Suite au bannissement de
Susanoo (le
Kami des Tempêtes)
pour avoir provoqué la disparition de la lumière solaire (voir la
première
partie de l'article), ce dernier s'est retrouvé bloqué sur
un monde presque informe où règne le chaos.
Sur place, il rencontre un couple de
Kami éplorés et leur
fille,
Kushinada, qui doit servir de repas au
Dragon
Yamata-no-Orochi. Voulant éviter à la jeune femme de finir
en encas, il saoûle la bête et lui tranche chaque cou. Victorieux,
Susanoo découvre dans l'une des queues du
Dragon une
épée (la
Kusanagi-no-Tsurugi) qu'il offre à sa sœur en
signe de réconciliation. Ayant pacifié la région et pris pour
épouse la belle
Kushinada, le
Kami des Tempêtes
construit un palais et fonde la
Dynastie d'Izumo.
La
seconde
partie de l'article était principalement consacrée au
Dragon à huit têtes et à la lame cachée dans l'une de ses queues.
Il est donc grand temps de mieux connaître celui qui l'a affronté
et défait, à savoir...
Susanoo le Kami des Tempêtes :
Le
Kami Susanoo est connu sous de nombreux noms :
Susano-O,
Susanowo,
Susanoo-no-Mikoto,
Takehaya
Susanoo-no-Mikoto, ... On l'appelle plus rarement
Kumano
Ketsumiko no Kami. Ce personnage au caractère changeant est le
Kami des tempêtes (ou tempêtes d'été selon certaines
versions) et de la mer. Il deviendra également plus tard un
Kami
de la fertilité (chose que je vous expliquerai en détail plus
loin dans le chapitre). De plus rares données associent
Susanoo
à la pluie et à la pestilence. Son association avec la maladie doit
venir de l'inquiétant
Kami appelé
Gozu Tenno - pour
plus de détails à ce sujet, consultez la seconde parenthèse
explicative (en italique) de ce chapitre ainsi que les "
Informations
complémentaires".
On le vénère principalement dans la
Préfecture de Shimane
(l'ancienne
Izumo), notamment aux sanctuaires de
Yaegaki-jinja
et de
Yasaka-Jinja (à l'origine consacré à
Gozu-tenno,
le
Dieu de la Pestilence).
Une représentation de Susanoo sous la forme d'un Ryu
pour l'année du Dragon 2012 (illustration de Gin
Yamamoto).
Frère d'
Amaterasu (la
Megami Solaire) et de
Tsukuyomi (le
Kami de la Lune),
Susanoo est né
de l'appendice nasal de son père, le
Kami Izanagi, qui, pour
enlever la souillure récoltée au
Yomi, s'empressa d'aller se
purifier par des ablutions. Le
Kami des Tempêtes manie le
fameux
Sabre de Dix Longueurs (
Ame-no-Habakiri), qu'on
appelle parfois
Totsuka-no-Tsurugi, ce qui confirme que
l'objet est une épée
Tsurugi.
Contrairement à
Amaterasu et
Tsukuyomi qui
acceptèrent leurs charges,
Susanoo refusa de gouverner le
monde des hommes ( l'
Ashihara no Nakatsukuni). À la place, il
se mit à pleurer comme un nourrisson (ou à harceler son géniteur
pour avoir gain de cause) car son plus cher désir était de
retrouver sa "mère" (non biologique)
Izanami, la
sœur et compagne d'
Izanagi, régnant désormais sur le
Yomi.
En entendant cela, le père, furieux, chassa son fils de la "
Haute
Plaine du Paradis" (là où résident les
Kami).
Suite à cette houleuse discussion,
Susanoo alla rendre
visite à sa sœur avant de devoir rejoindre son propre domaine.
Méfiante, la
Megami demanda qu'il fournisse une preuve de sa
bonne foi. Il proposa alors un concours où les deux participants
devaient donner naissance à des
Kami à partir d'un objet
appartenant à l'autre.
Amaterasu broya le
Sabre de Dix
Longueurs, tandis que
Susanoo écrasa les bijoux du
collier de sa sœur. De ce rituel naquirent
trois Megami pour
Amaterasu et
cinq Kami pour son frère.
Sorti victorieux de cette épreuve,
Susanoo se déchaîna
sur la propriété de sa sœur en détruisant ses rizières, en
barbouillant les lieux de déjections et en écrasant son métier à
tisser avec la carcasse d'un cheval écorché. Furieuse et apeurée,
Amaterasu alla se cacher dans la grotte d'
Amano-Iwato,
causant ainsi la disparition de la lumière.
Après avoir réussi à faire sortir la
Megami Solaire de
sa cachette, les
Kami-gami statuèrent sur le sort du
turbulent
Kami des Tempêtes. Ils décidèrent d'un commun
accord de le bannir après lui avoir coupé les ongles et la barbe.
Les raisons qui ont poussé Susanoo à
commettre de tels méfaits varient selon les textes. Une rivalité de
longue date avec sa sœur - déjà présente dans le "Kojiki"
(712) et le "Nihon Shoki"
(720) -, la tristesse de ne pouvoir retrouver sa
"mère", le fait de devoir régner sur un monde informe
tandis qu'Amaterasu héritait d'un splendide
royaume, ... Une autre raison, moins connue, veut que le Kami
des Tempêtes était tout simplement doté d'une nature
chaotique qui pouvait se déchaîner à tout instant... à la
semblance du phénomène naturel qu'il représentait. Cette version
des faits est appuyée par l'existence d'Amanozako.
Amanozako (littéralement : "Le Ciel s'Opposant
à Tout" ou "Tengu Divin") est une
puissante créature qui ressemble à une femme dotée d'un visage
bestial, de longues oreilles, d'un long nez (caractéristique chez
les Tengu) de crocs acérés (capables de broyer des épées)
et d'une paire de défenses. Le tempérament d'Amanozako est
aussi changeant que brutal et ce n'est pas pour rien ! Le "Kujiki"
(à ne pas confondre avec le "Kojiki") explique que
cette entité est née lorsque Susanoo a enfoui au fond de lui
ses penchants violents. À force de renier ses bas instincts, il
finit par les vomir, donnant naissance à la terrible Amazonako.
Selon Matthew Meyer, Amazonako
serait la divinité ancestrale des Tengu (voir
les "Informations complémentaires" du
chapitre intitulé : "Un
visiteur indésirable" pour en savoir plus à ce
sujet)
et d'autres Yokai au caractère tout aussi changeant et
orageux. Toujours selon Matthew Meyer, Amanozako aurait
pour habitude de posséder le cœur des humains afin de rendre les
gens malins, hautains voire méprisants ou à échauffer les esprits
des gens simples.
Illustration de Matthew Meyer (présente
dans l'ouvrage "The Hour of Meeting Evil Spirits")
ainsi que sur son site.
L'image représente Amanozako en train de broyer
une épée entre ses crocs, tout en tenant sur son épaule son fils
Amanosaku.
Une autre caractéristique de cette puissante entité est
qu'elle transporte partout où elle va son fils, nommé Amanosaku.
Ce Yokai obstiné est une telle source d'ennuis qu'aucun des
huit millions de Kami-gami n'est capable de le supporter...
Cette "petite" parenthèse terminée, revenons à
Susanoo et à ce qu'il est devenu suite à son
bannissement.
Arrivé à
Izumo,
Susanoo rencontra
Ashi-nadzuchi
et
Te-nadzuchi, le couple de
Kami de la Terre,
accompagné de leur ravissante fille
Kushinada. Apprenant que
leur progéniture allait servir de collation au
Dragon
Yamata-no-Orochi,
Susanoo décida de les aider en échange
de la main de
Kushinada. Après maints préparatifs, le
Kami
des Tempêtes guetta l'arrivée de la créature et profita du
moment où elle s'écroulait morte saoule pour la découper en
rondelles.
En tronçonnant les queues du
Dragon de Koshi, il découvrit
la
Kusanagi-no-Tsurugi et décida de l'offrir à sa sœur
Amaterasu en signe de paix.
Après sa victoire éclatante,
Susanoo épousa
Kushinada,
fit construire un palais et nomma son beau-père
Ashi-nadzuchi
régent du splendide édifice.
Le pays délivré du fléau draconique,
Susanoo reprend la
tâche qui lui a été confiée : achever la
Terre. Il plante
une multitude de fruits et, voyant qu'il n'existe pas de bois assez
solide pour fabriquer navires et cercueils, il décide de s'arracher
les poils de barbe (qui ont repoussé depuis lors), des sourcils, du
torse... et même du fondement. Une fois la récolte capillaire
achevée, il sème sa pilosité (qui fait office de graines) et donne
ainsi naissance aux premiers thuyas et camphriers. Devenant par la
même occasion un
Kami de la fertilité.
Comme vous pouvez le constater, Susanoo
n'est pas toujours vu comme une incarnation du chaos et de la
destruction. Dans un autre récit, pris de pitié par les suppliques
d'un pauvre homme, il se manifeste et lui offre le moyen de se
protéger contre la peste qui ravage la contrée.
Pour éviter l'infection, il conseille au suppliant d'accrocher une
corde en paille de riz tressée au travers de l'entrée de sa
demeure (pour en savoir plus sur le sujet, veuillez consulter dans
les "Informations complémentaires" du
chapitre intitulé "La
Megami plus brillante qu'Amaterasu" le passage
consacré aux Shimenawa). Cette tradition a été
employée au Japon jusqu'à récemment. On
accrochait également ces cordes le long des routes pour empêcher
les épidémies de s'étendre.
Il est également possible que cette coutume soit liée à l'un
des plus important festival du Japon : Gion Matsuri
(dont le nom provient du district de Gion, situé à Kyoto).
Pour savoir ce qu'est cette fête, il faut remonter jusqu'en 869.
À l'époque, le pays était ravagé par une épidémie de peste,
provoquée - selon les croyances - par le Dieu de la pestilence
Gozu Tenno. Pour apaiser la déité de la maladie,
l'Empereur Seiwa ordonna que la populace aille prier le Kami
de Yasaka-jinja (qu'on appelle également : "Sanctuaire
de Gion"), à savoir Susanoo. En offrande
supplémentaire, on amena également à Shinsenen (le plus
ancien jardin du pays) soixante-six hallebardes stylisées et
décorées (une pour chaque province du Japon de
l'époque), sans oublier les Mikoshi (palanquins ressemblants
à des bâtiments miniatures et servant à transporter le Kami
d'un sanctuaire, notamment durant les festivals) de Yasaka-jinja
(qui doivent probablement abriter Susanoo et son épouse
Kushinada).

Illustration colorée de Yagaminoue.
Le rituel de purification et d'apaisement des Esprits
fut réutilisé chaque fois qu'une catastrophe frappait le pays. En
970, il devint une fête annuelle.
De nos jours, les festivités de Gion Matsuri
durent tout le mois de juillet et sont couronnées par une parade de
chars (appelée Yamaboko Junko). Les quartiers
traditionnels sont décorés de lanternes de papier, de bannières et
de tentures. Le 16 juillet, certaines maisons
des vieux quartiers ouvrent leurs portes aux visiteurs, qui peuvent
contempler des pièces uniques de l'héritage familial des
occupants ou plus simplement l'architecture des anciennes demeures
japonaises. Il ne faut bien entendu pas manquer le défilé du 17
juillet où trente-trois chars
paradent accompagnés du son des flûtes, tambours et gongs. Une fête
qu'il est conseillé d'aller voir si vous passez à Kyoto
en cette période.
Ce nouvel écart explicatif achevé, il est plus que temps de
découvrir les autres accomplissements du Kami des Tempêtes.
Après l'édification du
Palais de Suga et son mariage, les
textes sur
Susanoo deviennent flous. La seule chose qui est
certaine, c'est que de son union naquit la
dynastie d'Izumo,
qui prospéra jusqu'à la
sixième génération, forcée
d'abdiquer sous l'injonction d'
Amaterasu.
Il semble que
Susanoo ait rapidement passé le flambeau à
ses descendants pour partir au loin. Plusieurs hypothèses expliquent
son départ : le besoin de voyager,celui de retrouver sa mère
(
Izanami) au
Yomi ou son bannissement pur et simple par
son père,
Izanagi, qui l'envoya au
Nenokuni
(littéralement : la "
Terre des Racines").
Okuninushi (voir les "
Informations complémentaires"
du chapitre intitulé : "
Meurtre
de Kagu-tsuchi et voyage au Royaume des Ténèbres" pour
en savoir plus au sujet de ce personnage), l'arrière-arrière-arrière
petit-fils de
Susanoo retrouvera la trace de son ancêtre.
Ayant plusieurs fois échappé aux pièges tendus par ses
quatre-vingts frères (jaloux de voir que leur frère a été
choisi par la
Princesse Yagami qu'ils comptaient courtiser),
Okuninushi est envoyé par sa mère (appelée :
"
Jeune-Princesse-de-la-Petite-Province") dans la
demeure d'
Iso-takeru no Kami. Voyant le pétrin dans lequel
s'est fourré
Okuninushi, il recommande au jeune
Kami de
se rendre au
Nenokuni pour demander conseil à
Susanoo.
Parvenu devant le palais du
Kami des Tempêtes, il
rencontre sa dernière fille : la ravissante
Princesse Suseri-hime
dont il tombe presque aussitôt sous le charme (le "
Kojiki"
est plus cru à ce sujet puisqu'il précise que le couple copula dès
l'instant où ils se croisèrent).
Ne voyant pas d'un bon œil cette relation,
Susanoo envoya
son "beau-fils" dormir dans une chambre (ou demeure)
remplie de serpents. Voulant protéger son amant,
Suseri-hime
confia à
Okuninushi une écharpe magique censée éloigner
les reptiles (en l'agitant par trois fois). Agacé de voir que son
visiteur importun ne présentait pas la moindre trace de morsure,
Susanoo lui conseilla d'aller se reposer dans une autre
chambre (cette fois remplie de guêpes et de scolopendres). Aidé une
fois encore par la princesse,
Okuninushi s'éveilla sans la
moindre trace de piqûre ou morsure, au grand désarroi du
Kami
des Tempêtes...
Cette estampe d'Utagawa Kuniteru serait inspirée d'une
scène du Théâtre Kabuki où Gozu Tenno (donc
Susanoo) abat le Dragon Yamata-no-Orochi et sauve la
Princesse Inada (Kushinada).
Décidant de changer de tactique,
Susanoo proposa au jeune
Kami de participer à une épreuve d'adresse : à l'aide de
son arc, il décocha une flèche - qui alla se planter dans une vaste
plaine - et envoya
Okuninushi la chercher.
Lorsque son encombrant "beau-fils" fut parvenu à la
moitié du trajet, il bouta le feu aux herbes sèches, sûr cette
fois de se débarrasser d'
Okuninushi.
Se croyant perdu, le
Kami fut sauvé par une souris qui lui
conseilla de trouver un trou pour s'y abriter. Engoncé dans quelque
terrier,
Okuninushi fut obligé d'attendre que le brasier
infernal se calme. Alerté par un bruit, il découvrit avec stupeur -
et bonheur - que la souris était revenue avec la flèche de
Susanoo
dans la gueule, accompagnée de ses souriceaux qui de leur côté
transportaient les plumes de l'empennage.
Le
Kami des Tempêtes et sa fille furent tous deux surpris
de revoir
Okuninushi vivant et flèche au poing. Impressionné
par cet exploit,
Susanoo commença à apprécier (ou tolérer)
son lointain descendant. Il décida donc de l'emmener dans une vaste
pièce où il lui ordonna de le débarrasser des poux qui infestaient
son épaisse tignasse. Rapidement,
Okuninushi se rendit compte
qu'il ne s'agissait pas de poux mais d'une colonie grouillante de
scolopendres rouges. Voyant qu'il était peu désireux de
tripatouiller cet amas grouillant,
Suseri-hime vola une fois
encore à son secours en lui donnant une poignées de baies rouges
qu'il s'empressa de mâcher et cracher. Croyant que son beau-fils
était en train de dévorer ses parasites,
Susanoo fut apaisé
et s'endormit profondément. Profitant de l'occasion,
Okuninushi
agrippa les longs cheveux de son parent pour les nouer aux poutres et
chevrons du palais. Sa prison capillaire terminée, il s'enfuit du
palais avec la princesse, emportant avec lui son sabre, son arc, ses
flèches et son
Koto, qui durant le transport heurta
malencontreusement un arbre. Alerté par le bruit provoqué par
l'instrument de musique,
Susanoo se réveilla brusquement.
Comprenant la situation il dénoua laborieusement sa chevelure des
poutres et entama la poursuite des fugitifs. Arrivé aux limites de
Nenokuni, il vit au loin deux silhouettes familières qu'il
héla. Il recommanda à son gendre d'utiliser ses armes pour vaincre
ses quatre-vingts frères, d'épouser sa fille et de construire un
palais au pied du
Mont Uka. Une fois ces tâches remplies, il
pourrait ainsi devenir le maître de la
Province d'Izumo.
Sur ces sages paroles,
Susanoo tourna les talons et rentra
dans son palais souterrain...
L'histoire du Kami des Tempêtes terminée, je vous
propose - pour finir en beauté - de découvrir plusieurs
représentants de la race draconique qui partagent des similitudes
avec Yamata-no-Orochi. Découvrons donc...
Informations complémentaires :
- Pour savoir qui est Gozu-tenno et mieux comprendre ses
liens avec le Kami Susanoo, il me faudra parler en détail de
ses origines variées et ses domaines de compétence...
Gozu-tenno (littéralement : "Roi
du Ciel à Tête de Bœuf"), qu'on appelle également
Gion Tenjin ou plus simplement Gozu
est une puissante entité (un Dieu,
Kami ou Oni, son "statut"
varie selon les pays et les époques) bouddhiste
de la peste et de la maladie.
Comme son nom l'indique, Gozu-tenno se présente sous la
forme d'un être humanoïde doté d'une tête de bovidé. Dans la
religion bouddhiste japonaise et chinoise, il est chargé de garder
l'entrée des Enfers, qu'on appelle Di Yu en chinois et
Jigoku en japonais (littéralement : "Prison Sous
Terre"). Gozu est secondé dans sa tâche par Mezu
("Tête de Cheval"), une autre puissante créature
dont le cou est terminé par une tête d'équidé.
Gozu et Mezu en train de supplicier les habitants
des Enfers.
Originaire d'Inde (tout comme la religion dont il est
issu), Gozu a subi une série de transformations et
modifications lorsque le Bouddhisme s'est importé en Chine,
puis au Japon. Selon l'Encyclopédie du Shinto
("Encyclopedia of Shinto"), en Inde, on
connaissait cette créature sous le nom de Gosirsa Devaraja,
une divinité mineure censée protéger le Monastère du "Bosquet
Jeta", tandis qu'au Tibet, il était vu comme la
Divinité de la "Montagne Tête de Bœuf".
C'est en Chine que semble apparaître le duo à tête de
bovidé et à tête de cheval - connus sous le nom de "Tête
de Bœuf" et "Face de Cheval". Leur rôle
est de garder la porte des Enfers mais ils prennent parfois la
peine d'escorter les décédés fraîchement arrivés (ou d'aller
rechercher un fugitif pour le ramener au bercail).
Au Japon, les deux compères deviennent Gozu et
Mezu ou Gouki et Mezuki ("Oni à Tête
de Bœuf" et "Oni à Tête de Cheval") :
deux généraux Oni sous les ordres du Grand Roi Enma (ou
Yama), le seigneur du royaume souterrain qui juge les
condamnés et les envoie aux Enfers ou aux Purgatoires).
Selon Matthew Meyer, le duo fait partie des tortionnaires en
chef chargés de punir les malfaisants (il existe aux Enfers
une foultitude d'Oni anthropomorphes - ressemblant à des
humains mais partageant des caractéristiques avec des animaux,
objets, ... - comme des Oni à tête de cerf, de lion ou de
sanglier).
Pour en revenir aux liens qui unissent Susanoo et
Gozu-tenno, il faut savoir que le Shintoïsme (religion
d'origine du Japon) et le Bouddhisme (importé au Vème
ou VIème siècle) ont eu à travers les âges une relation
assez conflictuelle... Cette rivalité fit que l'une prit le pas sur
l'autre, que les deux fusionnèrent, se séparèrent, ou formèrent
de nouvelles "sous-religions" inspirées des deux dogmes.
Ce "brassage cultuel" fit qu'on identifia Gozu-tenno
à Sominshorai (un Kami de la peste) et Susanoo.
Superbe représentation de Gozu et Mezu (par
Damien Mammoliti).
Vénéré (comme Susanoo) au Sanctuaire
de Yasaka Jinja, Gozu-tenno est
invoqué pour être protégé contre les fléaux qu'il produit. Dieu
de la pestilence aux origines, Gozu
est devenu progressivement un Esprit protégeant
les fidèles des épidémies.
- Yaegaki-jinja (littéralement : "Sanctuaire
Yaegaki") est un sanctuaire Shintoïste de la
Préfecture de Shimane (Sud-Ouest du Japon) où
sont vénérés les Kami Susanoo et Kushinada. Le
trésor de ce temple est d'ailleurs une peinture murale représentant
les deux époux.
Le mot "yaegaki" signifie :
"Octuple Enceinte" ou "Huit
Barrières". Il fait référence au poème composé
par Susanoo (que vous pouvez trouver à la fin
du chapitre intitulé : "Partie III - Susanoo face au
Dragon de Koshi".
Le temple serait l'endroit où le Kami des Tempêtes a
construit son palais juste après avoir terrassé Yamata-no-Orochi
(cela signifie donc qu'il y réside encore si l'on en croit la
tradition !) Réputé pour favoriser les mariages heureux, y prier
permettrait de créer une union solide et accorderait la fertilité.
Il existe d'ailleurs dans le temple un plan d'eau appelé "Kagami
no Ike" (littéralement : "Miroir d'Eau")
où il est coutume de poser à sa surface une pièce sur un morceau
de papier. Plus le frêle esquif coule vite et plus l'amour frappera
rapidement à votre porte. Il serait également possible de savoir si
l'élue (ou l'élu) de votre cœur fait déjà partie de votre
entourage en observant l'endroit où le papier coule dans l'étang.
Cette tradition semble encore vivace puisque chaque jour plus de
mille personnes tentent leur chance.
- Yasaka-jinja, qu'on appelle également "Sanctuaire
de Gion" est un temple shintoïste situé dans la ville de
Kyoto (au Japon). Construit en 656 en l'honneur
du Dieu de la peste et des épidémies Gozu-tenno ; le
sanctuaire sera reconstruit au XVIIème siècle. C'est
également à cette période que le temple sera consacré au Kami
Susanoo (même s'il semble que Gozu soit toujours honoré
en ces lieux).
- Le "Kujiki" ou "Sendai Kuji Hongi"
est un ouvrage historique en dix volumes. Longtemps considéré
comme étant un document décrivant le Japon à son
commencement, sa réputation s'est retrouvée écornée durant la
Période Edo (1600 - 1868) lorsque des érudits
tentèrent de prouver que l'ouvrage était une vulgaire imitation
inspirée - entre autre - du "Kojiki" et du "Nihon
Shoki".
Pour compliquer encore la chose, il existe trois
faux "Kujiki" produits durant l'Ère
Edo. Le premier est composé de trente volumes,
le second de septante-deux et le troisième de
trente et un.
L'ouvrage original aurait été rédigé et achevé entre le
début du IXème siècle et le début du Xème siècle
(donc bien après le "Kojiki" - 712 - et le
"Nihon Shoki" - 720).
- La peste est une maladie provoquée par une bactérie
nommée "Yersinia Pestis". De sinistre réputation,
elle a notamment marqué l'Europe lors de la grande vague de
peste noire du XIVème siècle (de 1347 à 1352)
qui a exterminé vingt-cinq à cinquante pour cents de
la population du continent !
Les principaux vecteurs de la peste sont les rats, mais
également d'autres rongeurs (marmottes, gerbilles, écureuils, ...).
Ces pauvres créatures sont infectées par les puces qui infestent
leur pelage. De leur côté les puces sont contaminées lorsqu'elles
ingèrent le sang de leur proie. Une fois dans l'organisme de
l'insecte, la bactérie se multiplie et bloque la digestion de son
hôte, l'affamant et l'obligeant à trouver de nouvelles sources de
nourriture.
La peste peut donc être véhiculée par morsure,
piqure, par contact (sur une blessure du sujet), par le sang et plus
rarement par l'air (la forme la plus rare mais contagieuse de la
maladie).
Extrait du tableau de Michel Serre (peintre Français
ayant vécu de 1658 à 1733) intitulé : "Scène
de la Peste de 1720 à la Tourette".
La peste - si elle n'est pas traitée - décime une
personne en moins de sept jours. Elle se présente également
sous trois formes différentes : la peste bubonique,
septicémique et pulmonaire. La peste bubonique
est inoculée via la piqure de la puce. Après plusieurs jours
d'incubation, le sujet est pris par une forte fièvre, accompagnée
de des frissons et de vertiges. Ensuite, des bubons font leur
apparition (là où l'insecte s'est nourri) ; une déshydratation
conjuguée à une défaillance neurologique achève le patient s'il
n'est pas rapidement traité. La peste septicémique est une
complication de la peste bubonique. Non contagieuse et plus
rare, elle se développe directement dans le sang (les bubons ne se
forment donc pas toujours) et apparaît lorsque les défenses
immunitaires du malade sont dépassées. La peste pulmonaire
(la plus contagieuse, donc, dangereuse) affecte le patient en passant
par l'air pour entrer dans ses poumons ou suite à une complication
de la peste septicémique. La contamination est provoquée par
la toux ou les crachats du malade. Après une courte période
d'incubation, la bactérie provoque une pneumonie aigüe et le
patient décède rapidement par insuffisance respiratoire.
Il existe encore de nos jours quelques foyers de peste.
On recense chaque année des cas en Afrique (principalement à
Madagascar), en Asie et en Amérique du Sud (au
Pérou surtout). Si les pertes sont bien moindres que celles
des grandes épidémies, elles restent néanmoins tragiques.
Gravure médiévale montrant que la peste fauche tout le
monde, le pieux comme le noble, personne n'est épargné.
- Gion est un district de la ville de
Kyoto qui a été construit à l'origine pour
servir de halte aux voyageurs souhaitant se rendre au Sanctuaire de
Yasaka-jinja.
- L'Empereur Seiwa Tenno (850
- 880) a été le cinquante-sixième
Empereur du Pays du Soleil Levant.
Réputé pour avoir eu une descendance nombreuse (dont
l'Empereur Yôzei-no-In, le monarque fou décrit
dans les "Informations complémentaires"
du chapitre intitulé : "De
l'histoire au mythe"), L'Empereur Seiwa
est connu pour avoir mis en place le rituel de Gion
afin de faire cesser l'épidémie de peste de
869 qui ravageait le pays.
Il abdiquera en 876, pour se retirer
dans un monastère bouddhiste et il mourra deux ans plus tard.
