagi (que l'on nomme parfois "Sabre Fauche Herbes").

Dans ce tome, le héros, Miyamoto Usagi, trouve la Kusanagi no Tsurugi sur le rivage. Il ne réalise pas de suite qu'il tient l'arme divine entre ses mains mais bien vite il doit faire face à des hordes d'assassins venus récupérer l'artefact afin de l'employer pour démettre de ses fonctions le Shogun et ramener l'empereur sur le trône.

Plusieurs éléments de ce scénario (qui se déroule durant la Période Tokugawa ou Edo) sont inspirés de légendes et d'évènements historiques qui ont marqués le Japon. La découverte de la Kusanagi sur le rivage fait probablement écho à sa perte dans les flots lors de la Bataille de Dan-no-Ura où l'Empereur Antoku se suicida avec ses proches, emportant avec lui les trésors impériaux (pour plus de précisions à ce sujet, consultez les chapitres suivants : "Le sabre japonais", "De l'histoire au mythe" et "La Kusanagi-no-Tsurugi à la loupe"). Historiquement parlant, il est également exact que le pays était dirigé à cette époque par les Shogun du Clan Tokugawa, tandis que l'empereur n'avait qu'un rôle de grand prêtre. La découverte de la Kusanagi et sa restitution au monarque aurait peut-être pu changer l'histoire. Rappelons que l'arme est vitale pour introniser un nouveau souverain, elle symbolise également son pouvoir et son lien avec les Kami (et la Megami Amaterasu).

"Usagi Yojimbo" (littéralement : "Le Lapin Garde du Corps") est un comic américain créé par Stan Sakai. L'histoire se déroule dans un Japon ou ses habitants sont des créatures anthropomorphiques (des animaux à la morphologie humaine), durant la Période Tokugawa. Au fil des épisodes, nous suivrons les aventures de Miyamoto Usagi, un Ronin (Samourai sans maître) parti en pèlerinage guerrier.

- Dans la nouvelle de Jonathan Holburt : "Kyuden", un Yakuza (membre de la mafia japonaise) du nom de Kingpin Ryuichi envoie Yugh Scott, un ancien membre des forces spéciales britanniques, voler les Trois trésors Impériaux du Japon. Ryuichi étant d'ascendance noble, il désire ces trois artefacts pour réclamer le trône du Pays du Soleil Levant qui lui revient de droit - selon lui.

- Dans la nouvelle policière intitulée : "The Sword That Cut the Burning Grass" ("L'Épée qui Coupe l'Herbe Brûlée"), écrite par Dorothy et Thomas Hoobler, la Kusanagi est dérobée et l'empereur (âgé de quatorze ans) est kidnappé. "Seikei", l'apprenti Samouraï devra retrouver le monarque disparu avant que l'arme sacrée ne tombe en de mauvaises mains.

- Izanami apparaît dans le manga et anime "Noragami" comme étant la "Reine des Enfers" et la mère du Dieu "Ebisu" (Kami de la pêche du commerce et de la prospérité).

Ceux qui observent Izanami la verront sous les traits d'une personne féminine en laquelle on a confiance. Mais lorsque la déesse perd ses moyens, l'illusion s'estompe et l'on peut la voir sous sa forme véritable : un squelette de femme pourrissant doté de longs cheveux noirs (comme vous pouvez le voir ici). Rongée par la solitude, elle tente de retenir tous ceux qui tombent dans son antre.

D'autres Kami complètent également le casting divin. Citons par exemple "Okuninushi", accompagné d'un lièvre blanc (en référence au mythe) et "Amaterasu Omikami" qui apparaît (pour le moment) uniquement dans le manga et qui représente l'autorité suprême du ciel.

Pour rappel, Okuninushi est un Kami de l'agriculture et de la médecine. Vous en trouverez les détails en consultant les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Meurtre de Kagu-tsuchi et voyage au Royaume des Ténèbres" et le chapitre intitulé : "Susanoo le Kami des Tempêtes" (se trouvant au tout début de cet article)

Dans l'anime (et probablement dans le manga), le rituel de purification d'Izanagi (voir la première partie de l'article au chapitre intitulé : Purification d'Izanagi et naissance de Kami") tient une place centrale dans la première saison. L'eau des sanctuaires consacrés aux dieux permet de purifier une divinité qui a été souillée par un "Ayakashi" (incarnation torturée de l'énergie émotionnelle, possédant les vivants et les obligeant à commettre des actes abominables) ou corrompue par les actes et pensées négatives de son "Instrument Divin" (arme spirituelle formée à partir de l'Esprit d'un être qui n'est pas devenu un Ayakashi).

"Noragami" est un manga publié en 2010 et réalisé par Adaki et Tokashiki qui sera adapté en en anime en 2014.

L'histoire nous décrit les aventures de Yato : un Kami mineur qui tente de réaliser les souhaits des gens dans le but d'avoir suffisamment de fidèles pour avoir son propre temple et Iki Hiyori, une collégienne qui l'empêchera de se faire écraser par un bus. Percutée par le véhicule, la jeune fille deviendra une sorte de demi-Esprit capable de s'extraire de son enveloppe corporelle.

Yato aurait été autrefois une divinité de la guerre et du désastre. Ce titre fait probablement référence au Tatarigami, l' "Esprit de Malédiction" (vaguement évoqué dans la seconde partie, au chapitre intitulé : "Symboliques de Yamata-no-Orochi"), une entité qui n'apporte que la guerre, la famine et la destruction. Yamata-no-Orochi et Gozu-tenno sont censés faire partie de cette catégorie d'Esprits.

- On retrouve les deux compères infernaux (Gozu et Mezu) dans le manga historique "Lone Wolf and Cub". Ogami Itto, le personnage principal, est assailli de visions de ces deux entités infernales. Il utilise également des peintures les représentants pour "promouvoir" ses services en tant qu'assassin.

"Lone Wolf and Cub" est une série de manga scénarisée par Kazuo Koike et illustrée par Goseki Kojima. Le récit se déroule durant l'Ère Tokugawa. Le Samouraï Ogami Itto : haut membre du Clan Kaishakunin doit faire face au massacre de ses proches (à l'exception de son jeune fils, Daigoro) et au déshonneur. Plutôt que de choisir le Seppuku, il décide de punir cette infâmie et de venger la mort des siens, en devenant un assassin. Pour assister à ses prouesses, il emportera avec lui son frêle rejeton.

Lone Wolf and Cub
Splendide illustration (dont je n'ai malheureusement pas pu retrouver l'auteur) de "Lone Wolf and Cub".

Pour plus de précisions sur le Seppuku, veuillez consultez les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Douloureux enfantement et départ d'Izanami".

- La Bande-dessinée fantastique française "Okko" est découpée en cinq cycles (chacun divisé en deux parties). Chaque cycle est consacré à l'un des Cinq Éléments du Godai (voir les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Symboliques de Yamata-no-Orochi" pour en savoir plus à ce sujet).

Créée en 2005 par Hub (Humbert Chabuel de son vrai nom), "Okko" est une série de bande-dessinée se déroulant dans le Japon féodal. Inspiré - entre autre- par les œuvres d'animation de Hayao Miyazaki (réalisateur de "Princesse Mononoke", "Le Château Ambulant", ...), par le roman "La Pierre et le Sabre" (qui raconte - de manière romancée - la vie de Miyamoto Musashi, l'illustre escrimeur dont nous avons parlé dans le chapitre consacré aux différents modèles de sabres) et le jeu de rôle américain se déroulant dans un monde japonais fantastique : "Legend of the Five Rings".

Okko
Sérigraphie de Hub représentant Okko (au centre) et tous les personnages principaux rencontrés durant ses aventures (vous pouvez voir à l'arrière-plan un Oni, sur la gauche, un Tengu et à sa droite une Penanggalan, sorte de Vampire issu du folklore de Malaisie - dont nous parlerons une autre fois).

L'histoire est centrée autour d'Okko, un Ronin (Samouraï sans maître) qui gagne sa croûte en chassant les "Démons" (Yokai serait un terme plus approprié). Pour l'aider dans sa tâche, il est accompagné de Noburo, un colosse qui dissimule ses traits sous un masque rouge (probablement inspiré de ceux qu'on peut voir au théâtre ), Noshin, un moine alcoolique capable de communiquer avec les Esprits élémentaires et Tikkun, un jeune pêcheur accueilli dans le groupe après le décès de sa sœur.

Jeu de Rôle :

- Dans le jeu de cartes "Magic The Gathering", il existe un Plan d'Existence appelé "Kamigawa" - que l'on retrouve dans le cycle du même nom - et s'inspirant fortement de la mythologie japonaise.

Dans ce monde, les Orochi-bito (dont le nom fait probablement référence au Dragon à huit têtes) sont une race d'hommes serpents résidant dans la Forêt de Jukai. Dotés d'un corps humanoïde couvert d'écailles verdâtres, les Orochis ont la particularité de posséder quatre bras, une queue, sans oublier une tête vipérine aux yeux rougeoyants (certains spécimens sont également dotés d'un capuchon comme les cobras).

Seshiro
Représentation de Seshiro par Saejin Oh pour le jeu "Magic the Gathering Online".

Les Orochis sont divisés en trois tribus principales : les Matsu (des archers redoutables), les Sakura (spécialistes de la magie dirigés par des chamans) et les Sachi (des guerriers dirigés par deux frères). Les Orochis vénèrent majoritairement l'Esprit appelé : "Myojin de la Toile de Vie".

Comme toujours, il serait fastidieux de lister toutes les cartes associées aux Orochis, voici cependant les plus illustres d'entre elles : "Shizuko, Meneuse de l'Automne", "Sakiko, Mère de l'Été", "Sasaya, Ascendant Orochi", "Seshiro l'Oint", "Sachi, Fille de Seshiro", "Sosuke, Fils de Seshiro" et enfin "Shisato, la Chasseresse".

Orochi Colony
Illustration de Charles Urbach intitulée "Colonie Orochi".

- Le jeu de cartes "Deus" ("Dieux") met en scène plusieurs Kami du panthéon shintoïste. On y retrouve notamment : "Amaterasu" (Megami du Soleil), "Tsuki-Yomi" (Tsukuyomi, le Kami de la Lune), "Susanoo-Woo" (Susanoo, le Kami des Tempêtes), "Watatsumi" (un des autres noms de Ryujin, le Dragon Divin), "Kagutsuchi" (Kagu-tsuchi, le Kami du Feu qui a provoqué la mort de sa mère, Izanami en naissant), "Ama-No-Uzume" (Uzume, la Megami de la Joie et de la Danse), "Izanami" (épouse et sœur d'Izanagi qui réside au Yomi) et "Izanagi" (Kami qui avec sa parente et compagne a entamé la création du monde).

"Deus" est un jeu de cartes a collectionner apparu en 1996. Les cartes présentent les dieux et déesses - dotés d'une puissance variable - des divers panthéons polythéistes du monde (religion celtique, nordique, gréco-romaine, égyptienne, hindoue, chinoise, japonaise, ...).

- Dans le jeu de rôle "Scion", le panthéon des "Amatsukami" est représenté par certains Kami du Shintoïsme. On y retrouve Amaterasu, Susano-o, Tsuki-yomi, Izanagi et Izanami.

La Kusanagi est également maniée par Kurumizu, demi-déesse et fille de Susano-o (il s'agit probablement d'une déité fictive).

"Scion" est un jeu de rôle apparu en 2007 et créé par John Chambers. Les Scions (que les joueurs incarnent) sont des êtres issus d'un dieu et d'une mortelle. Leur but premier est d'accomplir des exploits qui leur permettront de devenir des divinités à part entière.

On retrouve dans ce jeu le panthéon des dieux irlandais ("Tuatha Dé Dannan"), gaulois ("Nemetondevos"), nordiques ("Aesir"), grecs ('Dodékatheon"), égyptiens ("Pesedjet"), japonais ("Amatsukami"), chinois ("Bureaucratie Céleste"), ...

- Dans le "Guide de l'Orient" ("Oriental Adventures"), l' "Oni Go-zu" et l' "Oni Me-zu" sont basés sur Gozu et Mezu - les gardiens des portes des Enfers.

Voici la description de ces deux créatures :

"Oni Go-zu :

Les
Oni Go-zu sont de puissants combattants qui servent dans les armées d'Esprits.

Ils ressemblent aux
Oni Communs, mais sont plus grands (environ 2,70 m de haut) et plus massifs (175 kg de moyenne). Ils ont une tête de taureau, avec un museau large, de petites oreilles et de longues cornes. Leur peau est d'ordinaire orange sombre, grise ou violet profond. Ils portent des robes et des armures rutilantes, marque de leur statut dans l'armée des Esprits.

Oni Go-zu and Oni Me-zu
Illustration tirée du "Guide de l'Orient". De gauche à droite : "Oni Commun", "Oni Me-zu" et "Oni Go-zu".

Oni Me-zu :

Ces
Oni sont les généraux des armées d'Esprits et les chefs des Oni Go-zu.

Les
Oni Me-zu sont encore plus grands que ces derniers (environ 3 m de haut, voire plus, pour un poids moyen de 500 kg) et ont la tête d'un cheval à la crinière très fournie. Leur armure est toujours de maître."
- Donjons et Dragons, "Guide de l'Orient".

Le "Guide de l'Orient" est un supplément de règles du jeu de rôle "Donjons et Dragons" qui permet de mettre en place un monde inspiré des mythologies orientales.

Pour plus d'informations sur
Gozu et Mezu, veuillez consulter les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Susanoo le Kami des Tempêtes".

Jeu-vidéo :

- Dès le début du jeu "Okami", Yamata-no-Orochi y fait une entrée remarquée.

L'introduction présente le Village Kamiki, un lieu où chaque arbre était vénéré à l'égal d'un dieu. Malheureusement, ce lieu idyllique était sous la coupe d'Orochi, un Dragon troglodyte. Pour satisfaire l'appétit de la bête, une jeune fille était sacrifiée chaque année lors d'un festival.

Le corps d'Orochi était pareil à une montagne ornée de huit cous épais comme des troncs d'arbres. Ses yeux rouges comme le sang étaient - croyait-t-on - capables de maudire quiconque avait le malheur de les fixer. Personne n'osait défier un tel être.

Lorsque la nuit du sacrifice approcha, un mystérieux loup au pelage blanc comme la neige apparut aux abords du village. Le loup, que l'on surnomma "Shiranui" (littéralement : "Feu Inconnu") en raison de l'éclat de sa fourrure, prit l'habitude de garder à l'œil les habitants qui s'aventuraient hors du village et de patrouiller dans les rues la nuit venue. Les villageois supposèrent que le canidé était un allié du Dragon.

Amaterasu facing Orochi - Okami
Artwork mettant en scène la bataille opposant Amaterasu à Orochi (sous sa forme affaiblie).

Un jour, l'un des résidents du hameau s'arma de courage et alla voir le loup. Izanagi ("Nagi" dans la version anglaise), car tel était son nom et tenta à maintes reprises de défier la créature mais chaque tentative se solda par un échec tant l'être était véloce.

La nuit du festival approchait à grand pas. Une flèche à l'empennage blanc était censée annoncer le jour funeste. Au moment fatidique, cette flèche perça les cieux et se planta sur le toit de la demeure d'Izanami ("Nami" dans la version anglaise), la plus belle jeune fille des environs.

Enragé en apprenant que son amour secret allait être livré en pâture à Orochi, Izanagi décida de mettre un terme au règne de terreur du Dragon. Traversant les plaines, il se rendit jusqu'à la "Cave de la Lune" ("Moon Cave" en anglais, que l'on pourrait traduire en : "Grotte de la Lune") une caverne aussi sombre que le mal lui-même, qui servait d'antre au Dragon Orochi.

Alors qu'Izanagi se tenait fièrement à l'entrée de la grotte, huit paires d'yeux rougeoyants surgirent des ténèbres. Orochi avait répondu au défi, prêt à dévorer l'impudent qui osait le défier.

Sans attendre, Izanagi tira sa lame et se jeta sur le Dragon. Dans la nuit noire, il abattit sans répit son arme mais la peau de la bête était plus solide que l'acier et chaque coup ne provoquait pas la moindre petite éraflure.