- Shinsenen (littéralement : "Jardin
de la Source Divine") est un ancien jardin situé à
Kyoto. Le nom de ce parc viendrait d'une séries
d'évènements extraordinaires qui ont marqué l'endroit.
À titre d'exemple, en 824, pour que cesse une période
de longue sècheresse, le moine Kobo-Daishi (fondateur du
Bouddhisme Shingon, une forme de Bouddhisme japonais
ésotérique), par ses prières, fit tomber la pluie et apparaître
Zennyo Ryuo, le Divinité draconique de la pluie (issue
de la tradition bouddhiste).
Beaucoup plus réduit qu'autrefois, Shinsenen peut
toujours être admiré, sans oublier son temple dédié à Zennyo
Ryuo.
- Le changement de la famille régnante chez les Kami
n'est pas très clair mais deux hypothèses peuvent fournir une
explication. La première est que les Kami célestes,
voulant accélérer la finition de la Terre ou insatisfaits de
l'avancement des "travaux", envoyèrent un des leurs pour
remettre de l'ordre. La seconde voudrait que les Kami
des cieux, envieux face à la prospérité de leurs collègues
d'Izumo aient décidé de ravir leur place. Pour y parvenir
ils pousseront les descendants de Susanoo à la rébellion,
leur donnant ainsi une excuse valable pour qu'ils abdiquent et placer
leur propre progéniture sur le trône...
- Nenokuni ("Terre des
Racines"), qu'on appelle également Nenokatasukuni,
Sokonokuni ou hahanukuni
est le lieu où Susanoo s'est fait bannir par
son père Izanagi. Vu ses similitudes avec les
Yomi, certains pensent que les deux lieux ne
font qu'un.
L'identité du "propriétaire" du Nenokuni
fait également débat... Certains pensent qu'il s'agit
d'Hayasasura-hime (une Megami de la purification née
lorsque Izanagi s'est débarrassé de la souillure du royaume
souterrain), d'autres penchent pour Susanoo, et
n'oublions pas également Izanami - la sœur d'Izanagi
-, censée régner sur le Yomi).
- Selon l' "Encyclopédie Shinto"
("Encyclopedia of Shinto"), Iso-takeru no Kami
(appelé Oyabiko no Kami ou Oha-ya-biko dans le
"Kojiki") serait l'un des enfants de Susanoo.
Il aurait accompagné son père au Royaume Coréen de Silla
pour l'aider à semer des graines d'arbres, mais, conservant les
semences, il les rapporta au Japon pour faire croître la
végétation sur chaque île, en commençant par Kyushu (là
où est censée être apparue la civilisation japonaise).
Plus tard, il abritera Okuninushi de la fureur de ses
frères et l'aidera également à échapper au royaume de son père
(toujours selon l' "Encyclopédie Shinto" ).
Isotakeru peut être honoré au Sanctuaire
d'Itakiso-jinja (dans la Préfecture de Wakayama, au Sud
de l'Île de Honshu).
Je précise qu'il existe un autre Kami appelé Oyabiko
mais ce dernier est l'un des enfants d'Izanagi et
d'Izanami.
- Élève de l'illustre Utagawa Kunisada (qui
est évoqué dans les "Informations complémentaires"
du chapitre intitulé : "Kami
et Shintoïsme"), Utagawa Kuniteru
(1808 - 1876) était un
artiste spécialisé dans l'Ukiyo-e.
Kuniteru aura pour thèmes principaux
l'occidentalisation du Japon, des paysages (vus
lors de ses voyages) et des scènes de lutte Sumo.
Estampe D'Utagawa Kuniteru intitulée : "Yoshitsune's
Nineteen Loyal Retainers On Board Ship" ("Les
Dix-neuf Loyaux Samouraï de Yoshitsune À Bord") et
représentant probablement un épisode de la guerre de Genpei.
- Minamoto ni Yoshitsune (1159 - 1189)
était un général du Clan Minamoto et le frère de Minamoto
no Yoritomo (chef du Clan Minamoto qui a instauré le
premier Shogunat en 1185).
Considéré comme un tacticien de génie et doté de solides
connaissances en combat maritime, il s'est révélé être un atout
décisif dans la guerre de Genpei (1180 - 1185).
En 1183 il détruira l'armée de son cousin, le Samouraï
Minamoto no Yoshinaka (qui souhaitait à la fois défaire le Clan
Taira et son frère pour régner sur le Clan Minamoto) et
se débarrassera du même coup de son gênant parent.
Par trois fois il vaincra les troupes du Clan Taira,
jusqu'à la décisive bataille de Dan-no-ura qui clôturera la
guerre de Genpei.
Son rôle décisif dans ce conflit lui vaudra d'être nommé
Gouverneur de la Province d'Iyo (située sur l'île de
Shikoku, au Sud de l'archipel, dans l'actuelle Préfecture de
d'Ehime).
Quelques années plus tard, il entrera en conflit avec son
frère et s'enfuira dans la Province Mutsu
(située dans le Nord de l'île principale) en quête de protection.
Harcelé par le Shogun de lui livrer Yoshinaka,
le fils du seigneur de Mutsu, Fujiwara
no Yasuhira, trahira la parole de son père et enverra
cinq cents hommes le capturer. Cette action peut
reluisante mènera à la bataille de Koromo
(1189) que Yoshinaka
perdra. Plutôt que d'être capturé, il tuera sa femme et sa fille
puis se fera Seppuku.
Certaines sources prétendent que le guerrier ne s'était pas
vraiment suicidé lors de cette bataille. Il aurait fuit en Hokkaido
(l'île la plus au Nord de l'archipel japonais) pour changer de vie
et prendre le nom d'Okikurumi (ou Oinakumui). Une autre
théorie prétend qu'il serait passé au continent asiatique pour
devenir Gengis Khan, l'impitoyable chef des Mongols qui
s'est taillé un empire entre le XIIème et le XIIIème
siècle.
- Le Koto est un instrument japonais à cordes employé
dans la musique traditionnelle (notamment pour le théâtre
Kabuki).
Apparu entre le XII et XIIIème
siècle, le Koto était surtout
employé à la Cour Impériale. Son usage s'est
peu à peu démocratisé.
L'instrument ressemble à une longue cithare
(autre instrument à cordes plus propre à l'Europe)
d'un mètre quatre-vingts et est doté de treize
cordes (en fil de soie).
Les cousins polycéphales du Dragon de Koshi :
Dans les mythes, s'il y a un thème récurrent c'est bien celui de
la lutte opposant un dieu (lié à la foudre le plus souvent) ou un
héros à l'incarnation du
Chaos (matérialisé par un
Serpent
de Mer ou un
Dragon).
Cette trame mythologique serait issue des croyances des
Proto-Indo-Européens (reportez-vous au chapitre intitulé :
"
Symboliques
de Yamata-no-Orochi" pour vous rafraîchir la mémoire)
,
le
Dragon de Koshi ne fait pas exception à la règle.
Il serait fastidieux et assommant de lister chaque
Dragon
apparenté à ce schéma. À la place, je vous propose de nous
concentrer uniquement sur les créatures
polycéphales (à
plusieurs têtes) qui ont eu maille à partir avec une divinité ou
un héros.
Je laisse aux uns le plaisir de trouver les similitudes entre le
mythe de
Yamata-no-Orochi et celui des
Neuf autres
Dragons présentés, et aux autres, la satisfaction de
découvrir à leur aise ces charmantes créatures.
Estampe d'Utagawa Kuniyoshi où Susanoo fait face
au Dragon de Koshi.
Balaur :
Issu de la mythologie roumaine, le
Balaur (
Balauri
au pluriel) est une sorte de
Dragon titanesque qui prend
souvent la forme d'un serpent géant doté d'ailes de chauve-souris.
En sus du corps serpentiforme, certains spécimens sont également
dotés de pattes ou de nageoires (parfois même les deux). Pour
parfaire le tableau, les
Balauri sont tous pourvus de
plusieurs têtes dont le nombre exact diffère selon les spécimens -
trois têtes,
sept têtes ou
douze têtes (il
existe encore d'autres variantes anatomiques de ce
Dragon mais
sa description complète sera pour un prochain article). Vu sa
description aux cous multiples, on peut aisément classer ce colosse
dans la grande famille des
Néo-Dragons
et parfois dans celle des
Dragons Classiques
(lorsqu'il n'a qu'une tête, quatre membres, des ailes et n'est pas
pourvu d'appendices et fioritures supplémentaires).
Considéré dans les contes roumains comme étant l'incarnation du
Mal, le
Balaur a pour habitude d'enlever des princesses.
Malheureusement (pour le
Dragon), chaque enlèvement est
contré par son ennemi : le
Fat-Frumos - genre de prince
charmant - qui personnifie le Bien et vient délivrer la princesse
retenue en captivité.
Une superbe création de Carlos Herrera représentant un
Balaur quadricéphale (à quatre têtes) en train de menacer
une jeune fille (ou une princesse).
Loin d'être stupides, les
Balauri sont souvent doués de
la parole et possèdent des pouvoirs spéciaux comme, un souffle
ardent, une salive capable de former des pierres précieuses ou
encore la capacité de contrôler les nuages pour faire tomber la
foudre et la grêle.
On compare souvent les
Balauri à
Zmei Gorynych, un
autre
Dragon polycéphale issu de la mythologie slave (pour
plus d'informations à ce sujet, reportez vous au sous-chapitre
consacré à cette créature).
Gozuryu le Dragon d'Enoshima :
Selon la légende, sur les côtes japonaises, au fond de la mer,
se trouvait une grotte marine qui fut, il y fort longtemps, la
résidence d'un
Dragon appelé
Gozuryu. Souvent
représenté dans les estampes sous la forme d'un
Ryu classique
(corps serpentiforme doté de quatre courtes pattes à trois griffes
et la tête ornée de cornes, d'oreilles et de moustaches), la
créature avait pourtant la particularité d'avoir
cinq têtes.
On peut donc considérer que le
Dragon d'Enoshima fait partie
de la famille des
Dragons Célestes et des
Néo-Dragons (pour ses cinq cous
ornés de cinq museaux).
Au grand dam des habitants de la région,
Gozuryu avait
pris la mauvaise habitude de dévorer les enfants qui se baignaient
près de son antre (une autre version décrit simplement le fait
qu'il avait tendance à déchaîner sa colère aux alentours de son
antre). Apprenant les malheurs des pêcheurs de la contrée, la
Déesse Benzaiten (ou
Benten en abrégé) décida de
tenter d'apaiser la "turbulente" créature.
Parvenue à l'emplacement de la caverne aquatique,
Benzaiten
usa de ses pouvoirs pour faire jaillir des flots l'antre du
Dragon.
La masse de terre à l'air libre se couvrit bientôt d'arbres et de
plantes, donnant ainsi naissance à l
'île d'Enoshima.
Surpris par le spectacle se déroulant sous ses yeux, ébloui par
la beauté de la
Déesse,
Gozuryu ne tarda pas à
tomber sous le charme de
Benzaiten.
La suite de l'histoire varie selon les version. Dans l'une, la
déesse rejetta le
Dragon pour le punir d'avoir ainsi malmené
les pêcheurs ; voulant faire amende honorable, la créature aux cinq
têtes s'assoupit paisiblement, devenant ainsi une partie de l'île
(que l'on appelle la "
Colline du Dragon"). Dans
l'autre,
Benzaiten s'approcha de
Gozuryu et proposa de
l'épouser pour apaiser sa colère. Ravi, le
Dragon accepta.
Les habitants de la région connurent enfin la paix.
Estampe de Keisai Eisen de 1835 représentant la
Déesse Benzaiten juchée sur un Ryu (peut-être le
Dragon d'Enoshima).
La première version de ce mythe - où le
Dragon est puni
pour sa cruauté - est probablement d'origine
bouddhiste,
tandis que la seconde - où
Benzaiten propose d'épouser le
Ryu - est issue d'une légende
shintoïste.
Benzaiten est à l'origine une sorte de fusion entre la
déité hindoue
Sarasvati et le
Kami serpentiforme
Ugajin. Intégrée au culte
Shinto et
Bouddhiste,
on peut voir à travers les deux légendes que ces deux religions
n'ont pas vraiment les mêmes valeurs...
Informations complémentaires :
- Benzaiten (ou Benten) est une divinité
Bouddhiste japonaise et Shinto. Issue de deux entités
liées à l'Eau (Sarasvati et Ugajin), Benten
est la déesse de l'art, de la musique, de la connaissance, de la
beauté et surtout de la Chance.
Au Japon, on la vénère principalement sur l'Île
d'Enoshima, là où elle serait parvenue à apaiser Gozuryu.
- L'Île d'Enoshima (qui fait 4
kilomètres de circonférence) se situe au Sud-Est
de l'archipel japonais (dans la Préfecture de Kanagawa),
près du Fleuve Katase.
- Keisai Eisen (1790
- 1848) est un peintre japonais spécialisé
dans les estampes Bijin-ga (littéralement :
"Peinture de Belle Personne").
En sus du pinceau il savait également manier la plume. On
lui doit notamment plusieurs biographies sur les Quarante-sept
Ronins (un légende historique mettant en scène
quarante-sept Samouraï décidés à venger la
mort de leur Daimyo).
- Déesse hindoue, Sarasvati est associée à la
connaissance, à la sagesse et aux arts.
Créée par Brahma (dieu créateur
hindou doté de quatre visages), Sarasvati a
l'apparence d'une belle femme vêtue sobrement et dotée de quatre
bras..
Peinture (dont l'auteur m'est inconnu) représentant la Déesse
Sarasvati juchée sur un cygne blanc (sa monture de prédilection)
et jouant de la Vînâ (sorte de luth indien).
- Ugajin est un Kami ou une Megami (vu que
cette entité est aussi bien représentée sous une forme masculine
que féminine) associé aux moissons et à la fertilité. On le
représente souvent sous la forme d'une créature serpentiforme dotée
d'une tête d'homme barbu ou de femme. Associé à la Déesse
Benzaiten, on le retrouve parfois perché sur la tête de cette
dernière.
Hydre de Lerne :
Rejeton de
Typhon (
voir la partie qui lui est consacrée
dans ce chapitre pour en savoir plus à son sujet) et d'
Echidna,
l'
Hydre
de Lerne est un
Néo-Dragon issu de la mythologie
grecque dont l'aspect varie grandement suivant les versions.
Dotée d'un corps de serpent ou de chien (peut-être grâce à
Euripide qui la qualifiait de : "
chienne aux multiples
têtes renaissantes"), l'
Hydre possédait également
un nombre variable de têtes (
une,
trois,
neuf,
cinquante, voire
plusieurs centaines, ...) et de cous.
En plus de sa forme, pour le moins... exotique, l'
Hydre avait
la capacité unique de faire repousser ses têtes tranchées (ou de
les régénérer en double exemplaire) et l'une d'elle était réputée
immortelle ; cerise sur le gâteau, le souffle et le sang du
Dragon de Lerne étaient d'une toxicité sans pareil.
Splendide représentation d'une Hydre par R.J.
Palmer.
Vaincre cette créature semblait relever de l'impossible et
pourtant le
Demi-dieu Héraclès (souvent aidé par son neveu
Iolaos) accomplit l'exploit de triompher de la bête.
Voyant que chaque tête tranchée repoussait,
Héraclès
demanda à
Iolaos de prendre un brandon enflammé et de
cautériser chaque cou pour empêcher la bête de se régénérer.
Après avoir tranché la tête immortelle, il prit soin de l'enterrer
sous un lourd rocher et trempa ses flèches dans le sang de la bête.
Un geste qu'il regrettera amèrement des années plus tard, mais
c'est une autre histoire...
Informations complémentaires :
- Échidna (ou Delphyné),
une ravissante femme dotée d'un corps de serpent. Épouse du
terrible Typhon. On la connaît surtout pour
avoir enfanté Cerbère
et Orthos,
la Chimère
et bien-sûr l'Hydre
de Lerne.
- Euripide (480 -
406) était un tragédien grec et auteur d'un
grand nombre de pièces de théâtre.
Kaliya :
Issu de la mythologie hindoue,
Kaliya est un gigantesque
Naga au venin mortel et associé aux
Néo-Dragons. La
créature est souvent dépeinte sous la forme d'un
cobra géant
aux multiples têtes chacune étant parée d'un capuchon (propre aux
serpents de ce type).
Kaliya résidait dans la
Rivière Yamuna (la plus
longue rivière d'
Inde et l'un des affluents du
Gange),
à proximité de la
cité de Vrindavan. Saturés de poison,
les environs de l'antre du
Naga étaient dénués de vie,
excepté un
Kadamba solitaire qui avait réussi à pousser sur
les berges.
Un jour, le
Dieu Krishna (l'une des divinités majeure de
l'
Hindouisme et d'autres traditions) en jouant à la balle
avec ses compagnons bergers, envoya le projectile atterrir dans la
Rivière Yamuna.Voulant récupérer le ballon, il grimpa dans
les branches du
Kadamba pour scruter les environs. Voyant que
la balle avait atterri dans la
Yamuna,
Krishna sauta de
son perchoir... C'est le moment précis où
Kaliya émergea de
son repaire aquatique.
Furieux contre l'impudent qui avait osé le déranger, l'énorme
Naga déploya ses capuchons, vomit son poison par ses
multiples têtes et enserra le dieu entre ses puissants anneaux. Pour
se défaire de l'étreinte de la terrible bête,
Krishna se
mit à grandir jusqu'à ce que
Kaliya soit obligé de relâcher
sa proie.
Voyant la population terrifiée par l'apparition de la bête,
Krishna esquiva les coups meurtriers de son adversaire, bondit
sur son elle en l'écrasant d'un poids comparable à celui de
l'Univers tout entier. Plaqué au sol par cette attaque,
Kaliya
ne pouvait que subir les assauts de son adversaire qui le piétinait
de plus belle en dansant sur ses têtes...
Alors que le
Naga allait succomber sous les coups, les
épouses du
Dragon (des
Nagi) supplièrent le dieu de
lui laisser la vie sauve, mettant ainsi fin à la danse meurtrière.
Meurtri mais toujours en vie,
Kaliya promit de ne plus
jamais attaquer quiconque. Voyant qu'il était sincère,
Krishna
consentit à lui pardonnersous condition qu'il quitte la rivière et
s'installe en un autre lieu.
Krishna en train de vaincre Kaliya pendant que
les épouses du Naga le supplient de rompre le combat.
Peinture du XVIIIème siècle, issue de l'atelier familial de
Seu-Nainsukh et exposée au Muséum National de New Delhi.
Informations complémentaires :
- Le Naga (Nagi
ou Nagini au féminin) est une sorte de Dragon
associé à l'Eau. Il se présente le plus
souvent sous la forme d'un serpent géant (doté d'une ou de
plusieurs têtes) ou d'un serpent à tête humaine. Souvent
bienfaisants, plus rarement malfaisants, les Nagas sont
présents dans l'Hindouisme et le Bouddhisme.
L'un des Nagas les plus célèbre est
bien-sûr Ananta (ou Shesha)
: le serpent cosmique doté de mille têtes dont le gigantesque corps
sert de lit à Vishnu (dieu majeur et protecteur
de la religion hindoue).
- Les cobras ont pour particularité de pouvoir gonfler
leur cou lorsqu'ils sont excités ou énervés. Cette capacité est
due aux côtes qu'il est capable d'écarter pour paraître plus gros
- et intimidant - face à un éventuel prédateur.
- Vrindavan ou Brindavan est à la fois une cité
et une région d'Inde. Il s'agit également d'un lieu de
pèlerinage dédié à la divinité Krishna.
- Le Kadamba (Neolamarckia
cadamba) est un arbre tropical originaire de l'Asie
du Sud et Sud-Est. Pouvant atteindre
45 mètres de hauteur, l'arbre est doté de
feuilles persistantes, de couleur verte et de forme allongée. Ses
fleurs ressemblent à des boules jaune-orange servant à la
confection de parfums.
- Krishna ou Kishan,
censé être la huitième incarnation de Vishnu
est l'un des dieux les plus vénérés de l'Hindouisme.
Reconnaissable à sa peau noire (ou bleue dans les représentations
plus modernes), la divinité est dépeinte sous une multitude de
formes : un enfant mangeant du beurre, un jeune homme jouant de la
flûte, un vieux sage guidant ses pairs, ...
Kuzuryu :
Kuzuryu (littéralement : "
Dragon à Neuf Têtes")
ou
Kuzuryushin ("
Dieu Dragon à Neuf Têtes")
est une entité draconique divine et associée à l'élément
liquide. La créature à la forme d'un
Ryu pourvu de
neuf
têtes, ce qui fait de lui un
Dragon Céleste et un
Néo-Dragon (tout comme
Gozuryu).
Kuzuryu serait apparu durant la
Période Nara (
710
-
794). La légende raconte qu'il se serait installé au
Lac
Ashi et aurait ordonné au habitants de lui sacrifier des jeunes
filles (une jeune fille par an selon certaines sources). Pour
satisfaire à la sinistre requête du
Dragon, les locaux
décidèrent de laisser le hasard désigner la victime ; grâce à
une plume blanche tirée (à l'arc) dans les airs, qui en retombant
sur le toit d'une maison scellait ainsi le destin de celle qui avait
le malheur d'y résider.
Voulant empêcher le
Dragon de se goinfrer de chair
humaine, un prêtre du nom de
Mankan (ou
Mangen) maudit
Kuzuryu et l'enchaîna à une formation rocheuse située au
fond du lac.
Une version assez particulière de Kuzuryu (dont
l'auteur m'est malheureusement inconnu).
Plus tard, le prêtre constata que le
Dragon malfaisant
s'était changé en un
Roi Dragon. Il lui fit alors construire
un autel et lui apporta comme offrande du riz vapeur et des haricots
rouges. Depuis lors, la créature porte le nom de
Kuzuryu
Daimyojin (littéralement : "
Grand Dieu Dragon à Neuf
Têtes")
Le
Dragon est vénéré dans les Préfectures de
Kanagawa
(surtout à
Hakone), de
Nagano et de
Fukui ;
plusieurs sanctuaires lui sont dédiés (dont celui appelé
Kuzuryu
Shingu - "
Nouveau Sanctuaire de Kuzuryu") ainsi
qu'un festival annuel se déroulant le
13 juin ( où des
parties de sa légende y sont rejouées.
Kuzuryu serait lié au
Dieu Dragon Ryujin et au
Naga
cosmique
Ananta, mais une fois encore, les explications seront
pour une autre fois.
Informations complémentaires :
- Le Lac Ashi est un lac japonais
(situé dans la Province de Kanagawa) formé
dans un cratère volcanique.
- Le tirage au sort est un thème récurrent lorsqu'il
s'agit de livrer des jeunes filles (ou jeunes gens) pour apaiser la
colère d'une créature (pas toujours un Dragon).
L'exemple le plus connu est bien entendu la légende de saint
Georges de Lydda qui sauva la fille d'un roi, désignée
par le sort pour être sacrifiée.
- Hakone est un bourg japonais situé
dans la Préfecture de Kanagawa.
- Pour plus d'informations sur Ryujin,
veuillez consulter les "Informations complémentaires"
du chapitre intitulé : "De
l'histoire au mythe".
Ladon :
Appelé à l'origine
Ophis,
Ladon est un
Néo-Dragon
de la mythologie grecque. Né de l'union de
Typhon et
d'
Échidna (d'autres version font de lui le rejeton de
Phorcys
et
Céto ou l'une des création de
Gaïa voire d'
Héra).
Doté d'un corps serpentiforme, le
Dragon avait pour
particularité d'être doté de
cent têtes (ou
nonante-neuf)
qui étaient capables de parler dans différentes langues (ou de
s'exprimer avec de multiples voix).
Tortueuse représentation de Ladon par Rodrigo Vega
(traduction du commentaire en bas à droite : "Lorsque
les Dragons deviennent trop puissants à tuer au crayon ou à
l'épée...").
Chargé par la Déesse
Héra de garder les
Pommes d'Or
du
Jardin des Hespérides, il sera tué par
Hercule,
chargé de ramener les fameuses pommes pour accomplir l'un de ses
douze travaux.
La mort du
Dragon causera du chagrin aux filles d'
Atlas
(les
Hespérides) et
Héra, pour remercier
Ladon
de ses bons et loyaux services, placera sa dépouille dans les
étoiles pour former la
Constellation du Serpent (appelée
aussi
Constellation du Dragon).
Il existe encore quelques détails et variantes à propos de
Ladon, mais comme toujours, vous aurez tous les détails dans
un article plus approprié.
Informations complémentaires :
- Phorcys (ou Phorkys)
est une divinité primordiale associée à la mer. Il est le fils de
Gaïa et épouse sa propre sœur : Céto.
Ensemble, ils auront de nombreux enfants monstrueux, comme les
Gorgones,
les Grées
ou le Dragon Ophis - Ladon).
- Céto, Cétus
ou Kéto est l'épouse et la sœur de Phorcys.
Divinité associée également à l'Eau, elle
est décrite comme un gigantesque monstre marin (aux vagues allures
de baleine).
- Gaïa est l'une des premières
divinité grecque à apparaître dans la création du monde. Associée
à la Terre et vue comme une version de la
Déesse-Mère (déesse féminine que l'on
retrouve notamment chez les Celtes et liée à
un culte de la fertilité et de la fécondité).
Elle a enfanté seule une foultitude de rejetons dont
Ouranos (le Ciel) qui
s'unit à elle pour donner naissance à des créatures bien connues
comme les Titans (dieux primordiaux dont
l'histoire est évoquée dans l'article consacré aux Harpies)
et les Cyclopes (sorte de Géants
à un œil).
- Sœur et épouse de Zeus (chef du
panthéon grec), Héra (ou Junon
chez les Romains) est la déité protectrice du mariage et des femmes
en couches.
Jalouse, elle n'hésite pas à se venger des relations
extra conjugales de son époux en s'en prenant aux malheureuses qui
ont osé succomber aux charmes du dieu de la foudre.
- Les Pommes d'Or sont des fruits
merveilleux provenant d'un pommier (ou d'un verger) que Gaïa
aurait fait pousser pour célébrer le mariage de Zeus
et Héra.
- Situé sur les pentes du Mont Atlas
(ou, comme le précise Jean-Claude Belfiore : "à
l'extrême occident de la Terre"), le
Jardin des Hespérides est un espace vert
appartenant à la Déesse Héra où pousse un
pommier merveilleux doté des fameuses Pommes d'Or.
- Auteur français, Jean-Claude Belfiore s'est
spécialisé dans la rédaction d'ouvrages historiques et
mythologiques de l'Antiquité (comme par exemple le "Grand
Dictionnaire de la Mythologie Grecque et Romaine").
- Atlas est le Titan qui aux côtés de ses
frères a combattu les dieux de l'Olympe. Vaincu, il sera
condamné par Zeus à porter la voûte céleste sur ses
épaules ou à soutenir la colonne placée entre le ciel et la Terre.