Épuisé par cette lutte, Izanagi allait succomber aux assauts d'Orochi mais, le loup choisit ce moment, pour se placer entre le Dragon et le héros, comme pour le protéger des crocs de l'énorme créature. Sa fourrure nacrée nimbait les ténèbres nocturnes avec éclat. Bien décidé à se battre, le loup "Shiranui" se jeta toutes griffes dehors sur Orochi et les deux créatures luttèrent férocement. Pour contrer les jets de flammes crachés par les huit têtes draconiques, le loup invoqua les vents divins ("Kamikazé" en japonais). Lorsque le Dragon allait refermer les mâchoires sur son adversaire, un arbre gigantesque poussa en un instant, protégeant le loup des crocs acérés du Dragon. Shiranui lutta contre la bête de toutes ses forces mais malgré ses efforts, cette dernière semblait invincible, protégée par quelque mystérieuse force. Blessé et épuisé, le brave loup s'effondra devant son ennemi. Voyant là une opportunité d'en finir, les huit têtes du Dragon se préparèrent à lancer une dernière charge mais Shiranui, refusant la défaite, poussa un puissant hurlement qui dissipa les sombres nuages. La Lune apparût enfin et éclaira l'épée d'Izanagi. Guidé par son arme, le guerrier qui s'était replié dans l'obscurité, surgit de sa cachette et frappa Orochi avec l'énergie du désespoir . Une à une, les têtes du Dragon sautèrent et Orochi, vaincu, s'effondra dans une mare de sang. La malédiction qui rongeait le village était vaincue.

Amaterasu facing Orochi
Fan-art de Caroline Lahaise représentant le combat opposant Amaterasu à Orochi.

Alors que le combat s'achevait, le Soleil se montra à nouveau, éclairant la région de ses rayons. Malheureusement, Shiranui, rongé par le poison de la bête, s'effondra, presque incapable de respirer. Izanagi, reconnaissant envers le loup, le prit dans ses bras et décida de le ramener à Kamiki. Lorsqu'ils atteignirent le village, Shiranui avait poussé son dernier souffle.

Pour avoir ramené la paix au Village Kamiki, on édifia un autel orné d'une statue en l'honneur de Shiranui. L'arme d'Izanagi fut baptisée : "Tsukuyomi" et placée au sein de la "Cave de la Lune". Les habitants de Kamiki pouvaient enfin vivre en paix.

Un siècle après cette introduction, un mystérieux personnage se rendit à la "Cave de la Lune" et extirpa l'arme d'Izanagi (plantée dans la carcasse d'Orochi), libérant le Dragon de sa prison. Réveillé de son long sommeil, la bête eût tôt fait de répandre la désolation et les ténèbres sur le monde, excepté dans le petit Village de Kamiki, protégé de l'influence néfaste d'Orochi par un arbre sacré. Alarmé par la situation, l'Esprit de l'arbre (nommé Sakuya) se manifesta et invoqua Amaterasu grâce à un artefact en forme de disque solaire. L'objet se ficha sur la statue de Shiranui et la Kami Solaire (appelée "Okami Amaterasu") redevint la louve blanche d'autrefois, celle qui avait vaincu Orochi au prix de sa vie, et devrait, une fois encore, bannir les ténèbres et faire revenir la lumière sur le monde.

Si l'histoire d' "Okami" est proche du mythe ShintoïsteSusanoo affronte Yamata-no-Orochi, on peut voir que les scénaristes du jeu ont pris certaines libertés. Ce n'est plus le Kami des Tempêtes qui combat le Dragon pour sauver Kushinada mais, son père, Izanagi, afin de sauver Izanami. Il manie une épée associée à la Lune et répondant au nom de "Tsukuyomi" (le nom du Kami de la Lune justement). Et n'oublions pas Amaterasu, la Megami Solaire, qui aide le guerrier à vaincre le Dragon en prenant la forme d'un loup blanc au pelage scintillant.

Un petit détail de cette fresque mythologique provient même d'une autre légende : la flèche à l'empennage blanc qui se plante dans le toit de la maison de la prochaine victime du Dragon. L'épisode est fort similaire à la légende de Kuzuryu (pour plus d'informations sur ce Dragon à neuf têtes, rendez-vous au chapitre intitulé : "Kuzuryu"), où les locaux tirent une plume blanche en l'air et choisissent la jeune femme qui réside dans la demeure où la plume atterrit.

Kuzuryu serait apparu durant la Période Nara (710 - 794). La légende raconte qu'il se serait installé au Lac Ashi et aurait ordonné aux habitants de lui sacrifier des jeunes filles (une jeune fille par an selon certaines sources). Pour satisfaire à la sinistre requête du Dragon, les locaux décidèrent de laisser le hasard désigner la victime ; grâce à une plume blanche tirée dans les airs, qui en retombant sur le toit d'une maison scellerait le destin de celle qui avait le malheur d'y résider.

Okami Amaterasu
Version très colorée d'Okami Amaterasu réalisée par Jonas Jödicke.

Avant de passer aux autres points qui relient le mythe au jeu, j'ajouterai que Sakuya est le diminutif de : "Ko-no-Hana-no-Sakuya" (plus ou moins : "Princesse Fleur de Cerisier s'Épanouissant"), le nom de la Megami associée au Sakura (cerisier japonais). Épouse de Ninigi (l'arrière grand-père de l'Empereur Jinmu), elle symbolise la vie délicate et fragile de la Terre.

De retour au Village Kamiki, Amaterasu croisera la route de Kushinada (qui tient le rôle d'une marchande de Saké) et de son soupirant Susano (descendant d'Izanagi, vantard, paresseux et porté sur la bouteille).

Le jour du festival Kamiki, qui commémore pour la centième fois la victoire d'Izanagi sur Orochi, Susano gâchera la fête en ingurgitant le "Saké des Huit Purifications" (employé en guise d'offrande pour la Megami Sakuya, ce breuvage aurait également été utilisé par Izanagi pour saôuler le Dragon et faciliter sa victoire). Sous l'effet de l'alcool - et de la culpabilité - Susano révèlera qu'il est l'auteur de la résurrection d'Orochi... Lassé de n'être reconnu que pour son glorieux ancêtre, le guerrier se rendit une nuit dans la "Cave de la Lune" pour arracher l'épée "Tsukuyomi" et prouver que toutes ces légendes sur Izanagi et Orochi n'étaient que des fariboles... Malheureusement, ces histoires avaient plus qu'un fond de vérité et le Dragon se réveilla, affaibli mais toujours prêt à semer le chaos et la destruction sur son passage. Accablé par son geste - et harcelé par les Kami qui lui ordonnaient de racheter sa faute en tuant Orochi - Susano alla se cacher dans un recoin de sa maison, espérant qu'on le laisse en paix...

Suite à ces explications rehaussées de vapeurs éthyliques, Orochi se manifesta en invoquant une flèche qui se planta sur le toit de la maison de Kushinada, restaurant ainsi l'antique sacrifice annuel. La demoiselle, résolue d'en finir, se rendit à la grotte avec pour seule arme une flasque de Sake (le "Saké de la Tempête").

Au cœur de la "Cave de la Lune", Amaterasu fera face à Orochi (prenant la forme d'un Dragon à huit têtes de serpent, chacune ornée d'un Kabuto, le corps entrelacé autour d'une plate-forme volante, où trône une énorme cloche). Protégé par une barrière magique (générée par la cloche), le Dragon restera insensible aux attaques du loup mais l'arrivée de Susano changera la donne.

Revenu courageusement affronter la bête pour sauver Kushinada (retenue prisonnière sur le dos d'Orochi), la résolution de Susano provoquera l'apparition du "Saké des Huit Purifications" qui inondera la pièce, permettant à Amaterasu de saouler la bête au Sake, lui offrant ainsi une bonne occasion de briser la cloche protectrice. Son égide brisé, Orochi continuera le combat en invoquant ses pouvoirs (chaque tête est liée à un élément bien précis) mais le fougueux canidé parviendra à saouler et blesser chaque tête, donnant ainsi à Susano l'occasion de sectionner les huit cous du Dragon pour en finir ainsi avec Orochi.

Yamata no Orochi - Okami
Artwork d' "Okami" mettant en scène le combat opposant Amaterasu et Susano (ou Izanagi) à Yamata no Orochi.

Après les retrouvailles de Susano et Kushinada, Amaterasu gagnera "Tsumugari", la réincarnation de l'épée "Tsukuyomi", avalée par le Dragon Orochi.

Pour rappel, Tsumugari-no-Tachi (littéralement : "Sabre de la Récolte des Blés de la Capitale") est l'un des nombreux noms de la Kusanagi.

En passant à travers les "Portes Spirituelles" - et accompagné d'Okikurumi, guerrier du Village d'Uepekere - Amaterasu sera projetée un siècle dans le passé et reviendra au Village Kamiki, la fameuse nuit du sacrifice. Elle retrouvera Izanagi (fort semblable à Susano par l'aspect et le caractère) qui la défiera en duel. Après avoir proprement assommé son adversaire, la Megami verra apparaître à nouveau la sinistre flèche, qui se plantera au sommet de la demeure d'Izanami.

Ayant légèrement changé la trame de l'histoire d'origine (en sonnant les cloches au héros d'autrefois), Amaterasu ravira la robe de sacrifice d'Izanami pour travestir Izanagi (inconscient) et l'emmener jusqu'à la "Cave de la Lune"...

Au centre de la grotte, Yamata no Orochi surgira du sol sous sa forme d'autrefois (doré et recouvert entièrement de plaques d'armure clinquantes) pour défier Amaterasu et Okikurumi.

True Orochi - Okami
Autre artwork montrant Yamata no Orochi ("True Orochi" dans la version anglaise) sous sa forme d'origine.

Le combat se déroulera de la même manière que le fois précédente (il faudra enivrer Yamata no Orochi, monter sur son dos, détruire la cloche protectrice, resaôuler le Dragon et vaincre chaque tête) mais la créature sera plus coriace et résistante aux coups.

Profitant de l'affaiblissement de Yamata no Orochi, Okikurumi tentera d'achever le Dragon pour abreuver sa lame de sang "démoniaque" (afin qu'elle révèle sa vraie puissance) mais échouera piteusement dans sa tentative. Izanagi profitera de ce moment pour brandir son Bokken - nommé "Bokunenji" - à la lumière de la Lune, lui donnant ainsi le pouvoir de sectionner les huit cous de la bête. Cette victoire sur l'Orochi d'antan permettra à Amaterasu d'obtenir "Feu du Ciel" une épée imprégnée du pouvoir de la foudre.

Amaterasu and Oki facing True Orochi
Illustration de Louise Marie mettant en scène Okikurumi (ayant la capacité de se changer en loup) et Amaterasu en train d'affronter le Dragon Yamata no Orochi.

Selon le mythe de création Aïnou (une ethnie vivant au Nord du Japon et à l'Est de la Russie), le couple divin Okikurumi et Turesh fut envoyé sur Terre par Kamuy. De leur union naquit le premier Aïnou.

"Feu du Ciel" ("Thunder Edge" dans la version anglaise) serait - sans certitude - appelée : "Ama no Murakumo no Tsurugi" dans la version japonaise. Ce qui est, une fois encore, l'un des noms de l'épée cachée dans la queue du Dragon de Koshi.

Toujours dans "Okami", Amaterasu fera également face à "Kyubi, le Renard à Neuf Queues" (appelé "Ninetails" dans la version anglaise), une puissante "Démone" ayant l'aspect d'un énorme goupil blanc doté de neuf appendices caudaux et parée d'un masque. Cette redoutable ennemie vaincue, Amaterasu obtiendra en récompense l' "Épée de Kusanagi" (une lame semblant avoir été taillée dans un bloc d'émeraude et dont la garde semble formée de deux parties indépendantes).

Kyubi (dont le nom est le diminutif de : "Kyubi no Kitsune", un terme servant à désigner les Renards à Neuf Queues) est très certainement inspirée de Tamamo-no-Mae : une Kitsune malfaisante qui avait pour habitude de se changer en ravissante jeune femme. Le but de cette entité était de séduire les souverains pour ensuite les corrompre (ou les remplacer sur le trône) afin de répandre le chaos dans le royaume. Tout comme Shuten Doji (voir la fin du chapitre intitulé : "Symboliques de Yamata-no-Orochi" pour en apprendre plus à ce sujet), Tamamo-no-Mae est l'un des "Trois Grands Yokai Malfaisants".

Sorti en
2006 sur PlayStation 2, puis en 2008 sur Wii (sans oublier la version HD portée sur PlayStation 3), "Okami" (littéralement : "Grande Megami" ou "loup" suivant la façon dont le mot est écrit en caractères japonais) est un jeu d'Action-Aventure où le joueur incarne "Okami Amaterasu", sous la forme d'un loup blanc. Censée chasser les Yokai qui ont envahi le Nippon (le Japon), Amaterasu revivra durant son périple de nombreux épisodes propres à la mythologie Shintoïste.

Orochi - Okami
Artwork montrant le design des huit têtes d'Orochi (chacune associée à un "Élément", avec dans le désordre : le Feu, l'Eau, le Vent, la Terre, les Ténèbres, la Lumière, la Foudre et le Poison).

Superbe sur bien des plans (graphismes en
Cel-Shading - type de graphisme donnant un aspect "cartoon" au jeu - qui donnent au jeu un aspect "estampe japonaise", musique onirique, gameplay original faisant intervenir un "pinceau mystique" aux multiples utilisations, ...), ce jeu est un incontournable pour tout amoureux de culture japonaise.

- Sorti début 2017, "Nioh", le dernier né de la "Team Ninja" est un jeu centré sur l'histoire de William Adams (1564 - 1620), un navigateur anglais qui se rendra au Japon en 1600 et deviendra le premier Samouraï occidental. Le scénario du jeu mêle l'histoire et le mythe, donnant aux Yokai un rôle de premier plan.

Étant donné que les paragraphes suivants vont vous révéler quelques élément-clés du dernier niveau, je recommande à celles et ceux qui n'ont pas encore terminé le jeu et qui ne veulent pas se gâcher la surprise de passer directement à l'annexe suivante.

Dans le niveau "Le Roi Démon Révélé", William se rend au Château d'Azuchi pour empêcher l'alchimiste Edward Kelley de ressusciter l'ancien Daimyo Oda Nobunaga sous la forme d'un Démon, dans le but d'intensifier les conflits qui ravagent le Japon.

Arrivé au cœur du château, William croise brièvement le fer avec Nobunaga, qui, refusant d'être manipulé par Kelley, laisse le héros et l'alchimiste en tête-à-tête. Après un affrontement opposant les deux rivaux, Kelley, refusant la défaite, fusionne l'Amrita qu'il a collecté avec son Esprit Gardien (un Ouroboros), pour ramener à la vie le Dragon Yamata-no-Orochi (dont vous trouverez la description ci-dessous).

"Prononcer "Ya-ma-ta no O-ro-chi". Un serpent géant à huit têtes et huit queues. Selon la légende, il est apparu pour la première fois à Izumo (aujourd'hui Préfecture de Shimane). Un héros puissant a réussi à le vaincre, mais il est réapparu plus tard au Lac Biwa. Son apparence évoque celle d'un Dragon, et il est redouté, notamment en tant que symbole de destruction.

Des armes normales n'ont aucune chance face à ses écailles renforcées. Ses crocs peuvent briser l'acier, et son souffle réduit tout sur son passage en un clin d'œil. On raconte que ses huit têtes doivent être tranchées pour pouvoir le vaincre. Kelley l'a fait revenir dans ce monde, et avec une créature aussi puissante en liberté, on peut affirmer que le destin du Japon est menacé.

Selon la légende, on pouvait autrefois vaincre le Yamata-no-Orochi en le saoulant puis en le découpant en pièces. On raconte que la célèbre épée Kusanagi-no-Tsurugi, l'un des trois insignes impériaux, provient de sa queue."
- Description de Yamata-no-Orochi provenant de "Nioh".

Nioh - Edward Kelley
Artwork d'Edward Kelley accompagné de son Esprit Gardien Ouroboros.