- En nombre variable (trois, cinq,
sept), les Hespérides sont
souvent vues comme les gardiennes des Pommes d'Or.
Héra, voyant qu'elles avaient tendance à aller
chiper des fruits dans l'arbre merveilleux, envoya Ladon
(Ophis) qui s'enroula autour du tronc du pommier
afin d'éviter tout chapardage.
- La Constellation du Dragon (la
huitième plus grande) est constituée de plusieurs étoiles qui
forment la tête et les yeux tandis que le reste constitue un "corps"
serpentiforme encerclant la Petite Ourse.
Typhon :
Typhon ou
Typhée est un
Dragon primordial
provenant de la mythologie grecque et l'un des rivaux principaux de
Zeus, le
Dieu de la Foudre.
Compagnon d'
Échidna,
Typhon est connu pour avoir
donné naissance à bon nombre de créatures connues dans les mythes
grecs : la
Chimère,
Orthos,
Cerbère,
l
'Hydre
de Lerne. Certains auteurs ajoutent à la liste l'
Aigle du
Caucase,
Ladon, le
Lion de Némée, les
Gorgones,
... et j'en passe.
Typhon serait né de l'union de
Gaïa et de
Tartare
ou d'
Héra, qui, rendue jalouse par la naissance d'
Athéna
(sortie du crâne de
Zeus), pria
Gaïa de lui accorder
un fils plus puissant que son époux.
Gaïa accorda son
souhait mais il est probable qu'
Héra ne s'attendait pas à
donner naissance à un rejeton aussi... particulier que
Typhon...
La description de
Typhon varie fortement selon les auteurs
(qui lui confèrent souvent de nouvelles particularités anatomiques)
mais plusieurs caractéristiques reviennent presque à chaque fois :
ses proportions plus que titanesques (plus grand que toutes les
montagnes) et son apparence liée aux serpents. On peut donc le
décrire comme un être colossal doté d'
une centaine de têtes de
serpent capables de cracher le feu ou encore comme un être
gargantuesque, au corps ailé, au torse humain, dont les bras et les
jambes sont terminés par des centaines de corps vipérins ; sans
oublier les épaules, grouillant d'
une centaine de têtes
ophidiennes (il existe encore d'autres détails sur son aspect
mais j'énumèrerai cela une autre fois). Il n'est donc pas difficile
de déterminer que
Typhon fait partie de la grande famille des
Néo-Dragons.
Typhon selon Jacob Vian.
Typhon, voulant régner sur le monde, ira défier
Zeus
pour asseoir sa domination. À la vue de cette entité chaotique, les
autres divinités se changeront en animaux divers et s'enfuiront en
Égypte (excepté
Athéna qui dans certaines versions
reste aux côtés de son père pour affronter la bête).
Selon
Hésiode,
Zeus foudroiera
Typhon et
l'enverra dans le
Tartare. Plus tard,
Apollodore
allongera le récit et étoffera également la description de la
créature.
Zeus fera cette fois face à son adversaire armé
de la foudre et d'une faucille (probablement celle qu'a employé le
Titan Cronos pour castrer son père
Ouranos -
un
évènement que j'ai déjà détaillé dans le récit sur les
Harpies).
Il blessera
Typhon qui, en représailles, lui arrachera les
tendons des bras et des jambes, le privant ainsi de ses forces.
Hermès aidé d'
Aigipan (peut-être une équivalence du
Dieu Pan) ira reprendre les muscles arrachés pour les rendre
au futur seigneur de l'
Olympe. Ayant retrouvé toute sa
puissance,
Zeus poursuivra
Typhon de ses foudres. Le
Dragon sera finalement trompé par les
Moires qui lui
feront manger les
fruits de la mort, lui faisant croire qu'en
les avalant il retrouverait toutes ses forces. Affaibli par sa
collation il sera enfin vaincu et finira emprisonné sous l
'Etna
(ou écrasé par sa masse), sous l'étroite surveillance
d'
Héphaïstos.
Typhon manifestera de temps à autre sa
colère en provoquant des éruptions volcaniques (qu'il personnifie).
Informations complémentaires :
- L'Aigle du Caucase est un rapace sous les ordres de
Zeus qui chaque jour se rend au Mont Caucase pour
dévorer le foie du Titan Prométhée (condamné pour avoir
dupé le seigneur de l'Olympe en confiant le feu aux hommes).
- Le Lion de Némée était un fauve
d'Argolide (une péninsule située au Sud
de la Grèce) censé avoir la peau impénétrable.
Il sera tué par Hercule qui revêtira sa peau
pour s'en faire une cape le protègeant contre les coups.
- Le Tartare est à la fois une région
des Enfers où sont condamnés les pires
criminels (sans oublier les Titans) et une
entité primordiale de la mythologie grecque que Timothy
Gantz décrit comme étant "les ténèbres
brumeuses situées dans les replis de la terre".
- Timothy Nolan Gantz (1945
- 2004) était un professeur américain
spécialisé dans la littérature antique ayant principalement
enseigné à l'Université de Géorgie. On lui
doit notamment l'ouvrage intitulé : "Mythes de la
Grèce Archaïque".
- Athéna (ou Minerve
chez les Romains) est principalement la Déesse de la
sagesse, de la stratégie militaire et la protectrice de
la ville d'Athènes.
- Hésiode était un poète grec du
VIIIème siècle avant J.C.On le connaît
surtout pour sa "Théogonie", ainsi
que "Les Travaux et les Jours", deux
œuvres qui détaillent la naissance du monde, les différentes
générations de dieux, l'apparition des diverses races d'hommes
(d'or, d'argent, de bronze, ...) et bien d'autres choses.
- Apollodore ou plutôt
Pseudo-Apollodore est l'auteur de la
"Bibliothèque" (un condensé fort
complet de la mythologie grecque). On sait peu de choses à son sujet
mais on estime que son œuvre aurait été rédigée au Ier
ou IIème siècle.
- Hermès (Mercure
pour les Romains) est le dieu grec de la chance, des voyageurs, des
commerçants et des voleurs. Il sert également de messager des dieux
et conduit l'âme des défunts aux Enfers.
- Pour plus d'informations sur Pan,
veuillez consulter l'article consacré à Cernunnos,en
vous rendant directement au chapitre intitulé "Les
dieux pastoraux".
- l'Etna est un volcan d'Italie
se trouvant en Sicile (l'île tout au Sud du
pays).
- Héphaïstos (Vulcain
pour les Romains) est un dieu grec difforme associé à la forge, à
la métallurgie, au feu et aux volcans.
Xiangliu :
Issu de la mythologie chinoise,
Xiangliu (qu'on appelle
également
Xiangyou ou
Xiang Yao) est un
Néo-Dragon
à l'aspect plutôt étrange. La créature est dotée d'un corps
serpentiforme complété de
neuf têtes. "Jusque-là,
rien de plus exotique que l'
Hydre de Lerne" me
direz-vous... Mais la petite subtilité est que
Xiangliu est
souvent représenté avec
neuf visages humains... En sus de sa
collection de caboches, le
Dragon est également doté d'un
sang hautement toxique (comme l'
Hydre de Lerne), capable de
rendre stérile les sols les plus fertiles.
Dans les récits,
Xiangliu est le premier ministre de
Gong
Gong (appelé aussi
Kanghui), un
Dieu de l'Eau doté
d'une chevelure rouge et d'une queue de
Dragon.
Souvent considéré comme destructeur,
Gong Gong, avec le
concours de son allié
Xiangliu, est notamment connu pour
avoir tenté de noyer le monde sous les flots. Il sera heureusement
contré par la
Déesse Nüwa (une histoire intéressante qu'il
me faudra vous conter une autre fois).
Après la défaite de son maître,
Xiangliu, empli de
haine, s'enfuit à
Sichuan et se met à ravager la contrée,
ne laissant derrière-lui que des marais dénués de toute vie.
Voulant contrer les ravages du
Dragon,
Da Yu ("
Yu
le Grand"), traqua la bête et finit par la tuer. Malgré sa
victoire, il restait encore un problème à résoudre par le héros :
comment purger la région du sang abject que
Xiangliu avait
répandu ?
Yu le Grand affrontant Xiangliu (illustration de
Brent Cherry).
Il tenta d'abord de creuser le sol pour extraire l'infecte
substance mais plus il creusait et plus le sang se logeait
profondément dans les entrailles de la terre. Voyant que sa première
méthode ne marchait pas, à la place, il creusa une profonde vallée
et y déposa toute la terre empoisonnée, évitant ainsi à la région
de
Sichuan de devenir une terre désolée dénuée de toute
vie.
Informations complémentaires :
- Nüwa est une déesse chinoise qui a façonné les
hommes avec de la terre glaise et réparé les dégâts causés par
Gong Gong. D'apparence humaine jusqu'au torse, le bas de son
corps est terminé par une queue ophidienne (ou draconique).
- Le Sichuan (littéralement : "Quatre
Rivières") est une province du Centre-Ouest
de la Chine.
- Yu le Grand est considéré comme
étant le premier monarque de la Dynastie
Xia (fondée vers -2070) et
l'inventeur des techniques d'irrigation en Chine.
Divinisé, il deviendra une divinité des eaux (qu'on représente
comme un humain ou parfois comme un hybride d'homme et de Dragon).
Zmeï Gorynych :
Bilina (ou
Starina), un poème épique slave,
raconte notamment la lutte dantesque opposant
Dobrynia Nikititch
(archétype du chevalier errant) au
Dragon Zmeï Gorynych.
Zmeï Gorynych (ou
Zmey Gorynych) est décrit comme
un
Dragon de couleur verte. Doté de
trois têtes
(parfois plus) capables de souffler le feu. il se déplace sur ses
deux solides pattes postérieures (ses membres antérieurs sont trop
courtauds pour l'aider à se mouvoir). Il n'est donc pas difficile
d'en conclure que
Zmeï Gorynych est un membre de la - très -
grande famille des
Néo-Dragons.
La rencontre entre le héros et le
Dragon se découpe en
deux parties. Dans la première,
Dobrynia Nikititch désobéit
à sa mère (qui lui avait recommandé - entre autres - de ne pas se
baigner dans la
Rivière Poutchaï) en allant nager dans la
rivière embrasée, proche de l'antre de
Zmeï Gorynych.
Voyant un repas se profiler à l'horizon, le
Dragon charge le
héros désarmé. Cherchant un moyen de se défendre,
Dobrynia
Nikititch trouve un bonnet qu'il remplit aussitôt de terre et
dont il se sert pour assommer son adversaire. Vaincue,la bête
demande au preux de l'épargner. Ils concluent ainsi une sorte de
pacte de non-agression.
Dans la seconde partie, le
Prince Vladimir envoie
Dobrynia
Nikititch au secours de sa nièce,
Zabava Putyatishna,
enlevée par le même
Dragon. Dans une version, le combat
n'est pas décrit, on apprend juste que le héros tranche toutes les
têtes de la créature (au nombre de
douze) et ouvre son
ventre, libérant la demoiselle ainsi qu'un nombre conséquent de
prisonniers russes. Dans un autre texte (probablement plus tardif vu
qu'il est teinté de valeurs chrétiennes),
Dobrynia Nikititch
affronte
Zmeï Gorynych trois jours durant. Le troisième
jour, alors qu'il va déposer les armes, une voix venue du ciel lui
conseille de se battre encore trois heures. Ragaillardi par ces
paroles, le chevalier ferraille encore et encore et parvient
finalement à tuer le
Dragon.
Dobrynia Nikititch sauvant Zabava Putyatishna des
griffes du Dragon Zmeï Gorynych (illustration de Bilibin
réalisée en 1941).
Il existe d'autres
Dragons de
Russie et des
Pays
de l'Est dont le nom est fort proche de celui de
Zmeï
Gorynych. Dans le folklore
slave du Sud, par exemple, le
Dragon est appelé
Zmaj,
Zmij ou
Zmej.
Considéré comme étant une créature extrêmement intelligente,
puissante et sage, le
Zmaj est un être respecté qui, s'il
n'est pas toujours bienveillant, n'est jamais foncièrement mauvais.
La mythologie slave décrit également
Zmeï comme étant un
Dragon aux multiples têtes et symbolisant le
Chaos. La
créature aurait été défaite par
Svarog, le
Dieu du Feu
représenté parfois sous la forme d'un
Dragon ailé (je
m'étendrai plus sur le sujet des
Dragons slaves dans un autre
article plus adapté).
Nous voilà arrivés à la fin de cette "petite"
liste de parents du Dragon octocéphale. Nul doute que nous
reparlerons une autre fois de l'une ou l'autre de ces créatures. Le
sujet des Dragons est si vaste et complexe qu'il est
potentiellement impossible d'en voir la finalité. Ce qui a le mérite
de vous proposer une "histoire sans fin", pour le moins
hétéroclite et écailleuse.
Informations complémentaires :
- Bilina (qui, pour rappel, s'appelle
également Starina) est un poème épique issu
des traditions slaves dont le nom pourrait signifier : "Quelque
Chose Qui Fut" ou "Un Ancien Poème".
Basé sur des fait historiques rehaussés de touches fantastiques, ce
récit (dont le contenu est plus ancien) aurait été écrit vers
Xème ou XIème siècle.
- Dobrynia Nikititch, l'archétype du héros (et
accessoirement l'incarnation de la noble caste des guerriers) serait
inspiré de Dobrynya, un seigneur de la guerre qui a conduit
les armées de Sviatoslav Ier et éduqué son fils, Vladimir.
- Sviatoslav Ier de Kiev est un
Grand-Duc varègue qui aurait régné de 945
à 972 ou de 962 à 972
(sa date de naissance est également incertaine). Connu pour avoir
souvent guerroyé et conquis de nouveaux territoires (autour de la
Volga, de la Steppe Pontique
et des Balkans), il finit par constituer l'un
des plus vastes état d'Europe.
- Pour rappel, "varègue" était le terme
employé par les Grecs et les Slaves Orientaux pour
désigner les Nordiques (d'origine suédoise) qui ont gouverné
la Russie Kiévienne (une principauté slave qui est apparue
au IXème siècle pour s'éteindre au milieu du XIIème
siècle).
- La Volga est le plus grand fleuve
d'Europe qui arrose avec ses affluents près
d'un tiers de la Russie d'Europe
(régions Occidentales de la Russie qui se
trouvent sur le continent européen).
- La Steppe Pontique est une zone
aride située au Nord de la Mer Noire.
- Les Balkans forment une vaste région
d'Europe du Sud-Est bordée sur trois côtés
par des mers (la Mer Égée, la Mer de
Marmara et la Mer Noire) regroupant
plusieurs pays comme : l'Albanie, la Bulgarie,
la Grèce, la Roumanie, ...
- Fils bâtard de Sviatoslav Ier et de
sa concubine, Vladimir le Grand (958
- 1015) sera fait prince à la mort de son père.
En 976, il devra fuir en Scandinavie,
lorsque son frère Oleg Sviatoslavitch fut
assassiné par son autre frère, Iaropolk Ier.
Aidé par un Jarl (chef ou comte chez les
Nordiques) de Norvège, il
constituera une armée de Varègues, reprenant
la cité de Novgorod et se débarrassant de son
impétueux parent, devenant ainsi le Grand-Prince de Kiev.
- Ivan Yakovlevich Bilibine (1876 - 1942)
est un peintre russe, illustrateur de livres et décorateur de
théâtres.
- Svarog (ou Swaróg en polonais) est un Dieu
du Feu (qu'on associe parfois au Soleil et à la
métallurgie) issu de la mythologie slave. Dieu créateur,
dispensateur de lumière et fertilisateur, il est parfois vu comme le
père des autres dieux. Représenté sous la forme d'un Dragon
ailé, il est également connu pour avoir apporté l'ordre sur le
monde en battant son adversaire le Dragon Zmeï (symbolisant
le Chaos).
Conclusion :
Yamata-no-Orochi aura tant influencé le
Pays du Soleil
Levant qu'il est devenu inextricablement lié à ses mythes, son
histoire et sa culture... même par-delà la tombe. Tout d'abord
Dragon primordial, sa mort a permis au
Kami Susanoo de
passer du statut d'exilé honni de ses pairs à celui de souverain
aimé de son épouse.
Pour terminer en beauté, une création colorée
Superspacemonkey représentant (une fois encore) le combat
opposant Susanoo à Yamata-no-Orochi.
Suite au trépas du
Dragon de Koshi, l'épée
Kusanagi-no-Tsurugi prit le relais pour continuer à façonner
le destin de l'archipel. Offerte aux premiers empereurs, elle est
devenue le lien qui prouve leur ascendance divine et les unit au
ciel. Un pacte qui leur assure la protection des
Kami-gami.
Confiée au Prince
Yamato Takeru pour l'aider dans sa
mission contre les rebelles, elle lui permit de faucher littéralement
les rangs ennemis. Il en revint tout auréolé de gloire.
Lors de la tragique bataille de
Dan-no-Ura, sa perte dans
les flots symbolisa la fin d'une ère et le début du
Shogunat.
Plus tard, sa récupération (de l'originale ou d'une de ses
nombreuses copies) permit à la dynastie impériale d'avoir l'espoir
d'un jour pouvoir revenir au pouvoir. Un souhait qui sera comblé
lors de la
Restauration Meiji.
De nos jours, la lame sacrée est encore révérée comme un
présent de la
Megami Solaire. Elle sert toujours à
introniser (et donc légitimer) l'ascension au trône d'un nouvel
empereur. Le présent du
Dragon, symbole d'un passé lointain
toujours vivace, guidera pour longtemps encore la destinée des
souverains du Japon et de leur peuple.
Annexes :
Littérature :
- "
Naruto", le manga bien connu adapté en anime
est truffé de références à la mythologie shintoïste. Vu qu'il
serait fastidieux de tout lister au détail près, voici un résumé
des éléments liés au
Dragon à huit têtes et à certains
Kami que l'on retrouve dans les livres et la série :
-
Orochimaru, l'un des adversaires des personnages de la
série, est fortement lié à
Yamata-no-Orochi et à la
Kusanagi.Son aspect physique (peau pâle, yeux dotés de
pupilles verticales, nez quasi absent faisant penser au museau d'un
ophidien, canines développées faisant penser à des crocs, ...) et
son nom (proche du mot "
Orochi") montrent déjà
clairement qu'il est associé à la gent serpentiforme.
Orochimaru est également capable d'invoquer des serpents
pour l'aider, il manie également la
Kusanagi comme arme
(l'arme à l'aspect d'un
Katana dans le manga et d'un
Jian
chinois dans l'anime) qu'il peut faire jaillir de la gueule des
ophidiens venus l'assister. La "
Technique
de Yamata" (appelée également "
Technique aux
Huit Têtes") lui permet de se métamorphoser en un
titanesque "serpent" blanc doté de huit têtes et de huit
queues (une référence évidente au
Dragon de Koshi). Sous
cette forme, il sera vaincu par la "
Technique Susanô".
Le personnage d'Orochimaru provient à l'origine d'un conte japonais appelé : "Jiraiya Goketsu Monogatari" ("La Légende du Galant Jiraiya").
Représentation d'Orochimaru réalisée par Carlos Herrera pour "Mitos y Leyendas" ("Mythes et Légendes"), un jeu de cartes à collectionner dont une des éditions ("Bushido Edition") est axée autour du folklore japonais.
Il fut autrefois l'un des élèves de Jiraiya (le chef d'un clan de l'île de Kyûshû) et se nommait Yashagoro. Séduit par un serpent qui lui offre le pouvoir de se changer en serpent géant, il trahit son maître et l'empoisonne ainsi que son épouse (Tsunade).
-
Susanô (ou "
Susanoo" dans la version
anglaise) est une technique puissante qui prend la forme d'un
guerrier humanoïde éthéré dont l'aspect varie. Il enveloppe le
corps de son utilisateur et devient une extension de sa volonté. Une
fois employée, la forme générale de
Susanô évolue jusqu'à
devenir "complète". La manifestation prend d'abord la
forme d'un squelette se dotant ensuite de "muscles", de
"peau", d'une armure et autres détails anatomiques (bras
supplémentaires, ailes, ...). L'aspect, la couleur et les
spécificités du
Susanô varient selon l'utilisateur (la
forme finale peut ressembler à un
Asura - déités guerrières
issues de la mythologie hindoue - ou un
Tengu). La plupart du
temps, l'être manie la "
Lame de Totsuka" (en
référence à
Totsuka-no-Tsurugi, l'arme que manie
Susanoo
lorsqu'il affronte le
Dragon) et le "
Miroir Yata"
(l'artefact qui a servi à faire sortir
Amaterasu de sa
cachette) en guise de bouclier.
Pour plus d'informations sur le Tengu,
veuillez consulter les "Informations complémentaires"
du chapitre intitulé : "Un
visiteur indésirable".
- "
Amaterasu" est une technique créant une vague
de flammes noires consumant tout sur son passage. La vague ignée ne
peut être éteinte par l'eau et peut brûler pendant sept jours et
sept nuits.
Représentation d'Amaterasu - armée des Trois
Trésors Impériaux du Japon - pour le jeu "SMITE"
(pour plus d'information sur le sujet, veuillez consulter les annexes
consacrées au jeu-vidéo).
- "
Blue Seed" est un manga de
1994 découpé
en deux parties et adapté en anime de
26 épisodes, la même
année.
L'intrigue principale est basée sur le mythe du combat entre
Susanoo et
Yamata-no-Orochi (que l'on retrouve résumé
assez fidèlement dans le première partie de la série).
Suite à cet épisode mythologique, le
Dragon se retrouve
exilé du monde avec sa progéniture, les
Aragamis (des
créatures draconiques ou végétales associées aux
Yokai).
Plongés dans un profond sommeil grâce au sang de
Kushinada
(l'épouse de
Susanoo) et de ses descendantes, les
créatures restent inactives pendant des siècles, jusqu'au jour où
naissent deux jumelles ; un évènement qui divise par deux la
puissance de la lignée
Kushinada, provoquant le réveil des
Aragamis.
Pour revenir dans le monde, les
Aragamis emploient des
"graines bleues" - "blue seeds" en anglais - (des
Magatama - bijou japonais en forme de virgule et percé d'un
trou ; pour rappel, l'un des
Trois Trésors Impériaux est un
Magatama) qui infestent les humains, plantes et animaux, les
changeant progressivement en monstres.
Yamata-no-Orochi semble apparaître dès le premier épisode
sous la forme d'un gigantesque
Dragon végétal doté d'une
multitude d'yeux et de lianes. Il aurait également créé un hybride
d'humain et d'
Aragami - nommé
Mamoru Kusanagi - afin
de protéger la descendante de
Kushinada jusqu'à son
sacrifice.
Susanoo (appelé "
Susano-o") tient
également un rôle central dans le manga mais je vous laisse
découvrir par vous même cette série.
- Dans "
Mutant Ninja Turtles Gaiden",
Splinter
(rat ayant muté après avoir été exposé à des déchets toxiques)
reçoit un paquet adressé à son défunt maître
Hamato-Yoshi (un
adepte du
Ninjutsu - ensemble de techniques martiales
enseignées aux
Shinobi, mieux connus sous le nom de
Ninjas
- qui s'est exilé pour avoir tué un membre de son clan afin de
protéger son épouse). Le colis contient une lame maudite, la
Totsuka, qui fait ressortir les plus bas instincts des êtres
exposés à son influence malfaisante.
L'arme appartenait à l'origine à
Amaterasu. Elle confia
l'artefact à son frère, le
Kami Susanoo pour l'aider à
vaincre
Yamata-no-Orochi
(décrit ici comme un
Démon). Défait par les prouesses
martiales de son adversaire, la créature maudit dans un dernier
souffle l'arme endommagée. Le
Kami des Tempêtes victorieux
ramena l'épée de sa sœur dans un état déplorable et lui offrit
en compensation la
Kusanagi, une autre lame découverte dans
les restes de son défunt ennemi.
Plus tard, pour sauver ses fils adoptifs (les tortues),
Splinter
se sacrifiera en détruisant la
Totsuka qui sera réduite
en cendres, tout comme la
Kusanagi. Les deux lames servaient
de réceptacle à l'âme de
Yamata-no-Orochi et leur
destruction permettra au "
Démon" de revenir d'entre
les morts. Il prendra forme à partir du squelette d'un clone raté
de
Splinter et altérera son aspect physique en se dotant
d'une tête centrale accompagnée d'une multitude de têtes plus
petites.
"Mutant Ninja Turtles Gaiden"
(ou MNTG) est un webcomic
basé sur le comic américain "Teenage Mutant Ninja
Turtles". Créé par Tigerfrog
en 2004, la série - composée de
plus de 800 pages - est toujours en production à
l'heure actuelle.
- Dans le manga et la série animée "
Campione !"
(littéralement : "
Champion !"),
Ena Seishuuin,
l'une des héroïne, manie une lame nommée "
Ame no Murakumo
no Tsurugi". Une épée noire japonaise censée avoir
appartenu autrefois au
Dieu Susanoo.
L'arme serait un demi-dieu associé à l'acier et capable de
contrôler les tempêtes. Elle possèdera le corps d'
Ena
Seishuuin mais sera détruite par
Godou Kusanagi (le
personnage principal).
Susanoo apparaît dans la série sous la forme d'un homme
d'âge mur et bedonnant, portant la barbe et vêtu de blanc. Associé
à l'acier et aux tempêtes, il aurait la capacité de pouvoir
changer les femmes en peignes...
Il prêtera son arme à
Ena Seishuuin et sera défait par
Godou Kusanagi (ce qui fait, une fois encore, référence à
l'épée légendaire).
"Campione !" est un Light Novel (sorte
de roman japonais destiné à de jeunes adultes) centré sur Godou
Kusanagi, un jeune lycéen qui parvient à tuer une divinité.
Son exploit lui vaut de devenir un Campione, une sorte de
tueur de dieux chargé de vaincre ces derniers pour les empêcher de
nuire aux hommes.
- Le
douzième livre de la série de comics "
Usagi
Yojimbo" a pour titre : "
Grasscutter"
(littéralement : "
Trancheuse d'Herbe"), un nom qui
rappelle bien entendu la
Kusanagi (que l'on nomme parfois
"
Sabre Fauche Herbes").
Dans ce tome, le héros,
Miyamoto Usagi, trouve la
Kusanagi
no Tsurugi sur le rivage. Il ne réalise pas de suite qu'il tient
l'arme divine entre ses mains mais bien vite il doit faire face à
des hordes d'assassins venus récupérer l'artefact afin de
l'employer pour démettre de ses fonctions le
Shogun et
ramener l'empereur sur le trône.
Plusieurs éléments de ce scénario (qui se déroule durant la
Période Tokugawa ou Edo)
sont inspirés de légendes et d'évènements historiques qui ont
marqués le Japon. La découverte de la Kusanagi
sur le rivage fait probablement écho à sa perte dans les flots lors
de la Bataille de Dan-no-Ura où l'Empereur
Antoku se suicida avec ses proches, emportant avec lui les
trésors impériaux (pour plus de précisions à ce sujet, consultez
les chapitres suivants : "Le
sabre japonais", "De
l'histoire au mythe" et "La
Kusanagi-no-Tsurugi à la loupe"). Historiquement
parlant, il est également exact que le pays était dirigé à cette
époque par les Shogun du Clan
Tokugawa, tandis que l'empereur n'avait qu'un rôle de
grand prêtre. La découverte de la Kusanagi et
sa restitution au monarque aurait peut-être pu changer l'histoire.
Rappelons que l'arme est vitale pour introniser un nouveau souverain,
elle symbolise également son pouvoir et son lien avec les Kami
(et la Megami Amaterasu).
"Usagi Yojimbo" (littéralement
: "Le Lapin Garde du Corps") est un
comic américain créé par Stan Sakai.
L'histoire se déroule dans un Japon ou ses
habitants sont des créatures anthropomorphiques (des animaux à la
morphologie humaine), durant la Période Tokugawa.
Au fil des épisodes, nous suivrons les aventures de Miyamoto
Usagi, un Ronin (Samourai
sans maître) parti en pèlerinage guerrier.
- Dans la nouvelle de
Jonathan Holburt : "
Kyuden",
un
Yakuza (membre de la mafia japonaise) du nom de
Kingpin
Ryuichi envoie
Yugh Scott, un ancien membre des forces
spéciales britanniques, voler les
Trois trésors Impériaux du
Japon.
Ryuichi étant d'ascendance noble, il désire ces
trois artefacts pour réclamer le trône du
Pays du Soleil Levant
qui lui revient de droit - selon lui.
- Dans la nouvelle policière intitulée : "
The Sword That
Cut the Burning Grass" ("
L'Épée qui Coupe l'Herbe
Brûlée"), écrite par
Dorothy et
Thomas Hoobler,
la
Kusanagi est dérobée et l'empereur (âgé de quatorze
ans) est kidnappé. "
Seikei", l'apprenti
Samouraï
devra retrouver le monarque disparu avant que l'arme sacrée ne tombe
en de mauvaises mains.
-
Izanami apparaît dans le manga et anime "
Noragami"
comme étant la "
Reine des Enfers" et la mère du
Dieu "
Ebisu" (
Kami de la pêche du commerce
et de la prospérité).
Ceux qui observent
Izanami la verront sous les traits d'une
personne féminine en laquelle on a confiance. Mais lorsque la déesse
perd ses moyens, l'illusion s'estompe et l'on peut la voir sous sa
forme véritable : un squelette de femme pourrissant doté de longs
cheveux noirs (comme vous pouvez le voir
ici).
Rongée par la solitude, elle tente de retenir tous ceux qui tombent
dans son antre.
D'autres
Kami complètent également le casting divin.
Citons par exemple "
Okuninushi", accompagné d'un
lièvre blanc (en référence au mythe) et "
Amaterasu
Omikami" qui apparaît (pour le moment) uniquement dans le
manga et qui représente l'autorité suprême du ciel.
Pour rappel, Okuninushi est un Kami
de l'agriculture et de la médecine. Vous en trouverez les
détails en consultant les "Informations
complémentaires" du chapitre intitulé : "Meurtre
de Kagu-tsuchi et voyage au Royaume des Ténèbres"
et le chapitre intitulé : "Susanoo le Kami des Tempêtes"
(se trouvant au tout début de cet article)
Dans l'anime (et probablement dans le manga), le rituel de
purification d'
Izanagi (voir la première partie de l'article
au chapitre intitulé :
Purification
d'Izanagi et naissance de Kami") tient une place
centrale dans la première saison. L'eau des sanctuaires consacrés
aux dieux permet de purifier une divinité qui a été souillée par
un "
Ayakashi" (incarnation torturée de l'énergie
émotionnelle, possédant les vivants et les obligeant à commettre
des actes abominables) ou corrompue par les actes et pensées
négatives de son "
Instrument Divin" (arme
spirituelle formée à partir de l'
Esprit d'un être qui n'est
pas devenu un
Ayakashi).
"Noragami" est un manga publié en 2010
et réalisé par Adaki et Tokashiki qui sera adapté en
en anime en 2014.
L'histoire nous décrit les aventures de Yato : un Kami
mineur qui tente de réaliser les souhaits des gens dans le but
d'avoir suffisamment de fidèles pour avoir son propre temple et Iki
Hiyori, une collégienne qui l'empêchera de se faire écraser
par un bus. Percutée par le véhicule, la jeune fille deviendra une
sorte de demi-Esprit capable de s'extraire de son enveloppe
corporelle.
Yato aurait été autrefois une divinité de la
guerre et du désastre. Ce titre fait probablement référence au
Tatarigami, l' "Esprit de
Malédiction" (vaguement évoqué dans la seconde
partie, au chapitre intitulé : "Symboliques
de Yamata-no-Orochi"), une entité qui n'apporte
que la guerre, la famine et la destruction. Yamata-no-Orochi
et Gozu-tenno sont censés faire partie de cette
catégorie d'Esprits.
- On retrouve les deux compères infernaux (
Gozu et
Mezu)
dans le manga historique "
Lone Wolf and Cub".
Ogami
Itto, le personnage principal, est assailli de visions de ces
deux entités infernales. Il utilise également des peintures les
représentants pour "promouvoir" ses services en tant
qu'assassin.
"Lone Wolf and Cub" est une série de manga
scénarisée par Kazuo Koike et illustrée par Goseki
Kojima. Le récit se déroule durant l'Ère Tokugawa. Le
Samouraï Ogami Itto : haut membre du Clan Kaishakunin
doit faire face au massacre de ses proches (à l'exception de son
jeune fils, Daigoro) et au déshonneur. Plutôt que de choisir
le Seppuku, il décide de punir cette infâmie et de venger la
mort des siens, en devenant un assassin. Pour assister à ses
prouesses, il emportera avec lui son frêle rejeton.
Splendide illustration (dont je n'ai malheureusement pas pu
retrouver l'auteur) de "Lone Wolf and Cub".
Pour plus de précisions sur le Seppuku,
veuillez consultez les "Informations complémentaires"
du chapitre intitulé : "Douloureux
enfantement et départ d'Izanami".
- La Bande-dessinée fantastique française "
Okko"
est découpée en
cinq cycles (chacun divisé en
deux
parties). Chaque cycle est consacré à l'un des
Cinq
Éléments du Godai (voir les "
Informations
complémentaires" du chapitre intitulé : "
Symboliques
de Yamata-no-Orochi" pour en savoir plus à ce sujet).
Créée en 2005 par Hub
(Humbert Chabuel de son vrai nom), "Okko"
est une série de bande-dessinée se déroulant dans le Japon
féodal. Inspiré - entre autre- par les œuvres d'animation de Hayao
Miyazaki (réalisateur de "Princesse
Mononoke", "Le Château Ambulant",
...), par le roman "La Pierre et le Sabre"
(qui raconte - de manière romancée - la vie de Miyamoto
Musashi, l'illustre escrimeur dont nous avons parlé
dans le chapitre consacré aux différents modèles de sabres) et le
jeu de rôle américain se déroulant dans un monde japonais
fantastique : "Legend of the Five Rings".
Sérigraphie de Hub représentant Okko (au
centre) et tous les personnages principaux rencontrés durant ses
aventures (vous pouvez voir à l'arrière-plan un Oni, sur la
gauche, un Tengu et à sa droite une Penanggalan, sorte
de Vampire issu du folklore de Malaisie - dont nous
parlerons une autre fois).
L'histoire est centrée autour d'Okko, un Ronin
(Samouraï sans maître) qui gagne sa croûte en chassant les
"Démons" (Yokai serait un terme plus
approprié). Pour l'aider dans sa tâche, il est accompagné de
Noburo, un colosse qui dissimule ses traits sous un masque
rouge (probablement inspiré de ceux qu'on peut voir au théâtre
Nô), Noshin, un moine alcoolique capable de
communiquer avec les Esprits élémentaires et Tikkun,
un jeune pêcheur accueilli dans le groupe après le décès de sa
sœur.
Jeu de Rôle :
- Dans le jeu de cartes "
Magic The Gathering", il
existe un
Plan d'Existence appelé "
Kamigawa"
- que l'on retrouve dans le cycle du même nom - et s'inspirant
fortement de la mythologie japonaise.
Dans ce monde, les
Orochi-bito (dont le nom fait
probablement référence au
Dragon à huit têtes) sont une
race d'hommes serpents résidant dans la
Forêt de Jukai.
Dotés d'un corps humanoïde couvert d'écailles verdâtres, les
Orochis ont la particularité de posséder quatre bras, une
queue, sans oublier une tête vipérine aux yeux rougeoyants
(certains spécimens sont également dotés d'un capuchon comme les
cobras).
Représentation de Seshiro par Saejin Oh pour le
jeu "Magic the Gathering Online".
Les
Orochis sont divisés en trois tribus principales : les
Matsu (des archers redoutables), les
Sakura
(spécialistes de la magie dirigés par des chamans) et les
Sachi
(des guerriers dirigés par deux frères). Les
Orochis vénèrent
majoritairement l'
Esprit appelé : "
Myojin de la Toile
de Vie".
Comme toujours, il serait fastidieux de lister toutes les cartes
associées aux
Orochis, voici cependant les plus illustres
d'entre elles : "
Shizuko, Meneuse de l'Automne",
"
Sakiko, Mère de l'Été", "
Sasaya,
Ascendant Orochi", "
Seshiro l'Oint",
"
Sachi, Fille de Seshiro", "
Sosuke, Fils de
Seshiro" et enfin "
Shisato, la Chasseresse".
Illustration de Charles Urbach intitulée "Colonie
Orochi".
- Le jeu de cartes "
Deus" ("
Dieux")
met en scène plusieurs
Kami du
panthéon shintoïste.
On y retrouve notamment : "
Amaterasu" (
Megami du
Soleil), "
Tsuki-Yomi" (
Tsukuyomi, le
Kami
de la Lune), "
Susanoo-Woo" (
Susanoo, le
Kami des Tempêtes), "
Watatsumi" (un des
autres noms de
Ryujin, le
Dragon Divin), "
Kagutsuchi"
(
Kagu-tsuchi, le
Kami du Feu qui a provoqué la mort de
sa mère,
Izanami en naissant), "
Ama-No-Uzume"
(
Uzume, la
Megami de la Joie et de la Danse), "
Izanami"
(épouse et sœur d'
Izanagi qui réside au
Yomi) et
"
Izanagi" (
Kami qui avec sa parente et
compagne a entamé la création du monde).
"Deus" est un jeu de cartes a collectionner
apparu en 1996. Les cartes présentent les dieux et déesses -
dotés d'une puissance variable - des divers panthéons
polythéistes du monde (religion celtique, nordique,
gréco-romaine, égyptienne, hindoue, chinoise, japonaise, ...).
- Dans le jeu de rôle "
Scion", le panthéon des
"
Amatsukami" est représenté par certains
Kami
du
Shintoïsme. On y retrouve
Amaterasu,
Susano-o,
Tsuki-yomi,
Izanagi et
Izanami.
La
Kusanagi est également maniée par
Kurumizu,
demi-déesse et fille de
Susano-o (il s'agit probablement
d'une déité fictive).
"Scion" est un jeu de rôle apparu en 2007
et créé par John Chambers. Les Scions (que les
joueurs incarnent) sont des êtres issus d'un dieu et d'une mortelle.
Leur but premier est d'accomplir des exploits qui leur permettront de
devenir des divinités à part entière.
On retrouve dans ce jeu le panthéon des dieux irlandais
("Tuatha Dé Dannan"), gaulois
("Nemetondevos"), nordiques ("Aesir"),
grecs ('Dodékatheon"), égyptiens
("Pesedjet"), japonais ("Amatsukami"),
chinois ("Bureaucratie Céleste"), ...
- Dans le "
Guide de l'Orient" ("
Oriental
Adventures"), l' "
Oni Go-zu" et l' "
Oni
Me-zu" sont basés sur
Gozu et
Mezu - les
gardiens des portes des
Enfers.
Voici la description de ces deux créatures :
"
Oni Go-zu :
Les Oni Go-zu sont de puissants
combattants qui servent dans les armées d'Esprits.
Ils ressemblent aux Oni Communs, mais
sont plus grands (environ 2,70 m de haut) et
plus massifs (175 kg de moyenne). Ils ont une
tête de taureau, avec un museau large, de petites oreilles et de
longues cornes. Leur peau est d'ordinaire orange sombre, grise ou
violet profond. Ils portent des robes et des armures rutilantes,
marque de leur statut dans l'armée des Esprits.
Illustration tirée du "Guide de l'Orient". De
gauche à droite : "Oni Commun", "Oni Me-zu"
et "Oni Go-zu".
Oni Me-zu :
Ces Oni sont les généraux des armées
d'Esprits et les chefs des Oni Go-zu.
Les Oni Me-zu sont encore plus grands
que ces derniers (environ 3 m de haut, voire
plus, pour un poids moyen de 500 kg) et ont la
tête d'un cheval à la crinière très fournie. Leur armure est
toujours de maître."
-
Donjons et Dragons, "
Guide de l'Orient".
Le "Guide de l'Orient" est un supplément de
règles du jeu de rôle "Donjons et Dragons" qui
permet de mettre en place un monde inspiré des mythologies
orientales.
Pour plus d'informations sur Gozu et
Mezu, veuillez consulter les "Informations
complémentaires" du chapitre intitulé : "Susanoo
le Kami des Tempêtes".
Jeu-vidéo :
- Dès le début du jeu "
Okami",
Yamata-no-Orochi
y fait une entrée remarquée.
L'introduction présente le
Village Kamiki, un lieu où
chaque arbre était vénéré à l'égal d'un dieu. Malheureusement,
ce lieu idyllique était sous la coupe d'
Orochi, un
Dragon
troglodyte. Pour satisfaire l'appétit de la bête, une jeune
fille était sacrifiée chaque année lors d'un festival.
Le corps d'
Orochi était pareil à une montagne ornée de
huit cous épais comme des troncs d'arbres. Ses yeux rouges
comme le sang étaient - croyait-t-on - capables de maudire quiconque
avait le malheur de les fixer. Personne n'osait défier un tel être.
Lorsque la nuit du sacrifice approcha, un mystérieux loup au
pelage blanc comme la neige apparut aux abords du village. Le loup,
que l'on surnomma "
Shiranui" (littéralement : "
Feu
Inconnu") en raison de l'éclat de sa fourrure, prit
l'habitude de garder à l'œil les habitants qui s'aventuraient hors
du village et de patrouiller dans les rues la nuit venue. Les
villageois supposèrent que le canidé était un allié du
Dragon.
Artwork mettant en scène la bataille opposant Amaterasu
à Orochi (sous sa forme affaiblie).
Un jour, l'un des résidents du hameau s'arma de courage et alla
voir le loup.
Izanagi ("
Nagi" dans la version
anglaise), car tel était son nom et tenta à maintes reprises de
défier la créature mais chaque tentative se solda par un échec
tant l'être était véloce.
La nuit du festival approchait à grand pas. Une flèche à
l'empennage blanc était censée annoncer le jour funeste. Au moment
fatidique, cette flèche perça les cieux et se planta sur le toit de
la demeure d'
Izanami ("
Nami" dans la version
anglaise), la plus belle jeune fille des environs.
Enragé en apprenant que son amour secret allait être livré en
pâture à
Orochi,
Izanagi décida de mettre un terme
au règne de terreur du
Dragon. Traversant les plaines, il se
rendit jusqu'à la "
Cave de la Lune" ("
Moon
Cave" en anglais, que l'on pourrait traduire en : "
Grotte
de la Lune") une caverne aussi sombre que le mal lui-même,
qui servait d'antre au
Dragon Orochi.
Alors qu'
Izanagi se tenait fièrement à l'entrée de la
grotte, huit paires d'yeux rougeoyants surgirent des ténèbres.
Orochi avait répondu au défi, prêt à dévorer l'impudent
qui osait le défier.
Sans attendre,
Izanagi tira sa lame et se jeta sur le
Dragon. Dans la nuit noire, il abattit sans répit son arme
mais la peau de la bête était plus solide que l'acier et chaque
coup ne provoquait pas la moindre petite éraflure.
Épuisé par cette lutte,
Izanagi allait succomber aux
assauts d'
Orochi mais, le loup choisit ce moment, pour se
placer entre le
Dragon et le héros, comme pour le protéger
des crocs de l'énorme créature. Sa fourrure nacrée nimbait les
ténèbres nocturnes avec éclat. Bien décidé à se battre, le loup
"
Shiranui" se jeta toutes griffes dehors sur
Orochi
et les deux créatures luttèrent férocement. Pour contrer les jets
de flammes crachés par les huit têtes draconiques, le loup invoqua
les vents divins ("
Kamikazé" en japonais). Lorsque
le
Dragon allait refermer les mâchoires sur son adversaire,
un arbre gigantesque poussa en un instant, protégeant le loup des
crocs acérés du
Dragon.
Shiranui lutta contre la bête
de toutes ses forces mais malgré ses efforts, cette dernière
semblait invincible, protégée par quelque mystérieuse force.
Blessé et épuisé, le brave loup s'effondra devant son ennemi.
Voyant là une opportunité d'en finir, les huit têtes du
Dragon
se préparèrent à lancer une dernière charge mais
Shiranui,
refusant la défaite, poussa un puissant hurlement qui dissipa les
sombres nuages. La
Lune apparût enfin et éclaira l'épée
d
'Izanagi. Guidé par son arme, le guerrier qui s'était
replié dans l'obscurité, surgit de sa cachette et frappa
Orochi
avec l'énergie du désespoir . Une à une, les têtes du
Dragon
sautèrent et
Orochi, vaincu, s'effondra dans une mare de
sang. La malédiction qui rongeait le village était vaincue.
Fan-art de Caroline Lahaise représentant le combat
opposant Amaterasu à Orochi.
Alors que le combat s'achevait, le
Soleil se montra à
nouveau, éclairant la région de ses rayons. Malheureusement,
Shiranui, rongé par le poison de la bête, s'effondra,
presque incapable de respirer.
Izanagi, reconnaissant envers
le loup, le prit dans ses bras et décida de le ramener à
Kamiki.
Lorsqu'ils atteignirent le village,
Shiranui avait poussé son
dernier souffle.
Pour avoir ramené la paix au
Village Kamiki, on édifia un
autel orné d'une statue en l'honneur de
Shiranui. L'arme
d'
Izanagi fut baptisée : "
Tsukuyomi" et
placée au sein de la "
Cave de la Lune". Les
habitants de
Kamiki pouvaient enfin vivre en paix.
Un siècle après cette introduction, un mystérieux personnage se
rendit à la "
Cave de la Lune" et extirpa l'arme
d'
Izanagi (plantée dans la carcasse d'
Orochi),
libérant le
Dragon de sa prison. Réveillé de son long
sommeil, la bête eût tôt fait de répandre la désolation et les
ténèbres sur le monde, excepté dans le petit
Village de Kamiki,
protégé de l'influence néfaste d'
Orochi par un arbre sacré.
Alarmé par la situation, l'
Esprit de l'arbre (nommé
Sakuya)
se manifesta et invoqua
Amaterasu grâce à un artefact en
forme de disque solaire. L'objet se ficha sur la statue de
Shiranui
et la
Kami Solaire (appelée "
Okami Amaterasu")
redevint la louve blanche d'autrefois, celle qui avait vaincu
Orochi
au prix de sa vie, et devrait, une fois encore, bannir les ténèbres
et faire revenir la lumière sur le monde.
Si l'histoire d' "Okami" est proche du mythe
Shintoïste où Susanoo affronte Yamata-no-Orochi,
on peut voir que les scénaristes du jeu ont pris certaines libertés.
Ce n'est plus le Kami des Tempêtes qui combat le Dragon
pour sauver Kushinada mais, son père, Izanagi, afin de
sauver Izanami. Il manie une épée associée à la Lune et
répondant au nom de "Tsukuyomi" (le nom du Kami
de la Lune justement). Et n'oublions pas Amaterasu, la
Megami Solaire, qui aide le guerrier à vaincre le Dragon
en prenant la forme d'un loup blanc au pelage scintillant.
Un petit détail de cette fresque mythologique provient même
d'une autre légende : la flèche à l'empennage blanc qui se plante
dans le toit de la maison de la prochaine victime du Dragon.
L'épisode est fort similaire à la légende de Kuzuryu (pour
plus d'informations sur ce Dragon à neuf têtes, rendez-vous
au chapitre intitulé : "Kuzuryu"), où les locaux
tirent une plume blanche en l'air et choisissent la jeune femme qui
réside dans la demeure où la plume atterrit.
Kuzuryu serait apparu durant la Période Nara
(710 - 794). La légende raconte qu'il se serait
installé au Lac Ashi et aurait ordonné aux habitants de lui
sacrifier des jeunes filles (une jeune fille par an selon certaines
sources). Pour satisfaire à la sinistre requête du Dragon,
les locaux décidèrent de laisser le hasard désigner la victime ;
grâce à une plume blanche tirée dans les airs, qui en retombant
sur le toit d'une maison scellerait le destin de celle qui avait le
malheur d'y résider.
Version très colorée d'Okami Amaterasu réalisée par
Jonas Jödicke.
Avant de passer aux autres points qui relient le mythe au jeu,
j'ajouterai que Sakuya est le diminutif de :
"Ko-no-Hana-no-Sakuya" (plus ou moins : "Princesse
Fleur de Cerisier s'Épanouissant"), le nom de la Megami
associée au Sakura (cerisier japonais). Épouse de Ninigi
(l'arrière grand-père de l'Empereur Jinmu), elle symbolise
la vie délicate et fragile de la Terre.
De retour au
Village Kamiki,
Amaterasu croisera la
route de
Kushinada (qui tient le rôle d'une marchande de
Saké) et de son soupirant
Susano (descendant
d'
Izanagi, vantard, paresseux et porté sur la bouteille).
Le jour du festival
Kamiki, qui commémore pour la
centième
fois la victoire d
'Izanagi sur
Orochi,
Susano
gâchera la fête en ingurgitant le "
Saké des Huit
Purifications" (employé en guise d'offrande pour la
Megami
Sakuya, ce breuvage aurait également été utilisé par
Izanagi
pour saôuler le
Dragon et faciliter sa victoire). Sous
l'effet de l'alcool - et de la culpabilité -
Susano révèlera
qu'il est l'auteur de la résurrection d'
Orochi... Lassé de
n'être reconnu que pour son glorieux ancêtre, le guerrier se rendit
une nuit dans la "
Cave de la Lune" pour arracher
l'épée "
Tsukuyomi" et prouver que toutes ces
légendes sur
Izanagi et
Orochi n'étaient que des
fariboles... Malheureusement, ces histoires avaient plus qu'un fond
de vérité et le
Dragon se réveilla, affaibli mais toujours
prêt à semer le chaos et la destruction sur son passage. Accablé
par son geste - et harcelé par les
Kami qui lui ordonnaient
de racheter sa faute en tuant
Orochi -
Susano alla se
cacher dans un recoin de sa maison, espérant qu'on le laisse en
paix...
Suite à ces explications rehaussées de vapeurs éthyliques,
Orochi se manifesta en invoquant une flèche qui se planta sur
le toit de la maison de
Kushinada, restaurant ainsi l'antique
sacrifice annuel. La demoiselle, résolue d'en finir, se rendit à la
grotte avec pour seule arme une flasque de
Sake (le "
Saké
de la Tempête").
Au cœur de la "
Cave de la Lune",
Amaterasu
fera face à
Orochi (prenant la forme d'un
Dragon à
huit têtes de serpent, chacune ornée d'un
Kabuto, le
corps entrelacé autour d'une plate-forme volante, où trône une
énorme cloche). Protégé par une barrière magique (générée par
la cloche), le
Dragon restera insensible aux attaques du loup
mais l'arrivée de
Susano changera la donne.
Revenu courageusement affronter la bête pour sauver
Kushinada
(retenue prisonnière sur le dos d'
Orochi), la résolution de
Susano provoquera l'apparition du "
Saké des Huit
Purifications" qui inondera la pièce, permettant à
Amaterasu de saouler la bête au
Sake, lui offrant
ainsi une bonne occasion de briser la cloche protectrice. Son égide
brisé,
Orochi continuera le combat en invoquant ses pouvoirs
(chaque tête est liée à un élément bien précis) mais le
fougueux canidé parviendra à saouler et blesser chaque tête,
donnant ainsi à
Susano l'occasion de sectionner les huit cous
du
Dragon pour en finir ainsi avec
Orochi.
Artwork d' "Okami" mettant en scène le combat
opposant Amaterasu et Susano (ou Izanagi) à
Yamata no Orochi.
Après les retrouvailles de
Susano et
Kushinada,
Amaterasu gagnera "
Tsumugari", la
réincarnation de l'épée "
Tsukuyomi", avalée par
le
Dragon Orochi.
Pour rappel, Tsumugari-no-Tachi (littéralement : "Sabre
de la Récolte des Blés de la Capitale") est l'un des
nombreux noms de la Kusanagi.
En passant à travers les "
Portes Spirituelles" -
et accompagné d'
Okikurumi, guerrier du
Village d'Uepekere
-
Amaterasu sera projetée un siècle dans le passé et
reviendra au
Village Kamiki, la fameuse nuit du sacrifice.
Elle retrouvera
Izanagi (fort semblable à
Susano par
l'aspect et le caractère) qui la défiera en duel. Après avoir
proprement assommé son adversaire, la
Megami verra apparaître
à nouveau la sinistre flèche, qui se plantera au sommet de la
demeure d'
Izanami.
Ayant légèrement changé la trame de l'histoire d'origine (en
sonnant les cloches au héros d'autrefois),
Amaterasu ravira
la robe de sacrifice d'
Izanami pour travestir
Izanagi
(inconscient) et l'emmener jusqu'à la "
Cave de la
Lune"...
Au centre de la grotte,
Yamata no Orochi surgira du sol
sous sa forme d'autrefois (doré et recouvert entièrement de plaques
d'armure clinquantes) pour défier
Amaterasu et
Okikurumi.
Autre artwork montrant Yamata no Orochi ("True
Orochi" dans la version anglaise) sous sa forme d'origine.
Le combat se déroulera de la même manière que le fois
précédente (il faudra enivrer
Yamata no Orochi, monter sur
son dos, détruire la cloche protectrice, resaôuler le
Dragon
et vaincre chaque tête) mais la créature sera plus coriace et
résistante aux coups.
Profitant de l'affaiblissement de
Yamata no Orochi,
Okikurumi tentera d'achever le
Dragon pour abreuver sa
lame de sang "démoniaque" (afin qu'elle révèle sa vraie
puissance) mais échouera piteusement dans sa tentative.
Izanagi
profitera de ce moment pour brandir son
Bokken - nommé
"
Bokunenji" - à la lumière de la
Lune, lui
donnant ainsi le pouvoir de sectionner les huit cous de la bête.