Dans le jeu, l'Amrita (ou Pierre Spirituelle) prend la forme de cristaux dorés dont la taille et la forme varie (plus ils sont massifs plus ils contiennent d'Amrita). Ces pierres censées harmoniser les énergies naturelles peuvent ramener les morts à la vie, accroître la puissance d'une personne (chaque ennemi tué par le héros permet de collecter de l'Amrita qui servira à augmenter ses caractéristiques) ou dans les pires cas, transformer les hommes en Yokai ou attirer les Esprits malfaisants.

En découvrant les propriétés merveilleuses de l'Amrita, l'Angleterre, en conflit avec l'Espagne (la guerre anglo-espagnole s'est déroulée entre 1585 et 1604), envoie L'alchimiste Kelley au Japon (lieu où ces pierres se trouvent en abondance) afin de ramener les pierres qui feront pencher le cours de la guerre en faveur du camp anglais.

Mythologiquement parlant, l'Amrita est un nectar d'immortalité que boivent les divinités hindouistes pour acquérir l'immortalité.

Pour en revenir à nos Dragons, Yamata-no-Orochi apparaît sous la forme de huit cous de serpent géant émergeant des flots et entourant le Château d'Azuchi. Dans la première phase du combat, une tête ornée d'une corne blanche fera face à William (les autres étant cachées par le toit et les décombres du château). La première tête vaincue, deux autres prendront sa place et dès que l'une des deux mourra, les cinq dernières têtes (chacune maîtrisant un élément différent : l'Eau, le Feu, la Terre, l'Air et la Foudre) prendront le relais, jusqu'à ce qu'il n'en demeure qu'une, qui prendra une teinte rouge noire et sera investie des pouvoirs et des résistances des autres cous.

Détail amusant : l'arène de combat est encombrée d'énormes cristaux d'Amrita. Si l'une des têtes de Yamata-no-Orochi vient à détruire l'une de ces pierres (en vous chargeant alors que vous êtes caché derrière par exemple), une énorme quantité d'Amrita s'en échappera et saoulera littéralement la tête draconique, qui s'effondrera pendant quelques instants, vous laissant là une occasion inespérée pour l'affaiblir sans essuyer le moindre revers.

Après avoir vaincu l'énorme créature, vous serez récompensé par une myriade d'armes et armures et vous pourrez même trouver dans le lot une arme appelée "Kusanagi Tsurugi" ou une "Écaille d'Orochi" qui pourra vous servir de matériau de forge.

La lame prend la forme d'un sabre à la garde bleutée et au pommeau verdâtre. Le fourreau est également de couleur bleue et trois Magatama verts (bijou japonais en forme de virgule percée d'un trou) ornent son côté.

La description de ces deux objets nous offre d'intéressants compléments d'information - et confirment que l'arme est bien celle qu'a trouvé Susanoo dans la queue centrale du Dragon - voyez plutôt :

"Épée légendaire, aussi connue en tant que Ame-no-Murakumo Tsurugi. Selon la légende, quand Susano vainquit Yamata-no-Orochi, cette épée jaillit de la queue du monstre durant son agonie. Après que Susano ait présenté l'épée à la Déesse Amaterasu, elle la confia à son tour au prince héros Yamato Takeru, en route vers l'est. Quand Takeru fut encerclé par les feux de la bataille, à l'aide de Kusanagi, il dégagea un chemin à travers les épais buissons et échappa à une mort certaine. L'épée tire son nom de cet événement, Kusanagi signifie littéralement : "fauche-herbe". Cependant, l'épée fut réputée perdue, tombée dans l'océan après la bataille de Dan-no-Ura en 1185."
- Description de la "Kusanagi Tsurugi".

"Utilisée par les forgerons dans leur travail, cette écaille a été arrachée du corps de Yamata-no-Orochi. Elle brille d'une lueur rouge changeante, et recèle dit-on une énergie qui appelle un désastre si elle n'est pas canalisée correctement."
- Description de l' "Écaille d'Orochi".

Il est également possible de trouver une autre arme liée aux mythes japonais : la "Hache de Gozutenno".

"Hache à double lame d'origine inconnue portée par le Dieu Gozutenno, protecteur du Sanctuaire Bouddhiste Jetevana en Inde. Un moine aurait rapporté la hache des Indes lors d'une mission religieuse au Japon. Elle est devenue la propriété d'Oda Nobunaga avant de tomber entre les mains du Samuraï Obsidian. Les orbes rouges et verts comme autant de perles de chapelets sont des gemmes qui invoqueraient l'énergie animale de l'Esprit Gardien du Samuraï Obsidian, l'Ours de l'Atlas."
- Description de la "Hache de Gozutenno".

Nioh - Samuraï Obsidian
Samuraï Obsidian (l'ancien serviteur d'un missionnaire chrétien fait Samouraï par Nobunaga) armé de la "Hache de Gozutenno" et accompagné de son Esprit Gardien l' "Ours de l'Atlas".

L'arme est donc liée à Gozu Tenno le Dieu de la pestilence (voir le chapitre intitulé "Susanoo le Kami des Tempêtes" pour plus d'informations à ce sujet) et le fait qu'elle provoque des dégâts supplémentaires d'Air serait peut-être une référence à la peste qui dans certains cas (la peste pulmonaire pour être précis) pouvait être véhiculée par la voie des airs.

Sorti en février 2017, "Nioh" est un Action RPG développé par la Team Ninja pour la PlayStation 4. Vous incarnerez durant votre quête le Samuraï William Adams dans sa traque pour retrouver l'alchimiste Kelley qui lui a dérobé son Esprit Gardien "Saoirse", une Merrow (Élémentaire aquatique galloise similaire aux Nixes germaniques) capable de détecter l'Amrita.

- Dans le jeu "Golden Sun : l'Âge Perdu" le groupe de Pavel en naviguant parviendra à une île (qui correspond au Japon). Dans le Village d'Izumo, les héros apprendront que l'endroit est sous la coupe d'un terrifiant Dragon appelé "Le Grand Serpent de Mikage" (ou plus simplement : le "Serpent"). Selon les habitants, la bête, furieuse d'avoir été réveillée par le bruit du festival local engloutit toutes les provisions préparées pour l'occasion. Voyant le Dragon insatiable, Madame Uzume (la figure la plus importante du village qui est également une représentation d'Uzume, la Megami de la Danse) décida d'organiser une sinistre loterie où la "gagnante" serait donnée en sacrifice au Serpent. Ironie du sort, le Destin désigna Kushinada, une amie proche de Madame Uzume et la fiancée de Susa (Susanoo donc), le jeune frère de Madame Uzume.

Golden Sun : Lost Age
Artwork pour "Golden Sun : L'Âge Perdu" représentant les quatre personnages principaux de l'épisode. De haut en bas : Piers, Cylia, Lina et Pavel.

Pour empêcher le sacrifice d'avoir lieu, Madame Uzume fit envoyer des barils emplis de poison à Dragon (il s'agit de Sake dans la version japonaise du jeu) afin d'en gaver la bête. De son côté, Susa décida d'emmener avec lui son arme, le "Fer Vaporeux" (une épée droite appelée "Cloud Brand" dans la version anglaise) pour tuer lui-même le "Serpent".

Voulant intervenir, Pavel et ses alliés se rendront au Mont Mikage (appelé aussi Mont Gaïa, pour souligner son lien avec l'Élément Terre). Au cœur du mont, ils tomberont sur le "Serpent" en train de se faire gaver par Susa de Poison à Dragon.

En arrivant au sommet du mont, ils trouveront la "Poupée Dansante", un artefact qui, une fois posé sur les autels du Mont Mikage, se met à danser, déclenchant des mécanismes qui ouvrent de nouveaux passages, illuminant la pièce où réside le "Serpent" (la lumière combinée au poison l'affaiblit et diminue grandement sa régénération de points de vie à chaque tour ou le nombre de fois où il peut vous attaquer).

En revenant dans l'antre de la bête - illuminée de toute part -, les personnages assisteront à la tentative ratée de Susa d'éliminer le "Serpent". S'ensuivra ensuite un affrontement contre le Dragon qui fera usage de son souffle empoisonné ou d'attaques liées à la Terre (tremblements de terre, vignes tranchantes sortant du sol, ...). Une fois le combat gagné, la bête chancellera et Susa profitera de l'occasion pour lui porter le coup fatal. Le "Serpent" vaincu se changera en pierre, tandis que sa queue se transformera en une mare de liquide.

Victorieux, le groupe obtiendra la Psynergie "Sable", permettant aux personnages de se "liquéfier" pour passer sous des rochers et autres obstacles afin d'explorer de nouvelles voies. En utilisant cette Psynergie dans l'antre du "Serpent" il sera possible de se rendre au niveau de sa queue pour y découvrir le "Fer Vaporeux"... Un clin d'œil évident au mythe de Susanoo et à la Kusanagi-no-Tsurugi.

"Golden Sun : l'Âge Perdu" est un J-RPG (RPG japonais) sorti en 2003 sur Game Boy Advance. Il s'agit du second épisode de la série qui met en scène un groupe de Mystiques (des hommes capables d'utiliser la Psynergie, une capacité permettant de manifester la puissances des Quatre Éléments) dont la mission est d'allumer les quatre Phares Élémentaires pour sauver leur monde.


Grâce à l'Alchimie, les habitants de Weyard (monde où se déroule l'histoire de Golden Sun) purent faire appel à une puissance élémentaire incroyable qui leur permit de réaliser des inventions uniques ou d'édifier des cités à l'architecture sidérante. Malheureusement, certains se mirent à utiliser l'Alchimie à des fins moins honorables ; une guerre ne tarda d'ailleurs pas à se déclencher, menant Weyard au bord de la destruction. Pour empêcher l'impensable, quatre sages scellèrent l'Alchimie dans quatre Phares (chacun lié à un Élément) et placèrent les clés de ces prisons élémentaires dans un temple.

Golden Sun : Dark Dawn
Artwork de "Golden Sun : Obscure Aurore", jeu sorti en 2010 sur Nintendo DS et se déroulant 30 ans après les évènements de "Golden Sun : L'Âge Perdu"). De gauche à droite : Kiara, Matt et Terry. Le Dragon dans le fond est une invocation répondant au nom d' "Azul", tandis que les petites créatures virevoltant autour des personnages sont des Djinns, des créatures élémentaires capables de renforcer et de modifier les pouvoirs des Mystiques.

L'histoire se déroule des siècles plus tard, lorsque le "Temple de Sol" est pillé par un groupe voulant allumer les quatre Phares. Chargé de récupérer le bien volé, Vlad, un habitant de Val - le village censé garder le mont où a été creusé le temple - traquera au bout du monde les pillards.

Le second chapitre de l'histoire démarre avec Pavel et son groupe, peu avant que le second Phare ait été allumé...

- La trilogie "Dark Souls" (licence de From Software qu'il est inutile de vous présenter à nouveau vu tous les articles qui lui sont consacré) possède une histoire fort complexe (dont il faut boucher les trous avec des suppositions et hypothèses) où les mythes et le symbolisme y ont une place de premier choix !

La cinématique d'intro de "Dark Souls" nous montre Gwyn, le Seigneur Solaire - et les autres détenteurs des "Âmes des Seigneurs" - en train de livrer bataille aux Dragons Anciens - à grand renfort de "Foudre Solaire" - pour que s'achève l' "Âge des Anciens" et que commence l' "Âge du Feu".

Cette lutte rappelle fortement le motif du "Chaoskampf" (pour plus de détails à ce sujet, reportez-vous au chapitre intitulé "Symboliques de Yamata-no-Orochi"). Gwyn, futur chef du panthéon des dieux, maniant la foudre, défie les Dragons pour briser l'ordre établi et amener un nouvel âge où les dieux règneront. La différence est que cette fois, les Dragons ne représentent pas le Chaos, ils sont les gardiens d'un monde informe, figé dans le temps, qui stagne. Tout comme le Dieu Babylonien Marduk, Gwyn et les autres dieux détruisent les Dragons pour permettre au monde de gagner une forme plus définie et viable.

Durant votre exploration du royaume de "Lordran", vous aurez l'occasion de rencontrer des Dragons (ou des créatures apparentées aux Dragons). En leur tranchant la queue, vous obtiendrez chaque fois une arme draconique unique dont vous trouverez la liste ci-dessous :

- "Épée Droite Draconique" (arme assez pratique en début de partie, vous la trouverez dans l'appendice caudal du "Red Drake" qui hante le "Village des Mort-vivants") ;
- "Hache Queue de Gargouille" (tranchez la queue d'une "Gargouille de la Cloche" - dans la "Paroisse des Mort-vivants" ou à "Anor Londo") ;
- "Grande Hache du Roi Dragon" (le "Dragon Béant" qui squatte les "Profondeurs" vous l'offrira de bon cœur si vous prenez la peine de l'amputer de ce qui dépasse de son arrière-train) ;
- "Dague de Priscilla" (obtenue en sectionnant la queue de "Priscilla la Métissée", l'hybride déesse-Dragon qui réside dans le "Monde Peint d'Ariamis") ;
- "Espadon du Clair de Lune" (découvert dans l'appendice caudal de "Seath l'Écorché", le Dragon albinos qui vous rejoindra au cœur de la "Caverne de Cristal") ;
- "Grande Épée Dragon" (il suffit de vous rendre au "Lac Cendré" et de trancher la queue du "Dragon de Pierre"... qui ne bronchera même pas lorsque vous lui aurez sectionnée) ;
- "Queue de Gardien" (la queue empoisonnée du "Gardien du Sanctuaire", une Manticore ailée qui réside au "Jardin du Sanctuaire") ;
- "Espadon d'Obsidienne"(gardée par "Kalameet, le Dragon Noir", qui hante la "Forêt Royale").

Gaping Dragon
Impressionnant mais facile à vaincre, le "Dragon Béant" ne devrait pas vous poser trop de problèmes (illustration réalisée par くわち).

Ce tranchage massif d'appendices caudaux de Dragons qui rapporte chaque fois une arme n'est pas sans rappeler la découverte de la Kusanagi dans la queue centrale de Yamata-no-Orochi. D'ailleurs, détail amusant : le nombre d'armes draconiques à découvrir - à savoir 8 - est égal à celui du nombre de têtes ou de queues du Dragon de Koshi.

Dans "Dark Souls II" - et "Dark Souls II : Scholar of the First Sin" - il vous sera également possible de sectionner la queue des Dragons Gardiens et de "Sinh, le Dragon Endormi" mais vous ne trouverez malheureusement plus de surprise à l'intérieur... Toutefois, vous pourrez tout de même découvrir plusieurs armes draconiques. En vous rendant au "Sanctuaire Draconique" et en affrontant les Chevaliers Dragons (des membres du "Serment des Vestiges Draconiques") vous aurez une petite chance d'obtenir l' "Épée du Dragon Noir", la "Grande Hache du Dragon Noir", le "Pic de Guerre du Dragon Noir" et le "Bouclier du Dragon Noir". Pour obtenir l' "Espadon du Dragon Noir", il vous faudra rejoindre le "Serment des Vestiges Draconiques" et parvenir au rang 3 pour être récompensé avec cette arme.

Kalameet the Black Dragon
"Kalameet, le Dragon Noir" (illustration réalisée - sans certitude - par Phytosart).

Le Dragon Noir associé à ces armements métalliques est bien entendu "Kalameet, le Dragon Noir", comme le précise cette description :

"La légende dit que cette épée droite aux formes étranges a été conçue grâce à la queue du Dragon Noir.

Elle dit également que c'est un combattant de renom qui lui trancha au cours d'un combat épique, et que la queue du
Dragon Noir servit par la suite à créer plusieurs armes légendaires."
- Description de l' "Épée du Dragon Noir".

Deux autres armes seront également forgeables grâce au talent d' "Ornifex" : l' "Espadon Draconique Courbé" (obtenu à partir de l' "Âme du Dragon Ancien") et l' "Ultra Espadon Ailé du Drake" (créé grâce à l' "Âme du Dragon Gardien").

La Kusanagi (et le Naginata) sera également de la partie dans chaque épisode de la série. Dans "Dark Souls", "Shiva de l'Est", le capitaine du "Serment des Chasseurs Sylvestres" manie un espadon courbe répondant au doux nom de "Murakumo". Pour l'obtenir, il vous suffira de l'occire (en n'oubliant pas son garde du corps) ou d'avoir la chance de le trouver sur le cadavre d'un des Squelettes Géants. Le "Naginata" ("Washing Pole" en anglais) sera plus simple à trouver : rejoignez le "Serment des Chasseurs Sylvestres", discutez avec Shiva au "Jardin de Noiresouche", rendez-vous au "Hameau du Crépuscule" pour l'y retrouver et, discutant avec lui vous pourrez acheter le "Naginata" ainsi qu'une foule d'autres armes uniques.

Pour rappel, "Ame no murakumo no tsurugi" (Murakumo en abrégé) était le nom d'origine de l'épée trouvée par Susanoo. L'arme sera plus tard rebaptisée par le Prince Yamato Takeru lorsqu'elle lui sauvera la mise en fauchant les herbes et ses ennemis. Vous trouverez plus de détails sur cette histoire en allant consulter les chapitres suivants : "Kusanagi-no-Tsurugi, l'Épée des Empereurs" et "La Kusanagi-no-Tsurugi à la loupe".

Dans "Dark Souls II" et "Dark Souls II : Scholar of the First Sin", la "Murakumo" pourra être achetée chez "Ornifex", le "Corbeau Démon" qu'il faudra délivrer au "Bois de l'Ombre" et que vous retrouvez plus tard dans la "Carrière de Vivepierre de Tseldora". De son côté, le "Naginata" pourra être trouvée en de multiples endroits. Dans "Dark Souls II" vous en dénicherez un exemplaire dans la "bouche" d'un "Démon de l'Avarice" (une "Mimique" si vous préférez) qui se cache au "Sanctuaire Draconique", et un autre en tuant le duo de Poursuivants (à partir du New Game++) qui hante la salle du trône du "Château de Dangleic". Pour ce qui est de "Dark Souls II : Scholar of the First Sin", le premier "Naginata" est caché dans la "Vallée des Récoltes", au fond de la dernière fosse tapissée de brouillard toxique, sur la droite. Le second "Naginata" pourra être extirpé du "Démon de l'Avarice" qui se terre au "Château de Drangleic", dans la salle où vous serez attaqué par le cheval bicéphale qui tirait le "Chariot du Bourreau".

Dans le tout récent "Dark Souls III", la "Murakumo" est détenue par "Alva, Pérégrin de la Souffrance", un Esprit Sombre qui vous envahira - si vous êtes en Seigneur des Cendres - juste avant le premier Feu de Camp du "Donjon d'Irithyll". Pour le "Naginata", rendez-vous à "Irithyll de la Vallée Boréale", dans la partie où les Chevaliers d'Argent vous transperceront de leurs flèches (la zone après le "Grand Maître Sulyvahn"), commencez à prendre de la hauteur jusqu'à la première corniche. Là, vous verrez une plate-forme en contrebas avec un cadavre qui vous permettra d'obtenir les "Cendres d'un Homme de l'Est". Rapportez l'objet à la "Servante du Sanctuaire" et vous pourrez acheter la "Naginata" (ainsi que l'armure et le bouclier de Shiva) contre 7500 Âmes.

Une autre arme de grande renommée au Japon fera son entrée dans le troisième épisode de la série : l´Épée à Sept Banches, Nanatsusaya-no-Tachi (pour plus d'informations à son sujet, consulter la première des "Informations complémentaires" du chapitre intitulé "De l'histoire au mythe").

La lame sera baptisée "Épée de Morion" et vous sera offerte par "Yuria de Londor" (haut membre des "Spectres Sombres" dont le but est l'avènement de l' "Âge des Ténèbres") pour vous récompenser de l'assassinat d' "Orbeck de Vinheim" (un ancien assassin de l' "Académie Draconique de Vinheim" que vous trouverez dans le fortin de la "Route de Sacrifices").

"Cette épée difforme a été créée à l'image des tours de l'Église noire de Londor. Ses huit lames et autres pointes acérées infligent des saignements."
- Description de l' "Épée de Morion".

Comme vous avez pu le lire, l'arme de Dark Souls possède deux "branches" de plus que le modèle originel ; ces dernières sont également agrémentées de multiples pointes tranchantes. Autre différence majeure entre les deux lames : l' "Épée de Morion" est dotée d'une garde (de style occidental), contrairement à Nanatsusaya-no-Tachi.

Si vous souhaitez obtenir cette fameuse arme sans avoir à tuer le pauvre Orbeck, il vous suffira d'acheter toutes les Sorcelleries qu'il vous propose (n'oubliez pas celles qu'il faut débloquer avec des parchemins), le laisser quitter le "Sanctuaire de Lige-feu", battre le duo "Lorian, le Prince Aîné" et "Lothric, le Prince Cadet", revenir aux "Grandes Archives" et ramasser les "Cendres d'Orbeck" sur le cadavre assis face à une table. Vous n'aurez plus qu'à ramener ses restes à Yuria pour obtenir votre petit cadeau.

Vers la fin des "Grandes Archives", juste avant l'escalier menant au repaire du Prince Lothric et de son frère, Lorian, vous devrez faire face à trois NPC (Personnages Non Joueurs) agressifs. L'un d'eux, La "Main noire Kamui", vous attaquera avec son "Arc Composite" et ses deux sabres. En l'abattant, vous obtiendrez "Onikiri et Ubadachi" ("Trancheur d'Oni" et "Lame de la Vieille Dame"). Onikiri est un Katana que vous maniez de la main droite, tandis qu'Ubadachi semble être un Wakizashi (plus court et formant avec le Katana le Daisho).

Je vous recommande de lire le chapitre intitulé : "Le sabre japonais" si vous souhaitez en apprendre plus sur le Katana et le Wakizashi.

Toujours dans "Dark Souls III", vous trouverez un mécanisme actionnant une cloche dans le "Pic du Dragon Ancien" (les ruines du "Sanctuaire Draconique" de "Dark SoulS II"). En l'activant vous déclencherez une tempête qui recouvrira la zone et vous permettra d'accéder au plus redoutable duo de Boss du jeu : Le "Roi des Tempêtes" (un énorme Drake des Tempêtes) et le "Roi Sans Nom" (le Premier-Né de Gwyn qui a trahi les siens pour rejoindre le camp des Dragons Anciens).

Nameless King - Dark Souls III
Création de Wojtek Depczyński représentant le "Roi Sans Nom" maniant sa "Lance d'Arrêt de Tueur de Dragons".

De nombreux éléments font que ces deux redoutables adversaires sont reliés à Susanoo et au Dragon Yamata-no-Orochi. Le titre de "Roi des Tempêtes" qui rappelle celui de notre bien connu Kami ombrageux, le Dragon que le "Roi sans Nom" chevauche, la tempête qui balaie la zone tant que vous n'avez pas vaincu le Boss, les traits de foudre que votre adversaire vous jettera durant tout le combat et enfin son arme, la "Lance d'Arrêt de Tueur de Dragons", dont voici la description :

"Une arme de chasseur de Dragons dont la création remonte à l'Âge des Dieux. C'est la plus ancienne d'entre les Lances d'arrêt, et elle peut tout à la fois servir de Lance et d'Épée.

Son ancien propriétaire était le
Roi Sans Nom, un chasseur de Dragons considéré comme une divinité. Cette arme est porteuse des pouvoirs de la foudre, dont le Roi Sans Nom était lui-même l'héritier."
- Description de la "Lance d'Arrêt de Tueur de Dragons".

L'arme est à la fois une lance et une épée. Peut-être pour rappeler l'illustre Kusanagi qui relie le Kami au Dragon.

Dans une moindre mesure, le lien du "Roi Sans Nom" avec la foudre fait également penser à Raijin (ou Raiden), le Kami de la Foudre. N'oublions pas le design de ce Boss dont la tenue rappelle celle des Asura (ou Ashura) japonais : les cheveux dressés comme une langue de flamme et ornée d'une tiare ou couronne, les pieds nus, les avant-bras décorés de bracelets, sans parler du fait que cet adversaire était à l'origine un Dieu de la Guerre.

Le "Roi Sans Nom" est le fils de Gwyn, une divinité de la guerre qui a trahi les dieux pour rejoindre le camp des Dragons Anciens. Pour punir cet acte, son nom a sombré dans l'oubli (on peut voir ça comme un bannissement du panthéon de Lordran). Sa statue brisée est présente dans chaque épisode de Dark Souls. Celle-là même qui permettait de rejoindre le "Serment Solaire" (ou le "Serment des Héritiers Solaires" pour le deuxième opus).

The Nameless King and the King of the Storm
Représentation colorée du "Roi sans Nom" juché sur le "Roi des Tempêtes" (création de Re:DYE).

Les Asura sont des divinités guerrières (considérées à tort comme des Démons) issues de l'Hindouisme et réputées pour avoir un caractère changeant. Ils sont souvent représentés dotés de six bras et de trois visages. Leurs traits sont parfois sereins mais certaines statues arborent une expression rageuse rehaussée de longs crocs et d'une chevelure pareille à une langue de flamme.

- "Megami Tensei" ("Réincarnation de la Megami"), ainsi que ses nombreuses variantes et spin off (principalement des RPG très populaires au Japon), font souvent référence - entre autres - à la mythologie shintoïste et bouddhiste.

"Yamata no Orochi" ou "Orochi" (qui porte parfois le nom d' "Octorex") apparaît dans la plupart des épisodes de la série (comme Boss ou comme "Persona"). La créature - considérée comme un Démon - apparaît souvent comme un énorme serpent vert à huit têtes, d'autres fois comme un ophidien doté d'une seule tête. Dans d'autres versions, le "Démon" est de teinte mauve, rouge ou dorée. En tant qu'adversaire, "Orochi" a la particularité de pouvoir attaquer huit fois par tour.

Yamata-no-Orochi - Shin Megami Tensei
Représentation de "Yamata-no-Orochi" issue de "Shin Megami Tensei".

Dans "Megami Tensei", l'une des mécaniques clé est de pouvoir recruter des "Démons" (il s'agit de divinités, monstres, héros et autres entités issus d'un grand nombre de panthéons) qui rejoindront votre groupe et se battront à vos côtés. Dans la série "Persona", le principe est le même, hormis le fait que les entités ("Personae") sont des manifestations de la personnalité du joueur qui résident dans l'inconscient collectif.

"Susano-O" ou "Susanoo" apparait dans la série sous la forme d'un guerrier associé à la foudre et maniant un Katana ou la fameuse Épée à Sept Branches, Nanatsusaya-no-Tachi (tout comme pour "Dark Souls", si vous désirez plus de précisions sur cette arme, il est recommandé d'aller consulter la première des "Informations complémentaires" du chapitre intitulé "De l'histoire au mythe"). Suivant les épisodes, il sera un puissant allié ou un redoutable adversaire.

Susano-O - Shin Megami Tensei II
Artwork de "Susano-O", armé de l'Épée à Sept Branches (tiré de "Shin Megami Tensei II").

De nombreux autres Kami font leur apparition dans les divers épisodes de la série (en tant que "Persona" et en tant que Boss). Comme par exemple : "Gozu-Tennoh" (qui tient un rôle majeur dans "Shin Megami Tensei III : Nocturne", où il dirige aux côtés de "Thor" - le Dieu du Tonnerre du panthéon nordique, et oui ! - un groupe de malfrats ayant pour valeur de prendre tout par la force), "Amaterasu"et "Ame no Uzume" (elles nous rejoueront l'épisode du miroir à leur façon dans "Shin Megami Tensei : Strange Journey"), "Izanagi" (l'un des personnages principaux n'est rien moins que la réincarnation de cet Esprit dans l'épisode intitulé : "Digital Devil Story : Megami Tensei") et bien entendu sa sœur "Izanami" (qui incarnera le véritable Boss final de "Persona 4"). Bref, les références à la mythologie shintoïste (entre autre) ne manquent pas dans cette série.

Gozu-Tennoh - Shin Megami Tensei III : Nocturne
Artwork de "Gozu-Tennoh" (ou Gozu Tenno si vous préférez) tiré de "Shin Megami Tensei III : Nocturne".

Pour de plus amples informations sur le Kami de la pestilence Gozu Tenno, veuillez consulter le chapitre intitulé : "Susanoo le Kami des Tempête".

"Megami Tensei" est une série de RPG développée par Atlus et basée sur des romans de science-fiction (écrits par Aya Nishitani). Le premier épisode sortira en 1987 sur Famicom (console créée en 1983 par Nintendo). La série sera un immense succès au Japon et s'étoffera de multiples épisodes et séries dérivées (Devil Summoner, Persona, Devil Survivor, ...).

- Le Dragon à huit têtes (désormais bien connu) est un des personnages centraux de la série des "Warriors Orochi". Il apparait dans son propre rôle sous le nom d' "Orochi" (puis "Orochi X" dans le second jeu). La créature ressemble à un énorme guerrier à peau bleue veinée de noir, engoncé dans une armure ornée de têtes de serpents et maniant une faux massive qui semble être partiellement faite de pierre.

Connu autrefois sous le nom de "Yinglong" (Dragon Céleste et divin issu de la mythologie chinoise et associé à la pluie), "Orochi" était un puissant général au service de l' "Empereur Céleste" (qui pourrait être Shang Di, un dieu majeur de la Dynastie Shang - Chine - censé régner sur toute chose). Trompé par l'ennemi, il se mit à croire que son souverain contrôlait les Démons à l'aide d'un miroir magique. Il se rebella contre l' "Empereur Céleste" et fracassa l'artefact, qui en réalité avait pour rôle d'emprisonner les créatures malfaisantes. En brisant l'objet, une vague d'énergie noire l'enveloppa, faisant de lui une créature puissante vouée au Chaos.

Emprisonné pour ses crimes. "Orochi" sera libéré par des alliés plusieurs millénaires plus tard. Décidé à tester la force des héros et champions de la Période des Trois Royaume de Chine (220 à 280) et de la Période Sengoku du Japon (1477 à 1573), il les invoquera dans un monde créé par ses soins (qui rassemble divers paysages et structures de l'Asie) et leur livrera bataille, accompagné de ses légions démoniaques. Il sera finalement vaincu par un coalition des armées héroïques de la Chine et du Japon.

Dans "Warriors Orochi II", le Dragon sera ressuscité et portera le nom d' "Orochi X". Il mènera à nouveau les forces du Chaos pour finir à nouveau vaincu.

La dernière défaite d' "Orochi" provoquera - dans "Warriors Orochi III"- l'apparition de l' "Hydre" un Dragon gigantesque doté de huit têtes de serpent cornues. Cette puissante entité serait une manifestation physique du monde créé par "Orochi", avec pour unique motivation le désir d'apporter la mort et la ruine.

Les huit têtes vaincues par les armées héroïques, l' "Hydre" se séparera en huit combattants à la semblance d' "Orochi" pour finalement se reformer en une incarnation de l'ancien Dragon humanoïde. Enfin vaincue après cet affrontement, la mort de la créature provoquera également la fin de ce monde, né de la volonté de son créateur.

En plus d'être souvent le Boss final de "Warriors Orochi", le Dragon peut être parfois joué sous sa forme guerrière.

Le Kami des Tempêtes sera aussi de la partie dans "Warriors Orochi III" sous le nom de "Susano'o". Il mènera un groupe de divinités dont la tâche est de traquer "Da Ji" (l'un des noms de Tamamo-no-Mae, la Kitsune malfaisante évoquée dans l'annexe consacrée au jeu "Okami de cet article) et d'abattre l' "Hydre".

Au combat, "Susano'o" manie la Kusanagi. Le nom de l'arme change selon son augmentation de rang mais plusieurs font référence à l'artefact légendaire : "Gathering Clouds" (plus ou moins : "Nuages Unifiés", en rapport avec le texte qui précise que la queue du Dragon, où se trouvait l'arme, était toujours enveloppée de brume), "Tsukuyomi" (nom du Kami de la Lune) et "Orochi Slayer" (littéralement : "Tueuse d'Orochi" ou "Tueuse de Serpent").

De son côté, la Kami Solaire aura moins de chance dans la distribution des rôles puisqu'elle se retrouva sous la forme d'un Dotaku (cloche de bronze japonaise ornementée) manié par Himiko et capable de cracher des boules de lumière. L'artefact porte d'ailleurs des noms évocateurs comme "Goddess of Light (littéralement : "Déesse de Lumière") et "Amaterasu" (pour sa forme finale).