Cette victoire sur l'
Orochi d'antan permettra à
Amaterasu
d'obtenir "
Feu du Ciel" une épée imprégnée du
pouvoir de la foudre.
Illustration de Louise Marie mettant en scène Okikurumi
(ayant la capacité de se changer en loup) et Amaterasu en
train d'affronter le Dragon Yamata no Orochi.
Selon le mythe de création Aïnou (une ethnie vivant au
Nord du Japon et à l'Est de la Russie), le couple
divin Okikurumi et Turesh fut envoyé sur Terre
par Kamuy. De leur union naquit le premier Aïnou.
"Feu du Ciel" ("Thunder Edge"
dans la version anglaise) serait - sans certitude - appelée : "Ama
no Murakumo no Tsurugi" dans la version japonaise. Ce qui
est, une fois encore, l'un des noms de l'épée cachée dans la queue
du Dragon de Koshi.
Toujours dans "
Okami",
Amaterasu fera
également face à "
Kyubi, le Renard à Neuf Queues"
(appelé "
Ninetails" dans la version anglaise), une
puissante "
Démone" ayant l'aspect d'un énorme
goupil blanc doté de neuf appendices caudaux et parée d'un masque.
Cette redoutable ennemie vaincue,
Amaterasu obtiendra en
récompense l' "
Épée de Kusanagi" (une lame
semblant avoir été taillée dans un bloc d'émeraude et dont la
garde semble formée de deux parties indépendantes).
Kyubi (dont le nom est le diminutif de : "Kyubi
no Kitsune", un terme servant à désigner les
Renards à Neuf Queues) est très certainement
inspirée de Tamamo-no-Mae : une Kitsune
malfaisante qui avait pour habitude de se changer en ravissante jeune
femme. Le but de cette entité était de séduire les souverains pour
ensuite les corrompre (ou les remplacer sur le trône) afin de
répandre le chaos dans le royaume. Tout comme Shuten Doji
(voir la fin du chapitre intitulé : "Symboliques
de Yamata-no-Orochi" pour en apprendre plus à ce
sujet), Tamamo-no-Mae est l'un des "Trois
Grands Yokai Malfaisants".
Sorti en 2006 sur PlayStation
2, puis en 2008 sur Wii
(sans oublier la version HD portée sur
PlayStation 3), "Okami"
(littéralement : "Grande Megami" ou
"loup" suivant la façon dont le mot
est écrit en caractères japonais) est un jeu d'Action-Aventure
où le joueur incarne "Okami Amaterasu",
sous la forme d'un loup blanc. Censée chasser les Yokai
qui ont envahi le Nippon (le Japon),
Amaterasu revivra durant son périple de
nombreux épisodes propres à la mythologie Shintoïste.
Artwork montrant le design des huit têtes d'Orochi
(chacune associée à un "Élément", avec dans le
désordre : le Feu, l'Eau, le Vent, la Terre,
les Ténèbres, la Lumière, la Foudre et le
Poison).
Superbe sur bien des plans (graphismes en Cel-Shading
- type de graphisme donnant un aspect "cartoon" au jeu -
qui donnent au jeu un aspect "estampe japonaise", musique
onirique, gameplay original faisant intervenir un "pinceau
mystique" aux multiples utilisations, ...), ce jeu est un
incontournable pour tout amoureux de culture japonaise.
- Sorti début
2017, "
Nioh", le dernier né de la "
Team Ninja" est un jeu centré sur l'histoire de
William Adams (
1564 -
1620), un navigateur anglais qui se rendra au
Japon en
1600 et deviendra le premier
Samouraï occidental. Le scénario du jeu mêle l'histoire et le mythe, donnant aux
Yokai un rôle de premier plan.
Étant donné que les paragraphes suivants vont vous révéler quelques élément-clés du dernier niveau, je recommande à celles et ceux qui n'ont pas encore terminé le jeu et qui ne veulent pas se gâcher la surprise de passer directement à l'annexe suivante.
Dans le niveau "
Le Roi Démon Révélé",
William se rend au
Château d'Azuchi pour empêcher l'alchimiste
Edward Kelley de ressusciter l'ancien
Daimyo Oda Nobunaga sous la forme d'un
Démon, dans le but d'intensifier les conflits qui ravagent le
Japon.
Arrivé au cœur du château,
William croise brièvement le fer avec
Nobunaga, qui, refusant d'être manipulé par
Kelley, laisse le héros et l'alchimiste en tête-à-tête. Après un affrontement opposant les deux rivaux,
Kelley, refusant la défaite, fusionne l'Amrita qu'il a collecté avec son
Esprit Gardien (un
Ouroboros), pour ramener à la vie le
Dragon Yamata-no-Orochi (
dont vous trouverez la description ci-dessous).
"Prononcer "Ya-ma-ta no O-ro-chi".
Un serpent géant à huit têtes et huit queues. Selon la légende,
il est apparu pour la première fois à Izumo (aujourd'hui Préfecture
de Shimane). Un héros puissant a réussi à le vaincre, mais il est
réapparu plus tard au Lac Biwa. Son apparence évoque celle d'un
Dragon, et il est redouté, notamment en tant que symbole de
destruction.
Des armes normales n'ont aucune chance
face à ses écailles renforcées. Ses crocs peuvent briser l'acier,
et son souffle réduit tout sur son passage en un clin d'œil. On
raconte que ses huit têtes doivent être tranchées pour pouvoir le
vaincre. Kelley l'a fait revenir dans ce monde, et avec une créature
aussi puissante en liberté, on peut affirmer que le destin du Japon
est menacé.
Selon la légende, on pouvait autrefois
vaincre le Yamata-no-Orochi en le saoulant puis en le découpant en
pièces. On raconte que la célèbre épée Kusanagi-no-Tsurugi, l'un
des trois insignes impériaux, provient de sa queue."
- Description de Yamata-no-Orochi provenant de "Nioh".
Artwork d'Edward Kelley accompagné de son Esprit Gardien Ouroboros.
Dans le jeu, l'Amrita (ou Pierre Spirituelle) prend la forme de cristaux dorés dont la taille et la forme varie (plus ils sont massifs plus ils contiennent d'Amrita). Ces pierres censées harmoniser les énergies naturelles peuvent ramener les morts à la vie, accroître la puissance d'une personne (chaque ennemi tué par le héros permet de collecter de l'Amrita qui servira à augmenter ses caractéristiques) ou dans les pires cas, transformer les hommes en Yokai ou attirer les Esprits malfaisants.
En découvrant les propriétés merveilleuses de l'Amrita, l'Angleterre, en conflit avec l'Espagne (la guerre anglo-espagnole s'est déroulée entre 1585 et 1604), envoie L'alchimiste Kelley au Japon (lieu où ces pierres se trouvent en abondance) afin de ramener les pierres qui feront pencher le cours de la guerre en faveur du camp anglais.
Mythologiquement parlant, l'Amrita est un nectar d'immortalité que boivent les divinités hindouistes pour acquérir l'immortalité.
Pour en revenir à nos
Dragons,
Yamata-no-Orochi apparaît sous la forme de huit cous de serpent géant émergeant des flots et entourant le
Château d'Azuchi. Dans la première phase du combat, une tête ornée d'une corne blanche fera face à
William (les autres étant cachées par le toit et les décombres du château). La première tête vaincue, deux autres prendront sa place et dès que l'une des deux mourra, les cinq dernières têtes (chacune maîtrisant un élément différent : l'
Eau, le
Feu, la
Terre, l'
Air et la
Foudre) prendront le relais, jusqu'à ce qu'il n'en demeure qu'une, qui prendra une teinte rouge noire et sera investie des pouvoirs et des résistances des autres cous.
Détail amusant : l'arène de combat est encombrée d'énormes
cristaux d'Amrita. Si l'une des têtes de
Yamata-no-Orochi vient à détruire l'une de ces pierres (en vous chargeant alors que vous êtes caché derrière par exemple), une énorme quantité d'
Amrita s'en échappera et saoulera littéralement la tête draconique, qui s'effondrera pendant quelques instants, vous laissant là une occasion inespérée pour l'affaiblir sans essuyer le moindre revers.
Après avoir vaincu l'énorme créature, vous serez récompensé par une myriade d'armes et armures et vous pourrez même trouver dans le lot une arme appelée "
Kusanagi Tsurugi" ou une "
Écaille d'Orochi" qui pourra vous servir de matériau de forge.
La lame prend la forme d'un sabre à la
garde bleutée et au pommeau verdâtre. Le fourreau est également de
couleur bleue et trois Magatama verts (bijou japonais en forme de virgule percée d'un trou) ornent son côté.
La description de ces deux objets nous offre d'intéressants compléments d'information - et confirment que l'arme est bien celle qu'a trouvé Susanoo dans la queue centrale du Dragon - voyez plutôt :
"Épée légendaire, aussi connue en
tant que Ame-no-Murakumo Tsurugi. Selon la légende, quand Susano
vainquit Yamata-no-Orochi, cette épée jaillit de la queue du
monstre durant son agonie. Après que Susano ait présenté l'épée
à la Déesse Amaterasu, elle la confia à son tour au prince héros
Yamato Takeru, en route vers l'est. Quand Takeru fut encerclé par
les feux de la bataille, à l'aide de Kusanagi, il dégagea un chemin
à travers les épais buissons et échappa à une mort certaine.
L'épée tire son nom de cet événement, Kusanagi signifie
littéralement : "fauche-herbe". Cependant, l'épée fut
réputée perdue, tombée dans l'océan après la bataille de
Dan-no-Ura en 1185."
- Description de la "Kusanagi Tsurugi".
"Utilisée par les forgerons dans leur
travail, cette écaille a été arrachée du corps de
Yamata-no-Orochi. Elle brille d'une lueur rouge changeante, et recèle
dit-on une énergie qui appelle un désastre si elle n'est pas
canalisée correctement."
- Description de l' "Écaille d'Orochi".
Il est également possible de trouver une autre arme liée aux mythes japonais : la "Hache de Gozutenno".
"Hache à double lame d'origine inconnue
portée par le Dieu Gozutenno, protecteur du Sanctuaire Bouddhiste
Jetevana en Inde. Un moine aurait rapporté la hache des Indes lors
d'une mission religieuse au Japon. Elle est devenue la propriété
d'Oda Nobunaga avant de tomber entre les mains du Samuraï Obsidian.
Les orbes rouges et verts comme autant de perles de chapelets sont
des gemmes qui invoqueraient l'énergie animale de l'Esprit Gardien
du Samuraï Obsidian, l'Ours de l'Atlas."
- Description de la "Hache de Gozutenno".
Samuraï Obsidian (l'ancien serviteur d'un missionnaire chrétien fait Samouraï par Nobunaga) armé de la "Hache de Gozutenno" et accompagné de son Esprit Gardien l' "Ours de l'Atlas".
L'arme est donc liée à
Gozu Tenno le
Dieu de la pestilence (
voir le chapitre intitulé "Susanoo le Kami des Tempêtes" pour plus d'informations à ce sujet) et le fait qu'elle provoque des dégâts supplémentaires d'
Air serait peut-être une référence à la
peste qui dans certains cas (la
peste pulmonaire pour être précis) pouvait être véhiculée par la voie des airs.
Sorti en février 2017, "Nioh" est un Action RPG développé par la Team Ninja pour la PlayStation 4. Vous incarnerez durant votre quête le Samuraï William Adams dans sa traque pour retrouver l'alchimiste Kelley qui lui a dérobé son Esprit Gardien "Saoirse", une Merrow (Élémentaire aquatique galloise similaire aux Nixes germaniques) capable de détecter l'Amrita.
- Dans le jeu "
Golden Sun : l'Âge Perdu" le
groupe de
Pavel en naviguant parviendra à une île (qui
correspond au
Japon). Dans le
Village d'Izumo, les
héros apprendront que l'endroit est sous la coupe d'un terrifiant
Dragon appelé "
Le Grand Serpent de Mikage"
(ou plus simplement : le "
Serpent"). Selon les
habitants, la bête, furieuse d'avoir été réveillée par le bruit
du festival local engloutit toutes les provisions préparées pour
l'occasion. Voyant le
Dragon insatiable,
Madame Uzume
(la figure la plus importante du village qui est également une
représentation d'
Uzume, la
Megami de la Danse) décida
d'organiser une sinistre loterie où la "gagnante" serait
donnée en sacrifice au
Serpent. Ironie du sort, le Destin
désigna
Kushinada, une amie proche de
Madame Uzume et
la fiancée de
Susa (
Susanoo donc), le jeune frère de
Madame Uzume.
Artwork pour "Golden Sun : L'Âge Perdu"
représentant les quatre personnages principaux de l'épisode. De
haut en bas : Piers, Cylia, Lina et Pavel.
Pour empêcher le sacrifice d'avoir lieu,
Madame Uzume fit
envoyer des barils emplis de
poison à Dragon (il s'agit de
Sake dans la version japonaise du jeu) afin d'en gaver la
bête. De son côté,
Susa décida d'emmener avec lui son
arme, le "
Fer Vaporeux" (une épée droite appelée
"
Cloud Brand" dans la version anglaise) pour tuer
lui-même le "
Serpent".
Voulant intervenir,
Pavel et ses alliés se rendront au
Mont Mikage (appelé aussi
Mont Gaïa, pour souligner
son lien avec l'
Élément Terre). Au cœur du mont, ils
tomberont sur le "
Serpent" en train de se faire
gaver par
Susa de
Poison à Dragon.
En arrivant au sommet du mont, ils trouveront la "
Poupée
Dansante", un artefact qui, une fois posé sur les autels du
Mont Mikage, se met à danser, déclenchant des mécanismes
qui ouvrent de nouveaux passages, illuminant la pièce où réside le
"
Serpent" (la lumière combinée au poison
l'affaiblit et diminue grandement sa régénération de points de vie
à chaque tour ou le nombre de fois où il peut vous attaquer).
En revenant dans l'antre de la bête - illuminée de toute part -,
les personnages assisteront à la tentative ratée de
Susa
d'éliminer le "
Serpent". S'ensuivra ensuite un
affrontement contre le
Dragon qui fera usage de son souffle
empoisonné ou d'attaques liées à la
Terre (tremblements de
terre, vignes tranchantes sortant du sol, ...). Une fois le combat
gagné, la bête chancellera et
Susa profitera de l'occasion
pour lui porter le coup fatal. Le "
Serpent" vaincu
se changera en pierre, tandis que sa queue se transformera en une
mare de liquide.
Victorieux, le groupe obtiendra la
Psynergie "
Sable",
permettant aux personnages de se "liquéfier" pour passer
sous des rochers et autres obstacles afin d'explorer de nouvelles
voies. En utilisant cette
Psynergie dans l'antre du "
Serpent"
il sera possible de se rendre au niveau de sa queue pour y découvrir
le "
Fer Vaporeux"... Un clin d'œil évident au
mythe de
Susanoo et à la
Kusanagi-no-Tsurugi.
"Golden Sun : l'Âge Perdu" est un J-RPG
(RPG japonais) sorti en 2003 sur Game Boy Advance.
Il s'agit du second épisode de la série qui met en scène un groupe
de Mystiques (des hommes capables d'utiliser la Psynergie,
une capacité permettant de manifester la puissances des Quatre
Éléments) dont la mission est d'allumer les quatre Phares
Élémentaires pour sauver leur monde.
Grâce à l'Alchimie, les habitants de Weyard (monde
où se déroule l'histoire de Golden Sun) purent faire appel à
une puissance élémentaire incroyable qui leur permit de réaliser
des inventions uniques ou d'édifier des cités à l'architecture
sidérante. Malheureusement, certains se mirent à utiliser
l'Alchimie à des fins moins honorables ; une guerre ne tarda
d'ailleurs pas à se déclencher, menant Weyard au bord de la
destruction. Pour empêcher l'impensable, quatre sages scellèrent
l'Alchimie dans quatre Phares (chacun lié à un
Élément) et placèrent les clés de ces prisons élémentaires
dans un temple.

Artwork de "Golden Sun : Obscure Aurore", jeu
sorti en 2010 sur Nintendo DS et se déroulant 30
ans après les évènements de "Golden Sun : L'Âge
Perdu"). De gauche à droite : Kiara, Matt et
Terry. Le Dragon dans le fond est une invocation
répondant au nom d' "Azul", tandis que les petites
créatures virevoltant autour des personnages sont des Djinns,
des créatures élémentaires capables de renforcer et de modifier
les pouvoirs des Mystiques.
L'histoire se déroule des siècles plus tard, lorsque le
"Temple de Sol" est pillé par un groupe voulant
allumer les quatre Phares. Chargé de récupérer le bien
volé, Vlad, un habitant de Val - le village censé
garder le mont où a été creusé le temple - traquera au bout du
monde les pillards.
Le second chapitre de l'histoire démarre avec Pavel et
son groupe, peu avant que le second Phare ait été allumé...
- La trilogie "
Dark Souls" (licence de
From
Software qu'il est inutile de vous présenter à nouveau vu tous
les articles qui lui sont consacré) possède une histoire fort
complexe (dont il faut boucher les trous avec des suppositions et
hypothèses) où les mythes et le symbolisme y ont une place de
premier choix !
La cinématique d'intro de "
Dark
Souls" nous montre
Gwyn, le Seigneur Solaire - et
les autres détenteurs des "
Âmes des Seigneurs" -
en train de livrer bataille aux
Dragons Anciens - à grand
renfort de "
Foudre Solaire" - pour que s'achève l'
"
Âge des Anciens" et que commence l' "
Âge
du Feu".
Cette lutte rappelle fortement le motif du "
Chaoskampf"
(pour plus de détails à ce sujet, reportez-vous au chapitre
intitulé "
Symboliques
de Yamata-no-Orochi").
Gwyn, futur chef du
panthéon des dieux, maniant la foudre, défie les
Dragons
pour briser l'ordre établi et amener un nouvel âge où les dieux
règneront. La différence est que cette fois, les
Dragons ne
représentent pas le
Chaos, ils sont les gardiens d'un monde
informe, figé dans le temps, qui stagne. Tout comme le
Dieu
Babylonien Marduk,
Gwyn et les autres dieux détruisent
les
Dragons pour permettre au monde de gagner une forme plus
définie et viable.
Durant votre exploration du royaume de "
Lordran",
vous aurez l'occasion de rencontrer des
Dragons (ou des
créatures apparentées aux
Dragons). En leur tranchant la
queue, vous obtiendrez chaque fois une arme draconique unique dont
vous trouverez la liste ci-dessous :
- "
Épée Droite Draconique" (arme assez pratique
en début de partie, vous la trouverez dans l'appendice caudal du
"
Red Drake" qui hante le "
Village des
Mort-vivants") ;
- "
Hache Queue de Gargouille" (tranchez la queue
d'une "
Gargouille de la Cloche" - dans la "
Paroisse
des Mort-vivants" ou à "
Anor Londo") ;
- "
Grande Hache du Roi Dragon" (le "
Dragon
Béant" qui squatte les "
Profondeurs" vous
l'offrira de bon cœur si vous prenez la peine de l'amputer de ce qui
dépasse de son arrière-train) ;
- "
Dague de Priscilla" (obtenue en sectionnant la
queue de "
Priscilla la Métissée", l'hybride
déesse-
Dragon qui réside dans le "
Monde Peint
d'Ariamis") ;
- "
Espadon du Clair de Lune" (découvert dans
l'appendice caudal de "
Seath l'Écorché", le
Dragon
albinos qui vous rejoindra au cœur de la "
Caverne de
Cristal") ;
- "
Grande Épée Dragon" (il suffit de vous
rendre au "
Lac Cendré" et de trancher la queue du
"
Dragon de Pierre"... qui ne bronchera même pas
lorsque vous lui aurez sectionnée) ;
- "
Queue de Gardien" (la queue empoisonnée du
"
Gardien du Sanctuaire", une
Manticore
ailée qui réside au "
Jardin du Sanctuaire") ;
- "
Espadon d'Obsidienne"(gardée par "
Kalameet,
le Dragon Noir", qui hante la "
Forêt Royale").
Impressionnant mais facile à vaincre, le "Dragon
Béant" ne devrait pas vous poser trop de problèmes
(illustration réalisée par くわち).
Ce tranchage massif d'appendices caudaux de
Dragons qui
rapporte chaque fois une arme n'est pas sans rappeler la découverte
de la
Kusanagi dans la queue centrale de
Yamata-no-Orochi.
D'ailleurs, détail amusant : le nombre d'armes draconiques à
découvrir - à savoir
8 - est égal à celui du nombre de
têtes ou de queues du
Dragon de Koshi.
Dans "
Dark
Souls II" - et "
Dark
Souls II : Scholar of the First Sin" - il vous sera
également possible de sectionner la queue des
Dragons Gardiens
et de "
Sinh, le Dragon Endormi" mais vous ne
trouverez malheureusement plus de surprise à l'intérieur...
Toutefois, vous pourrez tout de même découvrir plusieurs armes
draconiques. En vous rendant au "
Sanctuaire Draconique"
et en affrontant les
Chevaliers Dragons (des membres du
"
Serment des Vestiges Draconiques") vous aurez une
petite chance d'obtenir l' "
Épée du Dragon Noir",
la "
Grande Hache du Dragon Noir", le "
Pic de
Guerre du Dragon Noir" et le "
Bouclier du Dragon
Noir". Pour obtenir l' "
Espadon du Dragon Noir",
il vous faudra rejoindre le "
Serment des Vestiges
Draconiques" et parvenir au
rang 3 pour être
récompensé avec cette arme.
"Kalameet, le Dragon Noir" (illustration
réalisée - sans certitude - par Phytosart).
Le
Dragon Noir associé à ces armements métalliques est
bien entendu "
Kalameet, le Dragon Noir", comme le
précise cette description :
"
La légende dit que cette épée droite aux formes
étranges a été conçue grâce à la queue du Dragon
Noir.
Elle dit également que c'est un combattant de renom qui
lui trancha au cours d'un combat épique, et que la queue du Dragon
Noir servit par la suite à créer plusieurs armes
légendaires."
- Description de l' "
Épée du Dragon Noir".
Deux autres armes seront également forgeables grâce au talent d'
"
Ornifex"
: l' "
Espadon Draconique Courbé" (obtenu à partir
de l' "
Âme du Dragon Ancien") et l' "
Ultra
Espadon Ailé du Drake" (créé grâce à l' "
Âme
du Dragon Gardien").
La
Kusanagi (et le
Naginata) sera également de la
partie dans chaque épisode de la série. Dans "
Dark Souls",
"
Shiva de l'Est", le capitaine du "
Serment
des Chasseurs Sylvestres" manie un espadon courbe répondant
au doux nom de "
Murakumo". Pour l'obtenir, il vous
suffira de l'occire (en n'oubliant pas son garde du corps) ou d'avoir
la chance de le trouver sur le cadavre d'un des
Squelettes Géants.
Le "
Naginata" ("
Washing Pole" en
anglais) sera plus simple à trouver : rejoignez le "
Serment
des Chasseurs Sylvestres", discutez avec
Shiva au
"
Jardin de Noiresouche", rendez-vous au "
Hameau
du Crépuscule" pour l'y retrouver et, discutant avec lui
vous pourrez acheter le "
Naginata" ainsi qu'une
foule d'autres armes uniques.
Pour rappel, "Ame no murakumo no tsurugi"
(Murakumo en abrégé) était le nom d'origine
de l'épée trouvée par Susanoo. L'arme sera
plus tard rebaptisée par le Prince Yamato Takeru
lorsqu'elle lui sauvera la mise en fauchant les herbes et ses
ennemis. Vous trouverez plus de détails sur cette histoire en allant
consulter les chapitres suivants : "Kusanagi-no-Tsurugi,
l'Épée des Empereurs" et "La
Kusanagi-no-Tsurugi à la loupe".
Dans "
Dark Souls II" et "
Dark Souls II :
Scholar of the First Sin", la "
Murakumo"
pourra être achetée chez "
Ornifex",
le "
Corbeau Démon" qu'il faudra délivrer au "
Bois
de l'Ombre" et que vous retrouvez plus tard dans la
"
Carrière de Vivepierre de Tseldora". De son côté,
le "
Naginata" pourra être trouvée en de multiples
endroits. Dans "
Dark Souls II" vous en dénicherez
un exemplaire dans la "bouche" d'un "
Démon de
l'Avarice" (une "
Mimique" si vous préférez)
qui se cache au "
Sanctuaire Draconique", et un autre
en tuant le duo de
Poursuivants
(à partir du
New Game++) qui hante la salle du trône du
"
Château de Dangleic". Pour ce qui est de "
Dark
Souls II : Scholar of the First Sin", le premier "
Naginata"
est caché dans la "
Vallée
des Récoltes", au fond de la dernière fosse tapissée
de brouillard toxique, sur la droite. Le second "
Naginata"
pourra être extirpé du "
Démon de l'Avarice" qui
se terre au "
Château de Drangleic", dans la salle
où vous serez attaqué par le cheval bicéphale qui tirait le
"
Chariot
du Bourreau".
Dans le tout récent "
Dark Souls III", la
"
Murakumo" est détenue par "
Alva, Pérégrin
de la Souffrance", un
Esprit Sombre qui vous envahira
- si vous êtes en
Seigneur des Cendres - juste avant le
premier
Feu de Camp du "
Donjon d'Irithyll".
Pour le "
Naginata", rendez-vous à "
Irithyll
de la Vallée Boréale", dans la partie où les
Chevaliers
d'Argent vous transperceront de leurs flèches (la zone après le
"
Grand Maître Sulyvahn"), commencez à prendre de
la hauteur jusqu'à la première corniche. Là, vous verrez une
plate-forme en contrebas avec un cadavre qui vous permettra d'obtenir
les "
Cendres d'un Homme de l'Est". Rapportez l'objet
à la "
Servante du Sanctuaire" et vous pourrez
acheter la "
Naginata" (ainsi que l'armure et le
bouclier de
Shiva) contre
7500 Âmes.
Une autre arme de grande renommée au
Japon fera son entrée
dans le troisième épisode de la série : l´
Épée à Sept
Banches,
Nanatsusaya-no-Tachi (pour plus d'informations à
son sujet, consulter la première des "
Informations
complémentaires" du chapitre intitulé "
De
l'histoire au mythe").
La lame sera baptisée "
Épée de Morion" et vous
sera offerte par "
Yuria de Londor" (haut membre des
"
Spectres Sombres" dont le but est l'avènement de
l' "
Âge des Ténèbres") pour vous récompenser de
l'assassinat d' "
Orbeck de Vinheim" (un ancien
assassin de l' "
Académie Draconique de Vinheim" que
vous trouverez dans le fortin de la "
Route de Sacrifices").
"
Cette épée difforme a été créée à l'image des
tours de l'Église noire de Londor. Ses huit
lames et autres pointes acérées infligent des saignements."
- Description de l' "
Épée de Morion".