Himiko ou Pimiko était une reine japonaise du IIème siècle connue - via certains textes - pour avoir la capacité de contrôler magiquement l'esprit des gens. La croyance populaire veut qu'Himiko soit Amaterasu elle-même.

"Warriors Orochi" est une série de jeux crossover (rassemblant les personnages de "Dynasty Warriors" et "Samurai Warriors" dans un univers parallèle. De type Hack and Slash, les jeux vous font incarner une série de héros de Chine et du Japon (trois par "match") qui se retrouvent en plein champ de bataille. Le but sera, le plus souvent, de vaincre ou capturer les chef ennemis en vous taillant un chemin dans l'armée adverse.

- L'histoire de certains personnages de la série de Jeux de Combat "The King of Fighters" est inspirée du mythe de Yamata-no-Orochi.

"Orochi" (l'un des adversaires principaux de la licence) était à l'origine une entité divine qui se donnait le nom de "Volonté de Gaïa" (divinité primordiale chtonienne issue du panthéon gréco-romain). Née de la terre, le rôle de cette déité était de maintenir l'équilibre entre la Nature et les hommes. Au fil du temps, "Orochi" rallia des adeptes à sa cause et ne tarda pas à former un clan dont les huit membres les plus puissants reçurent le titre de "Hakkesshu".

Avec le temps, l'humanité crut en nombre et le fragile équilibre se brisa. Ne pouvant tolérer la destruction engendrée par les humains, "Orochi" décida qu'il fallait balayer cette nuisance de la surface de la terre. Utilisant ses pouvoirs issus de la Nature elle-même, il prit les armes avec son clan et défia l'humanité toute entière. Le conflit se termina lorsque les clans "Kusanagi", "Yata" et "Yasakani" employèrent trois artefacts pour vaincre et sceller "Orochi" et ses "Hakkesshu".

1800 ans plus tard, "Orochi" reviendra sur Terre en possédant le corps d'un humain et prenant la forme d'un jeune homme tatoué de motifs bleutés et à la chevelure blanche.

Comme autre personnage, citons également "Kyo Kusanagi", un lycéen turbulent faisant partie du "Clan Kusanagi". Cette famille qui garde l'épée légendaire semble également liée à Amaterasu puisque certains membres sont capables d'employer la pyrotechnie (sans parler de leur blason qui représente un soleil).

- Dans le jeu "SMITE", vous aurez la possibilité de jouer une foultitude de déités dont certaines venant du Shintoïsme. En plus de Raijin (le Kami du Tonnerre), vous trouverez trois Esprits qui vous ont longuement été présentés dans les chapitres précédents.

- Amaterasu, la Brillante Lumière ("The Shining Light") :

La Déesse du Soleil, "Amaterasu", était adorée de tous. Jaloux de sa popularité, son frère, "Susano" déchaîna sa colère sur ses rizières et son métier à tisser. Atterrée par le comportement de son frère, "Amaterasu" alla se cacher dans une profonde caverne, scellant l'entrée avec un lourd rocher et laissant son royaume sombrer dans les ténèbres.

À l'abri des atrocités du monde, "Amaterasu" demeura un long moment dans la grotte, jusqu'au jour où elle entendit des rires et des danses provenant de l'extérieur. Écartant les rochers qui bloquaient l'entrée, "Amaterasu" fut éblouie par un splendide miroir de bronze qui lui renvoya son reflet. Aveuglée, la déesse se dirigea à l'oreille vers les chants et des mains surgirent de l'obscurité pour la sortir de sa retraite. Face à elle se tenait des centaines d'amis, menés par "Usume" {Uzume}. La Déesse de la gaieté s'était perchée sur une grande cuve, la frappant des pieds pour provoquer un rythme erratique incitant ses pairs à danser. Amusée par la scène, "Amaterasu" Sourit et la lumière rayonna de nouveau sur le monde.

Amaterasu - SMITE
Artwork de Simon Eckert représentant "Amaterasu" accompagnée des Trois Trésors Impériaux du Japon (la Kusanagi dans sa main, Yasakani no Magatama à son cou et Yata no Kagami dans son dos).

Accompagnée de son miroir sacré (le Yata no Kagami) et armée de la Kusanagi-no-Tsurugi, "Amaterasu" est un personnage centré sur le combat au corps à corps. Sur le champ de bataille, elle affaiblit ses adversaires à l'aide de sa lame de lumière, renforce ses alliés grâce à la puissance de son joyau et diminue les dégâts qui lui sont infligés lorsque son miroir est chargé.

- Susano, le Dieu de la Tempête d'Été ("God of the Summer Storm") :

Censé régner sur le monde, "Susano" s'est vu banni aux Enfers par son père (Izanagi) pour ses mauvais penchants (il est présenté comme un dieu mauvais, colérique et destructeur).

Susano - SMITE
Artwork de "Susano", le Sabre de Dix Longueurs (ébréché par l'appendice caudal du Dragon).

obéissant aux ordres de son père, "Susano" fait route sur terre uniquement armé de son Sabre de Dix Longueurs. En chemin, il rencontre un vieux couple pleurant sur le sort de leur fille, censée servir de sacrifice au Serpent à huit têtes. Voulant prouver sa valeur à son géniteur, "Susano" décide de tuer la bête en installant un piège. Il place huit collets accompagnés de huit cuves emplies de Saké aromatique pour l'appâter. Attiré par l'odeur, la créature plonge ses huit gueules dans les récipients et se retrouve les têtes prises dans les collets. Profitant de son avantage, "Susano" tranche les cous un à un et frappe la queue du Serpent. Étrangement, l'arme ricoche et s'ébrèche au contact de l'appendice caudal. À l'intérieur de la bête, "Susano" découvre une épée (la "Kusanagi-no-Tsurugi") qu'il offre à sa sœur, "Amaterasu".

Sans surprise, "
Susano" est un personnage qui dans le jeu peut commander aux vents et aux tempêtes. Il est donc capable de générer des boules de foudre, des tornades ou autres nuages orageux.

- Izanami, la Matrone de la Mort ("Matron of the Dead") :

En donnant naissance à un dieu du feu, le corps d' "Izanami" fut gravement brûlé. Son époux, "Izanagi", tenta de l'aider, mais en vain. "Izanami", le corps noirci, succomba à ses blessures.

Voulant secourir l'âme de son aimée, "Izanagi" voyagea jusqu'au "Yomi", le royaume des ténèbres et de la mort. Dans ce sombre labyrinthe, il chercha son épouse, pour finalement la trouver cachée dans les ombres. Il l'implora de retourner avec lui mais elle refusa, expliquant qu'elle ne pouvait revenir après avoir mangé les fruits qui poussent au "Yomi". Voyant qu' "Izanagi" ne cèderait pas, elle accepta pourtant de le mener voir les "Dieux du Yomi" afin de plaider sa cause.

Elle lui demanda de le suivre et de ne pas produire de lumière car ce royaume ne pouvait être vu des vivants. Pressentant quelque chose de funeste, "Izanagi" trahit sa parole et alluma une torche, dévoilant à ses yeux un spectacle terrifiant. Sa ravissante compagne n'était plus désormais qu'un cadavre pourrissant rongé par les vers. Horrifié, "Izanagi" s'enfuit pour échapper à cette vision d'horreur.

Izanami - SMITE
Artwork d' "Izanami" réalisée par Andy Timm.

Poursuivi par sa compagne furieuse, "Izanagi" regagna l'entrée du "Yomi" au triple galop et poussa un énorme rocher pour en sceller l'entrée. Trahie et maudite, "Izanami" hurla rageusement à son époux qu'elle prendrait cent vies chaque jour pour lui faire payer la promesse qu'il venait de briser.

Depuis, "Izanami" n'a pas manqué un jour à sa parole d'amener de nouvelles âmes au "Yomi". Pire ! La guerre a fini par briser le rocher qui scellait l'entrée du royaume souterrain, permettant à la déesse de s'extirper de sa prison pour assouvir sa vengeance.

Armée d'une paire de faucilles (probablement inspirées des Kusarigama - arme blanche japonaise utilisée par les paysans pour se défendre et composée d'un manche droit orné d'une lame courbe d'un côté et d'une chaîne terminée par un boulet de l'autre) "Izanami" affronte ses adversaires à distance en lançant ses armes qui tournoient avant de revenir entre ses mains. Son lien étroit avec l'Autre-Monde lui permet de se rendre invisible, de terroriser l'ennemi et d'infliger de graves dommages lorsqu'elle est aux portes de la mort.

Sorti en 2014 sur PC, PlayStation 4 et Xbox One, "SMITE" est un MOBA (jeu d'arènes de bataille, multijoueur et en ligne) où les joueurs s'affrontent sous la forme de dieux, héros et créatures provenant de divers panthéons mythologiques (grec, romain, nordique, égyptien, hindou, chinois, japonais et maya).

Le gameplay d'une partie dépend du mode de jeu choisi, mais globalement, les joueurs s'affrontent en équipe sur une carte où apparaissent des
NPC (personnages non-joueurs) neutres qui permettent de grappiller des bonus.

- Le Boss final de "Shadow Hearts : Covenant" (un JRPG sorti en 2004 sur PlayStation 2) n'est nul autre que le Kami des Tempêtes "Susano-O". Il apparaît sous la forme d'un "Démon" en armure flottant dans les airs et assis en position du lotus. Il est également protégé par les Trois Trésors Impériaux du Japon : la "Gemme Yasakani" (Yasakani no Magatama), le "Miroir Yata" (Yata no Kagami) et l' "Épée Kusanagi".

- Dans le JRPG "Tales of Symphonia" (sorti en 2003 sur Gamecube et sur PlayStation 2 - uniquement au Japon), "L'Élite des Enfers" ("The Elite From the Underworld") est une quête secondaire où il vous faudra affronter trois "Sword Dancers" (Danselame, une sorte de squelette cornu doté de quatre bras et armé de sabres et d'épées divers et variés). Chaque victoire vous permettra d'obtenir l'un des Trois trésors Impériaux du Japon. Dans l'ordre, vous trouverez le "Miroir Yata", le "Joyau Yasakani" et l' "Épée Kusanagi".

- Sorti en 2004 sur PlayStation 2 et XBox, "Samurai Warriors" (appelé aussi "Sengoku Musou") est un Hack and Slash avec un côté tactique. Le jeu se déroule au Japon, durant la Période Sengoku (1477 - 1573). Vous y incarnez un officier en pleine guerre, dont l'objectif de mission revient souvent à vaincre le général ennemi. Outre le fait qu'une foultitude de personnages importants de l'histoire du Pays du Soleil Levant soient présents, certaines armes "ultimes" feront référence à d'illustres artefacts ou Kami. En voici quelques exemples :

"A spear that embodies the power of the God of Destruction."
- Description de la lance "Susano".

Traduction :

"Une lance qui personnifie le pouvoir du Kami de la Destruction."
- Description de la lance "Susano".

"The pike said to belong to Izanagi, one of the Gods of Creation."
- Description de la pique double "Izanagi".

Traduction :

"La pique qui aurait appartenu à l'un des Kami de la Création."
- Description de la pique double "Izanagi".

"The blade that was used to slay Orochi, the Great Serpent."
- Description de l'épée "Orochi" (maniée par "Nobunaga Oda").

Nobunaga Oda - Samourai Warriors
Artwork de "Nobunaga Oda" tiré du jeu : "Samourai Warriors II".

Traduction :

"L'épée qui a été utilisée pour tuer Orochi, le Grand Serpent."
- Description de l'épée "Orochi" (maniée par "Oda Nobunaga").

"Said to be crafted from the tail of the Great Serpent Orochi."
- Description de la lame des vagues "Murakumo".

Traduction :

"Aurait été forgée à partir de la queue du Grand Serpent Orochi."
- Description de la lame des vagues "Murakumo".

"The Goddess Kushinada is said to have shape-changed into this blade."
- Description de la dague "Kushinada".

Traduction :

"La Megami Kushinada se serait métamorphosée en cette lame."
- Description de la dague "Kushinada".

L'arme "Kushinada" est une référence à l'épisode où Susanoo transforme sa promise en épingle à cheveux pour éviter qu'elle ne se fasse dévorer par le Dragon.

Oda Nobunaga (1534 - 1582) était un Daimyo de la Période Sengoku. Ce chef de guerre a passé la majeure partie de sa vie sur les champs de bataille, il est également connu comme l'un des trois unificateurs du Japon de cette époque troublée.

- Au cœur d'un donjon de "Valkyrie Profile" (un JRPG au tour par tour sorti en 1999 sur la PlayStation), il sera possible de récupérer la "Soul Sword - Kusanagi" (plus ou moins : "L'Épée des Âmes - Kusanagi"). L'arme aurait la propriété de tuer instantanément toute créature sensible aux dommages sacrés.

- Dans le jeu "Monster Hunter 4 Ultimate" (un Action RPG sorti en 2014 au Japon et en 2015 en Europe et en Amérique du Nord), il est possible de se forger un Naginata (considéré dans le jeu comme faisant partie de la famille des épées longues) appelé "Susano" ("Susano-o" en anglais) à partir de morceaux de Dah'ren Mohran. En voici la description :

"Lame offerte à un chef de guerre oriental. Le soleil ondule sur sa pointe."
- Description de "Susano".

Monster Hunter - Dah'ren Mohran
Illustration de Joseph Putra Wibawa représentant le Dah'ren Mohran (un Dragon Ancien titanesque) en train de jaillir des sables.

La "Dague Centenarienne", un Katana (considéré également comme une épée longue) orné de dents ou de griffes semble également lié au Kami des Tempêtes et à son adversaire draconique. Voyez plutôt :

"Présent honorifique de la Guilde, sa lame trancherait la queue de Lao-Shan"
- Description de la "Dague Centenarienne".

Ce texte fait bien entendu référence à la Kusanagi, cachée dans l'une des queues du Dragon de Koshi. L'arme en évoluant sera d'ailleurs appelée : la "Lame Susano".

"Lame ancienne remise par les anciens de la Guilde. Recèle l'âme d'un tueur de Dragon."
- Description de la "Lame Susano".

Édité par Capcom, "Monster Hunter" est une série de jeux où le personnage incarne un chasseur dont la tâche principale est d'accomplir des quêtes pour la Guilde. Il s'agira donc d'aller collecter des minéraux, de pêcher, de ramener certains objets, de tuer des créatures "nuisibles" mais surtout de capturer ou tuer des monstres de plus en plus gigantesques et redoutables (leur aspect est souvent inspiré de celui des Dragons, dinosaures, reptiles marins, reptiles volants et autres bestioles particulières qui peuplent - ou peuplaient - le règne animal).

Vaincre des monstres vous permettra de collecter des ressources (dents, peau, tête, ...) qui vous donneront l'opportunité de forger armes et armures. Pour avoir une chance de récolter certains matériaux, ils vous faudra trancher ou détruire certaines parties de votre adversaire - de préférence sans le tuer. Par exemple, trancher la queue d'un "Rathalos" (créature inspirée de la Wyverne) augmentera grandement vos chances d'obtenir son appendice caudal dans les récompenses de fin de quête (ou lorsque vous dépècerez cette dernière).

Si le concept de base semble simpliste - démarrer une quête, tuer la bête, récolter votre récompense -, le jeu est loin de l'être... Il vous faudra apprendre à vous familiariser avec une arme (chaque famille à son maniement propre), comprendre comment poser des pièges, capturer un monstre (en l'endormant), ... et surtout apprendre les faiblesses de chaque monstre, connaître les parties pouvant être détruites, sans oublier de mémoriser les patterns de ses attaques - savoir comment fonctionne basiquement les différents coups de l'ennemi.

Bref, si le précédent chapitre ne vous a pas découragé, je vous recommande de tester l'un des épisodes de cette licence exigeante mais également gratifiante.

- Dans "Fire Emble Fates - Héritage" (un Tactical RPG sorti au Japon en 2015 et en Europe en 2016) et "Fire Emblem Fates - Révélation", il vous sera possible de recruter "Orochi", une devineresse d'Hoshido de noble lignage, servant la Reine Mikoto (la mère du héros ou de l'héroïne) en tant que conseillère.

Le nom de ce personnage enjoué - "Orochi" - fait très certainement référence au Dragon Yamata-no-Orochi.

Les trois épisodes de la série vous feront visiter Izumo, une région d'Hoshido considérée comme étant la terre des dieux, que le héros et son groupe, visite afin de rencontrer le Duc Izana.

Izumo est bien entendu lié à l'ancienne Province d'IzumoSusanoo à livré bataille pour ensuite fonder la Dynastie d'Izumo (terre des Kami donc) et il est probable que le nom d' "Izana" soit le diminutif d'Izanagi (père du Kami des Tempêtes) ou d'Izanami (épouse et sœur d'Izanagi que Susanoo a tant pleuré).

"Fire Emblem Fates - Conquête" vous livrera une autre petite référence mythologique. Vers les derniers chapitres du jeu (le Chapitre 23 pour être précis), alors que vous approchez de la capitale du Royaume d'Hoshido, il vous restera un dernier obstacle à franchir : la "Muraille de Suzanoh". Un nom bien évidemment fort proche de celui du Kami des Tempêtes.

Dernier détail, au niveau 15, la classe de "Chevalier Kinshi" (cavalier d'élite d'Hoshido maniant l'arc et le Naginata, perché sur un Kinshi - milan doré) apprend automatiquement le Talent "Amaterasu". Ce don permet aux alliés distants de deux cases de l'unité, de regagner 20 pourcents de leurs points de vie au début de chaque tour.

Le milan doré est décrit dans le "Nihon Shoki" (ouvrage décrit dans la première partie, au chapitre intitulé : "Kami et Shintoïsme") comme un messager des Kami qui aida l'Empereur Jinmu (premier empereur légendaire du Japon) à triompher de ses ennemis lors d'une bataille.

Fire Emblem Fates - Kinshi Knight
Artwork du "Chevalier Kinshi".

Dans cet épisode de la série des Fire Emblem, votre avatar se trouvera face à trois choix : rejoindre le Royaume d'Hoshido, votre patrie natale, pour lutter contre la belliqueuse nation de Nohr ("Fire Emblem Fates - Héritage"), embrasser la cause de Nohr et rester auprès de votre famille d'adoption pour conquérir vos voisins ("Fire Emblem Fates - Conquête") ou ne choisir aucun camp et rester "neutre" ("Fire Emblem Fates - Révélation"). La première voie vous permettra d'acquérir beaucoup d'or et d'expérience avec des unités typées "Japon féodal", la seconde se révélera plus ardue avec des personnages aux armes et armures plus occidentales et enfin, la dernière vous donnera l'opportunité de recruter la plupart des personnages des deux factions avec en supplément des révélations supplémentaires (d'où son nom).

Fire Emblem Fates
Artwork de "Fire Emble Fates" représentant les personnages principaux de Nohr (à gauche) et d'Hoshido (à droite).

- "For Honor" est un Jeu de Combat édité par Ubisoft et censé sortir en 2017. Ce jeu vous permettra d'incarner un combattant issu de trois factions : les "Chevaliers", les "Vikings" et les "Samouraïs"...

Dans le camp des "Samouraïs", on retrouve une classe appelée l' "Orochi". Il s'agit - ô surprise - de Samouraï armés de Katana et revêtus d'armures traditionnelles. Ces guerriers sont présentés comme des assassins au service de l'empereur et faisant appel à la discrétion (chose peu crédible vu qu'ils portent 10 à 20 kilos d'armure sur le dos) ou à des techniques sournoises comme l'utilisation de poison.

Leur nom n'est pas sans rappeler une certaine créature à huit têtes et à huit queues qui hante la mythologie shintoïste...

- La Kusanagi est également présente dans "Dark Chronicle" (un Action-RPG japonais sorti en 2002 sur PlayStation 2). Le personnage "Monica" peut forger une arme nommée "Ama no Murakumo" à partir de la "Tsukikage" (une lame liée au Kami de la Lune Tsukuyomi).

- Il est possible de trouver l'arme sacrée dans "Baten Kaitos : Les Ailes Éternelles et l'Océan Perdu" (J-RPG au tour par tour sorti sur GameCube en 2003 au Japon et en 2005 en Europe). Elle apparaît sous la forme d'une "Magnus" (sorte de carte capable de capturer l'essence des choses - armes, équipement, magie, ...) appelée "Épée Kusanagi". Chose amusante, la description de l'objet prend quelques libertés avec le mythe, voyez plutôt :

"Claimed by the legendary Yamato Takeru after slaying an eight-headed Dragon. The Dragon's curse occasionally paralyzes the weapon's target."
- Description de la "Kusanagi Blade".

Et sa traduction :

"Revendiquée par le légendaire Yamato Takeru après avoir occis un Dragon à huit têtes. La malédiction du Dragon paralyse de temps à autre sa cible."
- Description de l' "Épée Kusanagi".

Le Prince Yamato Takeru a manié la Kusanagi et accompli de nombreux exploits mais défaire un Dragon n'est pas à compter dans sa liste de haut-faits. Si vous souhaitez en savoir plus sur son compte, je vous encourage à lire le chapitre intitulé : "De l'histoire au mythe" ainsi que ses "Informations complémentaires".

- La "Kusanagi" apparait dans l'Action-RPG japonais "NIER" (sorti en 2010 sur PlayStation 3 et sur XBox 360). L'artefact prend la forme d'une massive épée à deux mains dont l'éclat rappelle le bronze.

Description :

"A man whose fiancée was spirited away by an eight-headed beast used this sword to smite his foe."
- Description de la "Kusanagi".

Traduction :

"Un homme dont la fiancée avait été enlevée par une bête à huit têtes utilisa cette épée pour frapper son adversaire."
- Description de la "Kusanagi".

- Dans "Bravely Default" (un JRPG sorti en 2015 sur 3DS), "Susano-O" fera office d'invocation. Le Kami apparaîtra sous la forme d'un sombre et gigantesque "dieu", brandissant au clair de lune un pylône électrique en guise d'épée qu'il maniera pour envoyer une décharge de foudre sur vos adversaires.

- "Ninja Gaiden" (sorti en 2004 sur Xbox, en 2005 sur la même console pour sa réédition - "Ninja Gaiden Black" - et en 2007 sur PlayStation 3 pour un remake intitulé : "Ninja Gaiden Sigma") et "Ninja Gaiden II" (sorti en 2008 sur Xbox 360 et en 2009 pour le remake - "Ninja Gaiden Sigma 2") rendent hommage à leur manière aux artefacts du Pays de Soleil levant.

L'introduction de l'épisode "Ninja Gaiden" (probablement inspiré de "Ninja Gaiden II", sorti en 1990 sur Nes) nous décrit deux lames : L' "Épée du Dragon", un Katana forgé à partir d'un croc de Dragon et doté de pouvoirs divins et l' "Épée du Dragon Noir", une épée droite à sept branches dont la lame est gravée d'inscriptions dorées. Vous l'aurez compris, la seconde lame est fortement inspirée de Nanatsusaya-no-Tachi (une fois encore, pour plus d'informations au sujet de cette arme, veuillez consulter la première des "Informations complémentaires" du chapitre intitulé "De l'histoire au mythe").

Dans l'histoire, l' "Épée du Dragon Noir" est une arme maléfique, forgée par les Démons à partir des os d'un Dragon malfaisant. Scellée et gardée par le "Clan du Dragon" (dont fait partie le héros : "Ryu Hayabusa"), l'arme est dérobée par Doku, un Démon majeur qui a pour mission de ramener l'arme à son maître, Vigoor (divinité démoniaque des origines). Le but de l'empereur démoniaque est de briser le sceau de l'arme afin qu'elle absorbe la mort et le chaos des environs pour renforcer sa puissance jusqu'à le faire devenir le mal incarné.

Voulant récupérer l'arme,
Ryu traquera ses ennemis jusqu'à la cité impériale de Vigoor. Après moult affrontements, il vaincra l'empereur et détruira l'épée malfaisante.

Ryu Hayabusa - Ninja Gaiden
Illustration de Benjamin Widdowson représentant Ryu en train de manier son "Épée du Dragon".

L'épisode suivant - "Ninja Gaiden II" - sera centré autour d'une secte voulant ramener à la vie un Démon ancien. Pour vaincre ses adversaires, Ryu devra libérer la puissance divine de son "Épée du Dragon", grâce à l' "Oeil du Dragon". Il s'agit d'un Magatama (bijou en forme de virgule ou griffe, percé d'un trou) censé contenir l'esprit d'un Dragon. Lorsqu'on insère l'objet dans le manche de l'arme, cette dernière révèle sa véritable puissance.

Il est probable que l' "Oeil du Dragon" soit un hommage fait à l'un des Trois Trésors Impériaux du japon : le Yasakani no magatama (consultez les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Amaterasu et sa descendance" pour plus de précisions à son sujet).

"
Ninja Gaiden" est une série de jeux créée par Tecmo dont les épisodes sont souvent soit de Jeux d'Action, soit des Beat Them Up. L'histoire nous met dans la peau d'un Ninja du "Clan du Dragon" : "Ryu Hayabusa", armée de sa fameuse "Épée du Dragon".

- La licence "Pokemon" (le fameux JRPG au tour par tour joué par petits et grands) semble également avoir quelques liens avec le mythe de création du monde shintoïste.

Dans la seconde génération, l'un des deux légendaires principaux, Ho-Oh, est associé au Soleil et au feu. Son nom est inspiré du Ho-o, sorte de Phénix japonais qui lui-même dérive du Fenghuang chinois.

Cet oiseau légendaire - originaire de la Région de Jotho - résidait autrefois au sommet de la "Tour Ferraille" pendant que Lugia (autre légendaire associé aux sept mers et à la nuit) se perchait sur la Tour de Cuivre (ancien nom de la "Tour Cendrée"). Un jour, la foudre frappa la "Tour de Cuivre" de "Rosalia", provoquant un incendie dans le bâtiment et forçant les deux créatures à fuir.

150 ans plus tard, votre personnage aura l'occasion de capturer ce Pokemon sous certaines conditions. Dans les versions Or, Argent et Cristal, il vous faudra récupérer l' "Arcenci'Aile" (une plume brillante appartenant à Ho-Oh) et vous rendre au sommet de la "Tour Ferraille" pour faire apparaître le majestueux volatile.

Ho-Oh Pokémon
Ho-Oh, majestueusement posé sur un Torii (qui marque l'entrée d'un sanctuaire shintoïste) et Illustré par Autlaw.

Dans les remakes de la seconde génération ("Pokemon Heartgold" et "Pokemon Soulsilver"), il vous faudra mettre la main sur le "Glas Transparent" et l' "Arc-en-ciaile" pour pouvoir accéder au sommet de la "Tour Carillon" (nouveau nom de la "Tour Ferraille") de "Rosalia". Parvenu en haut de la tour, vous verrez les cinq "Sœurs Kimono" exécutant une danse invoquant Ho-Oh.

Ho-Oh, de par son lien avec le Soleil pourrait bien être l'incarnation d'Amaterasu (et Lugia celle de Tsukuyomi, le Kami de la Lune ou de Susanoo pour sa souveraineté sur le mers). La danse exécutée par les sœurs rappelle beaucoup l'épisode où Uzume a dansé pour faire sortir Amaterasu de sa cachette et ramener la lumière sur les mondes.

- Le célèbre régent japonais Minamoto no Raiko (voir les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Kami et Shintoïsme" pour en savoir plus à son sujet) est le personnage principal d' "Otogi : Myth of Demons" ("Otogi : Mythe des Démons"), un jeu de genre Beat Them All sorti en 2003 sur XBox et développé par From Software.

Dans cet épisode, Raiko vole l'épée de son clan et, par son acte, brise la frontière entre le monde des humains et celui des Démons. Tué par la puissance libérée, Raiko est ramené à la vie dans un corps d'emprunt avec pour mission de sauver le monde des Démons.

Dans le second épisode : "Otogi 2 : Immortal Warriors" (sorti en 2005 sur XBox), Raiko est ramené à la vie par le sacrifice de ses quatre compagnons : Sadamitsu (qui dans ce jeu a les traits d'une femme), Kintoki, Suetake et Tsuna. Liés par ce sacrifice, les cinq combattants (accompagnés d'un autre personne illustre de la culture japonaise) défendront la capitale du Pays du Soleil Levant contre une horde de Démons et autres créatures fantasmagoriques issues du folklore.

- Apparue dans la Saison 2 du jeu "Killer Instinct III", Hisako est un Onryo (un défunt rongé par la jalousie ou la haine qui revient sous la forme d'un "Esprit Vengeur") qui fut autrefois une Onna-bugeisha (une femme combattante issue de la noblesse souvent formée au maniement du Naginata). Le personnage a les traits d'une jeune femme à la peau livide et aux yeux noirs, portant un kimono et maniant un Naginata. Sa façon de se mouvoir rappelle beaucoup certaines créatures issues des films d'horreur asiatiques (et inspirées du folklore).

Durant la Période Sengoku (1477 - 1573), un groupe de soldats renégats attaqua le village d'Hisako. Son père, un ancien Samouraï, tenta de les arrêter mais fut rapidement massacré. La rage au cœur, Hisako prit son Naginata et sema la mort dans les rangs adverses. Malgré sa bravoure, elle succomba sous le nombre mais son sacrifice inspira les villageois qui reprirent courage et chassèrent les intrus.

Pour honorer le sacrifice de la jeune femme et de son père, les habitants érigèrent un autel en leur honneur, n'hésitant pas à y déposer des offrandes (comme l'autel d'un Kami).

Des siècles plus tard, Ultratech (sorte de multinationale stéréotypée centrée sur le développement d'armes technologiques ou biologiques) entendra parler de la légende d'une femme spectrale censée garder les tombes d'un ancien village. Ne pouvant manquer cette opportunité d'étudier ce phénomène paranormal unique, ils souilleront délibérément l'autel et les tombes pour faire ressurgir Hisako. Furieuse de voir le village qu'elle protégeait depuis des siècles corrompu, elle traquera inlassablement les responsables pour laver son honneur.

Hisako - Killer Instinct 3
Artwork d'Hisako armée de son Naginata.

"Killer Instinct III" ou "Killer Instinct" (il s'agit en fait du Reboot de la licence) est un Jeu de Combat sorti en 2013 sur XBox One. Le scénario est grosso modo centré autour d'Ultratech, une multinationale qui travaille en surface dans l'humanitaire mais qui en sous-main crée des armes biologiques qu'elle teste lors de tournois.

Films, séries et animés :

- "Wanpaku Oji no Orochi Taiji" (littéralement : "Le Prince Espiègle et l'Extermination du Serpent Géant") est un film d'animation japonais réalisé en 1963 par Yugo Serikawa.

L'histoire est une version édulcorée et modifiée de la célèbre bataille opposant le Kami des Tempêtes au Dragon à huit têtes.

Pour résumer en quelques lignes, Susanoo, le fils d'Izanagi et d'Izanami, est dévasté en apprenant que sa mère (Izanami) est décédée. Accompagné d'un lapin nommé "Akahana", il se mettra en quête du paradis pour pouvoir parler une dernière fois à sa défunte génitrice.

Après moult aventures (que je vous laisse découvrir par vous-même), il rencontrera la "Princesse Kushinada", censée être livrée en pâture au "serpent" à huit têtes "Oroshi". Sous le charme de la jeune fille, Susanoo fera tout pour la sauver, quitte à aller affronter la bête.

Dans le dessin-animé, Yamata-no-Orochi apparaît sous la forme d'un énorme Dragon cornu à huit têtes dont la couleur varie (il est noir-bleuté à la base mais ses têtes rougissent lorsqu'il crache le feu et bleuissent lorsqu'il vomit une sorte de flamme bleutée). La tête principale semble être la seule de l'octuor qui soit couleur noir ébène.

On retrouve également l'épisode où
Susanoo saoûle la bête avec des cuves de saké mais, pour combattre son adversaire, le Kami des Tempêtes est armé de lances - ou javelines -, d'une épée courte et est juché sur un étalon qui semble capable de léviter dans les airs.

De peur de trop en dire, je ne vais guère pousser plus loin mon analyse de ce long-métrage. Je préfère vous laisser le découvrir par vous même. Vous verrez qu'il contient encore une pléthore d'éléments liés au mythe.