Comme vous avez pu le lire, l'arme de
Dark Souls possède
deux "branches" de plus que le modèle originel ; ces
dernières sont également agrémentées de multiples pointes
tranchantes. Autre différence majeure entre les deux lames : l'
"
Épée de Morion" est dotée d'une garde (de style
occidental), contrairement à
Nanatsusaya-no-Tachi.
Si vous souhaitez obtenir cette fameuse arme sans avoir à tuer
le pauvre Orbeck, il vous suffira d'acheter toutes les
Sorcelleries qu'il vous propose (n'oubliez pas celles qu'il
faut débloquer avec des parchemins), le laisser quitter le
"Sanctuaire de Lige-feu", battre le duo "Lorian,
le Prince Aîné" et "Lothric, le Prince Cadet",
revenir aux "Grandes Archives" et ramasser les
"Cendres d'Orbeck" sur le cadavre assis face à une
table. Vous n'aurez plus qu'à ramener ses restes à Yuria
pour obtenir votre petit cadeau.
Vers la fin des "
Grandes Archives", juste avant
l'escalier menant au repaire du
Prince Lothric et de son
frère,
Lorian, vous devrez faire face à
trois NPC
(
Personnages Non Joueurs) agressifs. L'un d'eux, La "
Main
noire Kamui", vous attaquera avec son "
Arc
Composite" et ses deux sabres. En l'abattant, vous
obtiendrez "
Onikiri et Ubadachi" ("
Trancheur
d'Oni" et "
Lame de la Vieille Dame").
Onikiri est un
Katana que vous maniez de la main
droite, tandis qu'
Ubadachi semble être un
Wakizashi
(plus court et formant avec le
Katana le
Daisho).
Je vous recommande de lire le chapitre intitulé : "Le
sabre japonais" si vous souhaitez en apprendre
plus sur le Katana et le Wakizashi.
Toujours dans "
Dark Souls III", vous trouverez un
mécanisme actionnant une cloche dans le "
Pic du Dragon
Ancien" (les ruines du "
Sanctuaire Draconique"
de "
Dark SoulS II"). En l'activant vous déclencherez
une tempête qui recouvrira la zone et vous permettra d'accéder au
plus redoutable duo de
Boss du jeu : Le "
Roi des
Tempêtes" (un énorme
Drake des Tempêtes) et le
"
Roi Sans Nom" (le
Premier-Né de Gwyn qui a
trahi les siens pour rejoindre le camp des
Dragons Anciens).
Création de Wojtek Depczyński représentant le "Roi
Sans Nom" maniant sa "Lance d'Arrêt de Tueur de
Dragons".
De nombreux éléments font que ces deux redoutables adversaires
sont reliés à
Susanoo et au
Dragon Yamata-no-Orochi.
Le titre de "
Roi des Tempêtes" qui rappelle celui
de notre bien connu
Kami ombrageux, le
Dragon que le
"
Roi sans Nom" chevauche, la tempête qui balaie la
zone tant que vous n'avez pas vaincu le
Boss, les traits de
foudre que votre adversaire vous jettera durant tout le combat et
enfin son arme, la "
Lance d'Arrêt de Tueur de Dragons",
dont voici la description :
"
Une arme de chasseur de Dragons dont
la création remonte à l'Âge des Dieux. C'est
la plus ancienne d'entre les Lances d'arrêt, et elle peut tout à la
fois servir de Lance et d'Épée.
Son ancien propriétaire était le Roi Sans Nom,
un chasseur de Dragons considéré comme une
divinité. Cette arme est porteuse des pouvoirs de la foudre, dont le
Roi Sans Nom était lui-même l'héritier."
- Description de la "
Lance d'Arrêt de Tueur de Dragons".
L'arme est à la fois une lance et une épée. Peut-être pour
rappeler l'illustre
Kusanagi qui relie le
Kami au
Dragon.
Dans une moindre mesure, le lien du "
Roi Sans Nom"
avec la foudre fait également penser à
Raijin (ou
Raiden),
le
Kami de la Foudre. N'oublions pas le design de ce
Boss
dont la tenue rappelle celle des
Asura (ou
Ashura)
japonais : les cheveux dressés comme une langue de flamme et ornée
d'une tiare ou couronne, les pieds nus, les avant-bras décorés de
bracelets, sans parler du fait que cet adversaire était à l'origine
un
Dieu de la Guerre.
Le "Roi Sans Nom" est le fils de Gwyn,
une divinité de la guerre qui a trahi les dieux pour rejoindre le
camp des Dragons Anciens. Pour punir cet acte, son nom a
sombré dans l'oubli (on peut voir ça comme un bannissement du
panthéon de Lordran). Sa statue brisée est présente dans
chaque épisode de Dark Souls. Celle-là même qui permettait
de rejoindre le "Serment Solaire" (ou le "Serment
des Héritiers Solaires" pour le deuxième opus).
Représentation colorée du "Roi sans Nom"
juché sur le "Roi des Tempêtes" (création de
Re:DYE).
Les Asura sont des divinités guerrières (considérées
à tort comme des Démons) issues de l'Hindouisme et
réputées pour avoir un caractère changeant. Ils sont souvent
représentés dotés de six bras et de trois visages.
Leurs traits sont parfois sereins mais certaines statues arborent une
expression rageuse rehaussée de longs crocs et d'une chevelure
pareille à une langue de flamme.
- "
Megami Tensei" ("
Réincarnation de la
Megami"), ainsi que ses nombreuses variantes et spin off
(principalement des
RPG très populaires au
Japon),
font souvent référence - entre autres - à la mythologie shintoïste
et bouddhiste.
"
Yamata no Orochi" ou "
Orochi"
(qui porte parfois le nom d' "
Octorex") apparaît
dans la plupart des épisodes de la série (comme
Boss ou
comme "
Persona"). La créature - considérée comme
un
Démon - apparaît souvent comme un énorme serpent vert à
huit têtes, d'autres fois comme un ophidien doté d'une seule tête.
Dans d'autres versions, le "
Démon" est de teinte
mauve, rouge ou dorée. En tant qu'adversaire, "
Orochi"
a la particularité de pouvoir attaquer
huit fois par tour.
Représentation de "Yamata-no-Orochi" issue de
"Shin Megami Tensei".
Dans "Megami Tensei", l'une des mécaniques
clé est de pouvoir recruter des "Démons" (il
s'agit de divinités, monstres, héros et autres entités issus d'un
grand nombre de panthéons) qui rejoindront votre groupe et se
battront à vos côtés. Dans la série "Persona",
le principe est le même, hormis le fait que les entités
("Personae") sont des manifestations de la
personnalité du joueur qui résident dans l'inconscient collectif.
"
Susano-O" ou "
Susanoo" apparait
dans la série sous la forme d'un guerrier associé à la foudre et
maniant un
Katana ou la fameuse
Épée à Sept Branches,
Nanatsusaya-no-Tachi (tout comme pour "
Dark Souls",
si vous désirez plus de précisions sur cette arme, il est
recommandé d'aller consulter la première des "
Informations
complémentaires" du chapitre intitulé "
De
l'histoire au mythe").
Suivant les épisodes, il sera un puissant allié ou un redoutable
adversaire.
Artwork de "Susano-O", armé de l'Épée à
Sept Branches (tiré de "Shin Megami Tensei II").
De nombreux autres
Kami font leur apparition dans les
divers épisodes de la série (en tant que "
Persona"
et en tant que
Boss). Comme par exemple : "
Gozu-Tennoh"
(qui tient un rôle majeur dans "
Shin Megami Tensei III :
Nocturne", où il dirige aux côtés de "
Thor"
- le
Dieu du Tonnerre du panthéon nordique, et oui ! - un
groupe de malfrats ayant pour valeur de prendre tout par la force),
"
Amaterasu"et "
Ame no Uzume" (elles
nous rejoueront l'épisode du miroir à leur façon dans "
Shin
Megami Tensei : Strange Journey"), "
Izanagi"
(l'un des personnages principaux n'est rien moins que la
réincarnation de cet
Esprit dans l'épisode intitulé :
"
Digital Devil Story : Megami Tensei") et bien
entendu sa sœur "
Izanami" (qui incarnera le
véritable
Boss final de "
Persona 4"). Bref,
les références à la mythologie shintoïste (entre autre) ne
manquent pas dans cette série.
Artwork de "Gozu-Tennoh" (ou Gozu Tenno
si vous préférez) tiré de "Shin Megami Tensei III :
Nocturne".
Pour de plus amples informations sur le Kami de la
pestilence Gozu Tenno, veuillez consulter le chapitre intitulé :
"Susanoo le Kami des Tempête".
"Megami Tensei" est une série de RPG
développée par Atlus et basée sur des romans de
science-fiction (écrits par Aya Nishitani). Le premier
épisode sortira en 1987 sur Famicom (console créée
en 1983 par Nintendo). La série sera un immense succès
au Japon et s'étoffera de multiples épisodes et séries
dérivées (Devil Summoner, Persona, Devil Survivor,
...).
- Le
Dragon à huit têtes (désormais bien connu) est un
des personnages centraux de la série des "
Warriors Orochi".
Il apparait dans son propre rôle sous le nom d' "
Orochi"
(puis "
Orochi X" dans le second jeu). La créature
ressemble à un énorme guerrier à peau bleue veinée de noir,
engoncé dans une armure ornée de têtes de serpents et maniant une
faux massive qui semble être partiellement faite de pierre.
Connu autrefois sous le nom de "
Yinglong" (
Dragon
Céleste et divin issu de la mythologie chinoise et associé à
la pluie), "
Orochi" était un puissant général au
service de l' "
Empereur Céleste" (qui pourrait être
Shang Di, un dieu majeur de la
Dynastie Shang -
Chine
- censé régner sur toute chose). Trompé par l'ennemi, il se mit à
croire que son souverain contrôlait les
Démons à l'aide
d'un miroir magique. Il se rebella contre l' "
Empereur
Céleste" et fracassa l'artefact, qui en réalité avait
pour rôle d'emprisonner les créatures malfaisantes. En brisant
l'objet, une vague d'énergie noire l'enveloppa, faisant de lui une
créature puissante vouée au Chaos.
Emprisonné pour ses crimes. "
Orochi" sera libéré
par des alliés plusieurs millénaires plus tard. Décidé à tester
la force des héros et champions de la
Période des Trois Royaume
de
Chine (
220 à
280) et de la
Période
Sengoku du
Japon (
1477 à
1573), il les
invoquera dans un monde créé par ses soins (qui rassemble divers
paysages et structures de l'
Asie) et leur livrera bataille,
accompagné de ses légions démoniaques. Il sera finalement vaincu
par un coalition des armées héroïques de la
Chine et du
Japon.
Dans "
Warriors Orochi II", le
Dragon sera
ressuscité et portera le nom d' "
Orochi X". Il
mènera à nouveau les forces du Chaos pour finir à nouveau vaincu.
La dernière défaite d' "
Orochi" provoquera -
dans "
Warriors Orochi III"- l'apparition de l'
"
Hydre" un
Dragon gigantesque doté de huit
têtes de serpent cornues. Cette puissante entité serait une
manifestation physique du monde créé par "
Orochi",
avec pour unique motivation le désir d'apporter la mort et la ruine.
Les huit têtes vaincues par les armées héroïques, l' "
Hydre"
se séparera en huit combattants à la semblance d' "
Orochi"
pour finalement se reformer en une incarnation de l'ancien
Dragon
humanoïde. Enfin vaincue après cet affrontement, la mort de la
créature provoquera également la fin de ce monde, né de la volonté
de son créateur.
En plus d'être souvent le Boss final de "Warriors
Orochi", le Dragon peut être parfois joué sous sa
forme guerrière.
Le
Kami des Tempêtes sera aussi de la partie dans
"
Warriors Orochi III" sous le nom de "
Susano'o".
Il mènera un groupe de divinités dont la tâche est de traquer "
Da
Ji" (l'un des noms de
Tamamo-no-Mae, la
Kitsune
malfaisante évoquée dans l'annexe consacrée au jeu "
Okami
de cet article) et d'abattre l' "
Hydre".
Au combat, "
Susano'o" manie la
Kusanagi.
Le nom de l'arme change selon son augmentation de rang mais plusieurs
font référence à l'artefact légendaire : "
Gathering
Clouds" (plus ou moins : "
Nuages Unifiés",
en rapport avec le texte qui précise que la queue du
Dragon,
où se trouvait l'arme, était toujours enveloppée de brume),
"
Tsukuyomi" (nom du
Kami de la Lune) et
"
Orochi Slayer" (littéralement : "
Tueuse
d'Orochi" ou "
Tueuse de Serpent").
De son côté, la
Kami Solaire aura moins de chance dans la
distribution des rôles puisqu'elle se retrouva sous la forme d'un
Dotaku (cloche de bronze japonaise ornementée) manié par
Himiko et capable de cracher des boules de lumière.
L'artefact porte d'ailleurs des noms évocateurs comme "
Goddess
of Light (littéralement : "
Déesse de Lumière")
et "
Amaterasu" (pour sa forme finale).
Himiko ou Pimiko était une reine japonaise du
IIème siècle connue - via certains textes - pour avoir la
capacité de contrôler magiquement l'esprit des gens. La croyance
populaire veut qu'Himiko soit Amaterasu elle-même.
"Warriors Orochi" est une série de jeux
crossover (rassemblant les personnages de "Dynasty Warriors"
et "Samurai Warriors" dans un univers parallèle. De
type Hack and Slash, les jeux vous font incarner une série de
héros de Chine et du Japon (trois par "match")
qui se retrouvent en plein champ de bataille. Le but sera, le plus
souvent, de vaincre ou capturer les chef ennemis en vous taillant un
chemin dans l'armée adverse.
- L'histoire de certains personnages de la série de
Jeux de
Combat "
The King of Fighters" est inspirée du
mythe de
Yamata-no-Orochi.
"
Orochi" (l'un des adversaires principaux de la
licence) était à l'origine une entité divine qui se donnait le nom
de "
Volonté de Gaïa" (divinité primordiale
chtonienne issue du panthéon gréco-romain). Née de la terre, le
rôle de cette déité était de maintenir l'équilibre entre la
Nature et les hommes. Au fil du temps, "
Orochi"
rallia des adeptes à sa cause et ne tarda pas à former un clan dont
les
huit membres les plus puissants reçurent le titre de
"
Hakkesshu".
Avec le temps, l'humanité crut en nombre et le fragile équilibre
se brisa. Ne pouvant tolérer la destruction engendrée par les
humains, "
Orochi" décida qu'il fallait balayer
cette nuisance de la surface de la terre. Utilisant ses pouvoirs
issus de la
Nature elle-même, il prit les armes avec son clan
et défia l'humanité toute entière. Le conflit se termina lorsque
les clans "
Kusanagi", "
Yata" et
"
Yasakani" employèrent
trois artefacts pour
vaincre et sceller "
Orochi" et ses "
Hakkesshu".
1800 ans plus tard, "
Orochi" reviendra sur
Terre en possédant le corps d'un humain et prenant la forme
d'un jeune homme tatoué de motifs bleutés et à la chevelure
blanche.
Comme autre personnage, citons également "
Kyo Kusanagi",
un lycéen turbulent faisant partie du "
Clan Kusanagi".
Cette famille qui garde l'épée légendaire semble également liée
à
Amaterasu puisque certains membres sont capables d'employer
la pyrotechnie (sans parler de leur blason qui représente un
soleil).
- Dans le jeu "
SMITE", vous aurez la possibilité
de jouer une foultitude de déités dont certaines venant du
Shintoïsme. En plus de
Raijin (le
Kami du
Tonnerre), vous trouverez trois
Esprits qui vous ont
longuement été présentés dans les chapitres précédents.
-
Amaterasu, la Brillante Lumière ("The Shining Light")
:
La
Déesse du Soleil, "
Amaterasu", était
adorée de tous. Jaloux de sa popularité, son frère, "
Susano"
déchaîna sa colère sur ses rizières et son métier à tisser.
Atterrée par le comportement de son frère, "
Amaterasu"
alla se cacher dans une profonde caverne, scellant l'entrée avec un
lourd rocher et laissant son royaume sombrer dans les ténèbres.
À
l'abri des atrocités du monde, "
Amaterasu" demeura
un long moment dans la grotte, jusqu'au jour où elle entendit des
rires et des danses provenant de l'extérieur. Écartant les rochers
qui bloquaient l'entrée, "
Amaterasu" fut éblouie
par un splendide miroir de bronze qui lui renvoya son reflet.
Aveuglée, la déesse se dirigea à l'oreille vers les chants et des
mains surgirent de l'obscurité pour la sortir de sa retraite. Face à
elle se tenait des centaines d'amis, menés par "
Usume"
{
Uzume}. La
Déesse
de la gaieté s'était perchée sur une grande cuve, la frappant
des pieds pour provoquer un rythme erratique incitant ses pairs à
danser. Amusée par la scène, "
Amaterasu" Sourit et
la lumière rayonna de nouveau sur le monde.
Artwork de Simon Eckert représentant "Amaterasu"
accompagnée des Trois Trésors Impériaux du Japon (la
Kusanagi dans sa main, Yasakani no Magatama à son cou
et Yata no Kagami dans son dos).
Accompagnée de son miroir sacré (le Yata no Kagami) et
armée de la Kusanagi-no-Tsurugi, "Amaterasu"
est un personnage centré sur le combat au corps à corps. Sur le
champ de bataille, elle affaiblit ses adversaires à l'aide de sa
lame de lumière, renforce ses alliés grâce à la puissance de son
joyau et diminue les dégâts qui lui sont infligés lorsque son
miroir est chargé.
-
Susano, le Dieu de la Tempête d'Été ("God of the
Summer Storm") :
Censé régner sur le monde, "
Susano" s'est vu
banni aux
Enfers par son père (
Izanagi) pour ses
mauvais penchants (il est présenté comme un dieu mauvais, colérique
et destructeur).
Artwork de "Susano", le Sabre de Dix
Longueurs (ébréché par l'appendice caudal du Dragon).
obéissant aux ordres de son père, "
Susano" fait
route sur terre uniquement armé de son
Sabre de Dix Longueurs.
En chemin, il rencontre un vieux couple pleurant sur le sort de leur
fille, censée servir de sacrifice au
Serpent à huit têtes.
Voulant prouver sa valeur à son géniteur, "
Susano"
décide de tuer la bête en installant un piège. Il place huit
collets accompagnés de huit cuves emplies de
Saké aromatique
pour l'appâter. Attiré par l'odeur, la créature plonge ses huit
gueules dans les récipients et se retrouve les têtes prises dans
les collets. Profitant de son avantage, "
Susano"
tranche les cous un à un et frappe la queue du
Serpent.
Étrangement, l'arme ricoche et s'ébrèche au contact de l'appendice
caudal. À l'intérieur de la bête, "
Susano"
découvre une épée (la "
Kusanagi-no-Tsurugi")
qu'il offre à sa sœur, "
Amaterasu".
Sans surprise, "Susano" est
un personnage qui dans le jeu peut commander aux vents et aux
tempêtes. Il est donc capable de générer des boules de foudre, des
tornades ou autres nuages orageux.
-
Izanami, la Matrone de la Mort ("Matron of the Dead")
:
En donnant naissance à un dieu du feu, le corps d' "
Izanami"
fut gravement brûlé. Son époux, "
Izanagi", tenta
de l'aider, mais en vain. "
Izanami", le corps
noirci, succomba à ses blessures.
Voulant secourir l'âme de son aimée, "
Izanagi"
voyagea jusqu'au "
Yomi", le royaume des ténèbres
et de la mort. Dans ce sombre labyrinthe, il chercha son épouse,
pour finalement la trouver cachée dans les ombres. Il l'implora de
retourner avec lui mais elle refusa, expliquant qu'elle ne pouvait
revenir après avoir mangé les fruits qui poussent au "
Yomi".
Voyant qu' "
Izanagi" ne cèderait pas, elle accepta
pourtant de le mener voir les "
Dieux du Yomi" afin
de plaider sa cause.
Elle lui demanda de le suivre et de ne pas produire de
lumière car ce royaume ne pouvait être vu des vivants. Pressentant
quelque chose de funeste, "Izanagi" trahit sa parole
et alluma une torche, dévoilant à ses yeux un spectacle terrifiant.
Sa ravissante compagne n'était plus désormais qu'un cadavre
pourrissant rongé par les vers. Horrifié, "Izanagi"
s'enfuit pour échapper à cette vision d'horreur.
Artwork d' "Izanami" réalisée par Andy
Timm.
Poursuivi par sa compagne furieuse, "
Izanagi"
regagna l'entrée du "
Yomi" au triple galop et
poussa un énorme rocher pour en sceller l'entrée. Trahie et
maudite, "
Izanami" hurla rageusement à son époux
qu'elle prendrait cent vies chaque jour pour lui faire payer la
promesse qu'il venait de briser.
Depuis, "
Izanami" n'a pas manqué un jour à sa
parole d'amener de nouvelles âmes au "
Yomi". Pire !
La guerre a fini par briser le rocher qui scellait l'entrée du
royaume souterrain, permettant à la déesse de s'extirper de sa
prison pour assouvir sa vengeance.
Armée d'une paire de faucilles (probablement inspirées des
Kusarigama - arme blanche japonaise utilisée par les paysans
pour se défendre et composée d'un manche droit orné d'une lame
courbe d'un côté et d'une chaîne terminée par un boulet de
l'autre) "Izanami" affronte ses adversaires à
distance en lançant ses armes qui tournoient avant de revenir entre
ses mains. Son lien étroit avec l'Autre-Monde lui permet de
se rendre invisible, de terroriser l'ennemi et d'infliger de graves
dommages lorsqu'elle est aux portes de la mort.
Sorti en 2014 sur PC, PlayStation 4 et
Xbox One, "SMITE" est un MOBA (jeu
d'arènes de bataille, multijoueur et en ligne) où les joueurs
s'affrontent sous la forme de dieux, héros et créatures provenant
de divers panthéons mythologiques (grec, romain, nordique, égyptien,
hindou, chinois, japonais et maya).
Le gameplay d'une partie dépend du mode de jeu choisi,
mais globalement, les joueurs s'affrontent en équipe sur une carte
où apparaissent des NPC (personnages
non-joueurs) neutres qui permettent de grappiller des bonus.
- Le
Boss final de "
Shadow Hearts :
Covenant" (un
JRPG sorti en
2004 sur
PlayStation 2) n'est nul autre que le
Kami des Tempêtes
"
Susano-O". Il apparaît sous la forme d'un "
Démon"
en armure flottant dans les airs et assis en position du lotus. Il
est également protégé par les
Trois Trésors Impériaux du
Japon : la "
Gemme Yasakani" (
Yasakani no
Magatama), le "
Miroir Yata" (
Yata no Kagami)
et l' "
Épée Kusanagi".
- Dans le
JRPG "
Tales of Symphonia" (sorti
en
2003 sur
Gamecube et sur
PlayStation 2 -
uniquement au
Japon), "
L'Élite des Enfers"
("
The Elite From the Underworld") est une quête
secondaire où il vous faudra affronter trois "
Sword Dancers"
(
Danselame, une sorte de squelette cornu doté de quatre bras
et armé de sabres et d'épées divers et variés). Chaque victoire
vous permettra d'obtenir l'un des
Trois trésors Impériaux du
Japon. Dans l'ordre, vous trouverez le "
Miroir Yata",
le "
Joyau Yasakani" et l' "
Épée Kusanagi".
- Sorti en
2004 sur
PlayStation 2 et
XBox,
"
Samurai Warriors" (appelé aussi "
Sengoku
Musou") est un
Hack and Slash avec un côté
tactique. Le jeu se déroule au
Japon, durant la
Période
Sengoku (
1477 -
1573). Vous y incarnez un officier
en pleine guerre, dont l'objectif de mission revient souvent à
vaincre le général ennemi. Outre le fait qu'une foultitude de
personnages importants de l'histoire du
Pays du Soleil Levant
soient présents, certaines armes "ultimes" feront
référence à d'illustres artefacts ou
Kami. En voici
quelques exemples :
"
A spear that embodies the power of the God of
Destruction."
- Description de la lance "
Susano".
Traduction :
"
Une lance qui personnifie le pouvoir du Kami de
la Destruction."
- Description de la lance "
Susano".
"
The pike said to belong to Izanagi, one of the Gods of
Creation."
- Description de la pique double "
Izanagi".
Traduction :
"
La pique qui aurait appartenu à l'un des Kami
de la Création."
- Description de la pique double "
Izanagi".
"
The blade that was used to slay Orochi,
the Great Serpent."
- Description de l'épée "
Orochi" (maniée par
"
Nobunaga Oda").
Artwork de "Nobunaga Oda" tiré du jeu :
"Samourai Warriors II".
Traduction :
"
L'épée qui a été utilisée pour tuer Orochi,
le Grand Serpent."
- Description de l'épée "
Orochi" (maniée par
"
Oda Nobunaga").
"
Said to be crafted from the tail of the Great
Serpent Orochi."
- Description de la lame des vagues "
Murakumo".
Traduction :
"
Aurait été forgée à partir de la queue du Grand
Serpent Orochi."
- Description de la lame des vagues "
Murakumo".
"
The Goddess Kushinada is said to
have shape-changed into this blade."
- Description de la dague "
Kushinada".
Traduction :
"
La Megami Kushinada se serait
métamorphosée en cette lame."
- Description de la dague "
Kushinada".
L'arme "Kushinada" est une référence à
l'épisode où Susanoo transforme sa promise en épingle à
cheveux pour éviter qu'elle ne se fasse dévorer par le Dragon.
Oda Nobunaga (1534 - 1582) était un
Daimyo de la Période Sengoku. Ce chef de guerre a
passé la majeure partie de sa vie sur les champs de bataille, il est
également connu comme l'un des trois unificateurs du Japon de
cette époque troublée.
- Au cœur d'un donjon de "
Valkyrie Profile" (un
JRPG au tour par tour sorti en
1999 sur la
PlayStation), il sera possible de récupérer la "
Soul
Sword - Kusanagi" (plus ou moins : "
L'Épée des
Âmes - Kusanagi"). L'arme aurait la propriété de tuer
instantanément toute créature sensible aux dommages sacrés.
- Dans le jeu "
Monster Hunter 4 Ultimate" (un
Action RPG sorti en
2014 au
Japon et en
2015
en
Europe et en
Amérique du Nord), il est possible de
se forger un
Naginata (considéré dans le jeu comme faisant
partie de la famille des
épées longues) appelé "
Susano"
("
Susano-o" en anglais) à partir de morceaux de
Dah'ren Mohran. En voici la description :
"
Lame offerte à un chef de guerre oriental. Le soleil
ondule sur sa pointe."
- Description de "
Susano".
Illustration de Joseph Putra Wibawa représentant le
Dah'ren Mohran (un Dragon Ancien titanesque) en train
de jaillir des sables.
La "
Dague Centenarienne", un
Katana
(considéré également comme une
épée longue) orné de
dents ou de griffes semble également lié au
Kami des Tempêtes
et à son adversaire draconique. Voyez plutôt :
"
Présent honorifique de la Guilde,
sa lame trancherait la queue de Lao-Shan"
- Description de la "
Dague Centenarienne".
Ce texte fait bien entendu référence à la
Kusanagi,
cachée dans l'une des queues du
Dragon de Koshi. L'arme en
évoluant sera d'ailleurs appelée : la "
Lame Susano".
"
Lame ancienne remise par les anciens de la Guilde.
Recèle l'âme d'un tueur de Dragon."
- Description de la "
Lame Susano"
.
Édité par Capcom, "Monster Hunter"
est une série de jeux où le personnage incarne un chasseur dont la
tâche principale est d'accomplir des quêtes pour la Guilde.
Il s'agira donc d'aller collecter des minéraux, de pêcher, de
ramener certains objets, de tuer des créatures "nuisibles"
mais surtout de capturer ou tuer des monstres de plus en plus
gigantesques et redoutables (leur aspect est souvent inspiré de
celui des Dragons, dinosaures, reptiles marins, reptiles
volants et autres bestioles particulières qui peuplent - ou
peuplaient - le règne animal).
Vaincre des monstres vous permettra de collecter des ressources
(dents, peau, tête, ...) qui vous donneront l'opportunité de forger
armes et armures. Pour avoir une chance de récolter certains
matériaux, ils vous faudra trancher ou détruire certaines parties
de votre adversaire - de préférence sans le tuer. Par exemple,
trancher la queue d'un "Rathalos"
(créature inspirée de la Wyverne)
augmentera grandement vos chances d'obtenir son appendice caudal dans
les récompenses de fin de quête (ou lorsque vous dépècerez cette
dernière).
Si le concept de base semble simpliste - démarrer une quête,
tuer la bête, récolter votre récompense -, le jeu est loin de
l'être... Il vous faudra apprendre à vous familiariser avec une
arme (chaque famille à son maniement propre), comprendre comment
poser des pièges, capturer un monstre (en l'endormant), ... et
surtout apprendre les faiblesses de chaque monstre, connaître les
parties pouvant être détruites, sans oublier de mémoriser les
patterns de ses attaques - savoir comment
fonctionne basiquement les différents coups de l'ennemi.
Bref, si le précédent chapitre ne vous a pas découragé, je
vous recommande de tester l'un des épisodes de cette licence
exigeante mais également gratifiante.
- Dans "
Fire Emble Fates - Héritage" (un
Tactical RPG sorti au
Japon en
2015 et en
Europe
en
2016) et "
Fire Emblem Fates - Révélation",
il vous sera possible de recruter "
Orochi", une
devineresse d'
Hoshido de noble lignage, servant la
Reine
Mikoto (la mère du héros ou de l'héroïne) en tant que
conseillère.
Le nom de ce personnage enjoué - "
Orochi" - fait
très certainement référence au
Dragon Yamata-no-Orochi.
Les trois épisodes de la série vous feront visiter
Izumo,
une région d'
Hoshido considérée comme étant la terre des
dieux, que le héros et son groupe, visite afin de rencontrer le
Duc
Izana.
Izumo est bien entendu lié à l'ancienne
Province
d'Izumo où
Susanoo à livré bataille pour ensuite fonder
la
Dynastie d'Izumo (terre des
Kami donc) et il est
probable que le nom d' "
Izana" soit le diminutif
d'
Izanagi (père du
Kami des Tempêtes) ou d'
Izanami
(épouse et sœur d'
Izanagi que
Susanoo a tant pleuré)
.
"
Fire Emblem Fates - Conquête" vous livrera une
autre petite référence mythologique. Vers les derniers chapitres du
jeu (le
Chapitre 23 pour être précis), alors que vous
approchez de la capitale du
Royaume d'Hoshido, il vous restera
un dernier obstacle à franchir : la "
Muraille de Suzanoh".
Un nom bien évidemment fort proche de celui du
Kami des Tempêtes.
Dernier détail, au
niveau 15, la classe de "
Chevalier
Kinshi" (cavalier d'élite d'
Hoshido maniant l'arc et
le
Naginata, perché sur un
Kinshi -
milan doré)
apprend automatiquement le Talent "
Amaterasu". Ce
don permet aux alliés distants de deux cases de l'unité, de
regagner
20 pourcents de leurs points de vie au début de
chaque tour.
Le milan doré est décrit dans le "Nihon
Shoki" (ouvrage décrit dans la première
partie, au chapitre intitulé : "Kami
et Shintoïsme") comme un messager des Kami
qui aida l'Empereur Jinmu (premier empereur
légendaire du Japon) à triompher de ses
ennemis lors d'une bataille.
Artwork du "Chevalier Kinshi".
Dans cet épisode de la série des Fire Emblem, votre
avatar se trouvera face à trois choix : rejoindre le Royaume
d'Hoshido, votre patrie natale, pour lutter contre la belliqueuse
nation de Nohr ("Fire Emblem Fates - Héritage"),
embrasser la cause de Nohr et rester auprès de votre famille
d'adoption pour conquérir vos voisins ("Fire Emblem Fates -
Conquête") ou ne choisir aucun camp et rester "neutre"
("Fire Emblem Fates - Révélation"). La première
voie vous permettra d'acquérir beaucoup d'or et d'expérience avec
des unités typées "Japon féodal", la seconde se
révélera plus ardue avec des personnages aux armes et armures plus
occidentales et enfin, la dernière vous donnera l'opportunité de
recruter la plupart des personnages des deux factions avec en
supplément des révélations supplémentaires (d'où son nom).
Artwork de "Fire Emble Fates" représentant
les personnages principaux de Nohr (à gauche) et d'Hoshido
(à droite).
- "
For Honor" est un
Jeu de Combat édité
par
Ubisoft et censé sortir en
2017. Ce jeu vous
permettra d'incarner un combattant issu de trois factions : les
"
Chevaliers", les "
Vikings" et les
"
Samouraïs"...
Dans le camp des "
Samouraïs", on retrouve une
classe appelée l' "
Orochi". Il s'agit - ô surprise
- de
Samouraï armés de
Katana et revêtus d'armures
traditionnelles. Ces guerriers sont présentés comme des assassins
au service de l'empereur et faisant appel à la discrétion (chose
peu crédible vu qu'ils portent
10 à
20 kilos
d'armure sur le dos) ou à des techniques sournoises comme
l'utilisation de poison.
Leur nom n'est pas sans rappeler une certaine créature à huit
têtes et à huit queues qui hante la mythologie shintoïste...
- La
Kusanagi est également présente dans "
Dark
Chronicle" (un
Action-RPG japonais sorti en
2002
sur
PlayStation 2). Le personnage "
Monica"
peut forger une arme nommée "
Ama no Murakumo" à
partir de la "
Tsukikage" (une lame liée au
Kami
de la Lune Tsukuyomi).
- Il est possible de trouver l'arme sacrée dans "
Baten
Kaitos : Les Ailes Éternelles et l'Océan Perdu" (
J-RPG
au tour par tour sorti sur
GameCube en
2003 au
Japon
et en
2005 en
Europe). Elle apparaît sous la forme
d'une "
Magnus" (sorte de carte capable de capturer
l'essence des choses - armes, équipement, magie, ...) appelée "
Épée
Kusanagi". Chose amusante, la description de l'objet prend
quelques libertés avec le mythe, voyez plutôt :
"
Claimed by the legendary Yamato Takeru
after slaying an eight-headed Dragon. The
Dragon's curse occasionally paralyzes the
weapon's target."
- Description de la "
Kusanagi Blade".
Et sa traduction :
"
Revendiquée par le légendaire Yamato Takeru
après avoir occis un Dragon à huit têtes. La
malédiction du Dragon paralyse de temps à
autre sa cible."
- Description de l' "
Épée Kusanagi".
Le Prince Yamato Takeru a manié la
Kusanagi et accompli de nombreux exploits mais
défaire un Dragon n'est pas à compter dans sa
liste de haut-faits. Si vous souhaitez en savoir plus sur son compte,
je vous encourage à lire le chapitre intitulé : "De
l'histoire au mythe" ainsi que ses "Informations
complémentaires".
- La "
Kusanagi" apparait dans l'
Action-RPG
japonais "
NIER" (sorti en
2010 sur
PlayStation 3 et sur
XBox 360). L'artefact prend la
forme d'une massive épée à deux mains dont l'éclat rappelle le
bronze.
Description :
"
A man whose fiancée was spirited away by an eight-headed
beast used this sword to smite his foe."
- Description de la "
Kusanagi".
Traduction :
"
Un homme dont la fiancée avait été enlevée par une
bête à huit têtes utilisa cette épée pour frapper son
adversaire."
- Description de la "
Kusanagi".
- Dans "
Bravely Default" (un
JRPG sorti en
2015 sur
3DS), "
Susano-O" fera office
d'invocation. Le
Kami apparaîtra sous la forme d'un sombre et
gigantesque "dieu", brandissant au clair de lune un pylône
électrique en guise d'épée qu'il maniera pour envoyer une décharge
de foudre sur vos adversaires.
- "
Ninja Gaiden" (sorti en
2004 sur
Xbox,
en
2005 sur la même console pour sa réédition - "
Ninja
Gaiden Black" - et en
2007 sur
PlayStation 3
pour un remake intitulé : "
Ninja Gaiden Sigma") et
"
Ninja Gaiden II" (sorti en
2008 sur
Xbox
360 et en
2009 pour le remake - "
Ninja Gaiden
Sigma 2") rendent hommage à leur manière aux artefacts du
Pays de Soleil levant.
L'introduction de l'épisode "
Ninja Gaiden"
(probablement inspiré de "
Ninja Gaiden II", sorti
en
1990 sur
Nes) nous décrit deux lames : L' "
Épée
du Dragon", un
Katana forgé à partir d'un croc de
Dragon et doté de pouvoirs divins et l' "
Épée du
Dragon Noir", une épée droite à
sept branches dont
la lame est gravée d'inscriptions dorées. Vous l'aurez compris, la
seconde lame est fortement inspirée de
Nanatsusaya-no-Tachi (une
fois encore, pour plus d'informations au sujet de cette arme,
veuillez consulter la première des "
Informations
complémentaires" du chapitre intitulé "
De
l'histoire
au mythe").
Dans l'histoire, l' "Épée du Dragon Noir"
est une arme maléfique, forgée par les Démons à partir des
os d'un Dragon malfaisant. Scellée et gardée par le "Clan
du Dragon" (dont fait partie le héros : "Ryu
Hayabusa"), l'arme est dérobée par Doku, un Démon
majeur qui a pour mission de ramener l'arme à son maître, Vigoor
(divinité démoniaque des origines). Le but de l'empereur
démoniaque est de briser le sceau de l'arme afin qu'elle absorbe la
mort et le chaos des environs pour renforcer sa puissance jusqu'à le
faire devenir le mal incarné.
Voulant récupérer l'arme, Ryu
traquera ses ennemis jusqu'à la cité impériale de Vigoor.
Après moult affrontements, il vaincra l'empereur et détruira l'épée
malfaisante.
Illustration de Benjamin Widdowson représentant Ryu
en train de manier son "Épée du Dragon".
L'épisode suivant - "
Ninja Gaiden II" - sera
centré autour d'une secte voulant ramener à la vie un
Démon
ancien. Pour vaincre ses adversaires,
Ryu devra libérer la
puissance divine de son "
Épée du Dragon", grâce à
l' "
Oeil du Dragon". Il s'agit d'un
Magatama
(bijou en forme de virgule ou griffe, percé d'un trou) censé
contenir l'esprit d'un
Dragon. Lorsqu'on insère l'objet dans
le manche de l'arme, cette dernière révèle sa véritable
puissance.
Il est probable que l' "
Oeil du Dragon" soit un
hommage fait à l'un des
Trois Trésors Impériaux du japon :
le
Yasakani no magatama (consultez les "
Informations
complémentaires" du chapitre intitulé : "
Amaterasu
et sa descendance" pour plus de précisions à son
sujet).
"Ninja Gaiden" est une série
de jeux créée par Tecmo dont les épisodes
sont souvent soit de Jeux d'Action, soit des
Beat Them Up. L'histoire nous met dans la peau
d'un Ninja du "Clan du Dragon"
: "Ryu Hayabusa", armée de sa fameuse
"Épée du Dragon".
- La licence "
Pokemon" (le fameux
JRPG au
tour par tour joué par petits et grands) semble également avoir
quelques liens avec le mythe de création du monde
shintoïste.
Dans la
seconde génération, l'un des deux légendaires
principaux,
Ho-Oh, est associé au
Soleil et au feu.
Son nom est inspiré du
Ho-o, sorte de
Phénix japonais
qui lui-même dérive du
Fenghuang chinois.
Cet oiseau légendaire - originaire de la
Région de Jotho
- résidait autrefois au sommet de la "
Tour Ferraille"
pendant que
Lugia (autre légendaire associé aux sept mers et
à la nuit) se perchait sur la
Tour de Cuivre (ancien nom de
la "
Tour Cendrée"). Un jour, la foudre frappa la
"
Tour de Cuivre" de "
Rosalia",
provoquant un incendie dans le bâtiment et forçant les deux
créatures à fuir.
150 ans plus tard, votre personnage aura l'occasion de
capturer ce
Pokemon sous certaines conditions. Dans les
versions
Or,
Argent et
Cristal, il vous faudra
récupérer l' "
Arcenci'Aile" (une plume brillante
appartenant à
Ho-Oh) et vous rendre au sommet de la "
Tour
Ferraille" pour faire apparaître le majestueux volatile.
Ho-Oh, majestueusement posé sur un Torii
(qui marque l'entrée d'un sanctuaire shintoïste)
et Illustré par Autlaw.
Dans les remakes de la seconde génération ("
Pokemon
Heartgold" et "
Pokemon Soulsilver"), il
vous faudra mettre la main sur le "
Glas Transparent"
et l' "
Arc-en-ciaile" pour pouvoir accéder au
sommet de la "
Tour Carillon" (nouveau nom de la
"
Tour Ferraille") de "
Rosalia".
Parvenu en haut de la tour, vous verrez les cinq "
Sœurs
Kimono" exécutant une danse invoquant
Ho-Oh.
Ho-Oh, de par son lien avec le
Soleil pourrait bien
être l'incarnation d'
Amaterasu (et
Lugia celle de
Tsukuyomi, le
Kami de la Lune ou de
Susanoo pour
sa souveraineté sur le mers). La danse exécutée par les sœurs
rappelle beaucoup l'épisode où
Uzume a dansé pour faire
sortir
Amaterasu de sa cachette et ramener la lumière sur les
mondes.
- Le célèbre régent japonais
Minamoto no Raiko (voir les
"
Informations complémentaires" du chapitre intitulé
: "
Kami
et Shintoïsme" pour en savoir plus à son sujet) est le
personnage principal d' "
Otogi : Myth of Demons"
("
Otogi : Mythe des Démons"), un jeu de genre
Beat
Them All sorti en
2003 sur
XBox et développé par
From Software.
Dans cet épisode,
Raiko vole l'épée de son clan et, par
son acte, brise la frontière entre le monde des humains et celui des
Démons. Tué par la puissance libérée,
Raiko est
ramené à la vie dans un corps d'emprunt avec pour mission de sauver
le monde des
Démons.
Dans le second épisode : "
Otogi 2 : Immortal Warriors"
(sorti en
2005 sur
XBox),
Raiko est ramené à
la vie par le sacrifice de ses quatre compagnons :
Sadamitsu
(qui dans ce jeu a les traits d'une femme),
Kintoki,
Suetake
et
Tsuna. Liés par ce sacrifice, les cinq combattants
(accompagnés d'un autre personne illustre de la culture japonaise)
défendront la capitale du
Pays du Soleil Levant contre une
horde de
Démons et autres créatures fantasmagoriques issues
du folklore.
- Apparue dans la
Saison 2 du jeu "
Killer Instinct
III",
Hisako est un
Onryo (un défunt rongé
par la jalousie ou la haine qui revient sous la forme d'un "
Esprit
Vengeur") qui fut autrefois une
Onna-bugeisha (une
femme combattante issue de la noblesse souvent formée au maniement
du
Naginata). Le personnage a les traits d'une jeune femme à
la peau livide et aux yeux noirs, portant un kimono et maniant un
Naginata. Sa façon de se mouvoir rappelle beaucoup certaines
créatures issues des films d'horreur asiatiques (et inspirées du
folklore).
Durant la
Période Sengoku (
1477 -
1573), un
groupe de soldats renégats attaqua le village d'
Hisako. Son
père, un ancien
Samouraï, tenta de les arrêter mais fut
rapidement massacré. La rage au cœur,
Hisako prit son
Naginata et sema la mort dans les rangs adverses. Malgré sa
bravoure, elle succomba sous le nombre mais son sacrifice inspira les
villageois qui reprirent courage et chassèrent les intrus.
Pour honorer le sacrifice de la jeune femme et de son père, les
habitants érigèrent un autel en leur honneur, n'hésitant pas à y
déposer des offrandes (comme l'autel d'un
Kami).
Des siècles plus tard,
Ultratech (sorte de multinationale
stéréotypée centrée sur le développement d'armes technologiques
ou biologiques) entendra parler de la légende d'une femme spectrale
censée garder les tombes d'un ancien village. Ne pouvant manquer
cette opportunité d'étudier ce phénomène paranormal unique, ils
souilleront délibérément l'autel et les tombes pour faire
ressurgir
Hisako. Furieuse de voir le village qu'elle
protégeait depuis des siècles corrompu, elle traquera
inlassablement les responsables pour laver son honneur.
Artwork d'Hisako armée de son Naginata.
"Killer Instinct III" ou "Killer
Instinct" (il s'agit en fait du Reboot de la licence)
est un Jeu de Combat sorti en 2013 sur XBox One.
Le scénario est grosso modo centré autour d'Ultratech, une
multinationale qui travaille en surface dans l'humanitaire mais qui
en sous-main crée des armes biologiques qu'elle teste lors de
tournois.
Films, séries et animés :
- "
Wanpaku Oji no Orochi Taiji" (littéralement :
"
Le Prince Espiègle et l'Extermination du Serpent Géant")
est un film d'animation japonais réalisé en
1963 par
Yugo
Serikawa.
L'histoire est une version édulcorée et modifiée de la célèbre
bataille opposant le
Kami des Tempêtes au
Dragon à
huit têtes.
Pour résumer en quelques lignes,
Susanoo, le fils
d'
Izanagi et d'
Izanami, est dévasté en apprenant que
sa mère (
Izanami) est décédée. Accompagné d'un lapin
nommé "
Akahana", il se mettra en quête du paradis
pour pouvoir parler une dernière fois à sa défunte génitrice.
Après moult aventures (que je vous laisse découvrir par
vous-même), il rencontrera la "
Princesse Kushinada",
censée être livrée en pâture au "serpent" à huit têtes
"
Oroshi". Sous le charme de la jeune fille,
Susanoo
fera tout pour la sauver, quitte à aller affronter la bête.
Dans le dessin-animé, Yamata-no-Orochi apparaît sous
la forme d'un énorme Dragon cornu à huit têtes dont la
couleur varie (il est noir-bleuté à la base mais ses têtes
rougissent lorsqu'il crache le feu et bleuissent lorsqu'il vomit une
sorte de flamme bleutée). La tête principale semble être la seule
de l'octuor qui soit couleur noir ébène.
On retrouve également l'épisode où Susanoo
saoûle la bête avec des cuves de saké mais,
pour combattre son adversaire, le Kami des Tempêtes
est armé de lances - ou javelines -, d'une épée courte et est
juché sur un étalon qui semble capable de léviter dans les airs.
De peur de trop en dire, je ne vais guère pousser plus loin
mon analyse de ce long-métrage. Je préfère vous laisser le
découvrir par vous même. Vous verrez qu'il contient encore une
pléthore d'éléments liés au mythe.
- "
Yamato Takeru" (sorti aux
États-Unis sous
le nom d' "
Orochi - The Eight-Headed Dragon" -
"
Orochi le Dragon à huit têtes") est un film
japonais sorti en
1994 et réalisé par
Takao Okawara.
L'histoire démarre sur la naissance de deux princes. Leur père,
l'
Empereur de Yamato, sent que l'un de ses fils,
Osu,
semble empli de haine. Sentant qu'il s'agit là d'un mauvais présage,
il ordonne à un prêtre de l'exécuter. Mais, convaincue par un
signe des dieux, la sœur de l'empereur demande à ce qu'on épargne
le nourrisson pour qu'elle puisse l'élever comme son propre fils.
Le
Prince Osu devenu adulte, son père, l'
Empereur de
Yamato le mande au château afin qu'il rejoigne la cour.
Malheureusement, peu après, l'épouse du monarque tombe malade et
décède. Ce funeste présage met en rage le frère d'
Osu,
qu'il rend responsable du décès de leur mère. Il attaque
Osu
qui l'abat pour se défendre. Atterré par la tournure des
événements, l'
Empereur de Yamato bannit son fils et lui
demande de ne pas revenir tant qu'un barbare du
Domaine de Kamuso
vivra.
Voulant prouver sa valeur à son paternel,
Osu part pour le
Domaine de Kamuso. En chemin, il rencontre
Oto,
Genbu
et
Seriyu qui décideront de l'accompagner dans son périple.
Parvenus au château des barbares,
Osu et sa bande attaquent
la place forte ennemie, tuent
Kumaso Takeru et la divinité
des lieux,
Kumasogami. Pour ce haut fait,
Osu changera
son nom en : "
Yamato Takeru".
Plus tard, sa tante (il s'agit probablement de la
Princesse
Yamato-hime) l'avertira qu'un danger plus grand que les barbares
menace l'empire : le retour de
Tsukuyomi (le
Kami de la
Lune). Pour prouver - enfin - à son père sa valeur et sauver le
royaume,
Yamato Takeru fera face à ce divin adversaire.
Outre l'histoire romancée de Yamato Takeru,
on peut voir dans la bande-annonce
du film, un certain nombre d'éléments liés au Shintoïsme
: le Magatama verdâtre (bijou japonais en forme
de virgule et percé d'un trou), l'épée ou sabre que découvre Osu
(très certainement la Kusanagi-no-Tsurugi) et
bien entendu, le Dragon rouge à huit têtes et
cracheur de feu (que vous reconnaitrez sans aide de ma part).
Pour plus d'informations sur le Prince Yamato Takeru,
veuillez consulter les chapitres intitulés : "Kusanagi-no-Tsurugi,
l'Épée des Empereurs" et "De
l'histoire au mythe" (ainsi que les informations
complémentaires du second chapitre cité). Pour
Tsukuyomi, vous trouverez des données à son
sujet en vous rendant au chapitre intitulé : "Purification
d'Izanagi et naissance de Kami".
- Le film "
Nippon Tanjo" (film japonais de
1959,
réalisé par
Hiroshi Iganaki) est centré autour de
l'histoire -
quelque peu modifiée - du
Prince Yamato
Takeru (pour vous rafraîchir la mémoire à son sujet, veuillez
consulter les "
Informations complémentaires" du
chapitre intitulé : "
De
l'histoire au mythe"). Il semble également y avoir des
éléments issus du mythe
Shinto. On retrouve, par exemple, le
rituel pour faire sortir
Amaterasu de sa caverne.
Yamato
Takeru affronte également un
Dragon à huit têtes et
huit queues... des particularités anatomiques qui rappellent celles
d'une créature draconique polycéphale et amatrice de
saké.
Estampe de Yoshitoshi Taiso (1839 - 1892)
intitulée : "Yamato Takeru no Mikoto" et
représentant - probablement - le prince en train d'affronter
l'épéiste Idzumo Takeru.
-
Godzilla (ou
Gojira), le célèbre monstre du
grand écran, a dû livrer bataille à une tripotée de monstres
(
Rodan,
Mothra,
Gorosaurus, ...) tous plus
gigantesques les uns que les autres. Parmi eux, on retrouve une
créature répondant au nom d' "
Orochi'.
Le
Dragon à huit têtes et à huit queues apparaît dans
"
The Godzilla Comic Raids Again" (une anthologie
japonaise publiée en
1991). Alors qu'un groupe de pêcheurs
se laisse porter sur l'eau en écoutant l'histoire de
Yamata-no-Orochi,
Godzilla surgit des flots.
Orochi
(
n'oubliez pas de cliquer sur le lien pour voir l'image) se
manifeste peu après (sous la forme d'une bête à huit cous dont les
têtes semblent plus proches de la murène ou de l'anguille que du
serpent) et entame un combat de titans, sous le regard médusé des
pêcheurs.
Dans le premier tome de "
Godzilla Rage Across Time"
(un comic en cours de parution qui semble placer
Godzilla à
diverses périodes temporelles),
Orochi est réveillé pour
faucher les armées mongoles (l'histoire se déroule au
XIIIème
siècle, au
Japon). Il sera tué par
Godzilla avant
même d'avoir commencé sa tâche...
Godzilla en train d'affronter Orochi
dans le comic "Godzilla Rage Across Time".
Un autre adversaire bien connu de
Godzilla est également
parfois apparenté au
Dragon à huit tête : "
King
Gidorah". La créature se présente sous la forme d'un
Dragon doré pourvu de trois têtes, d'une paire d'ailes et
dénué de membres antérieurs.
Dans le film "
Godzilla, Mothra and King Ghidorah: Giant
Monsters All-Out Attack" (sorti en
2001 au
Japon)
King Gidorah est considéré comme une divinité de la mer. Vu
comme un
Yamata-no-Orochi, le monstre gardien fut vaincu par
des combattants il y a des siècles et scellé sous le
Mont Fuji.
Des guerriers prièrent pour le repos de l'âme du
Dragon qui,
pendant des siècles, se régénéra, renforcé par les âmes
honorables des défunts. Malheureusement, il fut réveillé avant
d'avoir pu faire repousser toutes ses têtes et dût faire une croix
sur cinq de ses caboches.
Apparu en 1954, Godzilla est l'une des emblèmes
des films Kaiju. Dernier représentant d'une espèce de
dinosaure ("Godzilasaurus") ou monstre amphibie
préhistorique, Godzilla est exposé à des radiations
nucléaires qui le font muter et lui confèrent sa taille
gigantesque. Le monstre (apparu peu après le bombardement
d'Hiroshima et Nagasaki) incarne la crainte des
Japonais de voir un jour une telle catastrophe se reproduire.
Kaiju (littéralement : "Bête Étrange"
ou "Bête Mystérieuse") désigne les créatures
étranges, en particulier les monstres géants dont les Japonais sont
friands. "Kaiju Eiga", littéralement : le "Cinéma
de Monstres", mettait en scène à l'origine des acteurs
engoncés dans des costumes (au réalisme douteux) qui se
déchaînaient sur des maquettes de villes...
Petit bestiaire, illustré par Jaroslav Kosmina,
présentant les Kaiju de "Godzilla" et
d'autres univers (vous pouvez voir King Gidorah en bas à
droite).