- "Yamato Takeru" (sorti aux États-Unis sous le nom d' "Orochi - The Eight-Headed Dragon" - "Orochi le Dragon à huit têtes") est un film japonais sorti en 1994 et réalisé par Takao Okawara.

L'histoire démarre sur la naissance de deux princes. Leur père, l'Empereur de Yamato, sent que l'un de ses fils, Osu, semble empli de haine. Sentant qu'il s'agit là d'un mauvais présage, il ordonne à un prêtre de l'exécuter. Mais, convaincue par un signe des dieux, la sœur de l'empereur demande à ce qu'on épargne le nourrisson pour qu'elle puisse l'élever comme son propre fils.

Le Prince Osu devenu adulte, son père, l'Empereur de Yamato le mande au château afin qu'il rejoigne la cour. Malheureusement, peu après, l'épouse du monarque tombe malade et décède. Ce funeste présage met en rage le frère d'Osu, qu'il rend responsable du décès de leur mère. Il attaque Osu qui l'abat pour se défendre. Atterré par la tournure des événements, l'Empereur de Yamato bannit son fils et lui demande de ne pas revenir tant qu'un barbare du Domaine de Kamuso vivra.

Voulant prouver sa valeur à son paternel, Osu part pour le Domaine de Kamuso. En chemin, il rencontre Oto, Genbu et Seriyu qui décideront de l'accompagner dans son périple. Parvenus au château des barbares, Osu et sa bande attaquent la place forte ennemie, tuent Kumaso Takeru et la divinité des lieux, Kumasogami. Pour ce haut fait, Osu changera son nom en : "Yamato Takeru".

Plus tard, sa tante (il s'agit probablement de la Princesse Yamato-hime) l'avertira qu'un danger plus grand que les barbares menace l'empire : le retour de Tsukuyomi (le Kami de la Lune). Pour prouver - enfin - à son père sa valeur et sauver le royaume, Yamato Takeru fera face à ce divin adversaire.

Outre l'histoire romancée de Yamato Takeru, on peut voir dans la bande-annonce du film, un certain nombre d'éléments liés au Shintoïsme : le Magatama verdâtre (bijou japonais en forme de virgule et percé d'un trou), l'épée ou sabre que découvre Osu (très certainement la Kusanagi-no-Tsurugi) et bien entendu, le Dragon rouge à huit têtes et cracheur de feu (que vous reconnaitrez sans aide de ma part).

Pour plus d'informations sur le Prince Yamato Takeru, veuillez consulter les chapitres intitulés : "Kusanagi-no-Tsurugi, l'Épée des Empereurs" et "De l'histoire au mythe" (ainsi que les informations complémentaires du second chapitre cité). Pour Tsukuyomi, vous trouverez des données à son sujet en vous rendant au chapitre intitulé : "Purification d'Izanagi et naissance de Kami".

- Le film "Nippon Tanjo" (film japonais de 1959, réalisé par Hiroshi Iganaki) est centré autour de l'histoire - quelque peu modifiée - du Prince Yamato Takeru (pour vous rafraîchir la mémoire à son sujet, veuillez consulter les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "De l'histoire au mythe"). Il semble également y avoir des éléments issus du mythe Shinto. On retrouve, par exemple, le rituel pour faire sortir Amaterasu de sa caverne. Yamato Takeru affronte également un Dragon à huit têtes et huit queues... des particularités anatomiques qui rappellent celles d'une créature draconique polycéphale et amatrice de saké.

The Prince Yamato Takeru
Estampe de Yoshitoshi Taiso (1839 - 1892) intitulée : "Yamato Takeru no Mikoto" et représentant - probablement - le prince en train d'affronter l'épéiste Idzumo Takeru.

- Godzilla (ou Gojira), le célèbre monstre du grand écran, a dû livrer bataille à une tripotée de monstres (Rodan, Mothra, Gorosaurus, ...) tous plus gigantesques les uns que les autres. Parmi eux, on retrouve une créature répondant au nom d' "Orochi'.

Le Dragon à huit têtes et à huit queues apparaît dans "The Godzilla Comic Raids Again" (une anthologie japonaise publiée en 1991). Alors qu'un groupe de pêcheurs se laisse porter sur l'eau en écoutant l'histoire de Yamata-no-Orochi, Godzilla surgit des flots. Orochi (n'oubliez pas de cliquer sur le lien pour voir l'image) se manifeste peu après (sous la forme d'une bête à huit cous dont les têtes semblent plus proches de la murène ou de l'anguille que du serpent) et entame un combat de titans, sous le regard médusé des pêcheurs.

Dans le premier tome de "Godzilla Rage Across Time" (un comic en cours de parution qui semble placer Godzilla à diverses périodes temporelles), Orochi est réveillé pour faucher les armées mongoles (l'histoire se déroule au XIIIème siècle, au Japon). Il sera tué par Godzilla avant même d'avoir commencé sa tâche...

Godzilla Vs Orochi
Godzilla en train d'affronter Orochi dans le comic "Godzilla Rage Across Time".

Un autre adversaire bien connu de Godzilla est également parfois apparenté au Dragon à huit tête : "King Gidorah". La créature se présente sous la forme d'un Dragon doré pourvu de trois têtes, d'une paire d'ailes et dénué de membres antérieurs.

Dans le film "Godzilla, Mothra and King Ghidorah: Giant Monsters All-Out Attack" (sorti en 2001 au Japon) King Gidorah est considéré comme une divinité de la mer. Vu comme un Yamata-no-Orochi, le monstre gardien fut vaincu par des combattants il y a des siècles et scellé sous le Mont Fuji. Des guerriers prièrent pour le repos de l'âme du Dragon qui, pendant des siècles, se régénéra, renforcé par les âmes honorables des défunts. Malheureusement, il fut réveillé avant d'avoir pu faire repousser toutes ses têtes et dût faire une croix sur cinq de ses caboches.

Apparu en 1954, Godzilla est l'une des emblèmes des films Kaiju. Dernier représentant d'une espèce de dinosaure ("Godzilasaurus") ou monstre amphibie préhistorique, Godzilla est exposé à des radiations nucléaires qui le font muter et lui confèrent sa taille gigantesque. Le monstre (apparu peu après le bombardement d'Hiroshima et Nagasaki) incarne la crainte des Japonais de voir un jour une telle catastrophe se reproduire.

Kaiju (littéralement : "Bête Étrange" ou "Bête Mystérieuse") désigne les créatures étranges, en particulier les monstres géants dont les Japonais sont friands. "Kaiju Eiga", littéralement : le "Cinéma de Monstres", mettait en scène à l'origine des acteurs engoncés dans des costumes (au réalisme douteux) qui se déchaînaient sur des maquettes de villes...

List of the Kaiju
Petit bestiaire, illustré par Jaroslav Kosmina, présentant les Kaiju de "Godzilla" et d'autres univers (vous pouvez voir King Gidorah en bas à droite).

- Le manga et la série "Nura : Le Seigneur des Yokai" (ou "Nurarihyon no Mago") met en scène une pléthore de Yokai et références tirées du Shintoïsme.

Le personnage incarnant le Yokai Gyûki (ou Ushi-Oni) est secondé par deux Yokai nommés "Gozumaru" et "Mezumaru" (parfois appelés aussi Gozu et Mezu). D'apparence humaine, ils sont vêtus de kimono. Mezumaru quant à lui, porte un crâne de bovidé (à six cornes) en guise de couvre-chef.

Nanatsusaya-no-Tachi (voir les "Informations Complémentaires" du chapitre intitulé : "
De l'histoire au mythe") apparaît sous la forme d'une épée de bois à sept branches (les sept rameaux qui pourfendent le mal). L'arme aurait appartenu au moine En-no-Ozunu. Il s'agit probablement d'une fausse relique puisque l'objet a été acheté en ligne sur le Web et tombe en morceaux peu après...

"Awashima" est dans le manga un Yokai faisant partie des Amanojaku. De sexe masculin le jour et de sexe féminin la nuit, l'être porte le nom du second enfant d'Izanami et d'Izanagi : Awashima, un Kami abandonné par ses parents et qui n'est ni un garçon ni une fille (selon le manga). Il manie également une lance à trois dents (qui fait - peut-être - référence à Ame no nuhoko, la lance d'Izanagi) et se sert de deux techniques liées aux deux Kami majeurs : "Parfaite Maternité Izanami" et "Parfaite Paternité Izanagi". Étrangement, Izanami est décrite comme étant une déesse et Izanagi un "Démon enragé".

Amanojaku est une sorte de petit Oni capable de pousser les gens à commettre de mauvaises actions en rapport avec leurs vices cachés. Cette créature est probablement inspirée de la terrible Amanozako (voir le chapitre intitulé : "Susanoo le Kami des Tempêtes", pour plus d'informations à ce sujet) dont le modus operandi (mode opératoire) est similaire à celui de ce petit Yokai.

Pour plus d'informations sur la Megami Awashima, veuillez vous rendre au chapitre intitulé : "Premières naissances de Kami". Vous trouverez quelques données à son sujet sous le nom d'Ahaji.

"Nura : Le Seigneur des Yokai" est un manga de type Shonen (adapté en anime depuis 2010). L'histoire met en scène Rikuo Nura, un adolescent à la fois humain et Yokai qui doit prendre la place de son grand-père à la tête du "Clan Nura" (un clan composé uniquement de Yokai et dont les membres ont un code de conduite similaire à celui des Yakuza). Ne voulant d'abord pas de cette place, il se rendra compte, au fil des épisodes, qu'il se doit de devenir le nouveau chef de clan s'il veut protéger ses proches.

- Dans le manga et l'anime "One Piece", l'un des trois trois Amiraux de la Marine (force militaire navale du "Gouvernement Mondial"), "Borsalino" (connu également sous le titre d' "Amiral Kizaru") utilise des attaques imprégnées de lumière. Il maîtrise principalement trois techniques : "Yata no Kagami", "Yasakani no Magatama" et "Ama no Murakumo" (qui prend la forme d'une épée de lumière). Ces trois attaques font référence aux Trois Trésors Impériaux du Japon : le miroir, le Magatama (bijou en forme de virgule percé d'un trou) et l'épée (que l'on appelle plus couramment "Kusanagi no Tsurugi").

"One Piece" est un manga Shonen (qui s'adresse principalement aux adolescents de sexe masculin) publié depuis 1997 au Japon. La trame scénaristique est centrée sur un équipage de pirates dont le capitaine se nomme "Monkey D. Luffy" (reconnaissable à son inséparable chapeau de paille). Le but de cette bande de flibustiers est de mettre la main sur le "One Piece", un trésor qui confèrera à son détenteur le titre de "roi des pirates".

- Dans les manga et anime japonais "Ghost In the Shell", l'un des personnages principaux, "Motoko Kusanagi", porte le nom de l'épée légendaire (Kusanagi-no-Tsurugi). Appelée aussi "Major", Mokoto Kusanagi est une femme cyborg dont le corps est entièrement robotisé, excepté le cerveau.

Le nom de Kusanagi est aussi celui d'un des protagonistes principaux ("Suito Kusanagi") de la série de romans (adaptés en film d'animation en 2008) intitulée : "The Sky Crawlers".

L'utilisation du nom "Kusanagi" est probablement un trait d'esprit venant du créateur du manga qui porte lui-même un pseudonyme en rapport avec les armes japonaises. "Masamune Shirrow" est inspiré de Masamune Okazaki, un forgeron japonais de renom qui aurait vécu entre le XIIIème et le XIVème siècle.

"Ghost In the Shell" est un manga japonais créé en 1989 (également adapté en films et anime) par Masamune Shirrow.

L'histoire se déroule dans un monde Cyberpunk où une section d'élite traque un cybercriminel se faisant appeler le "Marionnettiste" ("Puppet Master"). Son nom est lié au fait qu'il est capable de contrôler l'esprit humain par le biais du "Réseau Numérique Mondial" (sorte d'évolution d'Internet).

- Dans l'anime japonais "Mobile Suit Gundam 00", "Susanowo" (en référence au Kami des Tempêtes) est le nom donné au Mobile Suit piloté par Mister Bushido.

Susanowo confronting Yamata no Orochi
Illustration de Neal Jany qui représente à merveille le combat opposant Susanoo à Yamata-no-Orochi.

Sorti en 2007 au Japon, "Mobile Suit Gundam 00" est un anime de type Mecha (sous-genre de manga où des personnages pilotent et combattent des armures robotisées) se déroulant sur Terre en 2307.

Les réserves d'énergies fossiles (le pétrole, le charbon, le gaz naturel, ...) épuisées, l'humanité s'est tournée vers l'énergie solaire. Pour l'extraire, les trois blocs de nations majeurs ont placé des ascenseurs spatiaux pourvus de systèmes capables de produire de l'énergie en convertissant celle du Soleil. Malheureusement, ce système ne profite pas à tous les pays et cette inégalité en poussera certains à souhaiter la destruction de ces ascenseurs.

Un attentat terroriste visant l'
ascenseur spatial de la "Ligue de la Réforme Humaine" (un bloc de nations composé de la Russie, de la Chine et de l'Inde), sera contrecarré par une organisation utilisant des Mobile Suit Gundam (armures mécaniques). Le but de cette corporation mécanique sera de mettre fin à tous les conflits armés, et ce sans distinction de "race", de religion ou de nationalité des opposants.

Un ascenseur spatial est - en théorie - constitué d'un câble de plusieurs milliers de kilomètres censé se tendre grâce à la force centrifuge de la Terre et garni de nacelles qui permettraient de rejoindre une planète ou un satellite. Il n'existe bien entendu pas encore un tel mécanisme, ce système demanderait d'investir des sommes colossales et de trouver un matériau suffisamment léger et solide pour résister à la tension d'un câble d'une telle longueur.

- Dans l'anime japonais "Darker Than Black", Izanami et Izanagi tiennent un rôle central dans la seconde saison et les épisodes spéciaux ("Darker Than Black : Kuro no Keiyakusha Gaiden"), qui se situent entre les événements de la première et de la seconde saison.

Histoire d'éviter de gâcher le plaisir de ceux qui n'ont pas encore pu voir l'anime, je serai assez bref sur le rôle des deux Kami dans la série... et certaines informations seront volontairement incomplètes. Celles et ceux qui veulent éviter de se faire spoiler, passez à l'annexe suivante.

"Izanami" est d'abord décrite comme une arme censée éliminer les Contractants (des êtres humains ayant acquis des pouvoirs spéciaux suite à l'apparition de la "Porte des Enfers" dans Tokyo) et ayant pris possession d'une "Poupée" (une autre catégorie d'êtres humains affectés par l'apparition de la porte et ayant perdu leurs émotions et leur personnalité mais qui peuvent, en contrepartie, créer un "Observateur", une entité invisible qui se déplace partout où se trouve son médium - de l'eau, des câbles électriques, ... - et servent souvent pour l'espionnage).

"Izanagi" de son côté est un Contractant donc la capacité principale est de pouvoir créer des copies d'êtres vivants ou d'objets inertes avec à chaque fois un petit défaut qui distinguera la copie de l'original.

La trame scénaristique de la seconde saison tourne autour de la rencontre d'Izanami et d'Izanagi qui provoquerait une catastrophe majeure pouvant mener à la fin du monde.

Dans l'épisode neuf de la seconde saison, les "Documents Mitaka" prophétisent cette rencontre en ces termes :

"Izanagi contemple le fond de la mer artificielle en attendant Izanami.
Izanami traversera le fond de la mer où ils se rencontreront bientôt.
Puis le ciel et la terre se sépareront en deux, ouvrant la Porte des Enfers.
Personne ne sait ce qui en sortira...
Mais on sait que la lutte continuera toute l'éternité."

Au final, Izanami aura eu pour rôle de rassembler les âmes des Contractants et Poupées - au lieu de les tuer - pour pouvoir les envoyer sur une copie de la Terre, créée par Izanagi et peuplée de clones des gens "tués" afin qu'ils puissent servir de réceptacles aux âmes collectées.

La façon dont le mythe Shinto a été réinterprété est assez originale. Izanami, la Megami du Yomi (le Monde Souterrain pour rappel) qui avait juré à son frère et compagnon Izanagi de tuer mille personnes chaque jour est dépeinte comme une collectrice d'âmes. Izanagi, de son côté, qui a donné forme (avec sa sœur) à l'archipel japonais et à une multitude de Kami, se voit attribuer la tâche de créer une autre Terre et de la peupler de copies des Contractants collectés (qui, de par leur pouvoirs, peuvent être vus comme des Kami, divinités ou surhommes).

"Darker Than Black" est un animé japonais réalisé par Tensai Okamura. Publié au Japon depuis 2007 et adapté en mangas en 2009 et 2010.

L'histoire est centrée autour d'une "porte" (baptisée "
Porte des Enfers"), apparue à Tokyo, qui provoque la disparition des étoiles dans le ciel et dévaste une partie de la ville, mise en quarantaine derrière un immense mur.

Après la disparition des corps célestes, de nouvelles étoiles apparurent, chacune représentant un Contractant, brillant lorsque l'un d'eux emploie ses capacités et disparaissant lorsqu'il meurt.

Autrefois humains, les Contractants (ou Pactisants) sont devenus des êtres pragmatiques à l'extrême et dotés d'un pouvoir spécial qui diffère selon le Contractant (générer de l'électricité, changer d'apparence, s'incarner dans un animal, ...). Chaque fois qu'ils emploient leurs pouvoirs, les Contractants doivent effectuer une "Rétribution" qui varie également d'un Contractant à l'autre (plier un origami, boire de l'alcool, se briser un doigt, ...)

Autre catégorie d'anciens humains, les Poupées ou Pantins sont des "coquilles vides" dépendantes (normalement incapables de faire quelque chose sans qu'on ne leur en donne l'ordre) qui peuvent créer un Observateur (voir plus haut).

Dans ce monde devenu chaotique, les
Contractants et Poupées sont largement employés par les gouvernements (et mafias) des diverses nations. Les premiers pour perpétrer des assassinats et les seconds pour espionner et surveiller les Contractants adverses.

La série débute dix ans après les événements de la Porte des Enfers et se centre sur un petit groupe composé de plusieurs Contractants ("Hei", un jeune homme capable de manier l'électricité et "Mao", un Pactisant ayant perdu son ancien corps et piégé dans celui d'un chat noir), d'une Poupée ("Yin", une jeune fille capable de générer un Observateur partout où l'élément liquide est présent) et d'un humain ("Huang"), au service d'une organisation secrète baptisée sobrement le "Syndicat".

Izanagi-no-Mikoto
Izanagi, armé de sa lance, Ame no nuhoko (illustration de Noxypia).

- Plutôt dérangeant dans son genre, "Gozu" est un film japonais qui tire son nom du gardien à tête de bœuf des Enfers bouddhistes.

Sorti en 2003 et réalisé par Takashi Miike, le film (que je déconseille aux jeunes et aux âmes sensibles) est une sorte de road movie (genre de film ou l'intrigue est centrée autour d'un périple sur les routes) truffé de scènes toutes plus étranges et perturbantes les unes que les autres...

Le scénario tourne autour de la quête de Minami, un jeune Yakuza (un membre de la mafia japonaise), chargé de retrouver son ami Ozaki (devenu fou) et de l'exécuter pour le compte de son patron.

Gozu apparaît dans la chambre où se repose Minami. Il prend la forme d'un homme en petite tenue doté d'une tête de bovidé (au pelage blanc/noir) et bavant abondamment.

Le nom du frère de l'aubergiste (une femme aux mœurs étranges), qu'interroge Minami, répond également au nom de Gozu.

- Dans l'épisode 156 d' "Inu-Yasha" intitulé : "L'Ultime Bataille du Cimetière : Sesshomaru vs Inuyasha", Sesshomaru (un puissant Yokai capable de prendre forme humaine) cherche un passage vers l' "Autre-Monde". Il le trouvera dans une caverne se trouvant dans le "Royaume du Feu". À l'intérieur, il tombera sur une porte scellée gardée par deux statues humanoïdes géantes : "Gozu" et "Mezu". Les deux colosses gardent la porte et ne laissent passer que ceux qui sont morts. Ceux qui souhaitent en franchir le seuil seront tués par Gozu et Mezu afin d'entrer "dans les règles". Hakudoshi dégainera l'un de ses Katana pour tuer les gardiens mais ces derniers se relèveront à chaque coup, lui assurant qu'ils ne peuvent être tués qu'avec une arme provenant d'un autre monde. Voyant que son sabre est inutile, il dégainera "Tenseiga" (un Katana ne pouvant blesser ou tuer mais étant capable de soigner les blessures et de ramener les morts à la vie). À la vue de la lame, Gozu et Mezu ploieront le genoux et laisseront passer Hakudoshi car son arme est l' "épée qui fauche ceux qui n'appartiennent pas à ce monde". Donc, c'est comme si les deux statues avaient déjà perdu le combat...

Dans cette série, Gozu et Mezu apparaissent sous la forme de statues d'apparence humaine, portant les cheveux en chignon et vêtues de pagnes longs et de bracelets. Gozu semble armé d'un Naginata, tandis que Mezu porte une lance dont la lame se termine en croissant. Les personnages apparaissent également dans le manga, au chapitre 299.

"
Inu-Yasha" est un manga de Rumiko Takahashi publié en 1996 et adapté en anime en 2000. L'histoire se déroule durant la période féodale du Japon (entre 1185 et 1600). Les humains vivent sous la menace constante des Yokai et se terrent dans leurs villages de peur de finir dans l'estomac de ces êtres.
Un jour, un village se retrouve attaqué par Inu-Yasha, un être mi-homme, mi-Démon qui dérobe le trésor que protégeaient les locaux : la "Perle de Shikon". La perle serait un artefact aux pouvoirs inimaginables et Inu-Yasha veut s'en servir pour devenir un Démon à part entière. Il sera contré par "Kikyo", une prêtresse qui le scellera à un arbre grâce à une flèche enchantée. Victorieuse, Kikyo succombera peu après à ses blessures et demandera à sa sœur de l'incinérer avec la perle afin que de tels événements ne se reproduisent plus.

À l'époque contemporaine, une jeune japonaise nommée "Kagome", tombera dans le puits du temple où elle habite et traversera le temps pour tomber cinquante années après l'emprisonnement d'Inu-Yasha. Attaquée par un Esprit vengeur, elle libèrera le demi-Démon en retirant la flèche qui le maintenait en état de sommeil.

Peu après cet épisode, la fameuse perle se retrouvera brisée et les morceaux s'éparpilleront aux quatre vents.
Inu-Yasha et Kagome se mettront à la recherche des morceaux de la perle afin qu'aucun Démon ne puisse mettre la main dessus.

- "Dragon Ball Z", la bien connue série animée japonaise (sortie en 1989), a également été puiser son inspiration dans les mythes du Pays du Soleil Levant.

Dans l'épisode treize de la première saison (intitulé "Goz and Mez") "Son Goku" (personnage principal de la série), tombe dans les profondeurs des Enfers et se retrouve face à un arbre aux fruits dorés. Voulant en cueillir, il se fera assommer promptement par les gardiens de l'arbre : "Goz" et "Mez", deux Onis chargés de veiller sur la propriété du "Roi Yemma".

Remis du choc, Son Goku tentera en vain de quitter le royaume inférieur. Amusés par ses tentatives, les deux Onis lui proposeront un marché : s'il parvient à les vaincre dans deux épreuves, ils lui révèleront comment quitter les Enfers. Acceptant le marché, il affrontera Goz à la lutte Sumo et participera à une course face à Mez. Ayant remporté les deux épreuves, les colosses lui indiqueront une route secrète... qui le mènera dans le tiroir de bureau du Roi Yemma.

Goz et Mez (que vous pouvez voir ici) sont bien entendu des parodies de Gozu et Mezu, les gardiens des Enfers bouddhistes (voir les "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Susanoo le Kami des Tempêtes"). Goz prend la forme d'un humanoïde bleuté musculeux vêtu d'une tenue de sport blanche et arborant une corne au sommet du crâne. Mez a une carrure et une tenue similaire à son compère mais sa peau tire sur le rouge et il possède deux cornes sur les côtés de la tête.

Le Roi Yemma est quant à lui inspiré du Grand Roi Enma (appelé aussi Roi Yama), le seigneur des Enfers qui juge les condamnés en les envoyant aux Enfers ou aux Purgatoires.

"
Dragon Ball Z" est un animé japonais adapté du manga "Dragon Ball" créé par Akira Toriyama. Pour les rares qui ne connaissent pas la série ou l'anime, je vous encourage vivement à lire les mangas ou regarder les différentes séries sur le sujet.

Musique :

- De nombreux morceaux de la bande originale du jeu "Okami" (composée par Masami Ueda) font référence au mythe shintoïste. En voici quelques-uns : "Yamato-no-Orochi's Revival" ("La Renaissance de Yamata-no-Orochi"), "The Great Goddess Amaterasu's Revival" ("La Renaissance de la Grande Déesse Amaterasu"), "Izanagi Cavern" ("La Caverne d'Izanagi"), "Impatient Susano-o" ("Susano-wo l'Impatient"), "Kusanagi Village" ("Le Village Kusanagi"), "Kushinada's Determination" ("La Détermination de Kushinada"), ...

Pour plus d'informations au sujet du jeu, veuillez consulter les "Annexes" consacrées au jeu-vidéo.

- "Susanowo", L'un des morceaux du groupe de death prog metal japonais "Asagimadala" fait bien entendu référence au Kami des Tempêtes.

- Le groupe de metal finlandais "Whispered" (du death-mélodique avec une tendance folk) a pour thématique centrale le folklore japonais. Ont peut trouver notamment une chanson consacrée à Amaterasu ("Fallen Amaterasu") mais également à la Déesse Benzaiten et au Dragon à cinq têtes Gozuryu ("Bloodred Shores of Enoshima"), qui figure d'ailleurs sur la pochette de leur dernier album - sorti fraîchement ce 20 mai 2016 - : "Metsutan - Song of the Void".

Whispered - Metsutan - Song of the Void
Cover art (réalisé par ToK) pour l'album de Whispered intitulé : "Metsutan - Song of the Void".

- Musashi, le groupe de folk metal japonais tire son nom de Miyamoto Musashi, l'illustre bretteur du Pays du Soleil Levant (voir le chapitre consacré au Bokken ainsi que ses "Informations complémentaires" pour plus de renseignements sur son compte). Pour preuve, l'album de 2002 se nomme "Miyamoto Musashi"...

- Une chanson de "Hatsune Miku", "Gumi" et "Kagamine Rin/Len" intitulée : "Kami no Mani Mani" ("Comme les Kami l'On Dit"), raconte plus ou moins l'épisode où Amaterasu s'est enfermée dans la grotte d'Amano-Iwato.

Hatsune Miku, Gumi, Kagamine Rin et Len sont des vocaloid japonaises - logiciel de synthèse vocale qui possède une banque de voix de synthèse d'acteurs et de chanteurs ; le vocaloid permet de produire des chansons en inscrivant la musique et les paroles via une interface similaire à un clavier. La plus populaire, Hatsune Miku se produit sur scène sous la forme d'un hologramme ayant les traits d'une jeune fille dotée de longues couettes turquoises.

Divers :

- Si vous souhaitez voir un spectacle consacré à la mythologie shintoïste (et si vous avez les moyens de vous rendre au Japon), je ne peux que vous conseiller d'aller assister au festival Imawi Kagura !

Pour clarifier les choses, Imawi est un district japonais se trouvant au Nord-Est de la Préfecture de Tottori (située au Sud-Ouest de l'archipel) et Kagura (littéralement : "Agrément des Kami") est une cérémonie shintoïste se déroulant durant les festivités annuelles de la récolte de riz (le deuxième samedi du mois de juin, sauf erreur de ma part).

Yamata no Orochi
Yamata-no-Orochi selon Ole Martin.

Mythologiquement parlant, le Kagura (ou Kagura-Mai) serait apparu durant l'épisode bien connu où Amaterasu s'était cachée dans la grotte d'Amano-Iwato, provoquant la disparition de la lumière du Soleil. Grâce à la danse - très - suggestive d'Ame-no-Uzume, la Megami de l'Aurore, les Kami éclatèrent de rire, ce qui eut pour effet de faire sortir Amaterasu de sa cachette (un épisode que vous pouvez lire plus en détail au chapitre intitulé : "Une danse étrange").

Plus concrètement, le Kagura est une danse shintoïste à la fois théâtrale et artistique dont l'origine remonterait au VIIème siècle. Appelée autrefois Kamukura ou Kamikura (signifiant littéralement : "Siège Divin" ou "Siège des Kami"), ce rituel (appelé alors "Mikagura", littéralement : "Kagura Impériale") était à l'origine réalisé à la cour impériale par les Miko. Plus tard, ce rite inspirera des danses populaires (les "Satokagura" ou "Kagura de village") qui se répandront dans tout le Japon sous diverses formes.

Les Miko sont les gardiennes des sanctuaires Shinto qui sont censées descendre d'Ame-no-Uzume. Elles pratiquaient autrefois la divination mais, de nos jours, elles réalisent des cérémonies ou aident les prêtres durant les rituels.

Kagura-Mai est donc une danse sacrée au rythme lent interprétée par les prêtres Shinto et les Miko afin d'assurer de bonnes récoltes. On exécute cette cérémonie de jour, sur l'autel principal du sanctuaire pour honorer les Kami locaux.

Pour en revenir au festival Imawi Kagura, ce dernier se déroule en plusieurs étapes. La fête démarre au sanctuaire avec le Kagura-Mai, s'ensuit une série d'histoires dansées qui seront exécutées au Kagura-Den (littéralement : "Palais Kagura") et dureront du début de la nuit jusqu'à l'aube.

Les danses ressemblent à un mélange de théâtre Kabuki et de Noh. Elles sont accompagnées par le rythme du tambour, des percussions de cuivre et des flûtes en bambou. Certaines histoires sont exécutées par plus de trente personnes (les locaux donnent un coup de main aux prêtres pour cette partie) et l'on ajoute parfois des effets de fumées ou effets pyrotechniques. On y retrouve des épisodes mythologiques comme la fuite d'Amaterasu et son retour parmi les Kami mais le plus populaire d'entre tous est bien entendu le combat entre Susanoo et Yamata-no-Orochi. En plus des acteurs qui incarnent Susanoo, Kushinada et ses deux parents (Ashi-nadzuchi et Te-nadzuchi), huit acteurs sont dissimulés sous huit cous de Dragons (enroulés autour d'eux) pour interpréter le Dragon de Koshi. Les têtes (de couleurs variées) se tortillent, s'enroulent et se déroulent au rythme de la musique, formant parfois des figures étonnantes. Certaines vont même jusqu'à "cracher le feu". Un spectacle que je vous recommande d'aller voir au moins une fois dans votre vie.

Yamata no Orochi
Une représentation originale de Yamata-no-Orochi (dont l'auteur n'a malheureusement pas pu être trouvé) dont la forme rappelle les danses Kagura et les masques employés dans le théâtre Kabuki.

Pour en savoir plus sur le Kabuki ou le Noh, veuillez vous reporter aux "Informations complémentaires" du chapitre intitulé : "Kami et Shintoïsme".

- En l'honneur de la Megami Solaire, l'un des cratères d'Io (l'une des lunes de la planète gazeuse Jupiter) a été baptisé "Amaterasu Patera" ("patera" est un terme latin signifiant : "coupe").

Remerciements :

Cet article (ainsi que l'ensemble de mon travail) est dédié à Pavel, mon cher familier qui a vu la naissance et l'évolution de mes études mythologiques. Puisse-t-il rester à mes côtés et me donner courage et inspiration pour de nombreux autres textes.

Pour la rédaction de cette partie, je remercie :


- Matthew Meyer, pour sa documentation fort complète concernant les Yokai et pour m'avoir donné son accord pour l'utilisation de son illustration d'Amanozako (visible au chapitre intitulé : "Susanoo le Kami des Tempêtes").

- Le groupe Whispered qui a aimablement accepté que j'emploie l'artwork de leur dernier album : "Metsutan - Song of the Void".

- Les différents artistes (cités sur chaque illustration) dont les créations ont pu égayer cet article.

- Mon père et Val pour leur aide précieuse dans la relecture et la correction finale.

- Et mes lecteurs qui auront dû patienter un bon moment avant de voir cet article sortir dans sa totalité.

Idraemir