- Le manga et la série "
Nura : Le Seigneur des Yokai"
(ou "
Nurarihyon no Mago") met en scène une pléthore
de
Yokai et références tirées du
Shintoïsme.
Le personnage incarnant le
Yokai Gyûki (ou
Ushi-Oni)
est secondé par deux
Yokai nommés "
Gozumaru"
et "
Mezumaru" (parfois appelés aussi
Gozu et
Mezu). D'apparence humaine, ils sont vêtus de
kimono.
Mezumaru quant à lui, porte un crâne de bovidé (à six
cornes) en guise de couvre-chef.
Nanatsusaya-no-Tachi (voir les "
Informations
Complémentaires" du chapitre intitulé : "
De l'histoire au mythe") apparaît sous la forme d'une
épée de bois à sept branches (les sept rameaux qui pourfendent le
mal). L'arme aurait appartenu au moine
En-no-Ozunu. Il s'agit
probablement d'une fausse relique puisque l'objet a été acheté en
ligne sur le
Web et tombe en morceaux peu après...
"
Awashima" est dans le manga un
Yokai
faisant partie des
Amanojaku. De sexe masculin le jour et de
sexe féminin la nuit, l'être porte le nom du second enfant
d'
Izanami et d'
Izanagi :
Awashima, un
Kami
abandonné par ses parents et qui n'est ni un garçon ni une fille
(selon le manga). Il manie également une lance à trois dents (qui
fait - peut-être - référence à
Ame no nuhoko, la lance
d'
Izanagi) et se sert de deux techniques liées aux deux
Kami
majeurs : "
Parfaite Maternité Izanami" et "
Parfaite
Paternité Izanagi". Étrangement,
Izanami est
décrite comme étant une déesse et
Izanagi un "
Démon
enragé".
Amanojaku est une sorte de petit Oni capable de
pousser les gens à commettre de mauvaises actions en rapport avec
leurs vices cachés. Cette créature est probablement inspirée de la
terrible Amanozako (voir le chapitre intitulé : "Susanoo
le Kami des Tempêtes", pour plus d'informations à ce
sujet) dont le modus operandi (mode opératoire) est similaire à
celui de ce petit Yokai.
Pour plus d'informations sur la Megami Awashima,
veuillez vous rendre au chapitre intitulé : "Premières
naissances de Kami". Vous trouverez quelques
données à son sujet sous le nom d'Ahaji.
"Nura : Le Seigneur des Yokai" est un manga de
type Shonen (adapté en anime depuis 2010). L'histoire
met en scène Rikuo Nura, un adolescent à la fois humain et
Yokai qui doit prendre la place de son grand-père à la tête
du "Clan Nura" (un clan composé uniquement de Yokai
et dont les membres ont un code de conduite similaire à celui des
Yakuza). Ne voulant d'abord pas de cette place, il se rendra
compte, au fil des épisodes, qu'il se doit de devenir le nouveau
chef de clan s'il veut protéger ses proches.
- Dans le manga et l'anime "
One Piece", l'un des
trois trois Amiraux de la
Marine (force militaire navale du
"
Gouvernement Mondial"), "
Borsalino"
(connu également sous le titre d' "
Amiral Kizaru")
utilise des attaques imprégnées de lumière. Il maîtrise
principalement trois techniques : "
Yata no Kagami",
"
Yasakani no Magatama" et "
Ama no Murakumo"
(qui prend la forme d'une épée de lumière). Ces trois attaques
font référence aux
Trois Trésors Impériaux du Japon : le
miroir, le
Magatama (bijou en forme de virgule percé d'un
trou) et l'épée (que l'on appelle plus couramment "
Kusanagi
no Tsurugi").
"One Piece" est un manga Shonen (qui
s'adresse principalement aux adolescents de sexe masculin) publié
depuis 1997 au Japon. La trame scénaristique est
centrée sur un équipage de pirates dont le capitaine se nomme
"Monkey D. Luffy" (reconnaissable à son inséparable
chapeau de paille). Le but de cette bande de flibustiers est de
mettre la main sur le "One Piece", un trésor qui
confèrera à son détenteur le titre de "roi des pirates".
- Dans les manga et anime japonais "
Ghost In the Shell",
l'un des personnages principaux, "
Motoko Kusanagi",
porte le nom de l'épée légendaire (
Kusanagi-no-Tsurugi).
Appelée aussi "
Major",
Mokoto Kusanagi est
une femme cyborg dont le corps est entièrement robotisé, excepté
le cerveau.
Le nom de
Kusanagi est aussi celui d'un des protagonistes
principaux ("
Suito Kusanagi") de la série de romans
(adaptés en film d'animation en
2008) intitulée : "
The
Sky Crawlers"
.
L'utilisation du nom "Kusanagi" est
probablement un trait d'esprit venant du créateur du manga qui porte
lui-même un pseudonyme en rapport avec les armes japonaises.
"Masamune Shirrow" est inspiré de Masamune
Okazaki, un forgeron japonais de renom qui aurait vécu entre le
XIIIème et le XIVème siècle.
"Ghost In the Shell" est un manga japonais
créé en 1989 (également adapté en films et anime) par
Masamune Shirrow.
L'histoire se déroule dans un monde Cyberpunk où une
section d'élite traque un cybercriminel se faisant appeler le
"Marionnettiste" ("Puppet Master").
Son nom est lié au fait qu'il est capable de contrôler l'esprit
humain par le biais du "Réseau Numérique Mondial"
(sorte d'évolution d'Internet).
- Dans l'anime japonais "
Mobile Suit Gundam 00",
"
Susanowo" (en référence au
Kami des Tempêtes)
est le nom donné au
Mobile Suit piloté par
Mister
Bushido.
Illustration de Neal Jany qui représente à merveille
le combat opposant Susanoo à Yamata-no-Orochi.
Sorti en 2007 au Japon, "Mobile Suit
Gundam 00" est un anime de type Mecha (sous-genre de
manga où des personnages pilotent et combattent des armures
robotisées) se déroulant sur Terre en 2307.
Les réserves d'énergies fossiles (le pétrole, le charbon, le
gaz naturel, ...) épuisées, l'humanité s'est tournée vers
l'énergie solaire. Pour l'extraire, les trois blocs de nations
majeurs ont placé des ascenseurs spatiaux pourvus de systèmes
capables de produire de l'énergie en convertissant celle du Soleil.
Malheureusement, ce système ne profite pas à tous les pays et cette
inégalité en poussera certains à souhaiter la destruction de ces
ascenseurs.
Un attentat terroriste visant l'ascenseur spatial
de la "Ligue de la Réforme Humaine"
(un bloc de nations composé de la Russie, de la
Chine et de l'Inde), sera
contrecarré par une organisation utilisant des Mobile Suit
Gundam (armures mécaniques). Le but de cette corporation
mécanique sera de mettre fin à tous les conflits armés, et ce sans
distinction de "race", de religion ou de nationalité des
opposants.
Un ascenseur spatial est - en théorie -
constitué d'un câble de plusieurs milliers de kilomètres censé se
tendre grâce à la force centrifuge de la Terre
et garni de nacelles qui permettraient de rejoindre une planète ou
un satellite. Il n'existe bien entendu pas encore un tel mécanisme,
ce système demanderait d'investir des sommes colossales et de
trouver un matériau suffisamment léger et solide pour résister à
la tension d'un câble d'une telle longueur.
- Dans l'anime japonais "
Darker Than Black",
Izanami et
Izanagi tiennent un rôle central dans la
seconde saison et les
épisodes spéciaux ("
Darker
Than Black : Kuro no Keiyakusha Gaiden"), qui se situent
entre les événements de la première et de la seconde saison.
Histoire d'éviter de gâcher le plaisir de ceux qui n'ont pas
encore pu voir l'anime, je serai assez bref sur le rôle des deux
Kami dans la série... et certaines informations seront
volontairement incomplètes. Celles et ceux qui veulent éviter de se
faire spoiler, passez à l'annexe suivante.
"
Izanami" est d'abord décrite comme une arme
censée éliminer les
Contractants (des êtres humains ayant
acquis des pouvoirs spéciaux suite à l'apparition de la "
Porte
des Enfers" dans
Tokyo) et ayant pris possession
d'une "
Poupée" (une autre catégorie d'êtres
humains affectés par l'apparition de la porte et ayant perdu leurs
émotions et leur personnalité mais qui peuvent, en contrepartie,
créer un "
Observateur", une entité invisible qui
se déplace partout où se trouve son médium - de l'eau, des câbles
électriques, ... - et servent souvent pour l'espionnage).
"
Izanagi" de son côté est un
Contractant
donc la capacité principale est de pouvoir créer des copies d'êtres
vivants ou d'objets inertes avec à chaque fois un petit défaut qui
distinguera la copie de l'original.
La trame scénaristique de la
seconde saison tourne autour
de la rencontre d'
Izanami et d'
Izanagi qui provoquerait
une catastrophe majeure pouvant mener à la fin du monde.
Dans l'
épisode neuf de la
seconde saison, les
"
Documents Mitaka" prophétisent cette rencontre en
ces termes :
"
Izanagi contemple le fond de la mer
artificielle en attendant Izanami.
Izanami traversera le fond de la mer où ils se
rencontreront bientôt.
Puis le ciel et la terre se sépareront en deux, ouvrant la
Porte des Enfers.
Personne ne sait ce qui en sortira...
Mais on sait que la lutte continuera toute l'éternité."
Au final,
Izanami aura eu pour rôle de rassembler les âmes
des
Contractants et
Poupées - au lieu de les tuer -
pour pouvoir les envoyer sur une copie de la
Terre, créée
par
Izanagi et peuplée de clones des gens "tués"
afin qu'ils puissent servir de réceptacles aux âmes collectées.
La façon dont le mythe Shinto a été
réinterprété est assez originale. Izanami,
la Megami du Yomi (le Monde Souterrain
pour rappel) qui avait juré à son frère et compagnon Izanagi
de tuer mille personnes chaque jour est dépeinte
comme une collectrice d'âmes. Izanagi,
de son côté, qui a donné forme (avec sa sœur) à l'archipel
japonais et à une multitude de Kami, se voit
attribuer la tâche de créer une autre Terre et
de la peupler de copies des Contractants
collectés (qui, de par leur pouvoirs, peuvent être vus comme des
Kami, divinités ou surhommes).
"Darker Than Black" est un animé japonais
réalisé par Tensai Okamura. Publié au Japon depuis
2007 et adapté en mangas en 2009 et 2010.
L'histoire est centrée autour d'une "porte"
(baptisée "Porte des Enfers"),
apparue à Tokyo, qui provoque la disparition
des étoiles dans le ciel et dévaste une partie de la ville, mise en
quarantaine derrière un immense mur.
Après la disparition des corps célestes, de nouvelles étoiles
apparurent, chacune représentant un Contractant, brillant
lorsque l'un d'eux emploie ses capacités et disparaissant lorsqu'il
meurt.
Autrefois humains, les Contractants (ou Pactisants)
sont devenus des êtres pragmatiques à l'extrême et dotés d'un
pouvoir spécial qui diffère selon le Contractant (générer
de l'électricité, changer d'apparence, s'incarner dans un animal,
...). Chaque fois qu'ils emploient leurs pouvoirs, les Contractants
doivent effectuer une "Rétribution" qui varie
également d'un Contractant à l'autre (plier un origami,
boire de l'alcool, se briser un doigt, ...)
Autre catégorie d'anciens humains, les Poupées ou
Pantins sont des "coquilles vides" dépendantes
(normalement incapables de faire quelque chose sans qu'on ne leur en
donne l'ordre) qui peuvent créer un Observateur (voir plus
haut).
Dans ce monde devenu chaotique, les Contractants
et Poupées sont largement employés par les
gouvernements (et mafias) des diverses nations. Les premiers pour
perpétrer des assassinats et les seconds pour espionner et
surveiller les Contractants adverses.
La série débute dix ans après les événements de la
Porte des Enfers et se centre sur un petit groupe composé de
plusieurs Contractants ("Hei", un jeune homme
capable de manier l'électricité et "Mao", un
Pactisant ayant perdu son ancien corps et piégé dans celui
d'un chat noir), d'une Poupée ("Yin", une
jeune fille capable de générer un Observateur partout où
l'élément liquide est présent) et d'un humain ("Huang"),
au service d'une organisation secrète baptisée sobrement le
"Syndicat".
Izanagi, armé de sa lance, Ame no nuhoko
(illustration de Noxypia).
- Plutôt dérangeant dans son genre, "
Gozu" est
un film japonais qui tire son nom du gardien à tête de bœuf des
Enfers bouddhistes.
Sorti en
2003 et réalisé par
Takashi Miike, le
film (
que je déconseille aux jeunes et aux âmes sensibles)
est une sorte de
road movie (genre de film ou l'intrigue est
centrée autour d'un périple sur les routes) truffé de scènes
toutes plus étranges et perturbantes les unes que les autres...
Le scénario tourne autour de la quête de
Minami, un jeune
Yakuza (un membre de la mafia japonaise), chargé de retrouver
son ami
Ozaki (devenu fou) et de l'exécuter pour le compte de
son patron.
Gozu apparaît dans la chambre où se repose
Minami.
Il prend la forme d'un homme en petite tenue doté d'une tête de
bovidé (au pelage blanc/noir) et bavant abondamment.
Le nom du frère de l'aubergiste (une femme aux mœurs étranges),
qu'interroge
Minami, répond également au nom de
Gozu.
- Dans l'épisode
156 d' "
Inu-Yasha"
intitulé : "
L'Ultime Bataille du Cimetière : Sesshomaru vs
Inuyasha",
Sesshomaru (un puissant
Yokai
capable de prendre forme humaine) cherche un passage vers l'
"
Autre-Monde". Il le trouvera dans une caverne se
trouvant dans le "
Royaume du Feu". À l'intérieur,
il tombera sur une porte scellée gardée par deux statues humanoïdes
géantes : "
Gozu" et "
Mezu". Les
deux colosses gardent la porte et ne laissent passer que ceux qui
sont morts. Ceux qui souhaitent en franchir le seuil seront tués par
Gozu et
Mezu afin d'entrer "dans les règles".
Hakudoshi dégainera l'un de ses
Katana pour tuer les
gardiens mais ces derniers se relèveront à chaque coup, lui
assurant qu'ils ne peuvent être tués qu'avec une arme provenant
d'un autre monde. Voyant que son sabre est inutile, il dégainera
"
Tenseiga" (un
Katana ne pouvant blesser ou
tuer mais étant capable de soigner les blessures et de ramener les
morts à la vie). À la vue de la lame,
Gozu et
Mezu
ploieront le genoux et laisseront passer
Hakudoshi car son
arme est l' "
épée qui fauche ceux qui n'appartiennent pas à
ce monde". Donc, c'est comme si les deux statues avaient
déjà perdu le combat...
Dans cette série, Gozu et Mezu apparaissent sous
la forme de statues d'apparence humaine, portant les cheveux en
chignon et vêtues de pagnes longs et de bracelets. Gozu
semble armé d'un Naginata, tandis que Mezu porte une
lance dont la lame se termine en croissant. Les personnages
apparaissent également dans le manga, au chapitre 299.
"Inu-Yasha" est un manga de
Rumiko Takahashi publié en 1996
et adapté en anime en 2000. L'histoire se
déroule durant la période féodale du Japon
(entre 1185 et 1600). Les
humains vivent sous la menace constante des Yokai
et se terrent dans leurs villages de peur de finir dans l'estomac de
ces êtres.
Un jour, un village se retrouve attaqué par Inu-Yasha,
un être mi-homme, mi-Démon qui dérobe le trésor que
protégeaient les locaux : la "Perle de Shikon". La
perle serait un artefact aux pouvoirs inimaginables et Inu-Yasha
veut s'en servir pour devenir un Démon à part entière. Il
sera contré par "Kikyo", une prêtresse qui le
scellera à un arbre grâce à une flèche enchantée. Victorieuse,
Kikyo succombera peu après à ses blessures et demandera à
sa sœur de l'incinérer avec la perle afin que de tels événements
ne se reproduisent plus.
À l'époque contemporaine, une jeune japonaise nommée
"Kagome", tombera dans le puits du temple où elle
habite et traversera le temps pour tomber cinquante années
après l'emprisonnement d'Inu-Yasha. Attaquée par un Esprit
vengeur, elle libèrera le demi-Démon en retirant la flèche
qui le maintenait en état de sommeil.
Peu après cet épisode, la fameuse perle se retrouvera
brisée et les morceaux s'éparpilleront aux quatre vents. Inu-Yasha
et Kagome se mettront à la recherche des
morceaux de la perle afin qu'aucun Démon ne
puisse mettre la main dessus.
- "
Dragon Ball Z", la bien connue série animée
japonaise (sortie en
1989), a également été puiser son
inspiration dans les mythes du
Pays du Soleil Levant.
Dans l'
épisode treize de la
première saison
(intitulé "
Goz and Mez") "
Son Goku"
(personnage principal de la série), tombe dans les profondeurs des
Enfers et se retrouve face à un arbre aux fruits dorés.
Voulant en cueillir, il se fera assommer promptement par les gardiens
de l'arbre : "
Goz" et "
Mez", deux
Onis chargés de veiller sur la propriété du "
Roi
Yemma".
Remis du choc,
Son Goku tentera en vain de quitter le
royaume inférieur. Amusés par ses tentatives, les deux
Onis
lui proposeront un marché : s'il parvient à les vaincre dans deux
épreuves, ils lui révèleront comment quitter les
Enfers.
Acceptant le marché, il affrontera
Goz à la
lutte Sumo
et participera à une course face à
Mez. Ayant remporté les
deux épreuves, les colosses lui indiqueront une route secrète...
qui le mènera dans le tiroir de bureau du
Roi Yemma.
Goz et Mez (que vous pouvez
voir ici)
sont bien entendu des parodies de Gozu et Mezu,
les gardiens des Enfers bouddhistes (voir les
"Informations complémentaires" du
chapitre intitulé : "Susanoo le Kami des Tempêtes").
Goz prend la forme d'un humanoïde bleuté
musculeux vêtu d'une tenue de sport blanche et arborant une corne au
sommet du crâne. Mez a une carrure et une tenue
similaire à son compère mais sa peau tire sur le rouge et il
possède deux cornes sur les côtés de la tête.
Le Roi Yemma est quant à lui inspiré du Grand Roi
Enma (appelé aussi Roi Yama), le seigneur des Enfers
qui juge les condamnés en les envoyant aux Enfers ou aux
Purgatoires.
"Dragon Ball Z" est un animé
japonais adapté du manga "Dragon Ball"
créé par Akira Toriyama. Pour les rares qui ne
connaissent pas la série ou l'anime, je vous encourage vivement à
lire les mangas ou regarder les différentes séries sur le sujet.
Musique :
- De nombreux morceaux de la bande originale du jeu "
Okami"
(composée par
Masami Ueda) font référence au mythe
shintoïste. En voici quelques-uns : "
Yamato-no-Orochi's
Revival" ("
La Renaissance de Yamata-no-Orochi"),
"
The Great Goddess Amaterasu's Revival" ("
La
Renaissance de la Grande Déesse Amaterasu"), "
Izanagi
Cavern" ("
La Caverne d'Izanagi"),
"
Impatient Susano-o" ("
Susano-wo
l'Impatient"), "
Kusanagi Village" ("
Le
Village Kusanagi"), "
Kushinada's Determination"
("
La Détermination de Kushinada"), ...
Pour plus d'informations au sujet du jeu, veuillez consulter
les "Annexes" consacrées au jeu-vidéo.
- "
Susanowo", L'un des morceaux du groupe de
death prog metal japonais "
Asagimadala" fait
bien entendu référence au
Kami des Tempêtes.
- Le groupe de metal finlandais "
Whispered" (du
death-mélodique avec une tendance
folk) a pour
thématique centrale le folklore japonais. Ont peut trouver notamment
une chanson consacrée à
Amaterasu ("
Fallen
Amaterasu") mais également à la
Déesse Benzaiten
et au
Dragon à
cinq têtes Gozuryu ("
Bloodred
Shores of Enoshima"), qui figure d'ailleurs sur la pochette
de leur dernier album - sorti fraîchement ce
20 mai 2016 - :
"
Metsutan - Song of the Void".
Cover art (réalisé par ToK)
pour l'album de Whispered intitulé : "Metsutan
- Song of the Void".
-
Musashi, le groupe de
folk metal japonais tire son
nom de
Miyamoto Musashi, l'illustre bretteur du
Pays du
Soleil Levant (voir le chapitre consacré au
Bokken ainsi
que ses "
Informations complémentaires" pour plus de
renseignements sur son compte). Pour preuve, l'album de
2002
se nomme "
Miyamoto Musashi"...
- Une chanson de "
Hatsune Miku", "
Gumi"
et "
Kagamine Rin/Len" intitulée : "
Kami no
Mani Mani" ("
Comme les Kami l'On Dit"),
raconte plus ou moins l'épisode où
Amaterasu s'est enfermée
dans la grotte d'
Amano-Iwato.
Hatsune Miku, Gumi, Kagamine Rin et Len
sont des vocaloid japonaises - logiciel de synthèse vocale
qui possède une banque de voix de synthèse d'acteurs et de
chanteurs ; le vocaloid permet de produire des chansons en
inscrivant la musique et les paroles via une interface similaire à
un clavier. La plus populaire, Hatsune Miku se produit sur
scène sous la forme d'un hologramme ayant les traits d'une jeune
fille dotée de longues couettes turquoises.
Divers :
- Si vous souhaitez voir un spectacle consacré à la
mythologie
shintoïste (et si vous avez les moyens de vous rendre au
Japon),
je ne peux que vous conseiller d'aller assister au
festival Imawi
Kagura !
Pour clarifier les choses, Imawi est un district
japonais se trouvant au Nord-Est de la Préfecture de
Tottori (située au Sud-Ouest de l'archipel) et Kagura
(littéralement : "Agrément des Kami") est une
cérémonie shintoïste se déroulant durant les festivités
annuelles de la récolte de riz (le deuxième samedi du mois de
juin, sauf erreur de ma part).
Yamata-no-Orochi selon Ole Martin.
Mythologiquement parlant, le
Kagura (ou
Kagura-Mai)
serait apparu durant l'épisode bien connu où
Amaterasu
s'était cachée dans la grotte d'
Amano-Iwato, provoquant la
disparition de la lumière du
Soleil. Grâce à la danse -
très - suggestive d'
Ame-no-Uzume, la
Megami de l'Aurore,
les
Kami éclatèrent de rire, ce qui eut pour effet de faire
sortir
Amaterasu de sa cachette (un épisode que vous pouvez
lire plus en détail au chapitre intitulé : "
Une
danse étrange").
Plus concrètement, le
Kagura est une danse
shintoïste
à la fois théâtrale et artistique dont l'origine remonterait au
VIIème siècle. Appelée autrefois
Kamukura ou
Kamikura (signifiant littéralement : "
Siège Divin"
ou "
Siège des Kami"), ce rituel (appelé alors
"
Mikagura", littéralement : "
Kagura
Impériale") était à l'origine réalisé à la cour
impériale par les
Miko. Plus tard, ce rite inspirera des
danses populaires (les "
Satokagura" ou "
Kagura
de village") qui se répandront dans tout le
Japon
sous diverses formes.
Les Miko sont les gardiennes des sanctuaires Shinto
qui sont censées descendre d'Ame-no-Uzume. Elles
pratiquaient autrefois la divination mais, de nos jours, elles
réalisent des cérémonies ou aident les prêtres durant les
rituels.
Kagura-Mai est donc une danse sacrée au rythme lent
interprétée par les prêtres
Shinto et les
Miko afin
d'assurer de bonnes récoltes. On exécute cette cérémonie de jour,
sur l'autel principal du sanctuaire pour honorer les
Kami locaux.
Pour en revenir au
festival Imawi Kagura, ce dernier se
déroule en plusieurs étapes. La fête démarre au sanctuaire avec
le
Kagura-Mai, s'ensuit une série d'histoires dansées qui
seront exécutées au
Kagura-Den (littéralement : "
Palais
Kagura") et dureront du début de la nuit jusqu'à l'aube.
Les danses ressemblent à un mélange de
théâtre Kabuki
et de
Noh. Elles sont accompagnées par le rythme du tambour,
des percussions de cuivre et des flûtes en bambou. Certaines
histoires sont exécutées par
plus de trente personnes (les
locaux donnent un coup de main aux prêtres pour cette partie) et
l'on ajoute parfois des effets de fumées ou effets pyrotechniques.
On y retrouve des épisodes mythologiques comme la fuite d'
Amaterasu
et son retour parmi les
Kami mais le plus populaire d'entre
tous est bien entendu le combat entre
Susanoo et
Yamata-no-Orochi. En plus des acteurs qui incarnent
Susanoo,
Kushinada et ses deux parents (
Ashi-nadzuchi et
Te-nadzuchi), huit acteurs sont dissimulés sous huit cous de
Dragons (enroulés autour d'eux) pour interpréter le
Dragon
de Koshi. Les têtes (de couleurs variées) se tortillent,
s'enroulent et se déroulent au rythme de la musique, formant parfois
des figures étonnantes. Certaines vont même jusqu'à "cracher
le feu". Un spectacle que je vous recommande d'aller voir au
moins une fois dans votre vie.
Une représentation originale de Yamata-no-Orochi (dont
l'auteur n'a malheureusement pas pu être trouvé) dont la forme
rappelle les danses Kagura et les masques employés dans le
théâtre Kabuki.
Pour en savoir plus sur le Kabuki ou le
Noh, veuillez vous reporter aux "Informations
complémentaires" du chapitre intitulé : "Kami
et Shintoïsme".
- En l'honneur de la
Megami Solaire, l'un des cratères
d'
Io (l'une des lunes de la planète gazeuse
Jupiter) a
été baptisé "
Amaterasu Patera" ("
patera"
est un terme latin signifiant : "coupe").
Remerciements :
Cet article (ainsi que l'ensemble de mon travail) est dédié à
Pavel,
mon cher familier qui a vu la naissance et l'évolution de mes études
mythologiques. Puisse-t-il rester à mes côtés et me donner courage
et inspiration pour de nombreux autres textes.
Pour la rédaction de cette partie, je remercie :
-
Matthew Meyer,
pour sa documentation fort complète concernant les
Yokai et
pour m'avoir donné son accord pour l'utilisation de son illustration
d'
Amanozako (visible au chapitre intitulé : "
Susanoo
le Kami des Tempêtes").
- Le groupe
Whispered
qui a aimablement accepté que j'emploie l'artwork de leur dernier
album : "
Metsutan - Song of the Void".
- Les différents artistes (cités sur chaque illustration) dont
les créations ont pu égayer cet article.
- Mon
père et
Val pour leur aide précieuse dans la
relecture et la correction finale.
- Et mes lecteurs qui auront dû patienter un bon moment avant de
voir cet article sortir dans sa totalité.
Idraemir